27.11.2009

V (Saison 1) Les visiteurs font du porte à porte

V_S1_-_Promos_(8).jpg

It’s only the Begining – 1.04 (diffusé le 24.11.09)

Alors qu’Erica, Ryan, Jack et Georgio suspectent la vitamine V d’être dangereuse pour l’homme, la résistance réalise que ce sont les vaccins de la grippe qui contiennent le produit létal conçu par les V. Tyler est présentée à Anna, qui l’investit d’un sentiment de pouvoir et d’honneur. Anna cherche à découvrir l’identité de l’assassin de Dale, et le traître. Et Valérie apprend qu’elle est enceinte, d’un embryon-V en toute hypothèse.



Après quatre épisodes, la période d’essai de V est à présent terminée. La série reviendra quoi qu’il en soit en mars prochain, pour la suite, ou à en juger par le titre de ce quatrième épisode, pour prolonger ses grands débuts. L’avenir de la série dépendra alors de l’audience qui, quatre mois après le commencement, devra être à la hauteur.  Et avec ce quatrième épisode de bonne facture, il faut prier pour que les américains se trouvent rapidement le sens de la patience, fâcheux syndrome Studio 60 pour cause.

V n’est donc pas une série timide, avec son quatrième chapitre, elle poursuit ses grandes thématiques, avec une envie d’y aller appréciable. Le pilier de la série, la résistance contre l’intrus lézardé, prend finalement du relief. La bande d’Erica, du prêtre et du V ennemi débute ses grands projets.

A ce titre, le V ennemi est peut-être un atout scénaristique trop facile pour les intrigues sabotage. Celui qui a alerté quand à cette histoire de médicament trompeur est aussi le seul qui a su chercher un responsable à réprimander, un lieu à saboter. Peut-être qu’il manque un peu d’inspiration dans les rebondissements de l’action. Mais malgré cette répartition linéaire des tâches, l’histoire s’en sort. Elle n’aura sans doute aucune autre conséquence que de contrarier Anna dans son plan vertigineux mais cela suffit, parce que ce n’est que le début.

Tyler poursuit sa nouvelle éducation et va aux devants d’Anna, qui confirme les dires de son rejeton, « Tyler is the one ». Encore très mystérieux dans son fond, cette histoire a le mérite d’entretenir l’intrigue, qui s’étendra sur de longs épisodes. La première hypothèse étant la reproduction d’une V avec un humain (cf review précédente), celle-ci se voit ébranlée par la survenance de la grossesse de Valérie, la femme du V ennemi. Encore septique, précocité de l’histoire aidant, le téléspectateur préférera se remémorer le passage dans les camps médicaux, plutôt spectaculaires. Il semblerait d’ailleurs qu’ils soient de vrais lieux stratégiques, pour garder l’ascendant sur le journaliste attitré d’Anna. Bien vu.

Mais c’est l’histoire interne aux V qui révèle davantage d’ampleur et d’intérêt. Assassiner Dale a causé des répercussions et suscité le doute auprès de l’autorité des grands V. Anna cherche alors le coupable avec une maîtrise d’elle frappante. Toute cette partie psychologiquement effrontée est idéale pour asseoir la toute-puissance de la Reine des V qui établit une ambiance monacale et terrifiante au sein de son Vaisseau. Mais Anna étant une figure contrastée, son bliss final en vient à submerger et ressourcer son peuple à bord, et nous inclus.

(7/10)

118453_1036_pre-550x365.jpg

Lire la suite

05.11.2009

V (Pilot) Les visiteurs font du porte à porte

V_S1_-_Promos_(8).jpg


Un matin de tremblement, 27 vaisseaux identiques apparaissent au-dessus des 26 principales villes du monde (et Gizeh, ville des Pyramides). A l’intérieur, des aliens visiteurs aux allures humaines, venus apparemment en paix, répandre la bonne parole, les bonnes intentions et les soins médicaux. La Terre, cette idiote, cette débonnaire, tombe sous le charme.
Mais les visiteurs semblent avoir des projets plus importants que d’être élus Aliens les plus sympas de l’Univers.



90210 (2008), Melrose Place (2009)…, non les récentes adaptations ne sont pas l’apanage unique de la CW et de ses envies de relooking blushé. Avec V (2009), ABC prouve qu’elle sait aussi ressortir du placard des séries du passé. Mais à la différence de la Capitalist Whore, ABC réadapte une série de grande allure, et elle le fait plutôt bien.

La réalisation maîtrisée -l’invasion des aliens s’est révélé réussie et haletante et rassure sur le côté non cheap de la série-, la narration rythmée, les dialogues satisfaisants pour un pilot (comprendre : toujours un peu bancals), la recrue de quelques références bien vues (Elizabeth Mitchell) et d’acteurs charismatiques (Morena Barracin), l’ambiance sombre d’un côté, l’allure clinique de l’autre : la série a réussi la première étape de son contrat formel. Elle est prise au sérieux.

Mais c’est avant tout sur le fond que la série se devait d’amadouer, de conserver au moins l’esprit et le niveau de la série originale, créée par Kenneth Johnson. Dès le pilot, les enjeux sont clairement démontrés, heureusement modernisés. Le pilot de V aime à poser des bases immédiates, sans trop compter sur la patience du spectateur, c’est un gage indiscutable de qualité.

Les thèmes de la résistance, du journalisme politique, de la religion, de l’endoctrinement de la jeunesse mondiale et de la dévotion débonnaire d’un peuple trompé sont autant d’atouts majeurs pour la suite.

Introduits rapidement, le tout un peu survolé, ils représentent néanmoins de très solides perspectives qui permettent à V de gagner en légitimité, accessoirement de se démarquer indiscutablement de Flash Forward, l’autre série-évènement d’ABC, l’autre série SF, mais au charisme et à l’effet vains.

V se veut être une série mystique, réfléchie et formellement spectaculaire. Ca tombe bien : on le veut aussi.

(8.5/10)

116110_0770_pre-500x333.jpg