12.07.2010

The Hard Times of RG Berger (Saison 1) L’ingratitude bien pourvue

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Avec l’indémodable thème de l’ado looser ingrat, la chaîne MTV dépoussière sa ligne sérielle le temps d’un été sans histoire. RG Berger, jeune puceau palot, est ce que l’on connaît du genre ado depuis toujours : entre Mean Girls, les Skins, les tout vieux American Pie ou le récent Aliens in America voire Beaux Gosses nationaux, RG est issu d’une lignée juvénile génétiquement atrophiée et médiatiquement caricaturée. En somme, il est un personnage déjà familier. Trop familier ?


MTV n’a jamais été une chaîne très subtile. Plus connue pour ses programmes de télé-réalité (The Hills, Laguna Beach, Next) que pour ses choix de créations sérielles, la chaîne musicale aurait-elle envie d’inverser la (médiocre) tendance ? Avec son remake imminent de Skins, et d’autres projets séries sur le feu, c’est sans doute le cas. Et The Hard Times of RG Berger, prévu pour cet été 2010, pourrait bien être là pour préparer le terrain.

Si MTV mise de nouveau sur la carte de la sérialité, force est de constater que le contenu de sa politique séries a gardé l’attrait et les priorités du network faites il y a quinze ans. The Hard Times of RG Berger prouve à qui veut l’entendre que le bêtement provoc’ juvénile est et restera le créneau supposé vendeur de la chaîne câblée. Pourtant, on s’en rappelle encore : le chef d’œuvre Daria par la même MTV avait su parler (des) aux ados grâce à son cynisme léché et sa vision cruelle mais véridique de la jeunesse. Huit ans après la révérence de la binoclarde à frange rebelle, MTV n’en a pas oublié son envie de parler des conflits adolescents à la cantine, des émois pubères frustrés dans les couloirs de lycée.


Dans cet univers stricto sensu, RG Berger s’en sort bien. Le jeune a gardé les lunettes de Daria et son allure sans look. Comme elle, le jeune n’a pas une vie sociale à faire frémir la logistique de Mark Zuckerberg et lui aussi se passerait bien des bals de fin d’année et des matchs de basket ball. Mais contrairement à Daria et sa lucidité à toute épreuve, le jeune renoue avec les mots d’ordre de la plèbe éduquée par les nanars à la American Pie. Popularité, entretien physique, fantasme sur la plus belle plante du lycée, amis embarrassants, quête de la sexualité porno, le jeune s’est vu hériter du milieu social, intello et scolaire pop corn, celui-là même qui faisait parfois sourire lorsqu’on portait des bagues en fer au cinéma.

Mais parce qu’une décennie plus tard, il fallait tout de même innover : le héros refoulé se voit doter d’un gros engin. Celui qui lui permettra de gagner en cote, à défaut d’un humour bien décalé ou d’une répartie bien … répartie. Finis donc les clichés, le looser peut aussi être bien monté, MTV osant alors la carte de la sexualité éhontée (alors que l’on bipe les « fuck », n’est pas HBO, qui veut). Comme Hung
ou presque, RG décide d’être fier de son anatomie et le montre sans complexe, ainsi les chansons rock en fond sonore n’en seront plus que toniques, les caricatures faits personnages accessoires plus que grossies, les histoires secondaires bêtement plus inspirées (parents échangistes, amie amoureuse nympho) et l’évolution narrative, plus que pré-visiblement tracée.


Si T
he Hard Times of RG Berger tente l’originalité (l’ado looser n’est ni super héros ni drôle : il en a simplement dans la culotte), cette carte s’effrite vite à mesure de l’histoire de fond qui peine à se distinguer des schémas-types, et c’est tout l’intérêt de la série qui est remis en cause. A réserver aux jeunes ados ayant manqué l’étape Appatow.

4/10

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