05.11.2009

V (Pilot) Les visiteurs font du porte à porte

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Un matin de tremblement, 27 vaisseaux identiques apparaissent au-dessus des 26 principales villes du monde (et Gizeh, ville des Pyramides). A l’intérieur, des aliens visiteurs aux allures humaines, venus apparemment en paix, répandre la bonne parole, les bonnes intentions et les soins médicaux. La Terre, cette idiote, cette débonnaire, tombe sous le charme.
Mais les visiteurs semblent avoir des projets plus importants que d’être élus Aliens les plus sympas de l’Univers.



90210 (2008), Melrose Place (2009)…, non les récentes adaptations ne sont pas l’apanage unique de la CW et de ses envies de relooking blushé. Avec V (2009), ABC prouve qu’elle sait aussi ressortir du placard des séries du passé. Mais à la différence de la Capitalist Whore, ABC réadapte une série de grande allure, et elle le fait plutôt bien.

La réalisation maîtrisée -l’invasion des aliens s’est révélé réussie et haletante et rassure sur le côté non cheap de la série-, la narration rythmée, les dialogues satisfaisants pour un pilot (comprendre : toujours un peu bancals), la recrue de quelques références bien vues (Elizabeth Mitchell) et d’acteurs charismatiques (Morena Barracin), l’ambiance sombre d’un côté, l’allure clinique de l’autre : la série a réussi la première étape de son contrat formel. Elle est prise au sérieux.

Mais c’est avant tout sur le fond que la série se devait d’amadouer, de conserver au moins l’esprit et le niveau de la série originale, créée par Kenneth Johnson. Dès le pilot, les enjeux sont clairement démontrés, heureusement modernisés. Le pilot de V aime à poser des bases immédiates, sans trop compter sur la patience du spectateur, c’est un gage indiscutable de qualité.

Les thèmes de la résistance, du journalisme politique, de la religion, de l’endoctrinement de la jeunesse mondiale et de la dévotion débonnaire d’un peuple trompé sont autant d’atouts majeurs pour la suite.

Introduits rapidement, le tout un peu survolé, ils représentent néanmoins de très solides perspectives qui permettent à V de gagner en légitimité, accessoirement de se démarquer indiscutablement de Flash Forward, l’autre série-évènement d’ABC, l’autre série SF, mais au charisme et à l’effet vains.

V se veut être une série mystique, réfléchie et formellement spectaculaire. Ca tombe bien : on le veut aussi.

(8.5/10)

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30.10.2009

Trinity (Saison 1) Quand Greek et Gossip Girl se parodient

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Trinity est une université ordinairement réservée à l’élite et ses jeux pervers. Sociétés secrètes et règles du plus fort règnent en ce lieu. Mais l’arrivée d’une nouvelle doyenne chamboule le fonctionnement de l’école. Et les nouveaux élèves sont là pour ça. Notamment Charlotte Arc, dévote et élève studieuse, venue résoudre le meurtre de son père, ancien élève et proche du corps professoral.

 

Volontairement trash comme Gossip Girl, se réclamant un esprit de fraternité à la Greek, Trinity, dernier teen-show d’ITV -chaîne de Secret Diary of a Call Girl- n’a sur le papier que des ressemblances insipides avec ses homologues américains.
Mais l’allure de Trinity va plus loin. Volontairement débile, franchement grotesque, oscillant  entre la conspiration faussement inquiétante et la potacherie nauséabonde, Trinity est une plaisanterie assumée, un mélange des genres foutraque et ridicule qu’il revendique avec fierté.

La forme baroque et enlevée, l’université de Trinity aime envoûter par son charme victorien. Les costumes à la Gauthier et les décors british assurent une vision gothico-folle d’un milieu à part. La série s’en sert pour mieux s’en moquer.

Oubliée la forme, le fond est aussi inaccessible. Rien n’est véritablement à prendre au sérieux dans Trinity. Les fêtes déjantées, les cadavres à disséquer, le corps professoral faussement inquiétant et son élite d’élèves, tous plus caricaturaux les uns que les autres. Personne ne se démarque, personne ne tire à la couverture à soi, personne n’a de morale ou d’éthique à défendre, hormis la chargée aux relations chrétiennes, une caricature parfaite elle aussi.

L’exubérance exacerbée, la série ose aussi le mystère qu’il s’amuse à entretenir, au mieux à parodier. Le mystère autour de la mort de Richard Arc est dans tous les esprits de Trinity, celui de sa fille Charlotte, de la nouvelle doyenne, aussi. Distillant les éléments au compte goutte pour fantasmer un meurtre probablement insignifiant, Trinity ne se remet pas en jeu, et en permanence se cache dans ses simulacres de mystères.

Alors, vrai série pour jeunes branchés ou critique pataude d’un genre surfait ? L’éternelle hésitation, c’est l’unique fonds de commerce de Trinity.

(6/10)

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17.10.2009

Heroes (Saison 4) Peter, Claire et Hiro se frottent à Carnivale

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Orientation – 4.01 & 4.02 (Volume 5 : Redemption) (diffusé le 21.09.10)

Les héros retrouvent leur quotidien. Claire déménage à la fac et rencontre son étrange nouvelle coloc’. Peter retrouve l’hôpital et met ses pouvoirs au service des indigents. Hiro est reparti au Japon et a lancé avec Ando une entreprise à son image. Mais une nouvelle menace arrive, et a la forme d’un mystérieux carnaval.


Avec ce season premiere, la volonté de Tim Kring et sa tribu d’auteurs était évidente : il fallait simplifier le monde ampoulé des Heroes. Les spectateurs ne sont plus dupes : ces quêtes universelles, ces guerres gouvernementales contre les héros du monde entier, continuer à sauver la Terre de menaces brouillard, et tenter de sauver Kristen Bell, tout ça relevait de l’impossible. Et du terriblement ennuyeux.

Alors les auteurs ont décidé de faire table rase du terrible passé. Claire redevient étudiante. Peter, infirmier. Hiro, japonais au Japon. Matt, flic sans pouvoir. Et Nathan, toujours entre-deux politico-fastidieux. Et même si le départ prématuré de Bryan Fuller avait alarmé les résignés de la série prêts à pardonner, le créateur de Pushing Daisies a peut-être raison : « les arcs de la prochaine saison sont excellents ».

Excellents, rien n’est encore fait, meilleurs, c’est envisageable. Parce que Mohinder est oublié, Danko est assassiné, Claire redevient sobre et s’amuse avec des gens de son âge, Hiro distrait, et Peter a même abandonné sa voix grave. La série met de côté ses ambitions supérieures, fait un énième un méa culpa et recentre son envie de divertissement.

Et la direction prise par la série, outre sa simplicité grand-public, est intéressante. Cette histoire de forains aux pouvoirs mystiques procure à la série un nouvel univers. Et fait penser à Carnivale, the much-missed show d’HBO, en moins bien, parce qu’on a tout de même troqué Nick Stahl pour l’acteur de Prison Break, Robert Knepper. Ou le tout ressemble aussi à la Boussole d’Or, la mauvaise trilogie pas encore finie avec Craig et Kidman et là, on resterait dans le même niveau.

(6.5/10)

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23.09.2009

Grey's Anatomy (Saison 5) Coups du sort et état de Grace

Quand la tragédie et la maladie s'en mêle, cela donne du Grey's Anatomy multivitaminé, suremotionnel, en pleine efficacité.

Parce que jamais Grey's Anatomy n'aura autant pris de risques avec ses personnages principaux. Faire passer Izzie pour une folle pendant une demie-saison, oublier Georges et son allure joufflu passé à la trappe des épisodes entiers, virer docteur Hahn qui s'imposait comme un leader féministe dans l'hôpital..., la série aurait pu en dérouter plus d'un avec ces directions scénaristiques incongrues. Mais la série a su garder le cap, imposant ses modèles, fixant ses propres conclusions, surprises à la clé.

Alors, force est de constater qu'avec ces choix, le pathétique demeure. Le tire-larmes est roi au royaume des mourrants. La chaumière pleure, la ménagère est en émoi. Mais ne s'indigne plus.
Parce qu'avec ses malheurs, ses destins funestes et ses gueules d'enterrement, la série s'assombrit allégrement mais sans pour autant s'affliger. Durant toute cette saison, la série n'a jamais épargné sa légèreté et son humour d'antan, quitte à parier sur une Izzie malade mais guillerette, sur un mariage et des (ré)conciliations à la pelle, toujours de bon ton.

Cette saison de tous les dangers s'est finalement transformée en une ode à la vie. Mesurée, contrastée, toujours sensée. Sans mysticisme, sans logique poussive, mais avec une dose de réalisme et d'expérience qui se sont avérés payants. Et pour une série en perdition depuis deux ans, cela rélève du miracle. De ceux manigancés par Shonda Rhimes.

 

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Retour sur les épisodes d'une cinquième saison d'envergure.

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13.09.2009

The Vampire Diaries (Pilot) – Cher journal, je suis hémophile


Une adolescente triste et orpheline va voir sa vie chamboulée par l’arrivée d’un jeune vampire au grand cœur. Puis d’un autre, bien plus affamé et moins gentleman. Heureusement, elle pourra compter sur l’aide de ses amis lycéens et de son journal intime pour choisir qui sera son mordeur préféré.

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Sans le succès littéraire (ça écorche toujours, on n’y peut rien) planétaire de Stephenie Meyer, the Vampire Diaries n’aurait probablement jamais atterri en prime sur la CW. Et celle-ci n’aurait jamais connu le plus grand de ses succès d’audiences depuis sa création.

L’effet Twilight aidant, tout prédestinait The Vampire Diaries à devenir une série success. Au résultat aussi inodore et sans relief que la suite de romans à succès. Et pourtant, malgré son pedigree estampillé Twilight, la série de la CW tient assez bien la route. Quitte à marcher sur les plates bandes de cette apathie littéraire.

 

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26.08.2009

Dexter - Saison 3 - Critiques

Douche froide pour la série so calor de Showtime.

Entre désir familial incongru (Dexter est typiquement le genre de personnages censé ne jamais évoluer) et amitié bête et méchante frôlant l'ambigû, Dexter n'échappe pas au syndrôme de la médiocre saison 3, bâclée et infidèle à l'esprit du show. Esprit ici, crucifié sur l'autel du happy end et du bon sentiment facile, à défaut d'être cisaillé par le scalpel de rigueur.


Inégal, complaisant et souvent creux, Dexter peut donc se vanter d'être la déception de l'année. Et Reine Debra Morgan n'a rien pu faire.


Our Father (3.01) Voilà le retour du serial killer prodigue. Retrouver l’ambiance calor de Miami, ses couleurs vives, sa galerie de personnages tous si appuyés était sans conteste un excellente chose. Un épisode qui débute doucement, met en place de nouveaux enjeux et de nouvelles histoires. Du côté de l’arc de saison, cela va être difficile de faire plus palpitant que la saison passée, mais Dexter est full of ressources, il y a de l’espoir.

(6/10)

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Finding Freebo (3.02) On a beau vouloir se réjouir du retour de Dexter, difficile de se satisfaire de l’arc Freebo. On pressent des enjeux plus dramatiques inhérents à cette histoire mais en l’état, le fil n’est pas aussi prenant que ceux déployés pour les saisons précédentes. On aime encore et toujours, mentalité inébranlable de fans, pour les personnages et les dynamiques entre eux, mais où est passé le rassasiement obscur ?

(5/10)

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The Lion Sleeps Tonight (3.03) Il manque à ce nouveau chapitre la tension et la nervosité d’un Dexter électrisant, le serial killer justicier de la nuit mais ami de tous patauge dans l’eau chaude de Miami.
OK : Dexter-Daddy, nouveaux enjeux, nouveaux discours torturés sur son rôle, mais la série est incapable d’en créer un nouvel intérêt. Le fan n’a plus qu’à se contenter des personnages secondaires, et avec une Tante Debbie simplement royale, il en a un peu pour son compte.

(5/10)

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19.08.2009

Fringe (Saison 1) - Technologies. Corruption. FBI.


Retour sur les épisodes du premier chapitre blockbuster et manichéen d’un produit estampillé Abrams.
Quand le monstre de Cloverfield rencontre une blonde aux cheveux plats. Entre analyse et dérision.

 

Pilot (1.01) Le pilot de Fringe a été la hauteur des espérances : attrayant, mystérieux, conceptuellement intéressant, il s’est révélé parfaitement en phase avec ce que l’on pouvait attendre de ce premier jet. Par contre, pour les fans inconditionnels de la secte Abrams, le pilot avait de quoi décevoir tant l’énergie et l’adrénaline apparaissent en deça de ce qu’Abrams peut habituellement proposer, la durée du pilot n’était pas non plus idéale pour cela. (pour la suite, lire l’article complet consacré au pilot de Fringe)

(7/10)

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13.02.2009

The Big Bang Theory - Bilan - Critique - Saison 1

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The Big Bang Theory, sitcom foncièrement traditionnelle, subtilement remise au goût du jour

 

Comme chaque année, CBS aka le roi de la sitcom, introduit son lot de comédies classiques. Malgré un fond traditionnel et l’usage d’éléments phares constitutifs de la sitcom typique, The Big Bang Theory bénéficie d’un univers plus décalé et plus complet qui lui permet de se distinguer des autres shows traditionnels, de la Vieille Christine, Two and a Half Men à Rules of Engagement sur la même chaîne.


Pour çà, The Big Bang Theory possède deux atouts de poids : Chuck Lorre, maître de l’humour-sitcom post-2000 avec son Two and a Half Men encore d’actualité, et Bill Prady, scénariste qui avait déjà fait ses preuves sur le terrain de la comédie dramatique de qualité (Gilmore Girls) ou de la bonne sitcom atypique (Dream On) et qui avait entre autres, réussi le pari Dharma & Greg pendant cinq années mémorables. Cette efficace collaboration permit ainsi un certain équilibre entre les atouts de la sitcom traditionnelle diantrement maîtrisés par Lorre et les éléments dramatisants d’une comédie à caméra unique, new-generation à la portée d’un Prady touche à tout.

 

TBBT était donc une idée prometteuse, le genre de séries qui avait l’avantage de ne pas faire fuir les détracteurs de la sitcom en usant habilement d’un humour moins figé et en évitant les poncifs de la sitcom familiale autour d’une mère déjantée, d’un patriarche ronchon, d’enfants rebelles, surdoués ou marginaux. (Je ne vise ici aucune sitcom particulière, seulement la recette (à succès) d’une multitude de séries très connues.). Ainsi, grâce à un concept inspiré plus pragmatique et désinvolte, The Big Bang Theory avait la possibilité d’ouvrir la voie à une nouvelle sorte de sitcom : une sitcom moderne, plus réaliste, moins formatée, loin du genre télévisuel rigoriste et sermonneur de l’ère 90.

 

The Big Bang Theory use et abuse des éléments de la sitcom, en commençant par sa mise en scène. Les thèmes sentimentaux, les dénouements narratifs, les procédés scénaristiques (le quiproquo en tête), les décors figés en papier mâché ou autres rires enregistrés en fond sonore sont aussi de la partie. Pour contrebalancer l’effet inévitablement figé voulu par ces ingrédients, The Big Bang Theory est placé sous le signe de la référence et de l’humour de nerd incollable, passionnant et passionné, histoire d’égayer et de moderniser un peu le tout.

 

 

Culture geek et dépendances

 

L’humour à la geek, c’est le trait majeur de la série, l’intérêt principal de cette comédie, l’ingrédient magique qui permet à la série de se singulariser et se différencier des autres nouvelles sitcoms. Personnifié par deux jeunes et inoffensifs physiciens, un duo attachant et pittoresque, cet humour geek tantôt intello, tantôt bêta, tantôt populaire renforce l’aspect contemporain de la sitcom.

 

The Big Bang Theory n’est plus ni moins qu’une culture geek de premier choix. Passé maître dans le domaine du nerd, la série a su exposer les différentes caractéristiques du geek américain à travers plusieurs personnages. Leonard, scientifique et informaticien est le geek moyen, il réunit à lui seul les grosses caractéristiques geekies (look improbable, goût prononcé pour les jeux, la science-fiction, les hautes-technologies) mais, conscient de sa profonde nature, il essaie tant bien que mal de sortir de son rôle pour devenir plus lambda, ce qui ne manque pas d’intérêt. Sheldon est la version caricaturale, plus nerd que geek, il est le personnage le plus asocial, bourru et renfrogné de la bande. Rajnesh, quant à lui, est le geek le plus timoré, celui qui présente le plus grand dysfonctionnement social, le jeune homme étant incapable de communiquer avec les personnes du sexe opposé. Comme quoi, on peut faire une galerie de personnages avec pratiquement rien, du geek, du geek et du geek : on décline jusqu’au possible les traits du geek virtuose et tant pis si cela manque d’épaisseur.

 

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Geek Power...



Faut-il être un véritable geek-scientist pour apprécier l’humour de The Big Bang Theory ? On peut ne pas avoir élaborer une thèse sur Jane Austen, Jimmy Carter ou Kakfa pour apprécier Gilmore Girls. Comme elle, The Big Bang Theory est full of références, pour saisir la subtilité de celles-ci, la série sait parsemer entre quelques théorèmes mathématiques et problèmes (méta)physiques, des références populaires à la portée du geek-tout-le-monde : Battlestar Galactica, Star Trek, Lord of the Rings, le kinglon boggle, Survivor, on ne peut lui reprocher son étiquette clichée, la série se devait avant tout d’être accessible au grand public.

 

Depuis quelques années, beaucoup de séries ont misé indirectement ou secondairement (Chuck, The IT Crowd, The Office) sur la personnalité du geek-type et ses passions mécaniques pour l’informatique, le jeu vidéo, la science, The Big Bang Theory quant à elle, consciente de l’aubaine commerciale de grande envergure provoqué par l’humour geek actuellement dans le vent en a fait son concept unique, sa seule et véritable bonne idée - et c’est là que le bas blesse.

 

L’humour prend le dangereux virage de la caricature et la caricature est poussée à l’extrême, cela manque de nuance(s), l’humour supposé cinglant perd de son souffle en milieu de saison, une fois les personnages en place, le propos est répétitif, la série perd en intensité et c’est tout son concept qui en devient remis en cause. La faute peut-être à la nature figée du concept, un concept condamné d’avance qui nécessite un renouvellement pour la prochaine saison ou du moins, une once d’évolution.

 

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et revanche du Nerd !

 

 

Penny,  la girl next doordinaire, plus intéressante qu’elle n’y paraît ?

 

 

Penny est la girl next door par excellence, symboliquement et littéralement. Voilà aussi un thème à la mode, The Big Bang Theory sait donc flairer les bons filons et les exploiter (pour mieux les affadir par la suite ?).

 

Penny au prime abord, manque cruellement de charisme, la faute aussi à cette actrice peu attachante –Kaley Cuoco (mais qui a réussi à se faire une place bien à elle dans le monde sériel, reconnaissons-le). Serveuse et cruche de son état, elle devient le centre d’attention et des convoitises, sans briller par une intelligence flamboyante, elle permet toutefois et à plusieurs reprises de confronter la bande de geeks par son impertinence et sa lucidité quant aux règles sociales, aux interactions humaines…

 

Ainsi, au-delà de l’humour sans nuance et de l’allusion peu subtile à la culture geek propres à TBBT, il est assez intéressant de voir –bien que portées à l’extrême, les différentes représentations de la société vu par cette jeune fille ordinaire et attractive, une vision en totale contradiction avec celle de ces génies scientifiques peu sociables et casaniers.

La Penny ne manque finalement pas d’attrait, outre sa storyline amoureuse attendue avec  Leonard, Penny est un atout non négligeable à la série, son côté pimbêche impertinente et triviale permet de desamplifier l’effet balourd de l’humour geek de la série.

 

 

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The Beauty and the Geek, tout un programme ... !

 

 

En conclusion, The Big Bang Theory est une sitcom dans la tradition des sitcoms, comédie sur les nouvelles mœurs, avec un thème du geek en pleine expansion. Les personnages du show sont globalement réussis,  l’écriture bien ciselée est la force principale de la série mais attention toutefois à ne pas virer dans un humour grotesque et attendu (la saison 2 a totalement vité l'ecueil).

 

08.01.2009

Skins et le génie anglais : l’éloge

Adam, auteur du meilleur blog jamais créé sur la toile, m’a laissé les commandes de son blog pour un article en guise de cadeau pour le 1500ème commentaire que j’ai laissé récemment sur un article de son blog.
Le choix étant grand et dur, je pouvais parler un peu de tout, j’ai songé à Friday Night Lights et Mad Men au départ, deux shows que j’over-kyffe à un tel point que je ne compte plus les mots que j’écris à leur sujet : en soi, des shows killeurs de génitrices.
Chaque nuit que je passe à tourner infiniment dans mon lit sans réussir à trouver ce fichu sommeil (parce que j’ai une trop grande addiction pour les boissons énergisantes que je bois trop tard dans la journée, malencontreusement), je pense à ce fameux article. Sur quelle série pourrais-je bien écrire, sans me prendre trop au sérieux ni partir dans des trips impossibles à comprendre pour l’étranger à mon sens de l’humour dépassé ? La réponse était so obvious, je ne fais que de penser à cette série les dernières semaines de surcroît (qui revient bientôt sur E4, cheer up) : Skins.


En plus, je sais que Adam sur-aime Skins qu’il a découvert il y a quelques mois, le meilleur teen show que le paysage audiovisuel ait connu. C’est une série britannique, quoi de mieux ? Je précise néanmoins qu’il est 2h du matin, 3 janvier 2009, excusez-moi si je dérape : c’est soit l’effet de l’awesome épisode deux-point-zéro-cinq de Gossip Girl vu il y a deux heures qui m’a réveillé comme jamais –parce que j’aime Gossip Girl aussi-, ou bien c’est simplement parce que je sur-adore cette série haute en couleurs qu’est Skins : vous voilà prévenu, laissons place au dithyrambe.

 

 

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Personnellement, je n’oublierai jamais le moment où j’ai découvert Skins. Pour tout vous dire, « découvrir Skins » ce n’est pas découvrir Gossip Girl, ce n’est pas découvrir The OC, découvrir Skins c’est mettre (enfin) le doigt sur une série qui présente la vie de jeunes ados britanniques telle qu’elle est : sans omettre les faux-pas, les potentielles dérangements et les dérapages rebelles en série gommés dans les séries au visuel plastique des networks américains, friands des kids riches qui ont tout, sauf des fringues qui leur plaisent.

Skins, ce n’est pas une série qu’on regarde juste pour passer le temps ou distraire comme le sont la majorité des séries (américaines) mettant en scène des ados : Skins c’est un réel modèle de savoir-faire scénaristique, subtil, naviguant entre délire et tragédie, Skins c’est une série qu’on admire par son sens de la véridicité, son ton certes osé mais qui n’en reste pas moins réaliste et crédible. Les scénaristes –jeunes pour la plupart- ont réussi à mêler plusieurs styles scénaristiques, de façon un peu plus maladroite en deuxième saison avouons-le, mais c’est ce qui représente néanmoins l’attrait principal du show et de la première saison en particulier : des personnages fêtards, fidèles à eux-mêmes, pouvant paraître antipathiques et stéréotypés à première vue mais devenant résolument attachants et creusés à travers un maigre quota d’épisodes. Cette maîtrise scénaristique nous offre des épisodes tantôt hilarants, tantôt dramatiques, sans que la série semble gâcher son potentiel dans du mélodramatique bas-de-gamme, foiré par des acteurs amateurs, ce qui semble être la recette des séries pour ados d’un certain network américain. Devinez lequel.

 

Skins, c’est aussi une des rares séries pour adolescents et mettant en scène des adolescents (parce que ce n’est pas la même chose) qui traite des thèmes les plus poignants de cette tranche d’âge 16-18 ans. Même Friday Night Lights que j’idolâtre comme personne d’autre qu’Adam ne peut ne les aura tous faits (vous citerez peut-être Angela 15 ans comme contre-exemple, c’est possible, mais ce n’est pas d’ma génération et Skins c’est assurément plus joli visuellement) : l’anorexie, l’homosexualité, la religion, le sexe, le suicide, les relations parents / gosses chaotiques, et j’en oublie volontairement pour éviter les spoilers.

 

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Skins c’est finalement un prospectus sur petit écran sur la vie –la vraie - d’un adolescent de cet âge-là vivant au sud-ouest de l’Angleterre, à Bristol plus précisément : un aperçu tape-à-l’œil du vrai dark side de la vie d’ado, ni tronquée, ni manipulée, juste authentique pour le plaisir de l’identification aux personnages et aux situations, narrées sur un style littéraire incroyablement sobre, plaisant et inédit.

 

C’est donc avec Skins que le téléspectateur initié se familiarise avec l’efficacité du style narratif britannique : les séries anglaises dépendent beaucoup de l’anecdote. En cela, peu de storylines s’étalent sur la longueur – mis à part en saison 2 qui opte pour une narration plus américanisée, à tord -, le but de la série étant principalement de dresser un portrait de la vie à cet âge-là des adolescents vivant à Bristol plutôt que de raconter une ou plusieurs histoires continues.

Ainsi, chaque épisode se concentre sur un personnage en particulier et la pratique s’avère ingénieuse car chaque personnage soutient un propos véridique : on soulignera principalement l’anorexie de Cassie et dans un contexte différent l’indépendance en partie non-souhaitée de Chris.

 

Assurément, Skins est une série-choc, audacieuse. Elle sied majoritairement à un public-cible jeune, aux ados on da vibe, et on ne peut pas la considérer comme un simple guilty-pleasure visionnable aux heures perdues : c’est un véritable travail d’écriture qu’il faut savourer en temps voulu. En soi, c’est une série devant laquelle on a réellement peu de chance de s’ennuyer et on s’attache aux personnages, on est ébloui devant tant de maîtrise et de justesse scénaristiques dont seuls les anglais ont le secret.

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Bref, si vous ne l’avez pas encore fait, je vous conseille vivement Skins qui est à l’heure actuelle la série pour ados la plus fraîche, crédible et excentrique.

Skins est un produit tragi-comique brillant, interprété par des acteurs pour la plupart amateurs mais justes et investis, écrite par des auteurs qui ont le même âge que les fans.
Skins va au-delà de l’étiquette « série pour ado pop-corn », Skins a développé une élite de jeunes fans reconnaissants d’avoir trouvé le seul bon produit télévisuel actuel leur permettant de s’identifier à des personnages qui partagent les mêmes envies, les mêmes réactions mais surtout le même mal-être.

Et c’est en cela que Skins est une de ces séries killeuses de génitrices, qui kick les ass, tellement au paroxysme de la hypitude qu’elle en devient presque indescriptible, tout c’que vous voudrez : lancez-vous simplement dans Skins si ce n’est pas encore fait. Moi je n’ai plus qu’une chose à dire : vivement la saison 3. Et merci Adam encore une fois. :)

 

Red

05.12.2008

What the fuck with the L fuckin' Word ?

Let’s do it (let’s fall in love)
E-foule, hugh, Clémentine’s speaking. Guess what : avec le e-husband, que dis-je l’e-soulmate, le Maître du E-Monde (paraît-il), on partage tout. Même l’e-home. Une mission (l’homme est  despotique) : causer séries.
Tu peux me croire, ce n’est pas forcément chose aisée lorsqu’on a l’habitude de digresser pants, exfoliants & trash TV, surtout sur ce bloug à la pointe de la hyp-itude sérielle (you know that).

Va falloir de la critique constructive, de la review persuasive, du verbe acerbe et l’œil affûté, tiens-toi prête e-foule : today on blablate about le L word, everybody’s gay in L.A. Qui est juste une série killeuse de génitrice qui kick les ass, vraiment. Et ça devrait suffire à te convaincre.

 

D’une, la bête te présente une B.O à la pointe, du Tigre à The Organ, la plupart des épisodes débutant par un morceau choisi (et une scène hot, ce qui ne manquera pas de te convaincre). Tu trouveras même du Iron & Wine, qui sont un peu le groupe officiel du monde sériel, y a même FNL (saison 1) qui utilise du Jezebel – morceau qui te fait instantanément fondre en larmes à l’intérieur de toi-même, even if tu piges pas de quoi ça parle.

Mais je t’entends e-foule contrariante, t’es en train de me dire que la musique fait partie intégrante des séries en général, te-ma privileged 1x01, ne commence-t-on pas avec cette douce mélodie qu’est Love Today ? One tree hill fait mieux encore avec du Pete des Fall Out Boy qui pécho la blonde, so pourquoi tu viens nous les briser avec le monde du L ?

Je t’explique : quand je te dis à la pointe, je ne me fous pas de toi. T’y trouveras du Marianne Faithful, du Joseph Arthur, Peaches, Broken social scene, Ella Fitzgerald & of course quelques belles apparitions musicales de groupes foncièrement gay friendly (& being); ce qui n’est qu’un échantillon (cours).

Ensuite, les personnages sont canons. Cherche pas, c’est toujours un bon argument : ce qui est beau est bon.
Au-delà de la question du packaging, tu veux que je te narre e-mec ?

Let’s go, je te narre. Au commencement, tu trouves Bette « flashdance » Porter (qui est juste carrément trop gorgeous), in love avec Tina « molle du genou » Kennard (so boring) : l’éclate, le total love & l’ennui intersidéral, le pic d’adrénaline du couple se situant au moment du choix du prénom de l’éventuel bébé pointant son nez (on passe les explications du pourquoi du comment cher lecteur, en 2008 tu t’informes all by toi-self, sanx). Bébé qui par ailleurs soulève la question communautaire et un so unfair « moi, qui suis métisse, je comprends mieux que toi la future discrimination de ma fille, sale blonde ».  T’as aussi Alice sexy Pieszecki, qui est simplement l’incarnation de la funky-tude la plus totale, créatrice d’Ourchart (une version revisitée de la théorie des six liens, ou comment prouver que nous avons toutes plus ou moins couchées indirectement ensemble) et amoureuse intermittente – dont une histoire avec sa BFF Dana Fairbanks, tenniswoman pas encore sortie du closet qui finira par agoniser d’un cancer alors même qu’elle avait largué Miss Funky pour une sombre Lara, cuistot de son état (tout se paie).

Puis t’as Shane « insassiable » Mc Cutcheon, qui est probablement reliée à toutes les chicks de la planète (pour te situer, ami straight, Shane est le Tim Riggins du L word, you know what I mean).

Et sache que même toi, n’ayant pas encore obéi à K. Perry et kissé des girls (sans déc, QUI résiste à K.Perry ?!), tu succombes à Shane. T’y succombais déjà un peu dans « young americans » à l’époque (l’addiction sérielle est ancienne), le personnage a un truc.

Bref, t’as compris, c’est un peu mon personnage phare de la série, ex-æquo avec Alice (qui est TROP funny).

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Tu tomberas aussi sur Kit « Jacky Brown » Porter, sœur de Bette, l’argument hétéro/straight de l’univers L word et tenancière du QG lesbien de L.A (et accessoirement toujours un peu borderline ; ce qui nous vaudra des instants quasi-jouissifs en Kit vs. Dawn Dembo and her lover, Cindi, saison 5).

Puis – contrainte d’en causer – y a forcément celle à qui tu voudrais faire manger des barbelés : Jenny Schecter. Insupportable de mièvreries, même le son de sa voix, la moindre de ses mimiques sera une torture. Et même si au fond de toi, tu t’es attachée. Jenny, le personnage sidéralement psychopathe, qui débarque toute straight avec Tim (joué par le boss de Betty Suarez, so not sexy in da role, et a qui l’on a métaphoriquement coupé le phallus) puis fall sexuellement in love avec une femme iceberg – Marina. Subséquemment, elle devient une lesbienne affirmée et se fait couper les cheveux (wouhou). Tout ça pour finir par écrire – dans la saison 2 si je ne m’abuse - un bouquin egotrip + vie du neighbourhood (qui la haïra copieusement plus tard, du coup), qui évidemment sera adapté au cinoche au cours de la saison 5 et lui permettra de se taper l’actrice principale de son film (Nikki). A qui elle demandera par ailleurs – n’ayant manifestement pas fait le deuil du phallus – de porter un god ceinture (c’était bien la peine, toutes ces histoires). Sachant qu’elle avait également fait tourner en bourrique Max. Max, qui était une fille et qui voulait être un homme. Et qui avant la surgery sortait donc avec des filles. Max était straight dans sa tête. Puis, Max a eu les hormones et la surgery. C’est là qu’il a été attiré par les hommes. Max (qui est un gens de série trop d’la ballesque e-foule, j’te promets) souffre de la – je cite – « same sex attraction ».

Pendant ce temps-là, Bette aura cheaté avec une mécanicienne, Tina se sera barrée avec un homme, Shane aura trouvé puis abandonné sur les marches de l’autel l’Amour (les spectateurs vivant désormais dans le seul et unique but de revoir ledit Amour : Carmen), Alice se sera entichée d’une militaire (une vraie, une ex de l’Aïrak ; ce qui soulèvera la question bien épineuse de l’homosexualité dans l’armée ricaine – no « homosexual contacts » allowed, remember) et sera devenue une superstar de la radio (sanx to les débuts podcast), puis apparaîtra dans une émission TV où elle aura pour mission de ragotter sur les people (tu piges pourquoi je la sur-aime ?). Bette, esseulée, rencontre une sculptrice sourde, le public y croit, puis finira par la tromper avec Tina (toujours boring), revenue du pénis time.

Je t’épargne les personnages gravitant autour de tout ce joyeux bordel, mais c’est du lourd. Sache seulement que Shane a trouvé l’amour & les ennuis avec (dont une pyromane), et finit par faire dévier du toujours straight chemin la fille de la doyenne de l’université où exerce Bette (doyenne ayant elle-même mis fin à son mariage pour aller batifoler avec une avocate), ce qui t’apprend accessoirement que dévier du straight chemin n’est pas toujours easy-easy (dans la saison 5, peut-être un peu too late). Sauf qu’évidemment, la doyenne n’est que modérément d’accord pour que sa fille promise à un brillant avenir batifole avec une fille, a fortiori une fille faisant partie de la plèbe. Et donc Shane est toute torturée. C’est pourquoi, dernier épisode, elle couche avec Nikki, la re-sta de Jenny.

See ? Toutes liées, CQFD.

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