13.03.2010

Community (Saison 1) L’esprit de groupe, sans les lauriers tressés

community_cast.jpg

Basic Genealogy – 1.18 (diffusé le 11.03.10)

Pour la journée famille, les membres du clan très select de l’entraide espagnole amènent un membre de leur famille, à valdinguer avec eux dans les couloirs de la fac. Sauf Jeff, bien décidé à se remettre de sa rupture en rebound-ant au mieux.

 

Oubliées les journées enfants dans les entreprises américaines. Dans les colleges communautés, on fait honneur à sa famille, sans honte ni apathie envers ceux qui habituellement nous humilie gentiment.
Parmi les proches conviés à cette journée un peu particulière, le père et la sœur d’Abed. Les deux garçons de Shirley. La grand-mère de Troy. Et l’ex belle-fille de Pierce. Quatre venues exceptionnelles qui aboutissement forcément à quatre storylines dans l’esprit du show.

 

De toutes, c’est évidemment la confrontation entre les valeurs d’une famille américaine moyenne (celle de Shirley) aux coutumes rigoristes d’une tribu musulmane qui capte le plus notre intérêt. La série ayant toujours cette particularité d’évoquer des thèmes essentiels, politico-sociaux cruciaux en toute légèreté, avec une force de dérision et d’humour subtil rarement égalés par le paysage des sitcoms.

L’autre storyline forte du jour revient à Jeff et son intérêt pour la belle-fille de Pierce, lui-même intéressé par la jolie créature. On ose l’air de rien une histoire provocante, une intrigue incestueuse à la Woody Allen. L’intrigue se standardise très vite, préférant faire la part belle au sens de l’amitié (de Jeff envers Pierce).

Heureusement, l’autre coup de fouet de la série est infligé par une grand-mère stricte. Celle de Troy. Convaincue qu’il faut prendre soin de « ses vieux », Britta persuade Troy que sa grand-mère a un bon fond. Malheureusement pour elle, la parente de Troy s’avère être une vieille peau qui n’hésitera pas à corriger Britta, cul nu. Assurément la scène la plus désopilante du moment.

 

Basic Genealogy est un épisode sympathique et rythmé. Moins maîtrisé et pop-référencé que l’épisode spectaculaire précédent mais qui garde la même originalité. Cela dit, quid des parents de Britta et Annie ?

7.5/10

COMMUNITY-Basic-Genealogy-8-550x366.jpg

Lire la suite

11.03.2010

The Office (S.6) La crise à Scranton avec Michael Scott

Office-Cast-2009-the-office-4837130-1600-1200.jpg

The Delivery – 6.16 & 6.17 (diffuse le 04.03.10)

Le Grand Jour est arrivé. Avec lui, la naissance de la fille prodigue, celle de Jim et Pam, ou la consécration du couple déjà entériné de la série. L’arrivée d’un enfant dans l’univers de Dunder Mifflin/Saber va-t-elle rendre The Office plus décapante ? Ou va-t-elle à renforcer ce sentiment nouveau (et triste) que Jim et Pam ne sont plus les adorables amoureux caustiques qu’ils étaient ?


Pour la naissance du couple Jam, c’est un épisode longue durée que les auteurs nous offrent sur un plateau. Cette année, il n’y en a eu qu’un seul autre, celui du mariage des deux vendeurs de papiers. A croire que les longs déroulements de la série ne sont plus réservés qu’à Jim et Pam, ce qui est fondamentalement contestable.

La mise en scène autour d’une histoire d’accouchement, d’arrivée brusque à l’hôpital avait évidemment un potentiel comique indéniable. Si la série a été plus ou moins à la hauteur de ce que l’on espérait, c’est pour un ou deux aspects dont on ne s’attendait pas à retrouver dans la série. Le reste était malheureusement très classique.

Etonnamment, la trame habituelle des contractions et de la perte des eaux fut passée au karcher par les scénaristes, qui ont eu la bonne idée de vouloir faire patienter Pam (qui ne bénéficie que deux jours de charge hospitalière). L’idée était bien entendu de faire durer le moment du bureau le plus longtemps possible.

De la conférence de groupe organisée par un Michael dans un rôle de patron soucieux absolument exquis (et doublement attachant qu’à l’accoutumée), de Meredith et son t-shirt à trous, de Stanley qui prend l’ascenseur, d’un Dwight jaloux de la grossesse avantageuse de Pam jusqu’à son escorte triomphale en voiture (et son arrêt biche), en passant par les sempiternelles répliques égocentrées de Michael. Ce tout était absolument bien échafaudé, gentiment caustique et dans l’esprit de la série.

La seconde partie manquait elle d’un peu plus de punch. Si l’on a apprécié de voir Michael investi d’une mission de cupidon parce que se félicitant de l’arrivée de cet enfant béni des dieux et de lui-même, et de continuer ainsi l’histoire d’Erin et Andy, la partie au bureau manquait d’avenant et de spontanéité, celle là même qui avait dynamisé ce Scott durant les contractions. Heureusement, pour palier ce manque, Dwight est revenu vers Angela et tous les deux décident d’organiser contractuellement la reproduction d’un bébé. Idée brillante et typique du couple.

Du côté des heureux parents, la joie et l’humour furent agréables, gentillets, sans être très forcés. Le coup de l’autre bébé était plutôt prévisible mais efficace sur le fond, les flashbacks de Jim s’essayant à la technique de la couche aussi (surtout celui avec le chat d’Angela). On ne se prend pas pourtant de passion pour leur nouvelle tâche de parents, étant donné que le couple avait perdu en éclat depuis quelques semaines. Pam poursuit son évolution de femme affirmée. Ici, l’écart se fait moindre, Pam étant moins bien sûre d’elle face à ce nourrisson qui refuse d’allaiter. Aussi, le comportement de Jim était bien plus digeste que celui des dernières semaines. Mais toujours, le couple ne parvient pas à retrouver la grâce des débuts.

Si l’on devait comparer cet épisode symbolique à l’autre symbole de la saison, The Wesind, ce dernier gagnerait à l’étude comparée. Cela dit, The Delivery s’est avéré être un bon moment, signant des répliques hilarantes et des situations variées, de la plus cocasse (Michael effrayé par l’accouchement de Pam) jusqu’à la plus folle (Dwight qui refait la cuisine des Halpert).

8.5/10

office-the-delivery-2.jpg

Lire la suite

10.03.2010

Gossip Girl (Saison 3) - College attitude et fausses afféteries

00026321.jpg

The Hurt Locket – 3.13 (diffusé le 08.03.10)

Moins prestigieux que le vainqueur de l’Oscar du meilleur film, cet épisode de Gossip Girl, The Hurt Locket qui rend hommage à son titre, s’inspire plutôt des cours de récré afghanes et des mœurs légères d’animaux sauvages. En bonus, une révélation tardive et des prises de bec juvéniles au possible. C’est ce qu’on appelle un retour raté.

 

Pourtant, après quatre longs mois d’absence, Gossip Girl avait fait sentir son absence finalement pénible, la CW n’ayant, avec Life (Un)expected, fait qu’aggraver son cas de network incurable. L’attente a en tout cas été réduite comme peau de chagrin face à cet épisode résolument bâclé.

La série reprend ses intrigues là où, soulagé, on les avait laissés. Avec discipline, Gossip Girl remet le doigt sur chaque historiette et décide d’en faire une bouillie compil’.

Dans le tas, il y a d’abord Serena et Nate qui se retrouvent enfin. Les deux qui s’étaient plus ou moins cherché sur quelques épisodes allument leur flamme brûlante de promesses. L’histoire aurait pu s’avérer simple et sans allure torturée, c’était mal connaître les auteurs de GG qui ont décidé d’inventer à ces brebis héroïnes des intentions, mauvaises évidemment, qui s’accompagnent de flirt jalousé et de combines à la Scorsese. Cela dit, voir Jenny dans le rôle d’une passeuse qui n’a peur de rien peut d’une certaine manière valoir son pesant de capsules à poudre. Dommage que cela manque juste totalement de réalisme.


De son côté, Chuck tente de mettre la main sur la femme mystère. Faisant d’abord route seule, le bad guy de l’Uppper East Side décide de s’armer de Blair, la seule conviction de l’épisode, pour prolonger cette histoire cousue de fil blanc mais au suivi sérieux. Le spectateur est ravi que la rupture entre les deux jeunes manipulateurs ne soit pas pour tout de suite, c’est que ça fonctionne entre eux. Il faudrait simplement songer à arrêter d’inventer des parents sur le retour à tous les héros de la série, Serena aurait pu suffire dans le genre de l’abandon aux gros titres.

Pour finir, l’épisode fait la part belle à Lily et Rufus dans le rôle des époux meurtris. Si leur conflit final est aussi ridicule qu’une scène entre Jenny et Damien, le fond de l’histoire lui, est pire. Une sombre histoire de mensonge de rien du tout pour une Lily aussi décontenancée que nous, et qui vaut à Rufus de s’abriter sous le toit d’une autre maman riche du coin.

Vu la claire subtilité de cet affront adulte, pas étonnant que l’immaturité de nos amis, les adolescents chics, soit si flagrante.

5/10

GOSSIP-GIRL-The-Hurt-Locket-4.jpg

Lire la suite

09.03.2010

Modern Family (Saison 1) La sitcom familiale javellisée

tv_modern_family012.jpg

Fears – 1.16 (diffusé le 04.03.10)

La peur terrasse chacun des membres de la tribu furieuse des Pritchett-Dunphy-Delgado. Cameron et Mitchell craignent que l’éducation de Lily manque de maternage et ont peur pour leur reconnaissance quand elle prononce son premier mot Mommy. Haley a peur de rater pour la troisième fois son permis de conduire, sa petite sœur d’être sur le banc de touche de la boom. Manny et Jay ont peur des montagnes russes. Quant à Phil, il craint toujours les bêtes plus petites que lui. Et finalement, il n’y a que Luke qui soit sans peur et sans reproche dans ce Fears particulièrement réussi.


Après quelques semaines de pause pénibles, Modern Family nous revient en grande forme, brodant comme à son habitude sur un thème imposé. Celui de la peur est tout à fait légitime et permet de sceller au mieux le noyau familial. Cela dit, il manque peut-être un peu d’originalité, en tout cas d’avenant comparé à d’autres trouvailles initiales de la série. Le risque évidemment que la série se dirige vers quelque chose de plus convenu est là, mais il faut avoir confiance en ces auteurs subtils.

Confiance parce qu’outre ce thème improvisé qui manque d’aplomb sur le papier, l’épisode réussit à se hisser rapidement vers le haut. Comme à chaque fois, c’est en créant des situations à la limite de l’hystérie familiale que la série nous vole plusieurs éclats de rire.


Une fois n’est pas coutume, les filles de Phil et Claire, en particulier Haley, bénéficient d’une attention particulière. Cette ado frivole et sa sœur introvertie sont deux éléments très attachants du clan (en même temps, qui ne l’est pas ?), ce qui rend le jeu du permis directement adhérant, les moues d’Haley étant absolument impayables, tout comme la relation qui l’unit aux siens. Pour Alex, deux clins d’oeils suffiront pour illustrer le dit thème de la peur, la solution est d’autant plus efficace qu’elle montre la grande maîtrise de la série.

En effet, quatre histoires se partagent là le temps d’antenne. En 20 minutes, la série parvient à donner à chacune de ses historiettes un semblant d’évolution et un déroulement non-hésitant. L’hystérie homoparentale et la peur légendaire de Phil des petites bêtes (après les clowns) ont ainsi assuré l’humour classique de la série (l’immaturité attachante du patriarche, l’amour débonnaire des nouveaux parents) tout en laissant les autres tirer leur épingle du jeu. Et voir Manny affublé d’un béret et d’une canne à pêche, la mine déconfite dans le manège permet de boucler la boucle.


Comme toujours, une réussite.

8.5/10

modern-family-fears.jpg

Lire la suite

05.03.2010

The Middle (Saison 1) La famille américaine (très) moyenne

ban[327].jpg

The Bee – 1.16 (diffusé le 02.03.10)

Parce que Brick est promis à une carrière prolifique dans la récitation orthographique, toute la famille Heck part à Chicago pour un concours régional d’épellation. Pour consacrer un road trip à l’image de la mécanique de cette famille : déglinguée, délicieusement imprévisible.

 

Semaine après semaine, The Middle continue de surprendre et de fédérer les avis enjoués. Il n’y a pas seulement qu’une famille foutraque et rappelant celle de Malcolm ou autre clan télé disparu, dans The Middle, il y a aussi cette simplicité dans l’écriture, une force d’adhésion, et un humour grinçant.

Une fois encore, la série réussit à nous embarquer dans une péripétie des Heck parfaitement plausible. La série se joue de la quotidienneté de ses héros, leurs tâches temporelles (scolaires, le plus souvent, reléguées à cette pauvre Frankie Heck) pour en puiser toute sa sève comique.

Le petit génie de la famille, qui n’a rien du présomptueux petit génie habituel, Brick étant plus un génie qui s’ignore et qui s’en cogne bien, réussit haut la main les concours d’orthographe et accède au rang régional. Parce que les parents ont oublié l’anniversaire de Sue (même schéma de parents indignes à la Desperate Housewives de cette semaine), c’est un road trip improvisé qui se profile. De là, naît alors les plus fines situations.

Rien ne se passe évidemment comme prévu pour cette famille bien acharnée. Malgré la joie de Sue de choisir l’itinéraire du voyage, entre le motel miteux et le restau dégueu, les Heck enchaînent les bévues, pour notre plus grand plaisir. Rien de tel qu’un moment douloureux pour réunir son clan. Entre mots compliqués à épeler qui effraie la toquée Sue mais qui n’alarme pas Brick, les complaintes parfaitement impertinentes d’Axl et des parents farouchement lucides sur les leurs, les Heck nous séduisent, encore et toujours.

 

Un épisode tout à fait sympathique qui rappelle à bien des égards que The Middle est une série au déroulement imprévisible et travaillé, qui repose sur le caractère atypique de ses personnages dont les réactions sont le fruit sacré des mercredis d’ABC.

8/10

10-03-05 02 23 44.jpg

Lire la suite

04.03.2010

Big Love (Saison 4) La croyance dans tous ses états

big-love-poster_l1.jpg

Our Next Ticket Out – 4.08 (diffuse le 28.02.10)


Des heures. On pourrait regarder Big Love des heures entières, sans que l’épisode hebdomadaire ne se termine jamais vraiment, aussi enthousiaste devant les trahisons familiales, la franchise de ton, le grand amour qui renaît çà et là à certains égard.
Pour cet avant dernier épisode de l’année, c’est un condensé d’émotions que la série nous offre avec humilié, passion, sans esbroufe à la Blood Atonement.

 

Barb enchaîne les erreurs et devient le maillon faible du clan Henrickson. De ces erreurs imprudentes, notamment celle de faire entrer Marylin dans la bergerie à sous, il n’y a que des tensions supplémentaires qui s’ajoutent à la relation déjà contrastée de Bill et Barb. Mais les nouvelles erreurs, commises pratiquement volontairement par Barb, en disent long sur cette nouvelle volonté féministe qui atteint en plein cœur cette sister-wive pas comme les autres.
De toutes, Barb est la femme qui dévisse au mieux la tête de Bill par des répliques toujours criantes de vérité. Dans cet épisode, un florilège de dialogues subtils et terriblement justes de Barb (sur le comportement volatile de Bill, les penchants dépressifs des femmes de l’Utah, de son incapacité à s’exprimer vraiment) mettent à mal la vérité d’apparence de la famille et de son cheminement.

 

27073_357175135798_10747695798_4769959_1830539_n.jpg

Et vraiment, non, Barb n’avait aucunement le devoir de s’excuser.


Telle mère, telle fille. Comme Barb, Sarah décide de faire comme bon lui semble. Et partir ainsi à Portland couler des jours heureux, pour éviter d’être pointée du doigt par une catholique choquée par cette famille polygame politisée. Depuis le début, cette adolescente était le contre-pied (naturel ?) de l’idéologie Henrickson. Aspirant à une normalité civile, la jeune fille décide malgré tout l’amour qu’elle porte pour les siens de faire route seule. Avec les histoires qui gravitent autour, la transition est parfaite pour l’envol de Sarah.
Et quoi de mieux vraiment qu’une scène mi-larmoyante mi-joyeuse pour consacrer ce personnage féminin et cet univers qu’elle donne autant qu’elle rejette ?


Se faire pointer du doigt, Margene n’aimerait pas trop ça non plus. Alors discrètement mais sous couvert de protéger l’enfant d’Ana (parce que Margene a appris des plus fins limiers, Bill en tête, voilà tout), Margene se programme un mariage arrangé pour bénéficier d’une assurance en cas de coming-out virant à la cata.
Jolie pirouette qui évidemment salue l’évolution notable de l’ancienne baby-sitter. Malheureusement, la vérité despotique l’a rattrape toujours. Alors que Margene décide de se rétracter pour ne pas risquer sa liberté, Bill décide que ce mariage sera la preuve qu’aucune liaison n’existe entre elle et lui (une idiotie du patriarche, encore une) pour contredire la diabolique Marylin. D’autant que Margene ne le réalise que timidement mais sa liberté a été mise sous scellé depuis sa rencontre avec Bill. Alors, pour se faire entendre, Margene joue avec le feu (dixit Barb) en invitant Goran à se joindre à la famille, ce qui aboutit à une scène virile justement à côté de la plaque. Mais terriblement jouissive pour diminuer Bill.

 

27073_357175345798_10747695798_4769972_2625027_n.jpg

 

De toutes les femmes qui entourent donc Bill, seule Nicki est véritablement à ses côtés. Parce que Nicki découvre qu’elle est amoureuse de Bill, la jeune mormone procède à une révolution. Vestimentaire, comportementale, et même religieuse (la jeune femme ne veut plus « partager »), Nicki veut aimer Bill et comme il se doit. Ce changement soudain, complètement abouti, ne restera pas longtemps imperturbable. Avec Alby pris à des hallucinations coriaces (mais émouvantes –dommage que la trame homosexualité tragique ne soit pas plus exploitée mais cela ne saurait tarder) ou Joey en meurtrier découvert, Nicki, qui sans oublier Wanda et sa mission antiJuniper Creek, retrouve alors ses démons timorés et ses pratiques isolées telle un coffre à jouets qui n’inhibe qu’elle. Heureusement, elle claque mieux que personne !

 

27073_357175380798_10747695798_4769974_7641868_n.jpg

 

En analysant Big Love, force est de constater qu’il n’y a qu’à évoquer les vies des sister-wives (et celle de Juniper Creek en bonus) pour évoquer la matière même de la série (l’antipathie persévérante de Bill étant implicite dans chacune d’elles), sa chair la plus onctueuse. Le signe d’une série féministe exemplaire ?

 

Si Big Love est la meilleure série de l’Univers, c’est assurément parce qu’elle nous rend intarissable sur le sujet. Dense et fin à la fois, cet épisode, comme tous les autres, nous plonge dans les profondeurs étroites et impensables du monde si singulier de Big Love. Difficile de vouloir ressortir la tête hors de cet océan.

10/10

 

27073_357175295798_10747695798_4769968_3762501_n.jpg

Lire la suite

03.03.2010

How I Met Your Mother (Saison 5) Quête et contrariétés

key_art_how_i_met_your_mother.jpg

Hooked – 5.16 (diffusé le 01.03.10)

Ted est fou de joie, il s‘est trouvé un flirt top canon. Ses amis lui font réaliser qu’il n’est qu’un second lot, au cas où, pour la jeune femme. Un à un, Lily, Marshall et Robin racontent leur histoire à ce sujet.

 

Après un petit mois d’absence même pas notable (la cruauté sériephile du rendez-vous fugace), How I Met Your Mother revient dans la discrétion. La série poursuit comme elle se doit son étude sur les relations amoureuses en abusant grossièrement des faux flashbacks mais en offrant de bonnes idées sur lesquelles réfléchir ou se distraire le temps d’une scène ou deux.

Tout le monde a dans sa vie amoureuse un compagnon potentiel qu’il met de côté juste au cas où, en sachant pertinemment que lui et le potentiel ne couleront jamais de jours heureux. Sur cette idée (objectivement vérifiée) et son corollaire à savoir que tout le monde est le potentiel/une substitution de quelqu’un (moins vérifiable mais pourquoi pas), la série construit son humour et son épisode entier.

Une fois n’est pas coutume donc, pas de trame secondaire à l’intérêt plus que secondaire pour prétexter un festival d’idiosyncras à la Barney. Cette semaine, la bande de copains navigue vers la même direction. La même vérification théorique du potentiel mis de côté. Si Ted est franchement niais dans le rôle du potentiel manipulé, son histoire avec Henrietta, sa potentielle à lui, a eu un joli impact sur le reste de l’épisode. Le trait ultragrossi, cette caricature tournée à la dérision extrême (Ted en vient à demander malencontreusement en mariage son second prix, alors hystérique) s’est avérée particulièrement réussie (et amusante).

 

Souvent alourdis par des situations grotesques ou tristement fades, Lily et Marshall ont cette semaine remonté la pente. Leurs histoires de second lot (Marshall dans le rôle du secret boyfriend, Lily dans le rôle de la manipulatrice) étaient simplement bonnes. Tout comme le clin d’oeil de Robin (qui est actuellement condamnée aux scènes clins d’oeils) venu confirmer qu’à New York, les salauds des deux sexes courent les rues.

 

Du cochonnet rosi, des manières, des flirts creux et des flashbacks en surnombre, la série ne partait pas du bon pied. Hooked a pourtant réussi à marcher correctement, en suivant une jolie ligne de conduite.

7/10

himym-carrie-underwood-6.jpg

Lire la suite

02.03.2010

Desperate Housewives (Saison 6) Bis Repetita mais avec Drea

desperate_housewives_s6_2.jpg

 

The Chase – 6.16 (diffuse le 01.03.10)

Bree engage un nouveau premier bras, Sam, ce qui ne va pas à son fils. Gabrielle fuit la maison familiale en raison d’une varicelle carabinée. Lynette oublie l’anniversaire de sa fille, Penny. Angie découvre que Danny est parti à New-York chercher Ana. Quant à Madame McCluskey, elle est sur le point de se marier. Ou de mourir ?

 

Mauvais rôle. Cette semaine, les housewives sont (ou redeviennent) des mères indignes. Négligentes, autoritaires, égoïstes ou lesbiennes, nos ménagères ne font pas honneur au modèle exemplaire de parent. Tant mieux, elles ne l’ont jamais été.

 

Bree et son fils Andrew renouent avec leur relation conflictuelle qui a fait jadis la gloire du duo. Entre temps, un loup aux apparences angéliques est entré dans la bergerie pour une once de mystère injectée dans l’entreprise familiale. On met donc de côté un temps l’attention portée sur Orson l’handicapé pour retrouver la sphère familiale compliqué des Van de Kamp. Il ne manquerait plus que Danielle soit sur le retour. Après tout, c’est tant mieux, cet univers de crise était peut-être celui qui sied le plus à Bree, et qui contrastait mieux avec sa perfection de toutes les façades.

Pour Lynette, c’est aussi une joie (relative) de retrouver sa difficulté en chef d’orchestre. D’abord, l’histoire est présentée sous un angle humoristique (ce qui fonctionne). Une fugue ampoulée plus tard, le ton devient plus sérieux. La morale à la ABC façon « oublier un anniversaire est une honte parentale à graver sur la roche » est crainte. Mais les auteurs ont évité l’écueil, signant une conclusion gentiment mélo entre Penny et sa ma mère Lynette distinguée par des répliques pas trop sirupeuses.

 

Chez les Solis, c’est la varicelle qui atteint Celia. Ni une ni deux, Gabrielle (qui ne l’a pas eu) s’exile chez ses voisins follement gays. Ancienne vedette de beauté, Gabrielle retrouve les plaisirs de la vie célibataire, gay-friendly, noctambule et désoeuvrée. L’héroïne retrouve alors son égoïsme légendaire, qui a consacré l’humour de son personnage. Dommage que la fin, des plus expédiées, signe une morale balourde sur le bonheur d’enfanter. Parce qu’on sait bien que c’est faux.

Autre lubie gay, celle de Katherine et Robin. L’ex de Mike continue d’être hantée par le personnage séducteur de Julie Benz. Ca se torture l’esprit, se refoule sur la banquette, luttant contre l’enfer de l’homosexualité avant de finir, résignée, dans le lit avec la belle plante.

 

Dense, pas toujours maîtrisé, cet épisode a signé quelques moments flamboyants et d’autres bien plus ternes. Rien de nouveau sous le soleil à demi feu de Wisteria Lane.

6.5/10

10-03-01 13 12 16.jpg

Lire la suite

20.02.2010

Grey’s Anatomy (Saison 6) Après la mort, il reste les engelures

67.jpg

 

The Time Warp – 6.15 (diffuse le 18.02.10)

A l’occasion d’une conférence interne, Bailey, Richard et Callie reviennent sur une histoire qui a marqué leur début au SGH.

 

 

Dans une série, le retour aux sources, à la jeunesse des héros est monnaie courante (Gilmore Girls, Dawson, Friends et d’autres), consacrant toujours des époques de série, de bon goût pour la construction du mythe d’un programme déjà établi dans le paysage audiovisuel.

Avant Brothers & Sisters (l’épisode évènement est prévu en avril) et après Desperate Housewives (l’épisode avait clôt sa seconde saison), c’est autour de l’autre succès d’ABC, Grey’s Anatomy de bénéficier d’une cure de jouvence. Option scalpel.

 

Pour Grey’s Anatomy, le recours s’est avéré plutôt bien original, parvenant à créer du symbole dans cette série sentimentalo-scientifique. Autour d’une conférence médicale (dont l’idée a été piquée à House MD, il faut l’avouer), la série retrace trois histoires tout en brassant le fond symbolique de ses grandes lignes scénaristiques déployées depuis le début.

Le plus réussi est sans aucun doute le retour fait aux jeunes Ellis Grey et Richard Weber (jouée par l’adorée Sarah Paulson). La série ne s’est pas contentée d’une ambiance rétro à la Hawaï sur fond des Gogo’s (un plaisir au demeurant) et a mis à profit le contexte médical d’une époque. Appuyée sur l’émergence de la maladie du siècle, le SIDA – d’ailleurs la série nous apprend son impact social surnommé aux premiers abord GRID (Gay-related immune deficiency) et on trouve que c’est très instructif- l’épisode a mis en lumière la relation entre les deux chirurgiens, tout en abordant avec soin contexte familial, jeunesse de Meredith, début de l’alcoolisme de Richard (même le bar et Joe). La série a réussi à créer un pont avec le présent et la technique est amplement maîtrisée. Les fans seront ravis de ce retour soigné.

Il faut aussi se penser satisfaits de la vision accordée au Sida, c’est encore très loin de la symbolique Angels in America d’HBO sur le même thème, mais la série a, à son niveau, reveillé les consciences avec cet aparté qui ne manquait ni d’émotion ni de véracité (le parallèle avec le racisme, les doutes quant à sa transmission). Et Grey’s Anatomy mérite d’être saluée sur ce point.

 

10-02-20 02 04 50.jpg

 

Fondée aussi sur les progrès médicaux, la seconde histoire faisait la part belle à Callie. Moins impactant peut-être sur le fond, mais formidablement interprétée par Sara Ramirez, l’histoire se sauve grâce aux prestations gênées d’une Callie embarrassée sur scène et à quelques scènes bien tournées.

 

La troisième histoire, et non des moindres, signe l’arrivée de Miranda au SGH. D’emblée, l’histoire qui inclut en guest star Missy Pyle (The Wedding Bells) est atypique, voir la nazie Bayley en timide Mandy à tresses, y’a de quoi satisfaire l’imaginaire. La série prend alors soin de faire évoluer son personnage, au départ pusillanime, expliquer son attitude. Chandra Wilson forge là encore le respect par son jeu calibré, même dans sa manière de s’adresser à son auditoire, chocolat dans la paume. Le personnage retrouve ainsi l’allure de ses débuts.

 

A la difference des épisodes sweeps des années passées, catastrophiques tendance apocalypse débarquée à Seattle, cet épisode de mi-season mise sur autre chose : l’histoire. Celle de l’hôpital, ses protagonistes passés, présents, leur histoire entre eux, et l’histoire de la Science. Un gros défi relevé sans sourciller qui a su consacrer un épisode-vétéran des plus inédits.

9/10

10-02-20 01 23 28.jpg

Lire la suite

03.02.2010

The Big Bang Theory (Saison 3) Geekier than geek ?

09.jpg

The Einstein Approximation - 3.14 (diffusé le 01.02.10)

Sheldon bloque sur l’une de ses théories à la mords moi le nœud et use d’astuces triviales pour s’en défaire. Ce qui rend fou le reste de son entourage…


Depuis une série de trois épisodes, The Big Bang Theory délivre des épisodes succincts, de 18 minutes seulement. La fin des haricots scientifiques ?

Eh bien non, le plus grand tour de force de la série, c’est d’enchaîner les épisodes marqués par les hautes prestations de Sheldon.


Dans cet épisode d’ailleurs, le sériephile apprend que Sheldon Cooper, notre brillant physicien chtarbé, est âgé de 29 ans. Une révélation passée l’air de rien mais qui en dit plus sur les méandres de notre héros tant aimé. Celui-ci retrouve les joies de la science, et s’isole plus que jamais du monde.

Sheldon vire un temps scientifique fou et conserve son attrait original en le renforçant. Le héros ne s’était jamais autant marginalisé dans sa quête physique. Sheldon décide même de débuter un métier insignifiant pour bénéficier d’une grandeur d’esprit dans sa mission sainte. Il finit pour notre plus grand bonheur au Cheesecake Factory. Les auteurs sachant combiner à merveille les atouts du show.

 

A lui seul, Sheldon, ici version dingue de Mister Bean, donne une matière comique suffisante pour rendre l’épisode de bonne facture. Mention spéciale aux scènes du restaurant ou à celles dans l’aire de jeux où Sheldon dégaine les Bazinga mesquins à l’égard de Leonard.

 

Si The Big Bang Theory continue à éclater, c’est grâce à son pilier théorique fait Sheldon.

8/10

The-big-bang-theory-6.jpg

Lire la suite

Toutes les notes