23.01.2011
Gossip Girl (Saison 4) Ados vieillis pour blogueuse essoufflée ?

La jeunesse sans qualités de l’Upper East Side entame son quatrième round doré. A en croire les mauvaises langues lucides, le dernier avant un retour définitif aux coulisses de l’oubli. Si cette nouvelle saison aspire à une certaine maturité de fond, fort de l’âge désormais avancé de nos héros attardés, le retour de Gossip Girl conserve cette oisiveté creuse caractéristique et garde la pose, toujours cette pose vitreuse et tarte.
Pour faire peau neuve, Gossip Girl a eu l’idée avant-gardiste d’improviser un voyage à Paris. On s’attendait férocement à une redite de Carrie Bradshaw parcourant l’avenue Montaigne avec complaisance et attitude et le cliché n’a pas manqué. Plus glamour, tu meurs, Paris est revenue cette capitale fantasmée de tous, où l’on lit Colette dans un parc chatoyant, s’extase devant un Manet, porte des Louboutin dans les ruelles pavées et respire la pollution au derrière d’une Vespa conduite par un français qui aurait un nom de roi décapité.
Et si dans la vie, la parisienne préfère lire Guillaume Musso dans un métro sale, sandales Minelli aux pieds, en route pour le dernier film de Michael Youn après un repas bourratif chez Hippopotamus, on laissera volontiers Blair et Serena rêver leur été, comme dans un film démodé des sœurs Olsen.
Ces quelques clichés parisiens passent encore, mais au moment où la série organise un défilé éhonté de quelques grandes maisons de la mode (Ba&sh, Zadig & Voltaire, Fauchon, Chanel, Chantal Thomas), l’hommage à l’accent frenchi forcé devient irritant et l’on frôle véritablement l’écoeurement général. L’escapade juvénile de Serena et Blair, toujours en guéguérre éphémère, n’est alors plus qu’un prétexte sordide à un étalage griffé sur-référencé sur fond de Katy Perry. C’est ce qui s’appelle manquer terriblement son entrée sur le territoire.
Mais plusieurs bonnes nouvelles viennent réconforter l’univers luxuriant new-yorkais de la série. Ne plus voir Jenny et sa moue tirée vers l’anorexie d’abord et compenser avec de vrais débuts d’arc potentiellement intéressants. A savoir celui l’enfant de Dan qui fait prendre un coup de vieux au père Humphrey et qui permet de revoir un temps la toujours convaincante Michelle Trachtenberg dans le rôle culte de Georgina.
Aussi, l’arrivée de la très CW Katie Cassidy, qui enchaîne les ratés sériels mais qui ne désespère pas de cartonner, fort d’un minois plus harmonieux que toutes les héroïnes de Gossip Girl réunies. Katie interprète ici une femme mystérieuse, une certaine Juliet Sharp qui infiltre le microcosme mode de NY pour enquêter sur la jeunesse de l’Upper East Side, à savoir nos héros du petit écran. Une nouvelle Gossip Girl, en somme.
Mais les fans les plus récalcitrants de Gossip Girl seront évidemment avant tout subjugués par l’histoire du rescapé Chuck qui parachève avec efficacité ce premier épisode. Charles Bass a donc survécu à l’agression de l’Europe de l’Est. Qui en doutait ? Qui dit seconde vie pour le jeune riche, dit nouvelle identité. Chuck s’auto-baptiste Henry Prince et décide de conquérir Paris, aux bras d’un nouveau trophée, Clémence Poésy. Blair peut prévoir son quota de perfidies à débiter.
Avec son esprit poseur intact, ses défilés en toc, ses dynamiques relationnelles ronflantes, Gossip Girl continue sur sa lancée ostentatoire assumée. Mais la promesse d’histoires intrigantes permet à la série un soubresaut d’espoir, du moins un début de scénario.
5.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Gossip Girl | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : gossip girl, saison 4, paris, critique, cw, blake lively, leighton meester |
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19.09.2010
Vampire Diaries (Saison 2) Un vent vampirique nouveau

Cher journal, depuis que j’aime être courtisée par les vampires, rien ne va plus chez moi, mon foyer et ma chère Mystic Falls. Des reines vampires égocentriques viennent se venger, des créatures non identifiées se baladent dans les ruelles de la ville tandis que mes fidèles courtisans se disputent mes faveurs, mon jeune frère se dit vampire-suicidaire et que ma meilleure amie sorcière devient peu à peu une raciste de la dent longue. Je me demande bien si je ne vais pas finir par aimer plutôt les otaries.
Entre la fin de la première saison de Vampire Diaries et ce retour en fanfare, rien n’a changé. Les impasses de nos héros en proie au mal, surtout celui de l’amour et de l’envie, sont intactes et les dangers vampiriques se multiplient, avec l’arrivée de la diabolique Katherine dans l’univers tout doux d’Elena. C’est toujours appréciable de voir une série poursuivre une direction narrative convenue dès le départ, sans recours aux facilités de coupure, aux ellipses. Et si Vampire Diaries est une série jeunesse à ne jamais prendre au sérieux, le show de la CW a montré plus d’une fois sa solidité de fond et sa grande maîtrise de l’intrigue.
Encore une fois, la série fait donc preuve d’un vrai sens scénaristique en s’ouvrant sur la scène finale de l’an passé. Toujours enlevée, la série enchaîne les coups de théâtre et les rebondissements avec une frénésie à rendre jaloux les grandes séries molles des networks. Très vite, le personnage de Katherine se présente à toute la galerie des personnages de la série, en réglant ses histoires (pauvre Damon) et en annonçant de nouvelles (Elena et Stefan n’ont qu’à bien se tenir).
Avec l’arrivée royale puis le départ (trop ?) précipité de Katherine, sosie parfait d’Elena, les cheveux frisés et l’allure cuir outrageuse en plus, Damon réalise son désarroi sentimental et se réfugie dans le maléfique, Elena et Stefan deviennent vulnérables, sur le qui-vive et Caroline, victime attitrée de la série, meurt et se voit transformer en vampire.
Toutes ces histoires prometteuses sur les héros principaux apportent donc une vraie nouveauté narrative à la série tout en maintenant la cadence et ce rythme fantastique caractéristique de ses grands débuts (à côté, True Blood peut postuler pour une carte Vermeil).
Pour ces deux épisodes, c’est surtout les storylines de Damon et Caroline qui se révèlent encore une fois les plus convaincantes. Damon n’est jamais aussi délicieux qu’en vampire méchant et jaloux qui écarquillent les yeux mieux que personne tandis que la transition impeccable et génialement mise en scène de Caroline signe une ambiance tragique et sombre, qui sied parfaitement à ce personnage trop souvent négligé et sied évidemment à l’esprit jusqu’au-boutiste et assumé de la série.
Il ne manque plus donc qu’à Jeremie et Bonnie de se trouver une vraie utilité dans le paysage si intense de Mystic Falls et de faire confiance par la suite à l’histoire des Lockwood qui jusque là manque un peu d’intérêt.
Soignée dans la forme, réussie sur le fond, Vampire Diaries a fait une rentrée des classes simplement jubilatoire.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Episodes, The Vampire Diaries | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : vampire diaries, cw, saison 2, nina dobrev, ian somerhalder, paul wesley, critique |
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05.08.2010
The Office (S.6) La crise à Scranton avec Michael Scott

The Whistleblower – 6.25 (diffusé le 20.05.10)
A Dunder Mifflin/Sabre, qui est le lanceur d’alerte ? Tout le bureau est en émoi, les imprimantes Sabre prenant feu, Kathie Bates de retour cherche à punir la balance de ce secret de polichinelle. Ambiance dénonciation gestapo à Scranton.
Pour son dernier épisode, The Office a innové. En reprenant intelligemment le contexte conjoncturel de la saison qui a permis à Dunder Mifflin de perdurer dans le brouillard de la disette en se faisant racheter par une compagnie d’imprimantes (pas très fiables), Sabre. Dirigée par une main de fer dans un gant, entourée de surcroît par deux molosses, Jo, alias Katie Bates règne sur son domaine. Il n’y a pas à dire, The Office sait évoluer avec le temps et opérer de vastes changements au sein de son équipe.
C’est avec Michael Scott que l’évolution prend sens à l’écran. Si le bureau est désespéré à l’idée de trouver le responsable du scandale public qui entache désormais la nouvelle compagnie de papier et son éventuelle défaillance technique, Michael Scott, lui, se révèle étonnamment protecteur. Hors de question pour le manager de dénoncer l’un de ses employés, chacun étant pour lui comme un membre de sa famille. La prestation de Steve Carrell s’avère toujours impeccable et l’homme se révèle férocement émouvant, tragicomique mais surtout bouleversant lorsque son personnage évoque la perte d’Holly dans l’intimité avec Jo ou lorsque Michael raconte le vide de son existence (une année avec une caméra à l’épaule et seulement douze minutes filmées qui valent le coup). La scène est d’une force incroyable, rendant plus humain que jamais ce pitre de bureau.
Face à cette révélation et cette surprenante profondeur, l’humour n’a pas résisté longtemps. Evidemment, les facéties de Dwight, les interventions de Creep ou la trouille palpable d’Andy au bord du licenciement sont autant d’atouts qui siéent à l’humour de la série. Mais pour ce final, le décor de fond n’a rien de vraiment amusant. The Office est véritablement devenue un paysage à part entière, dans lequel on prend plaisir à suivre le quotidien des employés, peu importe leurs interventions, pour autant qu’on anticipe leurs caractères.
Certains pourraient reprocher à ce final de manquer de grandiloquence et de gag épatant. D’autres, satisfaits par l’évolution humble de cette série, devenue touche à tout, se régaleront de voir que The Office sait user d’autres manières pour amuser et mettre en scène son personnel de bord tellement attachant.
8/10

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23.06.2010
Nurse Jackie (Saison 2) Diagnostic d’un chemin anticroix

Years of Service – 2.12 (diffusé le 07.06.10) (finale)
Coup d’accélérateur soudain pour la mécanique globale de Nurse Jackie. Avant de passer la troisième, la série s’assure là d’une vraie évolution, à la Breaking Bad. Résultat : le niveau général passe d’un cran et le show se bonifie, fort d’une inattendue dramatisation.
Après une première saison sympathique, qui a su poser les bases de la série, entre art médical absurde et secrets d’un personnage central, la seconde saison de Nurse Jackie prend à bras le corps l’intrigue de son concept de départ. Malgré un début relativement complaisant, à travers lequel les auteurs se sont contentés de reprendre l’univers de la saison inaugurale, cette seconde saison n’a pas dégonflé à mesure des épisodes. Mieux, cette année, les scénaristes se sont amusés à faire tomber Jackie de son piédestal fait d’acquis et de confiance en soi pour finalement précipiter notre héroïne dans une impasse, un vrai-non retour qui nous rappellerait d’autres séries focalisées sur le secret du héros (Breaking Bad, Dexter). Parce que la vérité finit toujours rejaillir à la surface narrative, Walter White peut durement en témoigner.
Avec l’avant dernier épisode et à plus forte raison avec cet épisode conclusif, Jackie est dos au mur. Déjà, avec l’infirmier addict qui connaît sa tendance médicamenteuse forte et l’ex-amant qui revient dépité pour désarmer l’héroïne, Jackie avait commencé à goûter aux joies de l’existence compliquée. Mais trop sage, ce danger qui planait au dessus de la tête de l’infirmière laissait un goût faux-jeton dans la bouche.
Cet épisode final vient établir un contrecoup inattendu, en alarmant la meilleure amie O’Hara, (ainsi qu’un rescapé dealer mécontent) et le fidèle mari des mensonges et des cachotteries de Jackie. Scénaristiquement, l’intensité est au rendez-vous, le téléspectateur attendant le moment des révélations depuis le tout début, surtout lorsque la série se bâtit sur l’histoire d’un mensonge quotidien du héros.
Outre cette histoire principale qui prend un tournant dramatique essentiel, la série peaufine son ambiance loufoque, en misant comme à son habitude sur Zooey, qui découvre enfin l’amour public dans les bras de Lenny. Plus anecdotique, l’intrigue réservée à Gloria et au patient christique. Si l’attitude de la patronne est toujours impeccable, entre moue irrésistible et tendance cheftaine, cette parade accessoire n’avait pas le fond des storylines simplement décalées qui font la nuance et le charme de Nurse Jackie.
Si la seconde saison ne s’était pas finie sur une révélation de taille sur la vraie identité de notre héroïne, Nurse Jackie aurait cruellement perdu en intérêt, ayant plutôt standardisé en quelques épisodes son ton original et ses ambiances clinico-ironiques. Mais la série évolue, se frotte à des risques majeurs et nous interpelle alors de plus bel.
7/10

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14.06.2010
Glee (Saison 1) Remember my name : FAME

Journey – 1.22 (diffusé le 08.06.10) (finale)
Pour cette critique ultime du dernier volet chorégraphié de Glee, un peu de complaisance et de bonne volonté : il fallait faire plaisir aux lecteurs qui voient dans la série de FOX un spectacle rafraîchissant, mélange de reprises entêtantes et de teen-show ironique. Après visionnage de cette conclusion, la tâche s’avère très rude.
Dans Glee, l’originalité est à maître à bord. Quoi de mieux pour conclure les saisons que les compétitions musicales synonymes de pression folle, dont on nous rabat les oreilles ? Avec cet épisode, le schéma de Glee reste intacte (déception puis gagne finale) : on débute l’air inquiet, moue triste, victime d’un sort pathétique. Toute la bande baisse ainsi les bras, pour cause, Sue Sylvester a investi le groupe du jury pour ces régionals trépidants. D’emblée, l’ambiance s’en ressentit, les jeunes têtes de Glee Club ont le mérite de rendre l’air parfaitement invivable lorsqu’ils ont décidé de tirer la tronche. Mais heureusement, la bouderie n’est jamais que de courte durée et l’espoir rejaillit tôt ou tard, si possible sur fond musical sirupeux.
Trève de vexations puériles, le groupe décide de faire un medley de leurs plus grands tubes sur scène et finissent conquis. Pourtant, le résultat en live n’a que très peu de saveur : les apprentis chanteurs gesticulent, s’époumonent, agitent du bras, se rentrent dedans, sans synchronisation ou maîtrise scénique. Les voir triompher aurait été peut-être été le coup de massue insupportable. Mais parce que Vocal Adrenaline s’est amusé à assassiner spirituellement Freddy Mercury (par un jeune pubère prénommé Jess, ça en dit long), la victoire leur revient et les enfants du Glee Club deviennent les loosers attitrés. Pas étonnant, le coup du « on perd mais on gagne, quand même, ici (comprendre, la matrice de la série : le cœur humain », on connaît.
Ras-le-bol pourtant d’entendre ces discours pathétiques sur le sort qui s’acharne toujours, illustrant les tares existentielles de l’ado enceinte, l’afro obèse, le gay excentrique et autres cas sociaux de la bande, Ryan Murphy aurait-il décidé de faire sa série une cause de charité, une lutte pour les démunis ? Admettons que certains rôles soient à plaindre (être juif et porter la crête, dur), l’essentiel n’est finalement qu’un simulacre plaidoyer pour la différence qui finit noyer dans des chansons pop revendicatives et mettant fièrement en scène nos fameux inadaptés, qui n’incarnent jamais vraiment la marginalité sauf lorsque cela se veut amusant -un comble de l’ironie même pas assumé.
Le fond n’a jamais été aussi mal tenu en haleine dans Glee. Plus d’intrigues principales, d’humour, que du chant à tue-tête, qui nous brise les tympans et des associations de personnages idiotes et des relations mal gérées (Rachel et sa mère, Will et Emma, etc). La série ne prend même pas le soin d’annoncer de quoi la suite serait faite et préfère rendre des hommages en chansons, encore et toujours, avec la larme au coin de l’œil pubère, qui suinte véritablement lorsqu’il est question de dire merci au professeur sauveur.
Et dans tout ce naufrage perdu aux fins fonds d’une terre de mièvrerie sans nom, même Sue Sylvester, seul symbole lucide, peut-être un brin caricatural parfois reconnaissons-le, ne parvient plus à contrebalancer la mesure. La prof de gym finit à la botte de cette chorale chiante comme la pluie.
Un final à l’image du rejeton de Quinney : à peine né, et tout propre, lisse, sans rugosité. Et si le show must NOT go on ?
4/10

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10.06.2010
Parks and Recreation (Saison 2) H. Clinton et M. Scott ont enfanté

Freddy Spaghetti – 2.24 (diffusé le 20.05.10) (finale)
Pour son final en forme de clôture municipale, Parks and Recreation a lancé une mission d’urgence, branle bas de combat en plein Pawnee ! Sur le front, Leslie Knope, inflexible parmi les déserteurs, résiste aux crises budgétaires malgré la fin du gouvernement. Idéal pour l’évolution d’une comédie atypique.
La crise a fini par filtrer par tous les conduits, voilà qu’elle gangrène maintenant les petites villes américaines et les services municipaux sont en proie aux réductions budgétaires. Parmi tous, le département des espaces verts est une cible de choix : qui vraiment se soucie du sort des bancs de quartier à l’exception des femmes au foyer insipides ? Drôle de contexte qui annonce ainsi la fin d’une seconde saison d’une comédie placée sous le signe de l’absurde. La réalité reprend ses droits et avec elle, une figure politique de choix, appelée Leslie Knope.
Entre le pilot l’an passé et ce second season finale, Leslie Knope a arpenté un sacré chemin. Une évolution notable, où Leslie a troqué son habit de politicienne niaiseuse et maladroite contre un costume digne et respecté de tous, qui laisse place à une rage de bien faire et un déterminisme jusqu’au boutiste hilarant. Bien loin du supposé modèle féminin de Michael Scott de The Office, Leslie Knope est devenue au fil du temps un personnage comique d’ampleur, avec ses propres caractéristiques et son humour à elle. Le personnage est une merveille d’originalité et de nuance, un exemple d’attachement et de réussite humoristique inédite.
Outre une évolution d’héroïne notable, l’épisode a esquissé les premières allures d’une troisième saison qui s’annonce d’ores et déjà riche en émotions (Rob Lowe et Adam Scott seront-ils encore de la partie ?). Et en triangles amoureux : entre April, Andy et Ann, le club complexe des trois A, l’histoire qui a pris son temps sur l’année s’accélère d’un coup, nous offrant des péripéties à la pelle et nous rendant plus shipper que jamais à l’égard d’Andy et April, assurément l’un des couples les plus singuliers de l’année sérielle. Le risque, sans doute, celui de rendre légèrement antipathique à l’écran Ann, malgré sa complémentarité parfaite avec Leslie.
Autre schéma romantique compliqué, Ron, Tom, sa nouvelle conquête et son ancien épouse. La surprise est de taille alors que les signes annonciateurs étaient l’air de rien introduits depuis des semaines dans la série. En injectant plus de mélo, la série donne matière à attachement, et même pour des personnages purement comiques comme Ron ou Tom.
A l’image de cette fin nocturne où Leslie conclue comme l’année passée avec son acolyte Mark, malheureusement sur le départ, la série nous laisse avec un drôle de pincement au cœur. Une formidable saison, constamment maîtrisée, qui a su nous démontrer tout le potentiel caché d’une série centrée sur les problématiques municipales d’une députée un brin timbrée. Les retrouvailles ne se feront qu’en janvier prochain, d’ici là, il n’y a plus qu’à planter des graines d’espoir pour un retour tardif mais triomphant.
7.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Parks and Recreation | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : parks and recreation, saison 2, nbc, amy poehler, the office |
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09.06.2010
Community (Saison 1) L’esprit de groupe, sans les lauriers tressés

Pascal’s Triangle Revisited – 1.25 (diffusé le 20.05.10) (finale)
Une année s’est écoulée au community college de Greendale où les personnages séniles et sales fréquentent les apparents terroristes et les féministes aux grandes dents. Une année d’entente au diapason, de péripéties burlesques, de situations qui relèvent du génie narratif, malgré une conclusion étonnamment teintée mélo.
Coup dur pour Community : et si son épisode de fin était l’épisode le moins probant de toute sa (majestueuse) saison inaugurale ? Pour les éternels spectateurs habitués au shipping télévisuel, l’épisode sera cependant une grande réussite formelle, les auteurs ayant écarté les idées de scenarii ingénieuses pour mettre en avant les triangles amoureux, peut-être même un carré romantique inattendu et risqué (Jeff ou l’art de la polygamie, clin d’œil à HBO ?).
Parce que la série maîtrise l’art de l’overzetop avec dérision et ironie (même Troy fait sa référence à Happy Days et à la théorie sériephile du jumping the shark), la série use et abuse du fond sentimental et en fait un concentré de vingt minutes, peut-être ironique, en tout les cas sacrément déstabilisant. Slater, l’ex de Jeff Winger revient à la charge mais Britta, en pleine compétition de midinette de fac, réalise que cette fois elle ne laissera pas son promis dans les bras pendants d’une prof ratée. La compétition entre les deux jeunes femmes est attrayante, nous rappelant cet avant-dernier épisode génial qui pour sûr aurait du être le rideau final de Community. Mais parce que celui-ci, en veillant à mettre en œuvre des intrigues romantiques, perd en (mauvais) esprit et en (bonne) camaraderie.
Résultat, le fond humoristique de cette fin s’en ressent, malgré la bonne humeur intacte et les références subtiles (sur Lost et Ben, entre autres) ou les actions des autres de la troupe. Mais les atouts Abed ou Shirley sont mis en retrait pour les besoins de l’intrigue amoureuse ampoulée, heureusement le personnel de Greendale, du proviseur loufoque, au conseiller alcoolique au poussif Senor Chang gagne aussi en représentation scénique. Ambiance de fin maussade.
Community est et restera la meilleure nouveauté de ce cru sériel 2009-2010. Par son originalité, sa maîtrise de la culture populaire et son art de la mise en scène légère et intelligente, Community est une sitcom qui renouvelle le genre, malgré une conclusion un brin plate. Une exception qui confirme la salutation.
6/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Community, Episodes | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : community, saison 1, critiques, nbc |
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07.06.2010
Modern Family (Saison 1) La sitcom familiale javellisée
![ban[321].jpg](http://www.blabla-series.com/media/02/02/745491959.jpg)
Family Portrait – 1.24 (diffusé le 19.04.10) (finale)
Pour la conclusion de la première saison de Modern Family, un seul mot d’ordre: dispersion. Rien ne va plus dans la famille Pritchett-Dunphy-Delgado, entre les tire-au-flanc, les accidents, les querelles et les malentendus, le clan extra-large de Modern Family part dévasté. Mais reviendra à la rentrée, plus détendu et/ou comique que jamais.
Moment final pour cause, il est l’heure du cliché familial encadré au dessus des escaliers de la maison banlieusarde. Pour sa mission, Claire veille au grain, perfectionniste dans l’âme, la fille de Jay connaît son troupeau et les dangers qu’il peut rameuter avec lui, dans un élan trop élancé.
Comme Claire le supposait, la catastrophe n’a pas manqué. Les auteurs de Modern Family ont toujours pris un malin plaisir à semer d’embûches les chemins de leurs personnages. Peut-être moins inspirée que certains autres épisodes illustres (la fête d’anniversaire de Luke, entre autres), la complication générale de celui-ci lorgne plus du côté de la caricature assumée et prévisible : la photo familiale va être sacrément difficile à réaliser.
Entre Mitchell qui se voit voler son espace privé par un pigeon malotru et qui écrase tout sur son passage, Claire qui cède à la panique et met à sac son mobilier, Phil et Gloria qui bécotent sans le vouloir (pour l’un d’eux) et les enfants pris à témoin, le clan n’est pas prêt de surmonter la pente. Si certaines scènes avaient une saveur de déjà-vu (le côté midinette de Mitchell face à l’étonnante virilité de Cameron), l’épisode développe son attirail comique.
Plusieurs passages valent ainsi leur pesant d’or, notamment la scène tout en lyrisme où Mitchell ruine sa maison pour la cause antipigeon. L’ensemble conserve l’attrait et l’esprit de Modern Family, malgré le fait que les storylines soient trop courtes et cloisonnées, trop dénuées des atouts faits Manny ou autre rejeton de la tribu.
Clairement, les meilleurs épisodes de Modern Family se situent dans la première moitié de la saison inaugurale. Mais à aucun moment, la nouvelle valeur comique d’ABC n’a baissé les bras ou cédé à la facilité narrative. Des situations rocambolesques, des répliques qui font mouche, des personnages tirés au cordeau, la série en est riche en permanence. Et la seconde saison nous ravit d’avance.
6.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Modern Family | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : modern family, saison 1, abc, critiques, sitcom, comédie |
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03.06.2010
The Big Bang Theory (Saison 3) Geekier than geek ?

The Lunar Excitation - 3.23 (diffusé le 24.05.10)
Jeté de rideau à côté pour le final de la série scientifique de CBS. Alors que The Big Bang devient de plus en plus romancé et plat, on se demande : mais où est passée la théorie ?
Syndrome de la saison 3 pour cause, The Big Bang Theory aura cette année manqué de mordant comic-comique. A l’image de cet épisode conclusif où les blagues de scientifiques sont étouffées par les répliques amoureuses et les façades sentimentales, les geekeries, elles, tendent à disparaître de l’univers. Lequel, dirait Sheldon, contrarié par son manque de contrôle ?
Parce que si Sheldon a beau rester un sympathique geek asperger, l’écueil fait Barney Stinson dans HIMYM n’est jamais loin pour une sitcom traditionnelle à personnage atout unique. Sheldon ne peut pas assurer efficacement la dynamique humoristique à lui tout seul. Voilà pourquoi la seconde saison de la série d’ailleurs était subtilement délicieuse, Penny la voisine avait été désignée partenaire de force opposée à Sheldon et les répliques grandissaient en références geek, en cynisme et en ironie.
Comme cet épisode le montre, l’ambiance de cette saison tend à se rosir, sous les pluies des ruptures, même le pauvre Sheldon, qui pourtant était longtemps resté en dehors des contingences mélo, pourrait bien se voir affublé d’une compagnie féminine le temps d’un arc pas forcément inspiré sur le fond. Si les geeks ont la frustration amoureuse comme référent quotidien (ou même l’art de la science dans les gênes), ils représentent également d’autres idiosyncrasies, d’autres manières d’être, qui pourraient se greffer aux caricatures faites ici de nos personnages.
Evidemment, les auteurs s’efforcent encore d’opposer le geek expérimental au mâle lambda, comme cette scène sur le toit de l’immeuble. Mais les recours deviennent systémiques, quasi présomptueux. Faut-il être véritablement dégénéré pour ne pas comprendre un discours de thésard, n’existerait-il parfois davantage de nuance ? A croire la série, il y a d’un côté les geeks trop intelligents, de l’autre les abrutis finis. Sous cet angle, The Big Bang Theory paraît manquer de personnages passe-partout, quelques têtes bien pensantes qui ne soient ni expertes en astrophysique ni en menu fast-food. La voisine du dessous, qui signe là sa première apparition, serait déjà une avancée symbolique pour la série qui on l’espère étoffera sa quatrième saison.
Une conclusion en forme de déception. A force de trop miser sur l’intrigue de Penny et Leonard (ou une histoire qui d’emblée manque de passion et d’intérêt), la série s’enlise dans des scénarii déjà-vu dans lesquels Sheldon tente comme il peut de faire figure d’antimodèle. Et l’évolution des espèces dans tout ça ?
5.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, The Big Bang Theory | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : the big bang theory, saison 3, critiques, série, cbs, penny, leonard, sheldon, geeks |
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01.06.2010
How I Met Your Mother (Saison 5) Quête et contrariétés

Doppelgangers – 5.24 (diffusé le 24.04.10) (finale)
Un final pur de fan pour une série devenue quasi-exclusivement un repère de spectateurs aveuglés par leur passion so 2007 pour ladite sitcom. Pourtant, la série a décidé de corriger le tir et fait (enfin) évoluer son petit monde. Mais comme ambition fait season finale, le résultat global reste un peu maigre.
Avec des épisodes totalement creux sujets à permanence scénaristique, des sketchs éculés sans but, des dialogues rabâchés par des personnages qui n’y croient plus, How I Met Your Mother a bénéficié de sa plus médiocre saison, qui pourtant était sérieusement concurrencée par les deux précédents chapitres de la comédie.
Depuis Robots vs Wrestlers qui avait ouvert la voie à un peu d’évolution, cette fin de saison d’How I Met Your Mother s’est repris narrativement. Il était difficile de faire autrement : garder le rythme et l’allure monocorde de la série dont on reproche depuis des années son absence de créativité lui aurait infligée l’estocade en pleine moelle épinière. Alors, pour signer une évolution et sustenter les admirateurs du joyeux clan, les auteurs ont décidé de parler bébé et engagement. Bonjour mère originalité.
Comme annoncé il y a deux épisodes, il est temps de fonder une famille pour Lily et Marshall, qui fricotent sagement depuis des années. Les scénaristes reprennent cette bonne idée de sosie excentrique de chaque protagoniste pour aiguiller la trame principale de ce final. Après la lesbienne Robin, la strip-teaseuse Lily, le mexicain mangeur Marshall et le catcheur Ted, il ne manquait plus qu’une version loufoque de Barney pour que Lily accepte enfin que Marshall « mette un enfant dans son ventre » . Si pour cette histoire, l’épisode comporte les habituels schémas tourne en rond de la série, avec situations tirées par les cheveux à la clé, la fin collégiale apporte une once symbolique à la série.
Robin troque enfin ses valeurs carriéristes à l’amour, malgré une déception amoureuse prévisible mais bien amenée. Barney continue les conquêtes, ici étrangères mais avec cette grossesse préannoncée, le casanova se verrait bien oncle gâteux. Ted lui est le seul à piétiner dans son coin. Il faut reconaître que sa quête à lui n’avance guère, arc principal de la série pour cause.
Malheureusement, malgré la blondeur de son intrigue (au demeurant, divertissante), Ted ne convainc plus, ni dans son rôle de narrateur qui nous entraîne dans ses souvenirs (d’autant que ses enfants de la scène introductif paraissent quasi-vintage), ni même dans celui d’amoureux éconduit. Comme dans cet épisode, Ted renoue avec sa nouvelle mission de sidekick comique, l’astuce fonctionne mais paraît risquée sur le long terme.
Si cet épisode conclusif n’avait été qu’un épisode typique de la saison, How I Met Your Mother aurait pu se vanter d’avoir une sixième cru de goût, en ayant su restaurer l’image sympathique d’un groupe et de leurs quotidiens divertissants. Malheureusement, sous couvert d’une évolution quasi exigée pour la survie du show, cette fin à des airs d’épisode calculé, faussement authentique dans une lignée maudite d’épisodes sans teint. La bonhomie d’How I Met Your Mother et son lot de surprises sont bien loin.
6/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, HIMYM | Lien permanent | Commentaires (55) | Tags : how i met your mother, saison 5, critiques, episodes, cbs, ted, robin, barney, lily |
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