29/11/2010

The Middle (Saison 2) Encore plus de beauf attitude

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Les deux familles drolatiques adoptées par ABC l’an passé continuent de fédérer les audiences américaines. Les Heck, qui sévissent à la suite des Dunphy-Pritchett-Delgado le mercredi soir, ont beau être plus pauvres, plus cheap, plus ingrats, le succès est équivalent et leurs aventures s’épaississent même chaque semaine, frôlant le tour de force humoristique qui fait défaut à la déjà trop acclamée Modern Family.




Tout portait à croire que Frankie et Mike et leurs trois enfants, Sue, Axl et Brick serait cantonnés à la vision d’une famille de genre moyen, le propre d’une série volontairement moyenne, cracra mais rigolote. On imaginait facilement que les basses aventures et le quotidien paresseux et sans folie de cette famille lambda du bas, habituée aux programmes télé et à la junk food sur canapé, rendrait vite la série poussiéreuse et dégarnie, pâle copie actuelle de la sitcom familiale traditionnelle des années 90. Et pourtant, depuis deux ans, les Heck déçoivent rarement.



Cette année encore, les beaufs américains continuent d’amuser, des scenarii bien échafaudés et une narration fluide assurant aux Heck des exercices comiques de haut vol. Le fruit sacré de The Middle, c’est bien entendu d’avoir conçu une famille gentiment déjantée dans laquelle chaque membre bénéficie d’une personnalité propre et d’un humour à soi.

Le benjamin de la famille, Brick, jeune prodige pourtant tout aussi paresseux que l’aîné exhibitionniste mais aux tares inédites (le petit se susurre à lui-même), caracole en tête à grands coups de marginalité comique, surtout lorsque le garçon la joue rebelle et impose à sa tribu entière de raconter l’histoire farfelue et mouvementée de sa naissance.


Sue aussi, reste le même atout comique qu’aux grands débuts de la série. La jeune ado ingrate au sourire métallique perce enfin dans le monde cruel de l’extrascolaire. Fièrement vêtue de son pull de cross-country, la jeune Sue aspire alors à une reconnaissance sociale et amoureuse, mais avec la grande des maladresses humoristiques, échoue lamentablement, encore et toujours.
Moins attachant que les autres, Axl ne devient pas pour autant un personnage inintéressant et prévisible, son parcours, aux côtés du patriarche bosseur et de proies féminines toujours plus caricaturales les unes que les autres, est emprunt d’une certaine créativité qui sied au bonhomme pubère. Quant aux parents, la satisfaction originale est intacte, Neil Flynn et Patricia Heaton exploitant toujours mieux que personne la carte du parenting laborieux presque désillusionné.





Audiences en hausse, critiques positives en récrudescence, intérêts en éveil, The Middle vit actuellement sa première véritable naissance cathodique publique. Un effort payant pour cette famille génialement mitigée qui de semaine en semaine brille en innovation et en déroulements comiques maîtrisés. Les beaufs ont de beaux jours -plan-plan- devant eu
x.


7.5/10

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31/05/2010

The Middle (Saison 1) La famille américaine (très) moyenne

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Average Rules – 1.24 (diffusé le 19.04.10) (finale)

Premier season finale pour la nouvelle The Middle d’ABC qui l’an prochain continuera à nous amuser avec sa beaufitude assumée. Pour terminer comme il se doit la première saison d’une série volontairement moyenne, quoi de mieux qu’un épisode moyen sur l’art de la moyenne attitude ? Parce qu’il n’y a pas à dire, avec les Heck, le moyen est le nouveau branché. Serena Van Der Woodsen n’a qu’à bien se tenir.


Ce n’était pas un véritable risque scénaristique, plutôt une sagesse de la part des auteurs qui ont pendant toute l’année (hormis un avant-dernier épisode humoristiquement inexistant) su consacrer l’art du beauf sans le trait caricatural. Ce fut encore le cas avec cet épisode final qui a su réunir toutes les meilleures facettes de la série.

L’année scolaire est sur le point de s’achever dans l’ignorance absolue. Mais chacun des enfants Heck est alors confronté à un problème récurrent de son quotidien. Les livres pour le bizarroïde Brick, l’apprentissage pour Axl et les participations extrascolaires et l’existence physique tout court chez Sue. On mise ainsi sur les tares gentiment comiques des enfants inadaptés de la famille Heck, quitte à reléguer les histoires des géniteurs au second plan, comme souvent, Frankie et Mike vont se contenter alors de leur rôle de parent impuissant, pourtant en phase avec l’inaptitude chronique de leurs progénitures à « réussir ».


Avec Betty White dans le rôle de la bibliothécaire qui mène la vie dure à Brick (mais qui se susurre à elle-même comme le petit génie du livre), l’épisode s’est soigné dans la forme. Sue nous régale comme aux grands débuts avec son inadaptation chronique (elle enchaîne comme personne les clubs malgré son allure fantomatique et son absence de trace photogénique) et Brick dégaine les bons mots avec un grand naturel comique. Seul Axl, qui grommelle un peu trop et dont l’issue narrative s’avère plus que prévisible, casse le rythme de cet épisode pourtant bien défini.

Comme toujours dans The Middle, la fluidité de la narration et l’imbrication des histoires sont impeccables, se dégage de cette sitcom pourtant d’une facture très standard un sentiment de maîtrise. Et force est d’avouer qu’après même les Raymond, les Malcom, les filles à ne pas toucher ou autre famille afro-américaine délurée, les Heck et leur quotidien paresseux nous offrent une bonne série traditionnelle, moyenne dans le fond, assumée dans la forme, toujours distrayante. On se rencarde l'an prochain, pour sûr.

7/10

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05/01/2010

Blabla-Series Awards : Et la meilleure comédie de l'année est ?


Top cinq des comedies de l’année
(sans geek, sans Glee)


Rire en ces temps de disette du tout, voilà la recette du succès des chaînes télévisées pour cette coupable année.
Les meilleures nouveautés sont ainsi comiques (la 6e et 7e du classement aurait été en outre Better Off Ted et The Middle). A mille lieux des trop sérieux hôpitaux, des classiques cours d’école ou des bureaux ampoulés du FBI de cette rentrée.
Trois d’entre elles accèdent au classement suprême et un duo inédit parvient à s’emparer de la place du Maître. Aka Michael Scott.




 

Cinquième position

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Community, saison 1

Le point commun entre un jeune avocat sournois, une quarantenaire sensible, deux jeunes femmes cyniques et prudes, un vieux schnok bêta et deux garçons d’origine immigrée dont l’un est une star de football lambda et l’autre un esprit cinéphile presque autiste ?
L
e community college, bien entendu. Un endroit unique en son genre, foutraque, presque studieux. Loin de l’élitisme havardien et de ces séries fancy et tape à l’œil, Community est une série inédite, hilarante et inventive.
La roue tourne pour les bras cassés.

 






Quatrième position

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The Office, saison 6

La crise se propage. Et The Office se régale. Parce que les coups durs sont un vecteur comique inégalable, à Scranton plus qu’ailleurs, les scénaristes du mockumentary assurent cette année une évolution de ton et de situation hautement risible.
Et qui mieux que Michael, Phyllis, Kevin et les autres pour nous faire rire de la conjoncture ?








Troisième position

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The New Adventures of Old Christine, saison 5

C’est vrai que la old sitcom, rescapée de CBS ne change pas. Cinq ans d’existence et pas une ride de parcours. Pas une seule patte d’oie d’usure. Ou de ride d’amertume. Même pas un petit lifting moderne raté.
Old Christine ne s’essaie à rien d’autre qu’à faire ce qu’elle a toujours fait : nous offrir un spectacle familial déglingué, assuré par la matriarche la plus toquée et attachante de ces dernières années.









Seconde position

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Modern Family, saison 1

Parlez nous de votre famille.
Caméra embusquée, ou presque, le premier vrai mockumentary à la sauce The Office d’ABC plongent dans un milieu peu hostile. Ici, pas de chaos ou de vision entrepreneuriale mais une très grande famille. De celles des Camden, sous amphét et sous sérum de vérité.

Terriblement actuelle, cette famille, plurigénérationnelle, recomposée, homoparentale et nombreuse procure l’hilarité autant qu’elle dit vrai.

 








And the Blabla-Series Award goes to :

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Parks & Recreation, saison 2

Regardez-les ces agents administratifs aux airs qui en disent long.
L’envie satirique dans les loges, Parks & Recreation rempile après un essai nerveux en six volets, il y a quelques mois. Corrigée, mise à niveau, intensifiée, la série aux verdures décapantes, toujours plus surprenante de semaine à semaine, décroche à la sueur du front d’une politicienne complexe et adorable un titre prestigieux bien mérité. Un trophée qui assurément comblera les attentes pas seulement comiques de Leslie Knope et sa joyeuse équipe municipale à l'avenir prometteur.

 

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Et vous, votre comédie de l'année ?