31.08.2010

Dexter (Bilan) De l’art terrifié d’être un père de famille meurtrier

Saison 4 – Critique

L’an passé, la série nous avait offert un break intellectuel en faisant n’importe quoi avec le concept papier du serial killer fréquentable, et s’était achevée sur un mariage heureux. Cette année, la série nous a cogné douze semaines et s’est finie brutalement. Sur une touche de noirceur macabre, le leitmotiv plastique de cette saison.

 


Famille ou Scalpel ?

Plus qu’une page qui se tourne avec la fin de cette quatrième saison. C’est un rituel anéanti. Une existence choisie qui résonne comme un échec pour un héros malmené dans ses conceptions multicartes.

En respectant les propres lois de son héros sociopathe, la série impose une logique jusqu’au-boutiste, effrénée et puissante. Comme un code en péril, elle ne se contente plus de placer Dexter sur la corde raide pour l’en sauver in extremis. Avec cette saison, la série confronte son héros à ses propres erreurs, ses propres choix. Par l’entremise de Trinity dont l’effet impactant n’a jamais été aussi important dans le psyché de Dexter.

Alors père de famille, Dexter apprend à s’adapter à son nouvel environnement, lui et ses lubies macabres. Une vraie évolution situationnelle, où Dexter passe de célibataire propret impeccable à père débordé, négligé, aux multiples responsabilités. Dexter se trouve alors de nouvelles problématiques de vie, noue avec d’autres discours intérieurs et s’éloigne des éternelles tirades sur la solitude et le savoir-être du mal dont le spectateur abreuve l’essence depuis quatre ans.

Peu à peu, la série met en exergue la difficulté pour le héros de jongler entre ses différentes étiquettes et l’a finalement opposé au choix crucial. Famille ou scalpel ? Une réflexion dont le spectateur a été témoin et qui symbolise parfaitement l’impasse psychologique du héros, maîtrisée par cette saison.

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L’onirisme par l’Horreur

La saison 4 est plus qu’une loi du talion. Plus qu’une traque bête et méchante conduite par un tueur de tueurs, à l’encontre d’un original sociopathe fripé. Il y a plus chez Dexter (plus aussi chez Trinity). Le psychopathe y a mis, cette année, de sa personne, de ses considérations. Le parallèle avec sa nouvelle vie familiale, ses responsabilités de père et mari ont alors été toujours le point d’accroche de Dexter à l’encontre du Trinity Killer.
Un sentiment vertigineux naît alors très tôt chez le héros et hors de l’écran, et permet d’opposer alors deux monstres, deux conceptions de l’horreur insérée dans une banalité du réel et dont la source sadique puise directement dans le traumatisme de l’enfance.

Pareille à l’évolution de l’histoire, l’évolution de l’anti-héros se fait par étapes. Au départ timide et traumatisé, le Trinity devient ensuite une figure sage et maîtrisée, sereine et brillante. Pour finir homme écoeurant, sadique et incarner l’Horreur.
En scène, le Trinity Killer offrait plus d’ampleur quand il n’était alors qu’un monstre sexagénaire pusillanime et monomaniaque. Mais il se devait d’évoluer et d’apporter à Dexter la schématisation d’une vie familiale ambivalente vers laquelle ses rites et lui se dirigeaient.

Plus abject, bien moins samaritain que Dexter, Trinity a été une pièce scénaristique indispensable à l’univers étouffé, qui étranglait visuellement, à chacune des scènes où la famille Mitchell se réunissait, elle martyre, terrorisée par la figure d’un père violent et fou à lier.
La découverte du vice par Dexter s’est faite sous nos yeux, au même moment. Au moment aussi où Christine n’est plus apparue comme la seule journaliste avide de sensationnalisme. En gentille fille dévouée à un père trop pleutre pour s’en soucier, Christine est devenue une figure fascinante, de torpeur, symbole d’une dévotion filiale qui lui a coûté la vie.

Electriques et stupéfiants, ces moments d’intense vileté ont permis à la série de retrouver son emprise psychologique, d’une certaine manière onirique.

 

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Séquelles et apostrophe

Les véritables enjeux de cette saison ne sont pas les quelques scènes finales, où d’une manière ou d’une autre, le serial killer de l’année finit dans des sacs de poubelle, au fin fond de l’océan. Les enjeux-ci sont inhérents à Dexter, à ses choix, aux conséquences inéluctables. Parce que le jeu du chat et de la souris, du monstre et du monstre a, cette année, débouché sur l’impensable.

Le choix d’une famille ou d’une pulsion n’a pas suffi à assurer les questionnements de la série. Ajoutés à la relation terrifiante de Dexter et Trinity, ils ont pris une autre dimension : inéluctable. En se débarrassant (rapidement, toujours) du tueur récalcitrant, Dexter accomplit sa tâche. Mais avant de finir sur la table chirurgicale de l’expert sanguin, Trinity (on le suppose) a débuté son nouveau cycle meurtrier et s’en est pris à Rita, l’épouse.
Mise en scène écoeurante, qui rappelle celle de Dexter enfant, le meurtre de Rita est la conséquence ultime d’une saison entière. L’exemple paroxystique du suspense à couper au couteau de cette saison, les parfaites représailles des actes de Dexter, qui n’est plus impuni, plus intouchable. Et ce lugubre assassinat, au demeurant très émouvant pour le spectateur habitué au cadre familial idéal, ouvrira la voie à une autre ère pour le héros, un code à modifier, une manière de vivre, aussi.

Aussi, la quête d’abord farfelue de Debra (Jennifer Carpenter, toujours impeccable) a fini par gagner une légitimité de terrain indéniable. En enquêtant sur le passé professionnel et sentimental de son père mentor, Debra a voulu démystifier une figure sacralisée. Peu à peu, elle a mis les fondations du fonctionnement codé de son frère, en péril, en découvrant la réalité sur son enfance, ou son lien de parenté avec le Ice Truck Killer. Mais cette année, l’enjeu de fond est resté en suspens. Peut-être l’année prochaine.

 

En attendant le deuil, le doute, ou la solitude re-embrassée de Dexter, la mort de Rita, et sa mise en scène sanglante, restera gravée dans les mémoires. Comme la marque d’une fin sordide. La fin des quatre plus grandes années révolues d’un sombre serial killer socialement réhabilité mais dont la complexité n’a jamais été vraiment mise à jour.

 

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Note globale : 8/10

Les critiques épisode par épisode sont à lire ici.

28.08.2010

Melissa & Joey (Saison 1) Retour à la case sitcom domestique

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Melissa Joan Hart, l’apprentie sorcière qui a tout fait avant Harry Potter, est de retour à la télévision. L’évènement est tel qu’il fallait lui dérouler le tapis rouge. Et comme Melissa Joan Hart reste la même avec les années, frimousse espiègle, démarche comique et honnête capital sympathie, sa nouvelle sitcom qui porte en partie son nom lui assure un siège confortable parmi un public de têtes blondes.

 

 

Diffusée sur ABC Family, chaîne plus jeunesse que familiale, Melissa & Joey est la nouvelle prétendante à la case sitcom qui manque tant au network. Pour assurer ses arrières, cette sitcom familiale multiplie les grimaces comiques usées, même les vestiges de comédies passées avec d’anciennes stars comiques sur le retour.
Melissa Joan Hart, plus connue sous le nom de Sabrina Sawyer, campe ici le rôle d’une politicienne moyenne qui se retrouve avec les enfants de sa sœur sur les bras. Mais parce que l’éducation de jeunes ados n’est pas une mince affaire, Melissa recrute un ancien homme d’affaires ruiné par sa famille, pour jouer les éducateurs-majordomes.

 

Dans le pitch comme dans la mise en scène, la série prend exemple sur Who’s The Boss (Madame Est Servie) pour instaurer son climat humoristique et attachant. Rien de dérangeant ici, puisque Melissa & Joey est assez sérieuse et solide dans son fonctionnement.
A la différence de Hot In Cleveland, hommage aux sitcoms traditionnelles, mais qui manque de renouveau formel, Melissa & Joey assume sa filiation avec le genre passé mais jamais sans se ringardiser. Clairement, le public visé est le jeune et l’ado prépubère qui de toute évidence n’a pas grandi avec Madame est servie et ne criera pas au simulacre.

 

Si les dialogues manquent d’entrain naturel, les situations familiales parfois crispantes, le jeu des acteurs à la limite de la caricature, Melissa & Joey est une bonne sitcom jeunesse qui grossit efficacement le trait. Quelque chose fonctionne véritablement dans cette maison en carton pâte de Melissa. Cette famille recomposée et l’alchimie entre les deux héros trentenaires donnent à cette sitcom sa valeur de base, à la manière de toutes les comédies des 90’s à succès. Si l’innovation est la grande absente de cette production, on ne doute pas une seconde que les plus jeunes téléspectateurs s’attacheront vite à ces visages et ce décor comique qui nous rappellent nos vieux enregistrements VHS.

 

Si Melissa & Joey n’a rien d’une comédie moderne, qu’à cela ne tienne : la sitcom n’a aucune autre prétention que de retrouver les marques des programmes comiques traditionnels. Et cette case réussit pleinement à Melissa & Joey qui assume ses anachronismes et son ton vieux-jeu, suffisamment innocent et calibré pour donner aux plus jeunes un aperçu de la dynamique passée, peut-être future, des sitcoms familiales à multi-caméra.

6/10

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24.08.2010

The Big C (Saison 1) Faussement cancérigène

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Qui a dit que toutes les séries de Showtime se suivent et se ressemblent tellement ? Avec The Big C, la chaîne câblée pourrait bien confirmer son créneau sériel unique de la femme chef de famille à la vie apparemment paisible mais foncièrement compliquée. Si Cathy Jamison a des airs à Tara Gregson, dissimule ses secrets comme Jackie Peyton mais épate la galerie telle Nancy Botwin, cette nouvelle héroïne pourrait bien toutes leur tenir la dragée haute, avec son sens caustique de la désillusion et son sourire émouvant.

 

Lorsqu’une mère de famille banlieusarde se découvre un cancer en phase quasi-terminale, elle décide de reprendre sa fin de vie en main…

D’emblée, dans son sujet et son rapport ténu à l’héroïne, The Big C rend perplexe, à la manière des prémices pessimistes de Breaking Bad qui depuis nous fascine à coup de grisaille et d’amertume. Mais Showtime n’est pas de celle à pondre des dramas d’envergure (ça demande trop de créativité). Au lieu d’une version rêvée du film sublime d’Isabel Coixet, My Life Without Me, la chaîne préfère cantonner son sujet au registre de la dramédie, plus simple d’accès et heureusement plus tendance, pour faire du pathos une boîte à (sou)rires.

 

Magistrale dans John Adams, l’actrice Laura Linney a voulu retenter l’essai télévisuel en s’auto-attribuant ce rôle lymphatique. L’actrice, à la filmographie pourtant chaotique, est de celles qui usent de leur fragilité apparente pour nous intercepter dans l’intimité, provoquer chez nous une vraie empathie mêlée d’inspiration.
Alors, pas étonnant que Laura dans la peau de Cathy, nous interpelle avec sa justesse, sa nuance et cette émotion subreptice. Laura Linney donne à cette nouvelle série son charme le plus authentique, sorte d’empreinte lisse chargée en émoi.


Mais cette maturité existentielle propre aux dramas spirituels de HBO et aux sujets tabous n’a pas encore son pendant humoristique sur Showtime et comme chacun de ses programmes incrédules, The Big C manque de modération et d’à propos. Tout ici est amplifié, conjugué à l’humour apathique pour déréaliser son sujet et verser dans la sympathique fresque ironique inconséquente.

Des personnages secondaires loufoques -du fils taquin au frère marginal en passant par l’élève obèse (Gabourey Sidibe, toujours mono-expressive), une trame narrative dénuée d’impact sur des dialogues indisciplinés : le portrait fait de cette banlieue ordinaire et de son héroïne, la chef de file de cet ordre gentiment malmené, est commun ; il séduit dans l’éphémère mais n’emballe pas, la faute aux tentatives de profondeur (comme cette scène finale presque réussie), souvent vaines, à ces envies foutraques restées lettre-morte.

 

The Big C mérite bien qu’on s’y arrête, qu’on l’ausculte encore quelques temps pour savourer la prestation parfaite de Laura Linney, pour repérer les alchimies naissantes et le bon casting (Liam Neeson et Cynthia Nixon débarquent bientôt). Mais le thème de « la mort, on s’en moque un peu, on s’en écarte par ironie » et son traitement par-dessus-la-jambe nous anesthésie.

6/10

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21.08.2010

Mistresses (Saison 3) La promesse d’une trahison

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Mistresses, la série adultérine de la BBC refait surface, après dix huit mois d’absence légitime (une très mauvaise seconde saison). Pour autant, rien n’a changé véritablement dans l’univers des maîtresses anglaises : l’infidélité, au centre de leur vie, demeure un sujet brûlant, mais qui cette année pourrait bien signer l’apocalypse amicale.

 


Depuis trois ans, Trudie, Siobhan, Katie et Jessica mènent une existence apparemment paisible mais dissimulant un paquet d’infidélités. La palme d’or de l’adultère revenant à la chirurgienne Katie, qui enchaîne les bévues extraconjugales et semble partie pour transformer l’essai cette année, avec personne d’autre que le mari de Trudie. De l’eau dans le gaz entre les amies de toujours ?

Et même peut-être plus encore. Avec le season premiere de Mistresses et sa scène introductive impeccable, le mystère est donné, son ton aussi : un flashforward voilant la série, à la manière d’un Damages, indique que les quatre amies ne seront bientôt que des étrangères. Toujours très sophistiqué et enlevé, la série établit à cet égard une mise en scène solennelle, dérangeante, aux couleurs très grises pour insuffler un peu de changement colérique à la domesticité sereine de cet ensemble.

 

Si cette année, la promesse d’un clash amical permet de créer quelques nouvelles attentes intéressantes, la vie des quatre maîtresses n’a malheureusement pas pris de vraie ride. Jessica lève le pied, comme en fin de seconde saison, et décide de fonder une famille avec Mark. Son incapacité à procréer et les difficultés financières du couple contaminent sa bonne humeur et Jessica devient l’ombre d’elle-même.
Pour la lumineuse Siobhan, c’est le coup dur lorsqu’elle réalise que Dominic, le père de sa fille, est sur le point de se marier. Si ces histoires ne signaient pas l’évolution de deux personnages attachants, le potentiel scénaristique de ces intrigues serait à remettre péniblement en cause. On compte sur le charme de Jessica et Siobhan pour nous émouvoir.

Quant aux autres, Katie paie le prix de sa solitude forcenée depuis ses coucheries avec le mauvais meilleur ami du fiancé. Trudie voit sa pâtisserie prendre un envol inattendu, à la tête d’un commerce florissant, l’ex-divorcée en malmène un peu le débonnaire Richard, qui alors pourrait bien s’amouracher de l’esseulée Katie.
Celles-ci demeurent donc, pour le moment, le véritable intérêt dramatique de cette saison, qui s’annonce au vu des bandes-annonces riches en surprises et en rebondissements. Trudie a toujours bénéficié des histoires les plus solides et la série n’a jamais été aussi bonne que lorsque l’arc de la disparition de son mari était l’édifice de Mistresses.

 

Si Mistresses a probablement derrière elle ces meilleurs moments dramatiques, cette troisième saison pourrait bien procurer à la série quelques nouveaux enjeux dramatiques et une image plus contrastée du voisinage amical anglais.

6.5/10

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17.08.2010

Rubicon (Saison 1) Jeux et enjeux de pouvoirs

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Après Mad Men puis Breaking Bad, il était temps pour la chaîne classique AMC de transformer l’essai du suprême sériel en principe intangible. Les deux séries les plus classieuses du moment ont beau attirer les superlatifs, AMC devait développer sa collection de trophées et des œuvres toujours plus innovantes. Avec Rubicon, série très comploteuse et a l’aube de la série horrifique Walking Dead, la chaîne premium part officiellement sur les traces bigarrées de HBO.

 

Rubicon n’est plus seulement ce petit fleuve italien mythique outrepassé par l’ami Jules, aujourd’hui, il désigne une théorie du complot, une intrigue de taille qui pourrait bien malmener le paysage télévisuel du mystère, ce mystère, toujours lui.

Le complot, les jeux de pouvoir, les conspirations gouvernementales, les assassinats politiques, les agences secrètes, les américains en raffolent, en redemandent, sous formes de polars en tout genres, de fictions câblées, de formulas hertziens, de best-sellers à la Vinci Code.

Alors pour entretenir les machinations, la paranoïa fantasmée de certains, les élucubrations de certains autres, Rubicon a le potentiel idéal pour devenir la nouvelle série du complot. Si la série n’a pas l’envergure initiale de Mad Men ou Breaking Bad, qu’à cela ne tienne, Rubicon tente de nous concerner avec sa richesse du détail, son sens visuel et musical de la mise en scène, son enrobage froid, toujours inquiétant.

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L’expert, ici, s’appelle Will (James Badge Dale, The Pacific). Veuf et solitaire (l’homme a perdu femme et enfants qui l’attendaient sur le toit d’une tour du World Trade Center le jour des attentats, sinistre), Will est un analyste (de codes en tout genre) pour une agence gouvernementale secrète dissimulée derrière une société fictive.
A la mort de son patron et guide spirituel, Daniel, Will va se mettre sur la piste de mystérieux jeux fléchés parus dans plusieurs grands quotidiens internationaux. De cette enquête à la mort de son ami, Wil réalise que quelque chose cloche et se trame un peu plus loin.


Il y a quelque chose dans Rubicon qui renoue avec le classicisme du genre du thriller. Une vraie ambiance, d’emblée, s’institue au sein des murs silencieux de cette agence secrète. Le leitmotiv de la série, son intrigue centrale désignant un traquenard politico-financier planétaire, est prudemment conservé, à mesure que se taillent les enjeux, les personnalités et nos attentes.
Pas de vraie prise de risque, de storylines appétissantes tels des effets d’annonces, Rubicon est une série qui prend volontairement son temps, qui pose les bases, aussi apparemment maigres soient-elles, d’une intrigue costaude, qui semble être façonnée en amont.

 

Outre les enjeux importants sous-jacents à la série (quasiment imprenables actuellement), à la manière d’un Damages flamboyant, Rubicon se révèle plutôt efficace dans ses mises en forme, dans l’introspection de ses personnages, tous ambivalents, et dans cette ambiance dangereuse latente.
Malgré un regard scénique parfois trop poseur, Rubicon nous interpelle suffisamment pour garantir que ce qu’elle cache sciemment sous le manteau pourrait bien nous dérouter.

7/10

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11.08.2010

Weeds (Saison 6) L’art déraisonné de la fuite

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En six années de deal, Weeds est devenue une série atypique, à la fois inaccessible et profondément dérangeante. Si cette année, l’accent est mis sur le renouveau et le tragique, le téléspectateur n’est pas dupe : la famille Botwin continue de se donner gentiment en spectacle. Un décalage un peu assommant.



Chaque année, c’est la même chose. La matriarche Botwin, forte de ses activités peu catholiques, se met dans un pétrin tel qu’elle fuit en courant, cheveux frisés au vent, adolescents sous le bras, avec le petit mot bien senti au coin des lèvres. Alors depuis quatre ans, la série n’a jamais réussi à créer une vraie stabilité de situation, et créneau désiré ou non, cette imperméabilité permanente a contribué à la déconstruction du mythe de Weeds.

Parce que la série n’a jamais été aussi bonne que durant la saison inaugurale, lorsque la drogue rimait avec banlieue et rumeurs de quartier. Il y avait quelque chose de profondément intéressant et conceptuel dans ce regard porté sur la drogue et sa consommation domestique par des foyers aux apparences proprettes, Breaking Bad et The Wire étant là pour assurer la représentation à des niveaux plus importants, aux enjeux plus conséquents. Mais Weeds s’est sentie investie d’une mission dramatique et depuis quatre ans, enchaîne les péripéties et les déconvenues.

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Cette année, après avoir pataugé dans l’univers mexicain, épousé du mafieux, fondé une famille recomposée, avec bébé bilingue à la clé, Nancy Botwin, ses enfants et fidèle Andy décident de quitter Ren Mar. Sur ce point, c’est un soulagement, l’univers frontalier commençait à faire suffoquer le téléspectateur et à tourner férocement en rond. Alors, pour la sixième saison, on parlerait encore volontiers de nouveau départ, d’intrigues refaites à neuf et d’esprit passé au karcher. Mais parce que Shane a tué de sang-froid la puissante Pilar, la famille est au tournant d’une tragédie nouvelle et inédite.

 

Fort de ce chamboulement malsain, on espérait alors un retour au calme dans l’univers foutraque de Weeds, une prise de conscience pour la matriarche délinquante, qui s’avère nécessaire depuis belle lurette. Mais cet épisode, avant tout transitionnel, ne semble pas diriger la série vers ce schéma de maturation. Au lieu de revoir ses intentions, Weeds conserve son apathie de façade, qui amuse certains et font râler les autres.

Avec quelques situations gentiment décalées (une prise d’otage avec Alanis Morissette, un plongeon près du cadavre de Pilar), Weeds essaie là de maintenir son humour et le caractère de ses personnages (mère débordée, ados blasés, oncle loyal). Mais parce que Shane vire dangereusement du côté de la psychopathie pure et simple (son regard indiscipliné est pétrifiant), parce que la tragédie a chez Weeds une teneur ironique, presque dérisoire, on se demande bien si la série n’est pas qu’une grosse supercherie, une fiction inconséquente et irréfléchie qui jamais ne prend la responsabilité de ses arcs.

 

Si la question est d’emblée posée par cet épisode grossièrement malavisé, seule la globalité de cette sixième saison diffusée pour les prochaines semaines d’Aout sur Showtime apportera une vraie réponse. Il en va en tout cas de l’intérêt premier de cette série entre-deux.

5/10

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08.08.2010

100 Questions (Saison 1) L’humour est dans la réponse

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Deux filles, trois garçons, une possibilité. Celle de l’amour et de la nécessité d’une agence matrimoniale.

Le monde de la comédie est en train de changer. Oubliés les rires enregistrés et les décors en carton pâte, la comédie moderne a enterré sa vieille camarade de jeu pour seule tirer gloriole du rictus. Cette année, Community et Modern Family ont entériné la tendance de l’humour contemporain, en s’ajoutant à The Office ou 30 Rock aux comédies avec de la vraie drôlerie singulière dedans.

Les sitcoms éculées ont beau essayer de s’interposer, accumuler les boîtes à rires, les comebacks d’actrices (Elfman, Milano), encenser les scenarii à la thirtysomething, rien à faire : les résultats aggravaient le record du mauvais. Toutefois, les téléspectateurs auraient pu se satisfaire de 100 Questions, une comédie-dépann’ de l’été de NBC qui a su nous faire retrouver le plaisir de l’humour mélo-rigolo des nineties.



Pourtant, rien de nouveau sous les projecteurs des studios. 100 Questions se concentre sur les mêmes atouts des comédies passées. Une bande d’amis soudés, forcément new-yorkais, qui vivent dans des appartements chics et propres et qui aiment passer leur temps dans un bar branché pour causer amour, désastres et illusions relationnelles.

Le portrait rappellerait la bande à Chandler ou cette série qui a tout prix veut nous parler de l’histoire de la représentation matriarcale dans la famille américaine (une problématique qui laisse de marbre, on en convient parfaitement). Mais parce que 100 Questions ne tente surtout pas un renouvellement humoristique quelconque, la comédie assure efficacement son propos tellement déjà-vu sur la recherche de l’amour. En y ajoutant pour la case originalité, une trame autour d’une agence matrimoniale et d’un agent qui assure à la jeune héroïne qu’en cent questions, l’amour frappera à sa porte.



Sans être de vraies caricatures sur pattes, ou l’atout dynamique d’une relation jamais vue à l’écran, les personnages de 100 Questions disposent d’emblée d’un vrai capital sympathie qui rapidement les rend attachants et sincères.

La série a beau nous accabler de rires extra-diégétiques, les situations comiques sont généralement assurées fièrement par ces personnages tout simplement sympathiques, gentiment loufoques et assez bons dans leur performances guillerettes. Entre la britannique et romantique (ça va de pair) Charlotte Payne, ses copines déjantées (Leslie, la psychorigide et Jill, la nympho délurée), son meilleur ami chandler-esque, Wayne, et le don juan ambigu, Mike, le tableau est simple mais complet. Chaque personnage a sa facette comique à lui et l’ensemble aboutit généralement à des situations comiques prévisibles mais au déroulement de très bonne facture -mention spéciale à l’épisode où la bande organise les fausses funérailles de Wayne pour se débarrasser d’un clan de motards intrusifs.



Mais parce que les comédies ancienne génération sont chassées comme des sorcières de Salem par les networks et le public, 100 questions n’aura bénéficié que de six petites questions pour nous montrer son potentiel comique et attachant. Dommage, le spectateur aurait bien troqué un temps les anecdotes machistes de Barney contre 94 nouvelles thématiques amoureuses pour stimuler ses zygomatiques.

7/10

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01.08.2010

Mad Men (Saison 4) A l’aube des hardies seventies

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Finies les plaisanteries sérielles de mauvais goût, l’année lourde en produits préfabriqués est officiellement terminée : il est l’heure que Reine Mad Men convoite son royaume et nous fasse exécuter la révérence.

 

Depuis la mi-saison passée, Mad Men trépignait à l’idée d’opérer un tournant franc dans la modernité d’une époque sixtie. Les prémices de cette plongée en eaux modernes américaines avaient été brillamment signées à travers des trames fortes qui touchaient à la fois aux droits civils, à la destruction de la cellule familiale, en passant par l’homosexualité ou l’entreprise, le tout sur fond politique et social (l’assassinat de Kennedy, entre autres). Cette année, d’entrée de jeu, la modernité a été pris à bras le corps.

 

Un bond en avant. Nous voici en 1964, à l’aube de Thanksgiving. Don Draper est divorcé, vit reclus avec une femme de ménage soucieuse et songe à flirter de nouveau pour le bien-être social. Lui et ses proches collaborateurs ont fondé depuis peu leur agence de pub et tentent de se maintenir la tête hors de l’eau avec leurs faibles comptes clients. Don cherche un appui médiatique et compte sur ses loyaux partenaires pour dégoter de nouveaux contrats.

Le décor est planté avec parcimonie, comme toujours. Et c’est encore avec la plus grande subtilité et la plus grande précision dans les dialogues que les auteurs de Mad Men nous laissent de nous-mêmes prendre le pouls de ces bouleversements et cette nouvelle ère.

 

Pourtant, dans l’entreprise, l’intensité n’a pas chaviré entre le passage Sterling Cooper Advertising vers la nouvelle agence Sterling Cooper Draper Pryce. Les hommes en colère arrivent matinal au bureau avec le même pas décidé, et malgré l’absence d’open space, les secrétaires sont déjà là, dans des box sur deux étages étroits, toujours supervisées par Joan, avec son professionnalisme glamour qui lui sied tant.

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Si le décor évolue, l’ambiance et le plaisir de retrouver cette équipe d’employés sont intacts. S’ajoute à ça, une pression de fond inédite, qui vient subtilement se greffer à cet univers de travail : les impératifs économiques de cette nouvelle agence sont palpables, voilà pourquoi Don se jette corps et âme dans un projet du maillot de bain deux-pièces et ose la publicité moderne à effet racoleur.

La modernité au travail, c’est sans doute Peggy qui l’incarne au mieux. Vestimentairement, moralement, professionnellement, l’ancienne secrétaire qui s’émancipe de scène en scène est devenue une commerciale hors pairs avec ses propres méthodes et ses idées farfelues peu conventionnelles (mettre en scène deux femmes qui se crêpent le chignon pour un jambon afin de conforter les ventes et donc le client).

 

Mais qui est Don Draper ? La question qui brûle les lèvres des téléspectateurs depuis le début de la série et plus particulièrement depuis l’an passé, après quelques troublantes révélations sur le passé du héros phare, revient au premier plan et semble rester majeure cette année. Cette question est introduite d’emblée dans l’épisode, en nous donnant presque l’impression que le glas de la supercherie a sonné pour le mystérieux Don. Interviewé par un journaliste unijambiste du Ad Age, Don a la lourde tâche de se livrer sur son parcours. Toujours laconique, celui-ci se rendra rapidement compte qu’il devra entretenir la mythologie d’une identité qu’il a façonnée au fil des années.

 

En tout cas, l’introspection permise par cette interview a permis à cet épisode de montrer l’envergure de son évolution. C’est avec un petit pincement au cœur d’ailleurs que l’on retrouve l’unique Betty … dans les bras d’un mari de substitution, Henry.
Le bonhomme vit dans la maison des Draper et invite sa nouvelle épouse et ses enfants à ses propres repas familiaux. Le sujet épineux du divorce vient alors rapidement à la surface, entre les comportements réfractaires de la mère d’Henry (she’s a silly woman ») et les pulsions rebelles de la jeune Sally (la scène à table s’avère absolument jubilatoire).

Là encore, la conciliation entre le monde du travail et l’environnement familial est assurée à la perfection par les scénaristes qui avec quelques scènes brèves rendent compte de toute la complexité du divorce et de la famille recomposée vue par les autres à cette époque.

 

Un retour à la fois sobre et tragicomique pour Mad Men qui se lie officiellement à la modernité d’une époque et d’un propos. La transition vers le monde moderne se fait sous nos yeux, à travers des histoires simples mais terriblement symboliques. La preuve magistrale que Mad Men reste, grâce à sa justesse intacte et son authenticité historico-sociale, la production la plus maîtrisée du moment.

9/10

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25.07.2010

Haven (Saison 1) L'Etrange médiocrité

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Souvenez-vous, il y a vingt ans, l’étrange s’appelait Twin Peaks et le monde changeait  à jamais grâce à Laura Palmer. Aujourd’hui l’étrange fait recette, c’est devenu un concept, voire une majuscule. L’Etrange se mêle à la science-fiction, fait des clins d’œil à l’apocalypse et forcément recrute le FBI (le FBI, c’est un peu comme un partenaire frisson des mystères de l’Etrange). Et chaque année, des villes très étranges pullulent sur nos écrans. Ca donnerait presque envie de retourner à Capeside.



Bienvenue à Haven. Petite bourgade sans histoire près du Canada qui connaît le brouillard et les intempéries. Malgré l’apparente normalité des orages, quelque chose ne va pas chez les habitants d’Haven. On murmure même que certains contrôleraient les forces de la nature avec leurs humeurs*. Il n’en faut pas plus pour qu’une jeune et jolie agent du FBI soit sur le coup.

Adapté du roman de Stephen King, The Colorado Kid, Haven ressemble donc à ces schémas-types littéraires à la King ou Herbert où tout est excuse à mystère. Entre les routes qui se fissurent, les attaques enneigées et les habitants louches, Haven polit gentiment son tiroir à bizarreries.

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Et malgré le côté actif des mystères, rien n’apparaît tellement anormal dans cette petite ville, où tout est surjoué, puant le faux intriguant à des kilomètres. A commencer par l’actrice première, Emily Rose (garantie sans exorcisme), qui avait déjà officié dans l’étrange, à travers John From Cincinnati. Son personnage principal, agent du FBI, est plus en phase avec les répliques cinglantes à la Pretty Little Liars (parfois bonnes) qu’avec l’attitude sombre d’une agent fédérale.


Si l’envie de procurer à l’atmosphère pensante quelques bribes signées ironie est louable, Haven peine à concilier les deux et finit par cabotiner tout le long (même le cliffhanger final fait sourire). Outre Audrey Parker, à côté de la plaque, les personnages masculins n’ont pas le charisme nécessaire pour entretenir une quelconque intrigue ménagère (ou supplanter la jeune blonde).

Et le potentiel scénaristique d’Haven, à en juger par cette enquête introductive digne d’un mauvais épisode de Ghost Whisperer* (niveau plus bas, tu meurs), garantit une lente descente aux enfers pour les spectateurs avides de suspense étrange. A côté, Fringe est la série fantastique du siècle, aux dialogues de génie et aux renversements de situation impensables.



John From Cincinatti, Carnivàle, Meadowlands, Happy Town, Eureka, The Lost Room, Fringe et j’en oublie trente sont toutes des séries sur le paranormal au quotidien. Bon nombre d’entre elles meurent avant même d’avoir donné les clés de leur mystère (on murmure que c’est parce qu’elles sont rouillées de l’intérieur). Pire, Day One, série promise en septembre 2009 puis en janvier 2010, puis en format téléfilm, est officiellement une série mort-née.

Si ces séries s’anéantissent d’elles-mêmes, c’est souvent parce qu’elles sont anormalement ridicules (même chez HBO, c’était pas toujours fameux). Haven ne faillit pas à cette règle et enfonce même le clou. Pour notre bien-être mental, on lui souhaite de succomber à une morte rapide et inodore.
4.5/10
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17.07.2010

Covert Affairs (Saison 1) Alias la série décomplexée musclée

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Avec White Collar, USA Network a trouvé la série idéale pour un doublon placé sous le ton de l’action ironique. Covert Affairs, série dynamitée l’est autant pour ses intrigues trépidantes que pour son humour musclé.



La chance du débutant, c’est quelque chose que connaît bien Annie Walker, jeune apprentie de la CIA récemment embauchée dans les gros locaux grâce à ses talents polyglottes et son allure féline. Perfectionniste dans l’âme, méthodique dans l’art de manier les règles de l’agence secrète, Annie est rapidement mise à contribution, en prenant le rôle d’une call girl chargée de capturer un méchant russe (pardonnez le pléonasme, ils le sont toujours dans ce genre sériel). Mais celle-ci ne sait pas que la CIA se sert d’elle pour remonter la piste de son ancien mystérieux petit ami.



Dans Covert Affairs pourtant, l’histoire de fond n’importe pas tant. On a beau nous embarquer au Sri Lanka, nous impressionner avec des scènes d’action interminables mais terriblement déjà-vu, le fond de Covert Affairs reste classique et pourrait même faire désuet par rapport à d’autres séries ultra-calibrées actuelles. Mais grâce au dynamisme de la série et de ses personnages, le charme made USA Network opère ici, contre toute attente. Comme pour White Collar, le rythme soutenu et l’intelligence des scenarii et des dialogues procure à Covert Affairs une jolie image de série finaude, à contre-emploi.


A la Chuck, avec les geekeries en moins, la CIA est vue par des néophytes, qui ont le sens de l’humour et une famille sage et concernée qui les attend le soir. Mais ici, pas d’humour fantasque, ou pire, de caricature, la série conserve l’esprit du genre espionnage.


Dans le rôle Ms. Chuck, c’est Piper Perabo qui s’y colle. On craignait le pire pour cette actrice habituée aux nanars en tout genre (The Crypt, Carriers, Because I Said So). Mais ceux qui l’ont aimée dans Coyot Ugly seront surpris par l’aptitude de l’actrice à jouer les agents secrets.
Féline et sarcastique, Piper n’essaie pas d’entrer dans la peau de Bristow ou d’être la concurrente directe d’Olivia Dunham. Si les efforts physiques de la belle sont là (scènes d’étranglement et de course poursuite à l’appui), Annie Walker séduit surtout par son franc-parler éclectique et sa moue d’apprentie ahurie. Qui plus est, l’héroïne est accompagnée par un agent aveugle, Auggie Anderson -la preuve que la série ne se veut pas tant sérieuse. Incarné par Christoper Gorham (le geek dans Ugly Betty, le psychopathe dans Harper’s Island), Auggie et sa nouvelle BFF, Annie forment un duo complice et différent, qui nous changent des relations forcément ambiguës entre mesdames les agents secrets et leurs collègues séduisants.



Produit par Doug Liman, à qui l’on doit tous les films castagne de ces dernières années (la trilogie Bourne, Mr & Mrs Smith), Covert Affairs avait tout pour être la série musclée et vide de sens de l’été. Pourtant, le show de USA Network nous surprend avec son joli casting (Peter Gallagher et Kari Matchett, aussi) et sa ligne de conduite différente. Pas étonnant que le démarrage a fait un carton plein dans les foyers américains.

7/10

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