25.01.2012

New Girl (Saison 1) Zooey Deschanel et son joli minois

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Zooey Deschanel a enfin sa série : elle s’appelle New Girl et à peu de choses près, elle met en scène ce qui pourrait être la vie tendance et déglinguée de cette actrice qui l’est tout autant. Trop hype, non ?

 

On la déteste ou on l’adore pour des raisons équivalentes : Zooey Deschanel est une fille cool, un peu indé, un peu hype, qui roule des yeux, chante des airs rétro, porte des serre-têtes fluo et assume ses blagues poussives. Une fille bien quoi qu’il en soit. Evidemment, l’opportunité de créer une série à l’effigie de ce symbole du über-cool était immanquable.

Née de l’esprit d’Elizabeth Meriwether (la scénariste de Sex Friends), New Girl s’inspire de l’esprit du moment : celui des jeunes filles gentiment loufoques qui assument leur dinguerie en public et en font des couches. Zooey Deschanel, impeccable dans ce rôle, s’en donne à cœur joie. Dans le rôle d’une jeune fille récemment larguée, Jess, l’actrice impose son rythme de jeu. En jonglant entre les singeries d’une allumée et les pleurnicheries d’une paumée, Zooey occupe la scène, son premier plan, ses lumières, même le générique, à l’air désuet presque ridicule, sur lequel elle chantonne et danse avec conviction.

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Résultat : la série prend une teinte délicate, revigorante lorsque Zooey Deschanel retrouve les mimiques déglinguées de son rôle dans Weeds. D’emblée, donc, la série séduit. Grâce à Zooey, sa gestuelle maniérée, ses blagues inoffensives et son esprit mutin.

Mais les qualités de New Girl sont rapidement cloisonnés au cas de la it girl, qui peine à transmettre son plaisir du jeu et son envie marginale au reste du groupe. Entourée d’une bande de mâles lambda, avec lesquels Jess vit désormais, la série rate le coche de l’humour masculin et sensible à la fois. Avec un trio faussement comique –Lamorne Morris, Max Greenfield, Jake J. Johnson, trois acteurs de série ordinaires que l’on croise de temps en temps en guest star dans des séries feuilletonnantes ou policières, New Girl manque de punchy et de mordant.

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Presque vieillottes, les histoires autour de ces garçons,  coach sportif, séducteur et barman, peinent à susciter un quelconque intérêt, malgré les moues crispées et les envies de plaire de ces héros diminués face à la présence (trop ?) excentrique de la brunette à leur côtés.  Les trois héros ont beau ne pas agacer, ils manquent en drôlerie ou en charisme pour se rendre attachants, ce qui est problématique dans une série de personnages et de traits fins. Plus d’originalité dans leur caractère ou d’histoires de groupe donneraient à New Girl une meilleure vue d’ensemble, plus drôle et plus enlevée.

 

Mignonne comme tout, Zooey Deschanel reste l’atout unique de cette série gentiment bariolée qui a encore tout à prouver.

6.5/10

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12.01.2012

Homeland (Saison 1) Une machinerie puissante et humaine

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Retour en force pour la chaîne à péage, Showtime, qui désespérait de renouveler ses dramas. En recrutant sa nouvelle unité, Homeland, la chaîne rouge s’est vue offrir une place de choix dans l’univers télé actuel. Electrisante, imprévisible, aux allures malades, Homeland est tout bonnement la meilleure production télé de l’année, peut-être même la plus belle série depuis longtemps.

 

Après In Treatment, il se pourrait bien qu’Israël soit passé maître en créations sérielles, Homeland étant un remake maîtrisé de Prisoners of war, série récente de cet état. Le pitch américain ? Celui du sergent Brody, un marine détenu pendant huit ans par le camp ennemi, Al Quaïda, qui rentre miraculeusement au pays, ce qui éveille les soupçons de l’agent CIA Carrie Mathison. Celle-là avait eu jadis confirmation qu’un militaire américain converti menacerait la sécurité nationale.

Emportés par le jeu fiévreux et dense de Claire Danes et Damian Lewis, Homeland est une série complexe, à l’identification difficile. Entre deux genres, à l’intrigue à tiroirs, la série cultive un arsenal militaire et familial comme aucune autre série.

Souvent comparés à 24, par sa dimension géopolitique et diplomatique, la série Homeland n’a pourtant rien à voir. Plus proche de la latence de Rubicon, par son aspect morne, ses questionnements en attente, son doute permanent, Homeland veille davantage à entretenir une ambiance paranoïaque qu’une toile d’action pure et dure mêlant CIA et terrorisme.

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Si évidemment, la série taille sa part du lion dans la gestion des crises, l’avancement de son enquête terroriste, sur le chef de file Abu Nazir et ses grandes manigances, son probable traître en la personne de Brody, sa profonde originalité réside dans sa façon de psychanalyser ses personnages, les montrer sous un jour épuré, anti-manichéen, proche d’une réflexion objective. 

 

Enseveli dans un contexte familial bouleversant, les retrouvailles avec sa femme (l’attachante Morena Barracin), désormais amoureuse de son acolyte et la découverte de son adolescent, le sergent Brody suspecté pendant une moitié de saison, gagne en valeur et en subtilité. Idem pour le personnage de la CIA joué par Claire Danes, cette héroïne (la plus fascinante depuis longtemps) qu’on imaginait intuitive, ultra-compétente et crainte de tous n’est qu’en fait qu’une jeune femme instable, atteinte de bipolarité sévère, remise en cause constamment par son entourage professionnel et familial, à ce point impliquée dans son travail qu’elle perd en réflexes éthiques et en prudence.

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La plus grande force de la série, c’est de ne jamais aller du côté de l’attendu, monter une guerre froide entre les deux camps, diaboliser le traître américain, héroïser la jeune femme fragile seule contre tous. Le climat entretenu est constamment flou, prenant, d’une densité rare et d’une psychologie osée. A aucun moment, dans sa progression, Homeland appuie d’ailleurs sur les révélations, la série préférait les laissant filer comme des projectiles ambigus, dont on ne sait que faire.

Le final de la série, présageant d’une seconde saison encore plus palpitante et ténue que ce chapitre inaugurale, aussi travaillé et intelligent que le reste des épisodes, démontre la haute capacité d’Homeland, son regard contemporain, loin des sentiers scénaristiques creusés par les clichés et l’attendu.

 

Férocement bâtie, complexe et tendre à la fois, provocante et sévèrement moderne, servie par deux acteurs (Danes et Lewis) au paroxysme du talent, Homeland est la série évènement du courant actuel. Déjà indispensable.

10/10

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07.01.2012

Friday Night Dinner (Saison 1) L’humour anglais se sert chaud

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Les repas du Vendredi soir sont gages de grands moments sériels. Ceux de Gilmore Girls, entre moqueries et conventions, ceux de Dillon, après  le match de football et l’esprit de conquête. Cette année, Channel 4, la chaîne anglaise qui monte, a décidé de faire ce thème chaleureux  une série à part entière. Ou l’histoire d’une famille anglaise moyenne qui se retrouve au grand complet à table chaque vendredi soir pour des moments absurdes et caustiques. Une promesse gourmande ou écœurante ?

 

L’humour anglais est un humour patrimonial. Les comédies anglaises sont reines dans leur domaine. Celui de l’humour loufoque et décalé, qu’on aime étiqueter de so british. En restant fidèle à cet esprit foutraque, Friday Night Dinner prouve que l’humour bête et méchant peut encore fonctionner en dépit de son ton démodé.

A table, parmi les convives, la famille Goodman. Une famille qui sous ses airs de clan anglais lambda, décèle une excentricité  dérangeante. Dans le rôle de La mère, la désormais incontournable Tamsin Greig, qui parallèlement à l’univers L.A en tête à tête avec Matt LeBlanc, prouve qu’elle garde ses convictions nationales. Malgré la sympathie de Tamsin, et de son personnage Jackie, garant de la politesse, de la droiture, de l’ordre familial, rien ne va vraiment dans cette famille supposée normale.

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A commencer par le père, sacré loucheur et féroce sourdingue, qui en plus de rendre la répétition des répliques qu’on lui adresse à la fois drôle et éreintante, est un drôle de personnage qu’on ne cerne à aucun moment au cours de cette première saison ; l’homme de famille est à la fois passionné de revues scientifiques et d’idiosyncrasie dégueu. Mais les deux protagonistes de cette série sont assurément les deux frères, Adam et Jonny, qui chaque vendredi soir, honorent leurs parents de leur présence pour un repas familial supposé traditionnel.

Le problème de ces deux personnages, et donc du cœur de cette série, c’est que leur relation est conflictuelle, au point d’en être poussive et grotesque. Amateurs de coups bas (saler le verre d’eau de son frangin, se cacher dans la poubelle et même piquer la potentielle petite copine), d’insultes ouvertes, de rabaissement et de vengeance, Adam et Jonny rendent les repas de famille à la fois terribles et puérils. A croire que ces deux jeunes hommes émancipés et indépendants en sont restés aux querelles de bacs à sable qui les opposent depuis toujours. Cette relation volontairement compliquée gâche ainsi le potentiel spontanément humoristique de cette série, malgré quelques bons mots ici ou là de la part d’Adam, qui reste le personnage le plus attachant du lot.

 

En plus de cette galerie modeste, quelques personnages gravitent de temps à autre, pour pimenter les repas et leur contenu virant presque à chaque fois au désastre. Si la grand-mère reste relativement anecdotique, demeure ce voisin binoclard aux airs pervers, absurdes et balourds, qui résume bien le concept intéressant mais un peu pénible de cette série. Mais parce que la série a su délivrer de très bons premiers épisodes, on se dit que Friday Night Dinner a quand même un joli potentiel devant, elle qu’il faudra exploiter l’an prochain, pour cette seconde saison déjà annoncée.

 

En un mot, Friday Night Dinner est une série de moments, une anecdote parfois perspicace, parfois inutile. Si cette série anglaise a encore tout à prouver, on préfèrera dans le genre se repasser les premières saisons de The IT Crowd et The Thick of It.

5.5/10

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27.12.2011

Hung (Saison 3) Prostitution et gros tracas

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Hung, la production sans histoires de HBO, poursuit sa route sur les voies de la chaîne à péages. Après deux saisons simples convaincantes, la série bien montée a voulu compliquer son paysage. Moralité, la série perd légèrement en sex appeal et en force réaliste.

 

Il y a toujours eu quelque chose de touchant dans Hung. De par l’acteur star jouant ce prof de sport gigolo, Thomas Jane, qui avant la gloire hollywoodienne, connut lui aussi ses heures d’escort et de petits trottoirs pour gagner sa vie à Los Angeles. De par sa vision contemporaine, aussi, Hung, ayant toujours eu un regard désenchantée, post-industriel, sur la crise, le logement et la situation des familles et des petites bourgades américaines.

Mais Hung n’en est plus à ça. Si la précarité a fichu le camp, c’est pour voir évoluer son personnage principal, Ray, qui désormais est un play-boy demandé, une catin de luxe. Avec sa partenaire, Tanya, toujours aussi loufoque et attachante, désormais guide de vie derrière son comptoir (à la tête d’une entreprise sur le ton de l’orgasme féminin, Happiness Consultant), l’ex-joueur de base-ball accumule les rendez-vous et les attentes des femmes qui en veulent pour leur argent.

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Cette saison, les (bons) personnages restent les mêmes mais les dynamiques changent. Le gros défaut de cette saison, c’est de s’être embarrassé de tics de jeu et de personnages secondaires irritants. Notamment ce couple de jeunes opportunistes recrutés par Lénore pour concurrencer le petit business de Ray et Tanya. La concurrence était au départ alléchante (cette thématique de la prostitution homosexuelle) mais la série s’est contentée d’un triangle anecdotique d’égos sans action, ni parti-pris.

Du côté des clientes, la série change également de cap. Finies les femmes désoeuvrées, douces ou chagrinées qui faisait les joies du charisme de Ray, davantage chargé de réconfort, d’écoute que de performances dignes d’un super héros, cette troisième saison ne fait plus d’étude de cas. A l’exception d’une transsexuelle émouvante, les rares personnages n’auront été que des figures académiques ou des rôles agaçants venues compliquer le quotidien des héros, notamment cette ancienne écolière, faite de lieux communs et d’attendu et cette flic violente (Ana Ortiz) qui commettra le crime sériel le plus horripilant :  le bon vieux chantage.


Même chose du côté de Tanya. La pauvre maquerelle s’est vue accompagnée tout au long de la saison par son ami mac, fourbe et menteur, qui par ses actions, rendra la vie de Tanya encore plus misérable. Heureusement, pour rendre l’équilibre drame/comédie plus solide, on pouvait toujours compter sur les prestations d’Anne Heche, toujours vibrante et touchante dans son rôle de femme perdue, mère négligée désireuse d’indépendance et de considération. Idem pour Lenore (Rebecca Creskoff). Si son personnage incarne tout le mal de Hung, ses histoires tarabiscotées, ses enjeux parfois pénibles, le jeu de l’actrice, ses moues, ses grands airs, sont impayables.

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Une légère évolution pour Hung qui dévoilera les secrets de tous mais qui perdra en équilibre. La série maintient la psychologie de ses personnages, sa rythmique comique à part, mais se perd parfois en détails crispants.

7/10

19.12.2011

Rubicon (Saison 1) Jeux et enjeux de pouvoirs

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Après Mad Men puis Breaking Bad, il était temps pour la chaîne classique AMC de transformer l’essai du suprême sériel en principe intangible. Les deux séries les plus classieuses du moment ont beau attirer les superlatifs, AMC devait développer sa collection de trophées et des œuvres toujours plus innovantes. Avec Rubicon, série très comploteuse et a l’aube de la série horrifique Walking Dead, la chaîne premium part officiellement sur les traces bigarrées de HBO.

 

Rubicon n’est plus seulement ce petit fleuve italien mythique outrepassé par l’ami Jules, aujourd’hui, il désigne une théorie du complot, une intrigue de taille qui pourrait bien malmener le paysage télévisuel du mystère, ce mystère, toujours lui.

Le complot, les jeux de pouvoir, les conspirations gouvernementales, les assassinats politiques, les agences secrètes, les américains en raffolent, en redemandent, sous formes de polars en tout genres, de fictions câblées, de formulas hertziens, de best-sellers à la Vinci Code.

Alors pour entretenir les machinations, la paranoïa fantasmée de certains, les élucubrations de certains autres, Rubicon a le potentiel idéal pour devenir la nouvelle série du complot. Si la série n’a pas l’envergure initiale de Mad Men ou Breaking Bad, qu’à cela ne tienne, Rubicon tente de nous concerner avec sa richesse du détail, son sens visuel et musical de la mise en scène, son enrobage froid, toujours inquiétant.

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L’expert, ici, s’appelle Will (James Badge Dale, The Pacific). Veuf et solitaire (l’homme a perdu femme et enfants qui l’attendaient sur le toit d’une tour du World Trade Center le jour des attentats, sinistre), Will est un analyste (de codes en tout genre) pour une agence gouvernementale secrète dissimulée derrière une société fictive.
A la mort de son patron et guide spirituel, Daniel, Will va se mettre sur la piste de mystérieux jeux fléchés parus dans plusieurs grands quotidiens internationaux. De cette enquête à la mort de son ami, Wil réalise que quelque chose cloche et se trame un peu plus loin.


Il y a quelque chose dans Rubicon qui renoue avec le classicisme du genre du thriller. Une vraie ambiance, d’emblée, s’institue au sein des murs silencieux de cette agence secrète. Le leitmotiv de la série, son intrigue centrale désignant un traquenard politico-financier planétaire, est prudemment conservé, à mesure que se taillent les enjeux, les personnalités et nos attentes.
Pas de vraie prise de risque, de storylines appétissantes tels des effets d’annonces, Rubicon est une série qui prend volontairement son temps, qui pose les bases, aussi apparemment maigres soient-elles, d’une intrigue costaude, qui semble être façonnée en amont.

 

Outre les enjeux importants sous-jacents à la série (quasiment imprenables actuellement), à la manière d’un Damages flamboyant, Rubicon se révèle plutôt efficace dans ses mises en forme, dans l’introspection de ses personnages, tous ambivalents, et dans cette ambiance dangereuse latente.
Malgré un regard scénique parfois trop poseur, Rubicon nous interpelle suffisamment pour garantir que ce qu’elle cache sciemment sous le manteau pourrait bien nous dérouter.

7/10

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13.12.2011

Once Upon a Time (Saison 1) Le conte de fée format feuilleton

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Il faudra bien l’avouer un jour ou l’autre : la rentrée publique des séries est parvenu à un niveau de médiocrité rarement atteint sauf dans les plaines mexicaines. Le bilan est tel que les sitcoms en carton pâte gagnent le premier plan tandis que les séries moyennes (Pan Am, Revenge, Person of Interest) sont promues petites surprises de l’année. C’est le syndrome Once Upon A Time, série supposée évènement, mais plus vraiment.



 

L’idée était originale, du moins surprenante, consacrer les contes de fée et autres légendes enfantines dans une série moderne fantastique. Storybrook, la ville où habite le jeune héros, regorge en effet de personnages aux similarités inouïes avec des héros tels que Blanche Neige  et son prince charmant, la Belle au Bois Dormant, Jiminy Cricket, ou encore la reine noire.


Mais rien n’est rose à Storybrook, dans cette ville, les habitants n’ont aucune idée de leur identité, le temps s’est arrêté et les frontières se sont scellées à jamais. Le jeune garçon en question, adopté par la maire de la ville, qui s’avère être la reine noire de l’autre côté, comprendre le sortilège et décide de retrouver Emma, sa mère biologique, fille selon lui de Blanche Neige et Prince Charmant, l’élue pour rompre ce mauvais sort.


Si ce concept est saugrenu, il est à ce point alambiqué qu’il finit intriguant. D’ailleurs, aux manettes, ce sont les scénaristes de Lost qui assurent la machinerie. Bonne ou mauvaise nouvelle ? A l’image des rebondissements parfois hésitants de la grande série mystère de ABC, Once Upon A Time a de quoi cultiver un mythe ultra-notoire et le faire miroiter à la sauce contemporaine, à savoir petite ville étrange et rumeurs insidieuses.

 

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Scindée en deux histoires, toujours parallèles, l’arc mythique sur les héros littéraires renvoyant toujours à l’histoire moderne vécue par les habitants de Storybrook, Once Upon A Time est une série qui se veut dense, à tiroirs. Les personnages merveilleux pullulent d’aventures et de facéties, si bien qu’Once Upon A Time et ses héros aux identités doubles (la maîtresse d’école-Blanche Neige, incarnée par Ginnifer Goodwin, la reine/maire, l’antiquaire, joué par Robert Carlyle, épatant dans son rôle maléfique) ont ce défi majeur de regrouper tout un pan de la littérature enfantine dans une seule histoire actuelle. Du pain sur la planche donc, les premiers épisodes prouvant la quantité ingérable pesant sur cette mythologie à double face.



Mais consciencieuse, notamment à l’égard du récit fantastique, Once Upon A Time maîtrise son concept créatif. Au risque d’avancer lentement. Et hasardement. Les débuts de la saison, plus introductifs et gentillets qu’autre chose, démontrent l’envergure du scénario, mais sans en borner les enjeux. Epique, intrigante, la série manque malheureusement de terrain passionnant pour convaincre totalement.

 

6/10

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06.12.2011

Bored to Death (Saison 3) La suite dans les idées

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Bored to Death, la petite série de HBO dont personne ne parle (il en faut toujours plus aux new-yorkais de HTMIIA) revient nous délecter pour un troisième cru. L’écrivain et anti-héros, Jonathan Ames, virevolte avec le même entrain dandy et la même énergie caustique parmi les aventures épiques et les répliques subtiles. Toujours aussi charmant.

 

Tout recommence par une sombre histoire de meurtre dont Jonathan est le principal suspect. Sur deux épisodes, l’affaire a de quoi mettre en branle le nouvel équilibre du héros, après une publication désespérée de son second livre et une presse attentive (surtout de la part de blogs) qu’il n’attendait plus. Grâce à son flair inouï, Ames élucide ce nouveau mystère avec brio mais retrouve très vite la perplexité des intrigues qui jadis égayaient son quotidien.

A partir de là, tout s’enchaîne. Jonathan découvre qu’il est issu d’une donation de sperme, dans les années 70 et part à la recherche de son père, thème qui circulera tout au long de cette saison. Avec cette quête en tête, ce héros aussi affriolant qu’un animal Disney réussira à mener la danse, toujours en compagnie de  ses amis loufoques indispensables au bien-être du show.

 

 

En ce qui les concerne, peu de changement à l’horizon. A la personnalité intacte, Ray et George voguent sur les mêmes courants décalés et gentiment drolatiques. Ray réussit à vivre quelques moments avec son enfant, encore une question de donation de sperme et de retrouvailles tardives (avec une lesbienne) mais toujours en cumulant les maladresses dont il a le secret, notamment mener une relation avec une sexagénaire sortie de nulle part. Mais cette fois, ses petites manies dignes du personnage balourd qu’il incarne n’énervent pas.

 

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Plus délicat, plus nuancé, le personnage de George explorera lui aussi du côté familiale, en acceptant l’idée d’un mariage saugrenu entre sa fille avec qui il renoue à peine et un homme de son âge, dont elle aime qu’il incarne son chien-chien. Fantaisiste, forcément, le personnage gagnera en humanité dans son rôle de père symbolique pour Jonathan et Ray, désormais, dont il aime s’occuper avec générosité.

 

Si ces trois mâles conservent l’essentiel, les guest stars féminines ont été à l’honneur cette année, Bored to Death ayant accueillie la femme à la ville de Ted Danson, Mary Steenburgen, ainsi qu’ Isla Fisher, plus comique qu’à l’accoutumée aux côtés du détective Ames et  celle qui assure les rires hebdomadaires dans Happy Endings, Calsey Wilson, dans un rôle de femme schizo hystérique qui lui va évidemment comme un gant.

Toujours aussi succincte (huit petits épisodes), la dernière saison de Bored to Death met toutefois les bouchées doubles pour entretenir sa vivacité et son parti-pris marginal. Moins d’intrigues isolées, de rentre-dedans à formule pour un arc plus corrélé, Bored to Death réussit à maintenant cet état d’esprit ancré dans son petit groupe de personnages, devenus attachants avec le temps et évoluer avec les modes et les lubies actuelles.

 

En bref, un déploiement d’humour et de fantaisies dans cette nouvelle saison de Bored to Death. Plus concentrée sur ses personnages et leurs histoires personnelles, la série de HBO réussit à fidéliser le téléspectateur et créer une dynamique bien à elle à laquelle on finit par adhérer plus qu’on le pensait.

8/10

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16.11.2011

The Killing (Saison 1) Un meurtre nordique à la Larsson

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Après l’échec de Rubicon, série d’espionnage passionnante, la chaîne AMC a misé sur The Killing pour renforcer sa ligne éditoriale culte, composée de Mad Men et de Breaking Bad. Sur treize semaines, The Killing a offert un spectacle au succès avéré, croisée des genres entre thriller, drama familial et série politique, dans la lignée  sévère de Twin Peaks. Un succès sans bémol ?

 

Qui a tué Rosie Larsen ? La question vient s’incruster aux commissures des lèvres, comme celle concernant Laura Palmer il y a vingt ans. Comme Twin Peaks, The Killing parvient à rendre passionnante une affaire d’homicide sans histoires, à élever au statut de mystère adolescent une jeune fille ordinaire aux airs candides malheureusement passée à la trappe. Rosie Larsen, ses secrets, ses fréquentations, ses endroits de prédilection sont autant d’indices qui pousse à l’hommage sans jamais frôler le plagiat. Parce que The Killing a su instaurer une ambiance bien à elle, un ton indolent et profond qui très vite harponne le téléspectateur.

Pareille à Twin Peaks, ou plus récemment aux séries du grand Nord qui inspirent Hollywood, Millenium en tête, The Killing entremêle les genres en entretenant un mystère général, une suspicion de fond à la fois policière et psychologique. En s’intéressant à la fois à la famille de la jeune morte, à la section policière chargée de l’affaire et à une équipe politique,  la série mise sur plusieurs registres pour épaissir son intrigue, quitte parfois à se laisser dérouter par le nombre de personnages et d’histoires parallèles.

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Tout au long de la première saison, l’histoire, pluvieuse, mélancolique, source de perpétuels doutes,  permet à la série de cultiver un certain charisme. Le casting y est aussi pour quelque chose puisqu’il compte Michelle Forbes, impeccable dans le rôle de la mère endeuillée qui tombe sous la culpabilité et la rancœur, Billy Campbell, en politicien lisse et louche et Joel Kinnaman jeune espoir venu lui aussi du froid suédois, dans le rôle du flic aux zones d’ombres. Mais c’est définitivement l’héroïne de la série, le détective Sarah Linden, qui offre la plus forte prestation. Remarquée en mormone inhibée dans Big Love, l’actrice Mirelle Enos révèle ici sa dualité et son talent, en interprétant une détective passionnée et distante, qui gère avec  mesure et réflexion sa vie personnelle compliquée et son enquête alambiquée.

Malgré une histoire noire de bonne facture, une ambiance parfaitement assimilée et une équipe d’acteurs soignés, The Killing n’a pas réussi à échelonner son récit avec la même rigueur et la même force du polar qu’on l’espérait. Sur treize épisodes (tandis que la série originale en comptait vingt), The Killing a parfois abusé des effets du genre et s’est laissée tentée par des storylines accessoires qui ont pris le pas sur l’intérêt initial de la série, à savoir le meurtre de la jeune Rosie.

 

Si la vie privée de l’héroïne Sarah Linden a permis d’approfondir le personnage et d’amplifier la froideur d’un environnement, certaines histoires, en tête celle de l’équipe municipale, des premiers faux suspects, et des déviations scénaristiques autour de personnages secondaires, teintées de prévisibilité et de manichéisme, sont apparues comme superficielles et sans vrai entrain. Mais achevée sur un cliffhanger périlleux et nerveux, presque douteux, la série a prouvé, outre son culot et sa maîtrise des effets, son potentiel scénaristique et son goût coupable mais efficace pour le genre du polar si adulé du public.

7/10

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11.11.2011

Boss (Saison 1) Un Damages mafieux vu par Gus Van Sant

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Starz, la chaîne à péage qui ne compte pas, enchaînant les programmes fastidieux a décidé de surprendre avec sa grille de rentrée. Son nouveau drama, Boss, avec Kelsey Grammer dans le rôle d’un maire puissant et véreux de Chicago, passionne les critiques et captive l’intérêt. L’heure de donner à Starz une minute de gloire bien méritée.

 

Si les séries n’ont jamais été le fort de Starz, actuellement seuls Spartacus et son spin-off plus ensanglanté errent en prime-time,  Boss pourrait effectivement changer la donne et donner enfin à la chaîne très câblée, Starz (et son patron, Chris Albrecht, ex-CEO de HBO), ses (nouvelles) lettres de noblesse. Profonde, intelligente, intrigante, les louanges médiatiques se sont avérées nombreuses depuis la diffusion du pilote, à tel point que la série fascine avant s grande première.

D’ailleurs, aux commandes de Boss, une surprise : le réalisateur Gus Van Sant, qui contrairement à ses confrères hollywoodiens, ne s’est jamais vraiment  attardé sur le cas plateaux-télé. Un choix surprenant mais plutôt judicieux puisque la série est empruntée tout au long de ce chapitre introductif de cette esthétique academico-artistique propre au cinéaste à mèche longue. A l’image notamment de ces scènes au ralenti, une jeune fille dans un escalier, un coït sans bavure dans un sous-sol.

D’entrée de jeu, les débuts de Boss prennent donc le téléspectateur à contre-pied. En plan fixe, la série s’ouvre via une scène prenante où le politicien héros (Kelsey Grammer, ancien Frasier) apprend qu’il est atteint d’une maladie incurable, mélange vicieux entre Alzheimer et Parkinson. A partir de là, tout s’enchaine avec une maîtrise scénaristique et une connaissance sérielle des enjeux narratifs impeccables.

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Plusieurs pistes sont menées de front au cours de l’inauguration de Boss. Outre l’histoire personnelle de Tom Kane, le maire de Chicago, la série offre une vision noire de la politique américaine (manipulation des foules, interviews piégées, réunion des élus  sous haute tension, guerre des élections, équipe municipale malveillante), veillant à contourner les formes de fiction politique actuelle pour cogner plus fort.

Surprenante par sa violence latente, son extrémisme de ton (on se demanderait presque si Boss n’est pas en fait une série d’espionnage archi-stylisée), Boss, à l’image du personnage principal, sans cesse avide de contrôle, de pouvoir et de domination, frôlerait presque le registre du mafieux. D’autres storylines sont déployées autour de la femme du maire, une épouse publiquement parfaite, au sourire resplendissant de faux-semblants, reflète le malaise d’un clan politique, et la fille du maire, une jeune fille des ordres aux tendances junky pour parachever ce portrait du cynisme postmoderne.

 

Bien écrite, bien construite, parfois trop, Boss est un exercice de style impeccable, qui sait dramatiser ses enjeux, donner matière à la pourriture politique, en misant tout sur Kelsey Grammer, figure monstrueuse, frappant dans ce rôle dramatique. Un bel exemple de tragédie moderne, 100% corrompue, 100% alléchante.

8/10

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01.11.2011

Breaking Bad (Saison 4) Un chef d’œuvre sur la corde raide

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Encore une saison hautement éprouvante pour Breaking Bad qui enchaîne les péripéties électriques, les rebondissements cruciaux sans jamais vouloir nous ménager. A une saison de sa révérence, soit huit petits épisodes prévus l’an prochain, Breaking Bad sort le grand jeu et lorgne désormais du côté des plus grands thrillers sériels jamais créées.

 

Moins métaphorique, plus musclée, la saison 3 de Breaking Bad avait dépassé nos espérances en développant un arsenal  d’acier, fait de tensions psychologiques, de drame familiale et de prises de pouvoir sanguinaire. Cette année, Vince Gilligan n’a pas perdu la main et malgré les tensions entre sa chaîne fondatrice, AMC et son équipe, son bébé semble sur la voie de la canonisation sérielle.

Sans jamais renoncer à évoluer, l’histoire de Breaking Bad a cette année pris un tournant nouveau. Notamment au sein de la cellule familiale des White. Skyler, dans la confidence du business de son mari depuis l’an passé, passe le cap de l’épouse rancunière pour devenir une alliée de taille dans ce schéma de famille quasi-mafieux. Avec un art facétieux de l’entreprise, de l’investissement et de la comédie –plusieurs épisodes dans lesquels Anna Gunn se montre épatante dans un rôle contre-emploi- Skyler prend l’initiative du blanchiment d’argent. Retour aux sources pour les White qui comme en saison inaugurale se prennent de passion pour les centres de lavage auto.

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Walter et Jesse sont désormais aux mains de Gus depuis l’assassinat du chimiste remplaçant en season finale de la saison dernière. En raison de ce passage à l’acte barbare, les deux perdent les faveurs du patron et sont à la merci de ce dernier, contraints au travail forcé. Pour ce changement d’humeur, plus d’ambiance noire, anxiogène est venue souffler sur le fond de la série, comme un virus. Fini le temps où la petite entreprise chimique de Walt se déroulait en caravane au beau milieu du désert, la série trouve désormais un nouveau mot d’ordre : le règlement des conflits.

Alors pendant que Jesse Pinkman, le partenaire de jeu de Walter en milieu souterrain, voit le vent tourner en sa faveur, peu à peu, en devenant le bras droit de Mike et cuisinier de Gus, Walter, écume les bévues et les mauvais traitements. Apogée d’une tension entre les deux hommes, l’importance de Hank dans les affaires internes de Gus, convaincu de sa complicité dans l’affaire Heisenberg, aboutit à un climax infernal de tensions, de suspense électrisant qui finit par envoûter les épisodes finaux de cette saison. Mais ce qui choquera surtout cette année, c’est la face nouvelle respective de Walter qui après les coups, la peur et les humiliations, finit par un expert en manipulation et en gestion de crises et de Gus Fring, qui dans sa délicatesse vicieuse, sa gestuelle fine, dissimile l’une des plus personnalités les plus terrifiantes de la télé.

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Mais pas uniquement à suspens, pas seulement électrisante, la série a une fois de plus pris le temps de développer quelques arcs à part, d’une psychologie fine, notamment sur Marie, le temps d’un épisode où l’épouse de Hank renoue avec ses pulsions de cleptomane malade en enchaînant les visites immobilières et les histoires de famille saugrenues.  Idem pour Hank qui accepte peu à peu son statut d’handicapé ou Walter Junior qui retrouve la réplique centrale à quelques occasions pour mieux éclabousser le marasme familial au visage amer de ses parents, évidemment dépassés par tous ces évènements.

Toujours agrémentés de flaschbacks prenants, d’une utilité féroce quand à la mythologique de la série, Breaking Bad a cette année déployé son histoire avec l’art qu’on lui connaît. En retrouvant des histoires importantes du passé (celles d’Hector Salamanca, de Saul ou de Ted), la série dessine un arc fictif élaboré où tout est inextricablement lié, mesuré, calculé, sans cesse passionnant et décapant.

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Cette année, l’étau s’est resserré au maximum autour de nos protagonistes. Dès lors, Breaking Bad est devenue une série sombre à part entière, folle et malade, loin de ses facéties et de son humour d’antan. Désormais, la série ose l’anti-manichéisme vicieux (c.f scène finale) et pousse la prise de risque scénaristique à son maximum. Les huit épisodes de fin prévus l’an prochain risquent d’être doublement intenses. Et imprévisibles.

10/10

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