05.03.2011

Mad Love (Saison 1) Les beaux avec les beaux, les moches...

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Dans une programmation télévisuelle infectée par les comédies romantiques new-yorkaises à succès, et autres tentatives éphémères poussives et creuses, une question se pose : a-t-on encore besoin de décrypter une nouvelle comédie romantique insérée entre un épisode de Mad Men et le final de Friday Night Lights ? Si l’on répond habituellement par la négative, on pourrait faire une petite exception avec Mad Love, petite sitcom classique sur les joies amoureuses de new-yorkais fringants ou presque.

 

Mad Love, créée par Matt Starses (déjà spécialiste du sentiment dans Worst Week mais aussi de certaines frasques loufoques louables dans Scrubs ou Sports Night), n’est pas une série atypique. Elle brillerait même par sa facture férocement classique et son pitch habituel voire paresseux : celui d’une rencontre, entre Henry (Jason Biggs) et Kate, transis d’amour depuis cet échange de regard au sommet de l’Empire State Building.

Une alchimie bouillonnante, des points communs à la pelle, un humour identique,  tout porte à croire que les deux jeunes héros sont faits pour être ensemble , à l’image mensongère de Ted et Robin dans les débuts d’How I Met Your Mother. Mais cette rencontre idyllique, presque nœud-noeud coïncide avec la rencontre des sidekicks, celle des meilleurs amis respectifs, Larry (Tyler Labine) et Connie (Judy Greer) qui d’emblée ne semblent pas pouvoir se saquer, et c’est là que la série révèle son véritable intérêt.

 

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Le meilleur ami adipeux et balourd, il y en a dans chaque sitcom. On l’appelle le sidekick, l’atout à bourrelets, parfois le geek, ou l’inadapté caustique. Tyler Labine, sorte de sous Jack Black, est ici fidèle à lui-même, à ses prestations passées du moins (Reaper, Sons of Tucson), en donnant une vraie personnalité sidekick à ce personnage finalement central, sans en faire trop, sans grossir le trait. Idem pour Connie, la splendide Judy Greer (Arrested Development, Miss Guided), qui est peut-être la seule actrice de télé à savoir recycler ses mines boudeuses et ses attitudes agacées.  Alors évidemment, la face cachée de la série, c’est de mettre en avant cette rencontre secondaire, ces personnages laissés pour compte habituellement relégués aux postures comiques et aux gimmicks répétitifs.

L’histoire du couple élu, celui de Sarah Chalke, la princesse (déjà héroïne amoureuse dans How I Met Your Mother) et de Jason Biggs, le jeune premier (aux faux airs de Ted Mosby d’ailleurs) prend ainsi  un virage secondaire, tout en restant un duo maîtrisé et bien mené. Diffusée pour la St-Valentin, l’occasion rêvée pour pousser les avides de mélo devant leur petit écran, Mad Love a ainsi pu fédérer les amateurs de guimauve et peut-être même certains autres, les boutonneux et les aigris.

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Mad Love a beau être une série classique, la machinerie est inversée. Les moches prennent le dessus sur les beaux, les répliques grossières sur les tirades romantiques, les moues sur les sourires. Dans ce paysage new-yorkais, l’humour bêta retrouve une place centrale tandis que la figure mélo accepte un plan secondaire. Le tout est assez traditionnellement écrit, interprété avec conviction par ce quatuor de personnages aussi élégant que franchement abruti.

5.5/10

18.03.2010

Sons of Tucson (Saison 1) Enfantillages sans goût

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Pilot – 1.01 (diffusé le 14.03.10)

 

Entre les valeurs sûres animées dominicales, la FOX vient de lancer en mi-saison le pilot d’une nouvelle comédie, Sons of Tucson. Mais entre l’humour à plat et les situations poussives, difficile de voir dans ce nouveau projet caractéristique d’une chaîne, une quelconque nouveauté, encore moins, un genre comique.

 

Ron est un looser prouvé, entre les arnaques de supermarché, une caisse à mi-temps et les dettes gourmandes, cet énergumène mal rasé et ventripotent n’aspire pas à grand avenir. Par chance, il croise le chemin de trois jeunes enfants, qui le recruteront pour assurer les services paternels jusqu’à ce que vrai Papa, riche banquier véreux, sorte de prison. Tout ça parce que la D.A.S.S américaine craint un peu.

Si Lux (Life Unexpected) avait l’argent de la famille Gunderson, nul doute que la jeune boucle d’or aurait elle aussi décidé d’un avenir sans autorité. Heureusement pour elle, ce sont les trois fils Gunderson qui vont porter sur le dos Tyler Labine fait boulet. Version simplette de Jack Black, l’allure comique en moins. Dans The Reaper, le comédien tentait déjà, tant bien que mal, de nous faire décrocher un sourire en jouant les pitres mal fagotés. Là encore, la palette de jeu est limitée à deux grimaces.

 

En dépit des succès récents des comédies réactualisées d’ABC, Sons of Tucson mise elle sur une potacherie presque dépassée. Un humour gras et prévisible qui jamais nous embarque dans cette aventure faite de course poursuites et de dialogues éculés. Déploiement poussif, presque a-rythmé, répliques sans panache, le pilot est une succession de sketchs sans entrain, préférant les péripéties overzetop sans regard.

Il n’y a donc plus de morale, le parent n’est qu’accessoire. L’enfant roi tire les ficelles, à coup de liasses de billets. Si Sons of Tucson dit bien quelque chose, c’est ça. Malheureusement, cette indiscipline à la mode ne rend même pas attachants ces enfants protagonistes –qui d’ailleurs ont été changés au pied levé en ce début d’année sérielle.
Pire, la série condamne ses trois jeunes héros à être une caricature irritante et bêta. Un rôle inverse de ce bon vieux Malcolm (SoT bénéficie de la même prod) ou de ces Brick, Haley, Luke, qui illuminent désormais les mercredis d’ABC.

4/10

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