01.02.2010

La La Land (Saison 1) Débandades et inepties à la Borat

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Pilot - 1.01 (diffusé le 25.01.10)

Pour 2010, Showtime adopte une nouvelle sorte de comédie. Avec La La Land, la chaîne à péage américaine se met à la mode Borat, en s’inspirant fortement du Da Ali G Show (du même Sasha Baron Cohen) et des séries anglaises satiriques de la trempe de Little Britain.


La La Land raconte l’arrivée de trois anglais à LA, tous incarnés par le performer Marc Woottom. Comme Toni Colette mais avec moins de classe, le comédien anglais donne vie à trois personnages à la personnalité opposée. Une sorte de parodie bêta de Michael Moore, Brendan Allen, un réalisateur de documentaire un peu altermondialiste qui manque de moyens.

Un faux médium travesti définitivement gay, Shirley Ghostman, que le comique incarnait déjà au théâtre. Et Gary Garner, un anglais vieux garçon qui veut percer dans le cinéma, convaincu par son talent, et poussé par sa mère, actrice porno, qui lui a confié vouloir le voir acteur avant de passer l’arme à gauche sur un lieu de tournage exhib’.


Ces trois excentricités vivantes débarquent ainsi à Los Angeles, prêtes à en découdre. D’emblée, il faut saluer la prestation de Marc Wootom, qui réussit à interpréter avec conviction et agacement ces trois héros antipathiques. Bien que courtes et saccadées, ces scènes où l’homme enchaîne les casquettes donnent fière allure au comédien qu’il est. Mais le scénariste qu’il est également est quant à lui très perfectible.

Parce qu’à la différence d’un Sasha davantage mesuré, la comédie mené par Wootom manque foncièrement de nuance. L’ensemble à l’ambition hautement sarcastique est délibérément bête et méchant. Les répliques volontairement idiotes sont seulement idiotes. L’ineptie n’est pas un crédo pour stigmatiser un comportement politique ou dénoncer socialement un mal actuel.


Contrairement à Borat ou même Brüno qui possèdent un fond, maigre mais existant, La La Land se contente de patauger gaiement dans la surenchère burlesque en se moquant des situations gênées. L’interlocuteur de Marc Wootom est voué à ne jamais tenir le beau rôle, pris en grippe, il est condamné à demeurer dans l’embarras et la frustration sans comprendre ce qui lui arrive.


25 minutes plus tard, les bases lancées, le pilot ne relève le niveau. La série préfère miser sur un genre cruel répétitif et acharné sans vouloir évoluer ou même apporter un peu de bon sens à cette mécanique scénaristique de la connerie assumée, un peu trop exploitée dernièrement.

4.5/10

 

30.01.2010

Secret Diary of a Call Girl (Saison 3) Belle, élue reine de la plume

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Episode 1 (diffusé le 27.01.10)

Hannah a fait publier son premier roman, Belle de Jour. Le succès est fulgurant, ce qui étonne la jeune femme. Mais Belle n’a pas fait une croix sur son choix de vie libertin. Ca tombe bien : son éditeur lui commande un second opus littéraire. Pour ça, Belle doit remettre le pied à l’étrier.

Episode 2 (diffusé le 27.01.10)

La vie schizophrénique d’Hannah, entre écriture et prostitution, est mise à mal lorsque sa très chère sœur débarque chez elle. Celle-ci découvre les accessoires coquins d’Hannah et reste dubitative. Hannah décide de lui faire croire qu’elle mène une vie coquine assumée. Et l’emmène dans un club échangiste.

 

Secret Diary of a Call Girl est l’une des séries protégées de Blabla-Séries. Parce que cette pépite anglaise, à la modernité du récit épatante et au ton unique affiché, réussit à tempérer et dynamiser un univers salace tout en étant très lucide sur la vie d’escort de luxe. Définitivement à l’image de Billie Piper, celle qui lui rend vie, SDoaCG est une série atypique et attachante. Et Dieu soit loué, elle est de retour.

 

Dans la saison 2, le tournant avait été mélodramatique. La vérité scabreuse avait finit par éclater aux yeux de l’amoureux éperdu. Hannah en avait payé le prix fort mais sans renoncer à son mode de vie dual et désiré.
Après un an et demi d’attente, Belle et Hannah reviennent à l’antenne. Prêtes à en découdre.

Les deux premiers épisodes de cette saison, sauvée par Showtime ou presque, confirment le trait dessiné par la seconde saison tout en allégeant le propos. Plus mature que la saison inaugurale mais actuellement moins tragique que la précédente, le mot d’ordre de cette année sera ambition et fidélité.
En effet, Hannah brille par son succès littéraire tout en gardant la cote auprès de ses clients privilégiés. Les aspirations de l’héroïne sont nouvelles et légitimes, Hannah grandit et rêve de plus. Mais la jeune femme consciente de ce qui a été son tremplin ne troque pas de mode de vie.

Résolument ironique et terre à terre, Hannah continue d’explorer sa réussite avec un détachement presque profond.

 

« The first thing you should know about me is that I’m a whore ».

Evoluée, la série n’en oublie pas ses premiers atouts. Le décor coquin de Belle, qui enchaîne les hommes et les anecdotes diverses et variées. Et les seconds rôles atypiques. Bambi, en tête, toujours aussi savoureuse dans les répliques et les situations.
La vie d’Hannah continue à être semée d’embûches. L’héroïne collectionne les bévues avec classe et ses poses toujours ironiques lui donnent fière allure. C’est encore le cas avec l’arrivée de sa sœur dans sa vie ou les représailles occasionnées par la sortie de son bouquin.

Toujours très courts, imposant alors une ligne narrative brève et survolée mais composée de situations piquantes, ces deux épisodes, guillerets et coquins, renouent avec l’esprit original de la série. Le ton donné est plus libre, sans retenue et dérisoire que jamais, ce qui sied follement à notre héroïne inaccessible.

8/10

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31.12.2009

Dexter (Bilan) De l’art terrifié d’être un père de famille meurtrier

Saison 4 – Critique

L’an passé, la série nous avait offert un break intellectuel en faisant n’importe quoi avec le concept papier du serial killer fréquentable, et s’était achevée sur un mariage heureux. Cette année, la série nous a cogné douze semaines et s’est finie brutalement. Sur une touche de noirceur macabre, le leitmotiv plastique de cette saison.

 


Famille ou Scalpel ?

Plus qu’une page qui se tourne avec la fin de cette quatrième saison. C’est un rituel anéanti. Une existence choisie qui résonne comme un échec pour un héros malmené dans ses conceptions multicartes.

En respectant les propres lois de son héros sociopathe, la série impose une logique jusqu’au-boutiste, effrénée et puissante. Comme un code en péril, elle ne se contente plus de placer Dexter sur la corde raide pour l’en sauver in extremis. Avec cette saison, la série confronte son héros à ses propres erreurs, ses propres choix. Par l’entremise de Trinity dont l’effet impactant n’a jamais été aussi important dans le psyché de Dexter.

Alors père de famille, Dexter apprend à s’adapter à son nouvel environnement, lui et ses lubies macabres. Une vraie évolution situationnelle, où Dexter passe de célibataire propret impeccable à père débordé, négligé, aux multiples responsabilités. Dexter se trouve alors de nouvelles problématiques de vie, noue avec d’autres discours intérieurs et s’éloigne des éternelles tirades sur la solitude et le savoir-être du mal dont le spectateur abreuve l’essence depuis quatre ans.

Peu à peu, la série met en exergue la difficulté pour le héros de jongler entre ses différentes étiquettes et l’a finalement opposé au choix crucial. Famille ou scalpel ? Une réflexion dont le spectateur a été témoin et qui symbolise parfaitement l’impasse psychologique du héros, maîtrisée par cette saison.

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L’onirisme par l’Horreur

La saison 4 est plus qu’une loi du talion. Plus qu’une traque bête et méchante conduite par un tueur de tueurs, à l’encontre d’un original sociopathe fripé. Il y a plus chez Dexter (plus aussi chez Trinity). Le psychopathe y a mis, cette année, de sa personne, de ses considérations. Le parallèle avec sa nouvelle vie familiale, ses responsabilités de père et mari ont alors été toujours le point d’accroche de Dexter à l’encontre du Trinity Killer.
Un sentiment vertigineux naît alors très tôt chez le héros et hors de l’écran, et permet d’opposer alors deux monstres, deux conceptions de l’horreur insérée dans une banalité du réel et dont la source sadique puise directement dans le traumatisme de l’enfance.

Pareille à l’évolution de l’histoire, l’évolution de l’anti-héros se fait par étapes. Au départ timide et traumatisé, le Trinity devient ensuite une figure sage et maîtrisée, sereine et brillante. Pour finir homme écoeurant, sadique et incarner l’Horreur.
En scène, le Trinity Killer offrait plus d’ampleur quand il n’était alors qu’un monstre sexagénaire pusillanime et monomaniaque. Mais il se devait d’évoluer et d’apporter à Dexter la schématisation d’une vie familiale ambivalente vers laquelle ses rites et lui se dirigeaient.

Plus abject, bien moins samaritain que Dexter, Trinity a été une pièce scénaristique indispensable à l’univers étouffé, qui étranglait visuellement, à chacune des scènes où la famille Mitchell se réunissait, elle martyre, terrorisée par la figure d’un père violent et fou à lier.
La découverte du vice par Dexter s’est faite sous nos yeux, au même moment. Au moment aussi où Christine n’est plus apparue comme la seule journaliste avide de sensationnalisme. En gentille fille dévouée à un père trop pleutre pour s’en soucier, Christine est devenue une figure fascinante, de torpeur, symbole d’une dévotion filiale qui lui a coûté la vie.

Electriques et stupéfiants, ces moments d’intense vileté ont permis à la série de retrouver son emprise psychologique, d’une certaine manière onirique.

 

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Séquelles et apostrophe

Les véritables enjeux de cette saison ne sont pas les quelques scènes finales, où d’une manière ou d’une autre, le serial killer de l’année finit dans des sacs de poubelle, au fin fond de l’océan. Les enjeux-ci sont inhérents à Dexter, à ses choix, aux conséquences inéluctables. Parce que le jeu du chat et de la souris, du monstre et du monstre a, cette année, débouché sur l’impensable.

Le choix d’une famille ou d’une pulsion n’a pas suffi à assurer les questionnements de la série. Ajoutés à la relation terrifiante de Dexter et Trinity, ils ont pris une autre dimension : inéluctable. En se débarrassant (rapidement, toujours) du tueur récalcitrant, Dexter accomplit sa tâche. Mais avant de finir sur la table chirurgicale de l’expert sanguin, Trinity (on le suppose) a débuté son nouveau cycle meurtrier et s’en est pris à Rita, l’épouse.
Mise en scène écoeurante, qui rappelle celle de Dexter enfant, le meurtre de Rita est la conséquence ultime d’une saison entière. L’exemple paroxystique du suspense à couper au couteau de cette saison, les parfaites représailles des actes de Dexter, qui n’est plus impuni, plus intouchable. Et ce lugubre assassinat, au demeurant très émouvant pour le spectateur habitué au cadre familial idéal, ouvrira la voie à une autre ère pour le héros, un code à modifier, une manière de vivre, aussi.

Aussi, la quête d’abord farfelue de Debra (Jennifer Carpenter, toujours impeccable) a fini par gagner une légitimité de terrain indéniable. En enquêtant sur le passé professionnel et sentimental de son père mentor, Debra a voulu démystifier une figure sacralisée. Peu à peu, elle a mis les fondations du fonctionnement codé de son frère, en péril, en découvrant la réalité sur son enfance, ou son lien de parenté avec le Ice Truck Killer. Mais cette année, l’enjeu de fond est resté en suspens. Peut-être l’année prochaine.

 

En attendant le deuil, le doute, ou la solitude re-embrassée de Dexter, la mort de Rita, et sa mise en scène sanglante, restera gravée dans les mémoires. Comme la marque d’une fin sordide. La fin des quatre plus grandes années révolues d’un sombre serial killer socialement réhabilité mais dont la complexité n’a jamais été vraiment mise à jour.

 

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Note globale : 8/10

Les critiques épisode par épisode sont à lire ici.

17.12.2009

Dexter (Saison 4) Foyer, enfants, meurtres. Does it take a village ?

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The Getaway – 4.12 (diffusé le 13.12.09)

Le combat final entre Dexter et Arthur est arrivé. Debra, quant à elle, découvre la vérité sur son frère.


Il est toujours ardu de critiquer un chapitre haletant d’une saison qui a frappé par son intensité.  D’autant qu’il se finit sur un cliffhanger de taille, un rebondissement émotionnel puissant qui met à mal le spectateur dans sa quête d’équilibre étroit dans une série qui ne s’en soucie guère.

Les 50 minutes conclusives d’une traque humaine vigoureuse étalée sur douze semaines se devaient d’être à la hauteur du spectacle haletant et fort de cette saison. Mais en dent de scie, l’épisode a fait la part belle à la mollesse et à une certaine complaisance de dénouement. Comme tout season final de Dexter qui respecte son code, l’épisode prend l’arc par les rennes, monte le ton crescendo et offre une scène d’action finale à l’emporte pièce. Frustration mêlée d’inquiétude, le spectateur reste sur sa faim, malgré un spectacle sanglant et manichéen qui donne le tournis.

Mais dans cette quatrième saison, où l’intensité a rivalisé de pics record, le sentiment de vertige a été plus que jamais exploité. Une première partie moins rythmée plus tard, l’épisode s’achève sur une seconde bien plus spirituelle (la mise à mort décorée de Trinity) et sombre.
Son paroxysme évident est la scène finale de cet épisode final, où Dexter découvre sa femme assassinée. Y avait-il moins inattendu ? Y avait-il meilleur sujet à évolution pour un héros en crise existentielle ? Le doute n’est pas permis.

Les auteurs de Dexter ont rarement eu autant raison et ont su amener leur bouleversement avec une rare mesure, une rare intelligence d’écriture.  Une rare horreur, également.
Et même si la scène, à la mise en scène personnelle –un parallèle parfait avec l’histoire du héros- émouvra et choquera foncièrement le spectateur shipper, celle-ci sera avant tout un passage brillant, qui permettra à la série d’exposer encore une fois sa pièce maîtresse sous un autre angle.

Plus d’analyse dans le bilan à venir, très bientôt.

(9/10)

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19.10.2009

Californication (Saison 3) Sans Karen, Hank Moody rempile

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The Land of Rape and Honey – 3.02 (diffusé le 27.09.09)

Hank Moody débute sa carrière d’universitaire. Il se contente alors de poser ses chaussures sur la table, écouter quelques récits, notamment celui de Chris Smith, en intervenant, toujours à côté. Charlie persiste dans sa reconquête de Marcy, mais tombe des nues lorsqu’il apprend l’existence d’un nouveau petit-ami. Qui partage avec la jeune femme des fantasmes bien à part.

Ed Westwick a pose ses valises dans le bureau de Moody, désormais professeur. La série souvent critiquée pour son manque d’évolution semble avoir vu juste en initiant l’écrivain maudit aux joies universitaires. Pas sûr que le quadra soit un bon enseignant : à l’exception de quelques joutes apolitiques, Hank Moody ne nous a jamais ébloui de son savoir littéraire, encore moins intellectuel, mais il demeure un certain attrait à contempler un looser accro à la fumette déambuler dans les couloirs d’une faculté.

Et comme Hank Moody est le candidat rêvé pour incarner l’enseignant désiré par son corps d’élèves (sic), c’est là qu’Ed entre en jeu. Chuck (Gossip Girl) délaisse donc un temps sa contrée natale (Madison Avenue) pour imiter son camarade de jeu, Dan, supposé écrivain. Mais dans son déménagement le jeune homme a également viré gay, on se demande alors s’il n’a pas non plus emprunté les traits d’Eric Van Der Woodsen.

En tout cas, Ed, Chris ou Chuck sont convaincant en amoureux transi de Twilight et Moody et cette direction vers une réflexion sur l’homosexualité amorcée par Charlie est de bon augure. Charlie d’ailleurs, est un bien meilleur sidekick que character. Faire-valoir ou presque d’Hank, le personnage s’en tire avec de l’esprit et de l’humour. En mari de Marcy, le propos est déjà plus compliqué. Tiré par les cheveux, sexuellement inepte, et toujours à côté.
Mais la soudaine rébellion de Becca, qui meurtrit un père trop aimant, sauve le tout du misérabilisme sexuel où viol et miel s’entremêlent. C’est déjà ça de pris.

(7/10)

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26.08.2009

Dexter - Saison 3 - Critiques

Douche froide pour la série so calor de Showtime.

Entre désir familial incongru (Dexter est typiquement le genre de personnages censé ne jamais évoluer) et amitié bête et méchante frôlant l'ambigû, Dexter n'échappe pas au syndrôme de la médiocre saison 3, bâclée et infidèle à l'esprit du show. Esprit ici, crucifié sur l'autel du happy end et du bon sentiment facile, à défaut d'être cisaillé par le scalpel de rigueur.


Inégal, complaisant et souvent creux, Dexter peut donc se vanter d'être la déception de l'année. Et Reine Debra Morgan n'a rien pu faire.


Our Father (3.01) Voilà le retour du serial killer prodigue. Retrouver l’ambiance calor de Miami, ses couleurs vives, sa galerie de personnages tous si appuyés était sans conteste un excellente chose. Un épisode qui débute doucement, met en place de nouveaux enjeux et de nouvelles histoires. Du côté de l’arc de saison, cela va être difficile de faire plus palpitant que la saison passée, mais Dexter est full of ressources, il y a de l’espoir.

(6/10)

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Finding Freebo (3.02) On a beau vouloir se réjouir du retour de Dexter, difficile de se satisfaire de l’arc Freebo. On pressent des enjeux plus dramatiques inhérents à cette histoire mais en l’état, le fil n’est pas aussi prenant que ceux déployés pour les saisons précédentes. On aime encore et toujours, mentalité inébranlable de fans, pour les personnages et les dynamiques entre eux, mais où est passé le rassasiement obscur ?

(5/10)

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The Lion Sleeps Tonight (3.03) Il manque à ce nouveau chapitre la tension et la nervosité d’un Dexter électrisant, le serial killer justicier de la nuit mais ami de tous patauge dans l’eau chaude de Miami.
OK : Dexter-Daddy, nouveaux enjeux, nouveaux discours torturés sur son rôle, mais la série est incapable d’en créer un nouvel intérêt. Le fan n’a plus qu’à se contenter des personnages secondaires, et avec une Tante Debbie simplement royale, il en a un peu pour son compte.

(5/10)

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10.08.2009

Californication – Saison 2 – Critiques

Californication, seconde saison. Terne et sans surprise. Avec Karen, ou rien.

 

Slip of the Tongue (2.01) Un season premiere plutôt louable qui doit tout au charme légendaire de Natascha McElhone, fille de Meryl Streep dans mon esprit tordu. David Duchovny est égal à lui-même, son personnage aussi. Les relations introduites en saison inaugurale, virent au doux cliché, au drama facile mais c’est tout Californication : un léger manque de fond. Heureusement, il reste Karen et Marcy. Pour un retour, ce reste est maigre.

(7/10)

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16.12.2008

The Tudors - Résumés - Saison 1

Episode 1 – 1.01 (series premiere) (diffusé le 01.04.07)
L'assassinat à Urbino, en Italie, de l'ambassadeur britannique, oncle du Roi, déclenche les hostilités. Henry est décidé à entrer en guerre contre la France. Le puissant Cardinal Wolsey négocie dans l'ombre l'acceptation d'un traité de paix universelle entre les deux pays. Sa majesté Catherine d'Aragon déplore que son époux ne visite plus sa couche depuis quelques temps. Le Roi lui préfère en effet de jeunes conquêtes, comme Elizabeth Blount, l'une des suivantes de la reine.

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Episode 2 – 1.02 (diffusé le 08.04.07)
Henry et la cour se rendent au sommet pour signer le traité de paix avec la France. Les tensions se font gravement sentir, et le tempérament des deux rois s'échauffe à plusieurs reprises. Pendant ce temps, Henry prend une nouvelle maîtresse : Mary Boleyn. Il se fatigue vite d'elle et son père ordonne à sa soeur Anne de le séduire à son tour et de trouver un moyen de garder son intérêt.

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Episode 3 – 1.03 (diffusé le 15.04.07)
Des émissaires de l'Empereur d'Espagne sont en Angleterre pour négocier un traité contre les français. Le cardinal Wolsey joue les intermédiaires, le Roy ayant une confiance illimitée en lui... Henry demande à Charles d'escorter sa soeur, Margaret, jusqu'au Portugal. Il nomme son ami Duc de Suffolk... Sir Boleyn arrange une rencontre entre sa fille Anne et le Roi. Il compte sur la jeune femme pour trouver un moyen d'attirer l'attention du souverain, et surtout de maintenir cet intérêt.

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Episode 4
– 1.04
(diffusé le 22.04.07)
Charles et Margaret partent en mer direction Lisbonne, où la jeune femme doit rencontrer son futur époux, le Roi du Portugal... Econduit par Anne Boleyn, la servante de son épouse, Henry n'a de cesse de penser à elle. Il essaie de se divertir en la compagnie de Marguerite de Navarre, la soeur de François 1er.

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Episode 5 – 1.05
(diffusé le 29.04.07)
Avoir frôlé la mort fait prendre conscience à Henry de certaines choses. Il est déterminé à demander le divorce et il nomme son bâtard de fils, duc, faisant de lui le premier héritier au trône. Des dispositions qui ne sont pas du goût de la Reine. Celle-ci soupçonne le cardinal de tirer les ficelles... Après la mort "subite" de son nouvel époux, Margaret rentre en Angleterre avec Charles... Le Roi est furieux lorsqu'il apprend que son allié l'Empereur Charles a libéré François 1er.

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Episode 6 – 1.06
(diffusé le 06.05.07)
Avec la capture du pape par l'Empereur Charles, Henry voit ses possibilités d'obtenir une annulation pour son mariage avec Catherine d'Aragon très réduites, voire anéanties. Le cardinal Wolsey entend justement profiter de l'absence du Pape. Il organise un conclave à Paris avec les cardinaux pour traiter des affaires urgentes. Il espère que ceux-ci lui donneront autorité pour statuer sur le mariage du Roi d'Angleterre.

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Episode 7 – 1.07
(diffusé le 13.05.07)
Une redoutable épidémie fait des ravages au sein de la population. Elle emporte notamment Sir William Compton... Wosley envoie deux avocats en Italie pour tenter de convaincre le Pape de les aider à débloquer la situation du Roi d'Angleterre. Pendant ce temps, la Reine s'assure du soutien de son neveu, l'Empereur Charles. A la cour, Henry a fait de Lady Anne sa maîtresse officielle.

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Episode 8 – 1.08
(diffusé le 20.05.07)
Désigné par le Pape, le Cardinal Campeggio arrive à Londres pour examiner de près la requête d'annulation du mariage du Roi Henry VIII et Catherine d'Aragon. Pendant que Wosley se démène pour obtenir gain de cause, la Reine assure le cardinal de sa sincérité et de l'amour qui la lie à sa Majesté.

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Episode 9 – 1.09
(diffusé le 03..05.07)
Malgré le refus de la Reine de se montrer, le jugement se poursuit. Wolsey tente en vain de convaincre la souveraine de revenir à la raison... Sir Boleyn et le duc de Norfolk sont satisfaits de la tournure des événements. Ils ne souhaitent qu'une seule chose : se débarrasser de l'encombrant Cardinal !

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Episode 10 – 1.10 (season finale)
(diffusé le 10.05.07)
Le Roi nomme Sir Thomas More en tant que Chancelier. Le Cardinal Wolsey tente de sauver sa carrière à l'aide d'un allié assez surprenant : la Reine Catherine, qui a elle-même perdu les faveurs du Roi. Mais leur complot est découvert par les conseilleurs du Roi.

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15.11.2008

Brotherhood - Bilan - Critique - Saison 2

 

 

Brotherhood comes back in slow motion, more precise and wider than its beginning. A deceptive and authentic look at lonelinesses in a community, and so much more…

 

 

Brotherhood, drama authentique, patient et génial ou simplement lent

 

Presque un an après avoir visionné la saison 1, ces 10 épisodes m’ont tout de même permis de reconnaître une évolution notable dans le rythme de Brotherhood. Tel un Carnivàle mais sans la magie de l’époque et de Jeff Beal, la bande-son se faisant très discrète. Tel un Sopranos, mais sans la dramatisation excessive et la structure dramatique. Tel un Six Feet Under, sans la cohabitation quotidienne avec l’outre-tombe.

Brotherhood a-t-elle une autre originalité que sa relation ou parallèle crime/politiques ? Etrangement, le fait que cette série ne se démarque pas réellement est peut-être un point fort. En effet, la saison 2 s’arrête très longuement sur ses personnages, au risque de frustrer le téléspectateur avide d’évènements. Cependant cette patience permet, pour certains personnages, une évolution extrêmement sensible (en plus d’être physique) au cours de la saison. Declan, par exemple, peut exaspérer avec sa dépression qui traîne en longueur, et Cassie également, avec son refus perpétuel de lui donner une seconde chance, qui peut être vu comme une facilité scénaristique. Il n’empêche, leurs trajectoires sont totalement compréhensibles. Mieux, à la fin de la saison, leur cheminement respectif, vu avec du recul, est profondément  juste, voire désarmant.

La saison 2 permet donc, comme les grandes séries HBO en leur temps, de peindre un tableau émouvant et révélateur pour chaque relation/personnage important, en plus des enchevêtrements fraternels, relégués en toile de fond. Vous l’avez compris, cette critique perso par perso suit la première idée du titre.

 

Colin Carr, représentation de la désillusion face au rêve américain

 

Nouveau personnage de la saison 2, le cousin d’Irlande Colin Carr représente la déception d’un gamin venu chercher un père symbolique. Père qu’il n’aura pas la chance de réellement connaître. Père (ici racine récente, soit les Etats-Unis) si enviable sur les photos de famille ou à la télévision, et indigne si l’on considère la désunion de la famille Caffee. L’épisode de Thanksgiving, et la solitude qui s’en dégage, en sont la synthèse évidente.

Colin Carr, c’est du coup le sale gosse, car délaissé par son père, haïssant les femmes en général et certaines en particulier, comme Rose ou Peggy, l’épouse de Judd.

 

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Rose Caffee, jeune femme dynamique de 60 ans et des poussières

 

Le portrait de Rose Caffee, comme décrit plus particulièrement dans cette saison 2, est celui d’une vieille femme s’accrochant à l’illusion de la jeunesse, à l’aveuglement. Autour d’elle, tous et toutes se rendent un à un à la dictature du temps. Rose, elle, essaie des robes sexy et se pare de lunettes de soleil extravagantes, tente un détour du côté du SM et se persuade que les jeunes hommes s’intéressent encore à elle. Et ce dernier point est important, ses anciens compagnons étant hors-service ou n’étant plus intéressés par une femme de son âge.

Rose Caffee est ainsi touchante, aussi lorsqu’elle rejette Colin, attitude finalement bouleversante et paradoxale face au fils de l’homme de sa vie. Et quand elle se rebelle face à son fils aîné, jalouse qu’elle est de cette femme qui lui a volé son préféré, et se l’accapare désormais.

 

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Tommy & Eileen, ou le ridicule et l’essentiel de l’institution du mariage

 

De toutes les storylines de cette saison, celle concernant Tommy et Eileen est peut-être la plus brusquée, la moins fluide, en début de saison du moins. Si l’éloignement est compréhensible du point de vue de Tommy, bon catholique et révulsé par les révélations de sa femme, son basculement du côté de la tromperie est trop précipité, même si préparé par un bel épisode où Sondra le met face à son caractère coincé, issu d’une éducation stricte.

Ensuite, sa relation avec Dana est un prétexte, ce personnage étant assez cliché, mais cliché veut-il dire inintéressant ? Quoi qu’il en soit, elle est capitale dans la relation maritale, Tommy invitant Eileen à la réconciliation pour mieux la blesser en retour (voir la comique scène du coucher, jubilatoire pour Tommy) en la trompant. La rage n’est-elle pas ce que Dana, ex femme mariée attristée mais déjà blasée de n’être qu’un exutoire, voit dans les yeux de Tommy ?

Oui, mais la raison rattrape les vertueux époux Caffee, qui ont tout intérêt à rester ensemble, pour sauver l’essentiel, et les apparences : Eileen ne trouve d’intérêt à sa vie que dans sa famille, Tommy a besoin d’une image parfaite pour sa carrière. Le couple n’est plus qu’une façade. Un cache-misère dont ils se moqueraient, Eileen éclatant de rire devant l’œil pour œil dent pour dent enfantin de son mari, elle et Tommy étant les premiers à avoir ironisé sur le pouvoir rassembleur de Thanksgiving. Cependant si Tommy est de plus en plus absent, jusque dans la scène finale ou il balance un bombe H à la face de son frère sans en avoir l’air, Eileen semble attirée par l’aide aux services sociaux, confrontant la bourgeoise apitoyée à une autre réalité bien plus impitoyable… pour la rassurer sur son sort ?

 

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Michael & Kath, la brute morale et la femme poussée à bout

 

S’être installé avec Kath a transformé Michael, en un sens. Faisant le deuil de Pete (disparu dans des circonstances fumeuses, sonnant faux) et par là de son côté chien fou, Michael suit de plus en plus un code moral. Lui qui ne baise pas à droite à gauche et ne boit plus, s’exaspère désormais du mal fait aux innocents et de la tournure froide et inhumaine que prends le business du crime (épisode 7 : Only a Pawn…).

Ne pas croire pour autant que Michael est rentré dans le rang. Peut-être refroidi par sa tentative de meurtre et (relativement) plus prudent sur le terrain, compagne reconquise oblige, il n’en a pas moins l’ambition de retrouver les sommets, et n’hésite pas à mettre en pratique sa morale retrouvée de façon un rien hypocrite, et manipulatrice. Là encore, le monde du crime et en arrière-plan, l’arrestation principale de cette saison étant étonnamment simple, considérant les difficultés qu’éprouvaient FBI et justice face aux Sopranos.

Michael a donc également réussi à retrouver une relation stable avec Kath, mais celle-ci doit se dérouler selon son bon vouloir. Comme il le dit lui-même, il aurait pu en choisir une autre, parmi la multitude. Pas si sûr. Michael reste ce type impatient, nerveux, facette magnifiée par une anomalie issue de son accident. A chaque fois qu’elle apparaît, Michael est plus vulnérable que jamais, mais aussi plus effrayant : c’est quand il est quasi-inexpressif et son esprit semble ailleurs qu’il est le plus redoutable et imprévisible, et ces instants de perdition magnifient son ambivalence calme/excédé. D’ailleurs, il est plusieurs fois question, dans cette saison, de le comparer à un animal.

 

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Declan Giggs : dépression, point de non-retour et rédemption paradoxale

 

J’ai déjà évoqué la trajectoire de Declan. Il faut ajouter que son parcours est un véritable chemin de croix. De la non-distinction entre bien et mal vient la séparation avec la femme de sa vie. Il s’agira donc pour Declan de tout faire pour la retrouver, elle refusant car n’ayant plus confiance en un homme qui confond ces deux notions. Un cercle vicieux : Declan sombre alors de plus en plus, la supplie, se perd dans un double-jeu police/crime, le haut-gradé Franklin n’étant d’ailleurs pas celui qui vous convaincra que la police est du côté du « bien ». C’est lorsque Declan a touché le fond, devenu inutile même dans un jeu d’infiltration ambigu, qu’un nouveau départ lui est proposé, humiliant mais nécessaire pour reconquérir Cassie, et remettre les choses à plat. Une résurrection quasi-christique. Une histoire de rédemption. Même si les titres des épisodes ne sont plus des extraits de textes sacrés mais cette fois-ci.. des chansons de Dylan, avec les vers appropriés. Cependant ne vous épargnez l’écoute entière, çà vaut le détour.

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brotherhood_gal2_keyart_logo.jpgCrime, politique et police

 

Le crime, la politique et leurs implications directes sont relégués au second plan, mais toujours dénoncés pour leurs rituels stupides (election day, ou la foire aux coups bas) et autre cruauté aveugle (à travers le tueur de sang froid du même épisode). Par contre, la police est mise en avant, présentée comme une arme politique et criminelle à mi-chemin, corrompue par la mafia et dépendante des politiques. Et lorsqu’elle atteint son but, à savoir arrêter des bandits, c’est l’ambition carriériste d’un homme qui en est à l’origine.

 

 

Conclusion

 

Brotherhood n’arrête donc pas son étude des liens entre institutions. Elle est malgré tout de plus en plus ancrée dans l’authentique (merci Adam pour le terme…), la réalisation soignée et au sens scénique précis scrutant les attitudes, paradoxes et autres évolutions sensibles de ses personnages, sans esbroufe, sauf peut-être les plans-séquences plutôt classe d’Ed Bianchi.

C’est aussi la solitude des personnages, seuls ou à deux, qui frappe, leurs relations exclusives avec un autre ou eux-mêmes étant patiemment dépeintes pour laisser se préciser un tableau de famille touchant, toujours aussi paradoxal quand à l’identité de The Hill.

En résumé, après une certaine déception initiale, la sensation d’envoûtement s’est emparée de moi, sur la longueur cette série est fascinante, à condition de ne pas être aussi impatient que Michael Caffee. Au niveau des grandes productions HBO ? Quelle idiotie, pas moyen de juger avant la conclusion, c’est-à-dire je l’espère dans quelques années.

01.10.2008

Weeds – Bilan – Critique – Saison 4

 

Recadrage

 

La troisième saison de Weeds s’était achevée sur un besoin de changement, avec comme vecteur sous-jacent le retour du fantôme de Judah, enfin revenu pour hanter la famille Botwin. L’enjeu était donc de prendre un nouveau départ, de réussir à se renouveler sans oublier ses racines, après un ensemble de trois saisons finalement bien maîtrisé. Plusieurs bouleversements majeurs sont donc apparus.

Histoire de commencer par le plus évidemment critiquable, le départ de Tonye Patano (Heylia) et Romany Malco (Conrad) du show, étrange lorsque l’on continue à suivre des protagonistes qui auraient eux aussi pu disparaître du tableau. Et décevant, tant les apparitions de la première, notamment en compagnie de Celia récemment, amenaient drôlerie et acidité. Et tant le second s’était forgé patiemment une place dans le cœur de Nancy, pour brusquement ne plus donner signe de vie.

Le changement le plus visible est tout de même la migration géographique. Agrestic ayant déjà été destituée de son rôle exclusif avec l’apparition de la storyline Majestic en saison trois, il semblait pressant pour Jenji Kohan de s’éloigner de cette banlieue huppée qu’elle critiquait de façon si juste.

Enfin, le générique si particulier et interprété par de nombreux artistes, cède sa place à une version simplissime, mais ultime dans sa forme modulable et légère : à chaque épisode son intro douce-amère, petite vignette tour à tour amusante, mélancolique ou ironique.

 

Le début de saison de Weeds est donc déconcertant, se débattant par ailleurs avec des histoires décousues, la majorité du cast étant finalement de la partie et donc à caser. Mais un thème majeur sort du lot : grâce à l’emménagement, faute de mieux, de la famille Botwin chez les parents de Judah et Andy, l’heure est paradoxalement à la continuité. La lente mort de Bubbie, le départ précipité de l’irresponsable Lenny, et plus particulièrement les circonstances qui les poussent à partir chacun de leur manière, signent un passage de témoin volontaire entre la mémoire Botwin, désacralisée, et not-Francie, la belle-fille indigne qui prend le pouvoir sur les terres de sa belle-famille. Nancy devient donc maître des lieux, et de façon non accidentelle cette fois : elle a provoqué sa domination, et en est responsable.

 

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A l’Ouest

 

Autour d’elle, la quasi-totalité des personnages récurrents sont désormais masculins, mais Celia Hodes est peut-être celle qui symbolise le mieux la dépendance du groupe à Nancy. Tombée au plus bas, trahie par à peu près tous les personnages du show, du début à la fin, elle ne retrouve le souffle que par moments, notamment grâce à Nancy, histoire de retomber de plus belle. On peut penser que le traitement du personnage sur ces treize épisodes est un rien moralisateur, ou au moins nous incite à prendre du plaisir devant sa chute perpétuelle. Ou alors qu’il nous met face à notre propre voyeurisme, au moins pour l’épisode prison, où elle nous apparaît finalement comme persécutée, et là aussi c’est assez peu pertinent. Cet aspect-là est discutable, toujours est-il qu’il permet d’accoler à Nancy Botwin un satellite important, anciennement à la hauteur de la (double) veuve, aujourd’hui à ses pieds.

 

Parce que des satellites, c’est exactement ce que sont Andy et Doug. Comme autrefois, la paire se réunit chez Nancy, mais alors que ces moments de déconnade dans la maison Botwin étaient auparavant plutôt rares, cette fois-ci c’est devenu leur principal lieu de méfait. Surtout, Doug désormais comme Andy n’ont plus de fil conducteur clair dans leur vie, réagissent selon leurs désirs, sur l’instant. Maintenant, les deux potes ‘on pot’, dès leurs retrouvailles en milieu de saison, et alors que semblait poindre chez Andy un sérieux très suspect, passent leur temps à errer et à échafauder des plans foireux, souvent dans la nouvelle demeure familiale. Une scène muy hilarante de la fin de saison fait poser à Doug la question : « pourquoi tu restes avec Nancy ? ». Lui n’a nulle part ailleurs où aller, quant à Andy, son attirance pour elle le trahit, malgré sa réponse magnifiquement hypocrite.

 

Parallèlement, alors que trois personnages se retrouvent intimement dépendants (et non plus simplement collègues de vente de cannabis) de Nancy, ses deux enfants continuent leur développement inverse. Le problème de leur manque paternel et de l’absence récente de leur mère finit par refaire surface, dans des références parallèles à l’inceste : les scénaristes ont habilement mis en place cette storyline pour amener une remise en question de la mère, tandis que Silas et Shane se construisent eux-mêmes. Shane découvre d’ailleurs les joies de la socialisation par la force, du sexe puis de la revente de cannabis. Silas, suivant les conseils avisés de Conrad, développe son propre business plantation/revente, le titre de la série gardant ainsi sa signification majeure. C’est lui qui, dans le dernier épisode, propose une reprise des affaires en main par les hommes de la maison : le réveil de ceux qui attendent tout de Nancy, voilà un intérêt potentiel, comique mais aussi dramatique, pour la saison prochaine.

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Au Sud

 

En effet on ne peut pas ignorer les efforts dramatiques de la série, a fortiori sur le début de cette saison (comme lors de la précédente), peut-être trop terne. La représentation de la violence, les dilemmes moraux avaient commencé à apparaître de façon plus légère à Agrestic/Majestic, mais ce tout prend une importance majeure cette saison. Dès le début de saison, le contraste Etats-Unis/Mexique est un vecteur de comédie, grâce à la fausse candeur d’une Nancy en touriste pour acheminer de la drogue, banlieusarde chic comme en villégiature dans un pays qui ne correspond pourtant pas aux cartes postales. C’est qu’elle se doit de garder sa prestance, qui est aussi son atout charme, primordial pour elle dans le business, un charme qui a raison de tous ses prétendants, qu’elle utilise avec des scrupules hypocrites sans pareil.

Mais ces enjeux prennent vite une tournure dramatique : si le sérieux un peu plombant (mais nécessaire ?) du début de saison était concentré sur le développement des relations Lenny/famille Botwin, par la suite il se reporte surtout sur le Tunnel, endroit intemporel et in-spatial, frontière floue et lieu d’un trafic que Nancy va découvrir par trop de curiosité. Ce qui va l’amener à douter sur les conséquences de son action, discours bateau mais traité avec élégance.

 

Le Tunnel signe d’ailleurs le retour de Weeds dans le champ de la dénonciation. Certes il est fourre-tout, vaut beaucoup pour son ambiance (quelques scènes seulement toutefois). Et on peut aussi penser qu’il pointe du doigt les Mexicains, mais c’est bien la démarcation brutale entre Mexique et USA qui provoque la violence au Sud. En plus, en fin de saison d’autres éléments corrosifs viennent s’y ajouter, et rééquilibrer la balance. Ainsi, les problèmes d’assurance de Celia pour sa désintox, et la flagrance du jemenfoutisme d’un Doug à son aise en milicien garde-frontière, font rire autant qu’ils dérangent. La situation de la première souligne la cruauté de l’envers du rêve américain, celle de Doug et Mermex l’intéressement d’un yankee lubrique, jetant l’immigrée dès qu’elle devient inutile.

 

Paradoxalement, face à cette réalité repoussante, la saison quatre prend de la hauteur, l’histoire d’amour principale étant subtilement interprétée et très poétique, ne négligeant d’ailleurs pas l’ambiguïté évidente concernant l’utilitarisme de Nancy. Les scènes où la musique prend le pas sur les paroles viennent d’ailleurs agrémenter d’ultimes épisodes en partie oniriques, bien aidés par une bande-son toujours estampillée indie, et qui s’aventure de l’autre côté de la frontière (la barcarola de l’avant dernier épisode, par exemple). Weeds est donc toujours du point de vue de la belle un havre de paix, sur lequel la violence vient glisser, comme si, sirotant un soda les écouteurs sur les oreilles, Nancy la bourgeoise se laissait bercer par une musique douce, pour se persuader de la beauté de la situation.

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weeds 1.jpgConclusion

 

 

 

Malgré des bouleversements réellement influents sur le propos de la série, qui s’éloigne des riches banlieues et se rapproche de la frontière, Weeds retrouve petit à petit une fidélité à son esprit : léger, caustique, mélancolique, et comique. De bon augure pour la suite, deux saisons supplémentaires ayant déjà été confirmées par Showtime.

 

 

 

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