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sarah jessica parker

  • Divorce (Saison 1) Les dents dures

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    Sarah Jessica Parker divorce. Celle qui a été l’éternelle amoureuse, Carrie Bradshaw, la romantique transie pendant six ans sur HBO, joue de l’autre de côté du miroir. Une femme infidèle bien décidée (ou non) à rompre tout lien conjugal avec son mari.

     

    Cette nouvelle production de HBO avait l’allure idéale pour le retour de la dramédie HBO. Après des essais ratés, Looking ou bien Togetherness, le succès n’est pas encore au rendez-vous. Parce que Divorce, série domestique par excellence, souffre de cette image de comeback tant attendue collée à son héroïne. Divorce raconte la trajectoire de plusieurs couples. Au contre, celui de Frances et Robert Dufresne mariés depuis toujours, deux ados, une maison en banlieue, portrait de famille ordinaire. Mais le portrait s’abîme lorsque Robert apprend l’infidélité de sa femme galeriste avec un faux-français. C’est ainsi que les ennuis commencent. Avec eux, les défauts de la série.

    A commencer par ce couple, un duo amorphe et vite antipathique. Un binôme gentiment vachard mais sans profondeur et dont les tactiques de guerre laissent de marbre le spectateur. Malgré la dynamique autour du divorce, sujet éminemment profond et drolatique, ce couple est d'autant plus insipide qu’il est entouré d’une galerie d’amis simplement nulle, des personnages secondaires sans fond et excessivement poussifs (ou la grande déception faite Molly Shannon). La série est à l’image de cette scène d’anniversaire inaugurale, scène où les couples se vautrent tous dans l’hystérie, option arme à feu et cadeau canin. Résultat, d'épisode en épisode, la série rate son équilibre, trop souvent jouée, jamais laissée à l’air libre comme si elle craignait de s’orchestrer seule.

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    Parker, l’actrice qui a ouvert la voie à un nouveau genre d’héroïne à la fin des années 90, avait pourtant raison de se réjouir. Aux commandes de cette série, Sharon Horgan, inconnue ou presque outre-atlantique, est pourtant une showrunner hors-pair et une actrice-scénaristique maligne en Grande Bretagne. Après Pulling, la créatrice s’est faite doublement encensée par sa brillante série anglaise, Catastrophe, toujours en diffusion,  qui raconte une histoire sans lendemain devenir sérieuse à coup de grossesse inattendue.

    Le crédeau, ici, est le même. Les relations amoureuses, les petites frustrations du couple, la solitude et les mesquineries. Autant d’obsessions quotidiennes chez Horgan qui jubile lorsqu’il s’agit de montrer les petites faiblesses de l’homme -et de la femme qui toujours en prend pour son grade-, bien loin des archétypes comiques de Sex & the City. Mais Divorce est une recette plate, un monde sans monde. Une histoire de famille banale et faible, plombée par ses deux protagonistes. Lui, est ronchon, renfrogné, boudeur. Il porte une moustache sans ironie. Il parle en grommelant. Elle, est éteinte. Le teint gris, comme les paysages de la série, l’allure défaite, la petite vengeance au bout des lèvres et la petite malice de Bradshaw à des années lumière.

    Si l’ensemble est terriblement fade et insipide, Divorce agace bien plus. Parce que la série est trop souvent cantonnée à des scènes ménagères caricaturales mais dont le potentiel est là, implicite, enfoui dans la neige de Staten Island. Un potentiel parfois révélé au détour de quelques répliques domestiques bien senties, de moments choisis, fins et astucieux, dont Sharon Horgan a habituellement le secret. Un début peu augural pour la géniale anglaise.

    5/10

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  • Sex & the City 2 (Critique) Retrouvailles ultraléchées

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    La fashionista Carrie Bradshaw et ses copines sont de retour. Après un passage à vide fait premier volet ciné, ou une version cellophanée nœud-nœud d’une série féminine générationnelle dans laquelle Carrie et sa clique ont brassé de l’air sur une thématique mélo (le mariage) et tape à l’œil (la réussite élitiste s’appelle Dior, encore !), le second chapitre de la saga sexuello-urbaine corrige le tir. Tout autant de minauderie et d’esbroufe, mais plus d’humour et de cynisme à oestrogènes. Cerise sur la chic pièce montée : une ébauche de réflexion sur l’évolution des rôles de la femme pas si imbécile que ça.



    A coup de matraque publicitaire pailletée bling bling, Sex & the City s’est imposé d’emblée comme l’évènement cinéma annonçant l’été : Carrie Bradshaw dans une robe outrageuse s’improvise reine des sables (le Prince of Persia n’a qu’à bien se tenir), vue sur les hauteurs désertiques, pour nous en mettre encore et toujours … plein la vue.

    Alors que le premier film Sex & the City procurait l’envie de baffer férocement notre sociologue du sexe préférée dont l’absence cruelle de discernement et de profondeur lui donnait un air tarte,  Sex & the City 2 nous rabiboche avec Carrie Bradshaw en renouant avant tout avec l’esprit foutraque de la série. Il faut dire que celle-là même connue pour avoir osé la célébration de la femme, l’ode à son indépendance, l’affirmation brute et crue de sa liberté sexuelle, financière et même un peu mentale n’a jamais trouvé successeur sur le marché. Six ans après son annulation sur la chaîne à péages HBO, Sex & the City reste la référence absolue en matière de femmes et d’esprit d’émancipation.



    Parce que Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda sont d’abord le symbole du personnage féminin nouveau : une femme affranchie capable d’inventer ses propres codes et son ordre amoureux. Si le premier film avait écarté ce postulat faute de place (les dressing indécents sont encombrants à New York), celui-là s’appuie de nouveau sur cette idée (Carrie réinvente son mariage avec Big) et propose en filigrane une réflexion sur la place de la femme dans la société (voilée ou non), l’évolution de son rôle (ex, épouse, amie, quinqua).

    Entre Miranda qui privilégie sa carrière, Samantha en proie au vieillissement (et aux bouffées de chaleur adéquates) ou Charlotte qui peine à trouver la sérénité auprès de ses deux filles, le film permet l’évolution de ces personnages devenus sacrés. Ce regard porté sur la vieillesse, le mariage, les enfants bien plus consensuel et grand public que le fond subtil de la série conserve un intérêt de fond et nous offre une vraie évolution narrative, avec des scènes posées, gentiment étudiées dans lesquelles, entre autre, Charlotte, débordée, pleure en cachette ou Miranda ose l’affrontement psychologique à coup de gorgée thérapeutique.

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    Mais c’est dans la forme, toujours, que le film se soigne le mieux. Pour oublier les doutes matrimoniaux ou les crises familiales, quoi de mieux qu’un défilé de tenues toutes plus excentriques les unes que les autres et d’accessoires cliquetants superposés ?
    Avec un budget de 10 millions d’euros pour les seuls costumes, le contrat design sustentera les amatrices de choses qui brillent. Entre la première partie new-yorkaise et la seconde, très ampoulée à Abu Dhabi, ou une immersion dans le désert, Louboutin au pied et sac Birkin sous le bras, la folie des grandeurs de Carrie et sa clique est toujours plus vorace avec le temps. Mais celle-ci frôle parfois l’indigestion visuelle, surtout lorsque la bande de copines s’organise un trek dans le désert en robe de gala ou s’extasie devant l’immensité du palace. Si la modestie vestimentaire ou décorative n’a jamais été le fort de la série, la surenchère est ici pénible. Heureusement, pour palier ce niveau de parade ostentatoire, le film puise ses ressources dans son humour, formidablement renouvelé et toujours exquis.

     

    Entre les afféteries savoureuses de Carrie, les remarques cyniques de Miranda, l’attitude bouleversée de Charlotte mais surtout le parlé coquin et les habitudes toujours dévergondées d’une Samantha en plein bouleversement hormonal, l’esprit d’émancipation féminine retrouve son terrain de conquête d’antan. Le ton guilleret de nos personnages adulés et la bonne humeur du film nous font oublier l’élitisme visuel de la saga, ses clichés ambiants (sur l’Orient, entre autres) et nous régalent même avec de nombreuses scènes drolatiques, parfois volontairement caricaturales (mariage gay tout de blanc vêtu, avec une Liza qui se prend pour Beyonce), parfois génialement inspirées (la confrontation Samantha avec le monde machiste du « nouveau » Moyen-Orient).

     

    Gonflé à bloc, le nouveau produit Sex & the City est aussi clinquant que le précédent. Mais fort d’une cadence narrative et d’un rythme humoristique étonnamment soutenu, ce second volet signe de jolies retrouvailles avec notre équipe féminine de choc. Une remise à niveau grandiloquente dont le plus grand mérite est de procurer l’envie d’une nouvelle intégrale HBO.

    7/10

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