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  • 30 Rock (Saison 5) Une absurdité télévisuelle confirmée

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    Cinq ans déjà que 30 Rock agite son humour mi-absurde mi-pop culture devant les yeux de NBC et du monde entier. Cette série dont on n’attendait rien au départ est devenue la référence incontournable de la ligne éditoriale comique de la chaîne du paon. La raison ? La force de travail d’une créatrice et héroïne impayable, Tina Fey, qui connaît la télévision et ses rouages farfelus comme personne.

     


    On pensait la série en fin de vie créative, à l’inspiration émoussée et aux gags éculés. Mais après cinq ans d’antenne, 30 Rock a réussi ce tour de force qui fait défaut à nombreuses de ses compares comiques : le renouvellement.
    A la force du poignet, la cinquième saison de 30 Rock a retrouvé un équilibre qui manquait au show des temps précédents. Ecriture facétieuse et surprises en tout genre, la scénariste en chef a (re)fait de son bébé une série imprévisible et caustique, de nouveau attendue du public.

    Pour autant, rien n’a changé sur le fond de 30 Rock. Les personnages centraux du 30 Rockfeller Center demeurent ces caricatures joliment définies, qui lorgnent tous du côté de l’absurde ou de la parodie de boulevard.


    Le patron des programmes, Jack Donaghy, entre préoccupations de network et future paternité réussit l’exploit de se mettre en ménage avec
    Elizabeth Banks, elle aussi, impeccable dans son rôle de journaliste control freak-. Le personnage évolue gentiment dans la sagesse et l’ironie, devenant ainsi ce point d’accroche stable consulté par tous, Liz Lemon en tête. Tracy reste l’atout lourdaud du show, en atténuant toutefois les blagues tombées à plat et les intrigues personnelles tellement saugrenues qu’elles en devenaient insipides. Heureusement, lui s'échappe le temps de quelques épisodes pour laisser place à sa femme, Angie, dans une fausse télé-réalité, aboslument hilarante et corosive. Jenna, quant à elle, continue d’être cette actrice-chanteuse mégalomaniaque et hystérique dont on aime franchement se gausser.

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    Liz Lemon, surtout, est sujette à un avenir plus radieux. Finies les phases perdues qui ne rimaient à rien pour lesquelles Tina Fey se contentait d’injecter à son personnage une dimension boulimique et gentiment geek, Liz Lemon tend désormais à devenir une femme quasi-comblée, par Carol d’abord, son pilot de ligne même pas sorti de son imagination (puisqu’il est joué par Matt Damon) et par elle-même. La scénariste décide de régler ses problèmes avec les autres, sa famille, son entourage professionnel, ses blocages sexuels. La quadra s’assume peu à peu (à coup de high five a million angels), ainsi la nouvelle Liz paraît moins crispée et follement plus attachante.

     

    Forte d’une écriture ciselée et d’une imagination perpétuellement en roue libre, la série a proposé cette année des sketches plus aboutis, plus denses, à l’humour plus concentré. Cette saison, 30 Rock a effectivement enchaîné les épisodes mémorables qui font honneur à Tina, Alec et leur clique (dictionnaire parlant, restaurant à thème Godzilla, retour flamboyant de Kenneth, avantages free ice cream for life de Jenna). En prenant soin aussi de ne pas multiplier les effets guest star à finalité creuse –à l’exception d’un récurrent Matt Damon et d’une participation exclusive de John Slattery (Mad Men) dans le rôle d'un candidat politique rustique-, la série se concentre sur les héros du TGS, dans leur quotidien et leurs petits tracas existentiels (une sextape pour Jenna, l’apprentissage paternel pour Jack, etc).

    Pour autant, pas de routine ou d’ennui à l’horizon, la série accumule les ingéniosités loufoques et les effets de surprise au cœur même de sa mécanique feuilletonnante dont chaque épisode en ressort plus maîtrisé et distrayant qu’auparavant. A l’image de cet épisode diffusé en live, mi-octobre, qui symbolise la maîtrise comique de la série et son souci du renouvellement.

     

    Après cinq ans de services fiables, chapeau bas à Tina Fey qui renouvelle sa série et force le respect comique.

    7.5/10

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  • Dexter (Saison 5) La métamorphose avant le retour à la normale

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    Après la mort, le deuil s’est emparé du visage défait de Dexter mi-expert sanguin, mi-justicier de la nuit et un peu veuf aussi. Pour cette saison, l’évolution était alors toute trouvée, le deuil devenant plus qu’un maître mot à exécuter mais une ambiance, morne et prometteuse, qui se devait d’humaniser le héros tueur et dynamiser à grands coups l’univers général de la série.

     


    Une saison inégale de plus pour Dexter. Lui qui aligne les promesses et les situations plus intenses que n’importe quelle série de la FOX nous fascine et nous frustre à la fois, notre serial killer étant la cible privilégiée de la complaisance. A croire que la vie de psychopathe est une boucle, un cycle respectant le calendrier des péripéties (impeccables à chaque fois) et des fins de lune arrangeantes (rageantes presque toujours).

    Pourtant, tout partait sur les chapeaux de roue avec cette saison placée sous le signe des révélations dramatiques et des états d’âme bouleversés. Après le meurtre sauvage de la douce Rita, Dexter n’avait plus le choix que d’accepter enfin de faire place à son humanité (le deuil, quoi de plus simple à mettre en boîte) et laisser deux secondes son dark passenger à la noix.


    Mais avec l’arrivée inopinée de Lumen (Julia Stiles, lumineuse comme son nom), une jeune blonde rescapée d’un groupe de violeurs-tueurs sectaires, Dexter a plongé tête la première dans une mission vengeance qui l’a écarté du schéma traditionnel post-perte. Pour autant, Lumen n’a pas été un personnage surfait pour Dexter et la série même, cette jeune femme a su éveiller chez le héros morbide un sentiment de compréhension et d’apaisement. Ca ne vous rappelle rien ? Miguel, pardi, l’ex-meilleur ami tendancieux, politiquement extrême et un brin sociopathe, qui s’était joint à Dexter dans sa quête du talion avant de finir sous son couteau aiguisé.

     

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    Mais contrairement à cet ancien duo raté, symbole de la plus médiocre des saisons de Dexter, la greffe entre Morgan et Lumen a parfaitement pris, l’alchimie entre les deux personnages, leur deuil respectif, leur colère, leurs conceptions mutuelles, a permis une saison différente, plus attachante et aux enjeux bien plus décapants. L’évolution était toute bâtie, Dexter avait trouvé celle qui lui changerait sa mécanique de tueur flegmatique. Mais au final, pas de changement permanent : les auteurs ont préféré tuer dans l’œuf cette complicité qui faisait de cette saison un bijou de tension et d’attention, en laissant partir Julia Stiles, et en montrant une fois de plus que la série obéit à un cycle établi, avec sa guest star, son meurtrier annuel et sa résolution finale accommodante.

    Avec ce season finale expédié, la série a montré également que les enjeux accumulés au cours de cette saison de bonne facture (Lumen, encore et toujours, mais aussi la traque de Liddy, ex-flic mesquin et menaçant, les suspicions de Quinn) ne sont jamais que des points rapidement survolés avant le lâcher de rideau, puisque seul contre tous, Dexter est et restera seul victorieux parmi les ignares.


    Même remarque pour le paysage de fond endémique de la série. Entre le Miami Homicide qui perpétuellement patauge (chaque crime en séries est une affaire irrésolue court-circuitée par l’unique Dexter) et qui comble par des histoires d’amour ennuyeuses (Laguerta et Batista en surplace) et l’entourage du héros, toujours plus dupe quant au profil irréprochable du frère, du père, de l’employé que Dexter est, Debra en tête, l’aveuglément commence à rendre la série fastidieuse dans son parti-pris conceptuel.

    Et lorsque Debra est sur le point de découvrir la vérité sur son frère, pris la main dans le sac, après le meurtre de Chase (le méchant de l’année, encore un prometteur, encore un bâclé), on se prend à espérer d’une évolution nette et significative : mettre Debra dans la confidence, lever le voile sur cet immense secret qui sépare encore ce frère à cette soeur pourtant conquise à sa cause. Mais il n’en est rien,
    la série préférant entretenir ce mystère du héros tueur comme une donnée indigeste, presque dépassée, quitte à perdre en esprit, en humour, en saveur inédite.

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    Pour une évolution toute prête, la saison 5 de Dexter s’était dégotée une nouvelle intrigue de taille, mêlant à la fois une sombre histoire sanglante et une révélation sentimentale, accompagnée de storylines secondaires menaçantes et bien menées. La série avait trouvé son nouvel atout en la personne de Lumen (Julia Stiles), qui assurerait à elle-seule un développement du héros et un changement d’ambiance. Mais Dexter et la série même combat, les deux préférant plutôt à la métamorphose un mode opératoire bien rodé, sans risque ni enjeu nouveau.

    6.5/10

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  • Friday Night Lights (Saison 5) Ultimes bouleversements texans

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    Friday Night Lights, grande série du plus petit milieu sériel, est depuis cinq ans le terreau d’émotions et de moments forts par excellence. Ignorée par le plus grand nombre, cette série sur le quotidien d’une équipe de footballeurs lycéens a achevé il y a peu sa cinquième et ultime saison. Douze semaines de diffusion qui ont associé larmes et intensité, authenticité et gorge nouée. Retour final sur cette belle série.

     

     

    Passer l’année à Dillon procure toujours des sensations rares, à la fois chaleureuses et désarmantes. Le retour ultime de Friday Night Lights s’inscrit dans cette idée, sur fond de paysages texans arides plus vrais que nature. Comme à son habitude, la série de Direct TV co-NBC, soigne ses histoires fortes en bouche et son terrain de jeu crispant, fidèle à l’univers bigarré qu’elle a construit et déployé depuis quatre ans.

    Quelques mois se sont passés au fin fond du Texas mais le plaisir de retrouver la vie des habitants de Dillon est intact, voire palpable, il s’agit là des ultimes retrouvailles. Le bonheur de s’attabler aux petits-déjeuners de la famille Taylor, entre cohésion familiale et inquiétudes pour l’avenir, de côtoyer le couple Vince et Jess, définitivement adopté, ou de partir en virée concerts avec Landry et Crucifictoriux, son groupe underground qui ferait rougir les Yeah Yeah Yeahs. Le plaisir est là aussi quant la conseillère Tami fait son premier jour au lycée, prête à en découdre avec les nouveaux cas de l’année ou quand Eric se remet à la tâche et débusque un nouveau talent du ballon rond, le couple Taylor héritant toujours des répliques les plus justes et des plus belles attentions filmiques. Idem pour Tim, le personnage maudit culte, qui fascine même derrière les barreaux pendant que le grand frère, Billy, rongé par la culpabilité, vient faire amende honorable sur le terrain herbeux.

     

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    Cette année, pour évoquer la séparation dernière, les auteurs ont vu juste. D’abord, en donnant cette importance nouvelle aux personnages secondaires d’antan, la famille Riggins, Becky, Vince et le patriarche criminel. De nouveaux liens familiaux se créent, dans la ligne droite du clan Taylor, qui restera l’exemple familial le plus brillant de l’histoire cathodique américaine. Puis, en s’attardant sur quelques cas nouveaux, brièvement Eyco, le professeur de Julie, les nouveaux joueurs (le fils de Buddy), quelques exemples habiles qui renforcent le caractère de cette série. Avec ces nouvelles storylines, la série a pu tester une dernière fois l’efficacité de son traitement scénaristique, sa spontanéité et sa matière filmique unique à la télévision en réussissant encore à donner âme et bonté à des personnages humais mais laissés-pour-compte.

     

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    Mais c’est au prisme des personnages que l’on a aimés depuis cinq ans que Friday Night Lights laisse une bonne fois pour toutes un souvenir impérissable. Voilà pourquoi la série texane a bien fait de faire resurgir les héros qui ont personnifié cette série : Lila, Tim et Jason en milieu de saison, puis Landry, Matt et Tyra, revenus faire la révérence, l’un pour la main de Julie, l’autre pour les beaux yeux de Tim. Pour le final, ils sont tous là ou presque. On évoque le mariage d’une adolescente avec son petit-ami de toujours comme aucune autre série adolescente n’aura su le faire, on procède aux retrouvailles familiales de la famille Saracen, on métaphorise sur les compromis, ceux d’Eric Taylor pour Tami, cette épouse dévouée et tellement généreuse. Pour ce grand final, rien ne manque, si ce n’est la naïveté de l’avenir, puisqu’acteurs comme personnages le savent : après cette année, rien ne sera comme avant.

    Alors pour se finir en beauté, pour symboliser cette série de personnages, Friday Night Lights renoue avec son art subtil de l’émotion et de la sincérité pour illustrer sa révérence. On finit simplement sur de beaux jours à l’horizon, ceux de Vince, ceux de Jesse, ceux de Julie et Matt à Chicago, ceux de Tim lié éternellement au Texas, ceux des Panthers retrouvés et surtout ceux du couple Taylor exilés à Philadelphia mais toujours unis.

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    L’avenir télévisuel ne sera plus le même sans le dicton Clear Eyes, Full Hearts, Can’t Lose de la feue Friday Night Lights. Parce que pour sûr, à Dillon plus qu’ailleurs, l’authenticité aura été jusqu’à la toute fin une règle de principe qui fait de Friday Night Lights une série d’exception. Parce que la série de l’ombre de la décennie (celle de Mad Men, Breaking Bad et Big Love) peut se targuer d’avoir été la fiction la plus authentique, la plus humaine, celle qui n’a jamais rien forcé, ni l’émotion, ni la force de ses personnages vibrants, celle qui a capté avec justesse le cœur de l’Amérique.

    9.5/10

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  • Brothers & Sisters (Saison 5) Changement de cap familial

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    Un an s’est écoulé depuis le terrible crash routier et les impacts sur le clan Walker n’ont pas été relatifs. Rupture, veuvage, perte de mémoire et ras-le-bol général, le nouveau cru de Brothers & Sisters sera dramatique ou ne sera pas.

     

    L’an passé fut l’année des cliffhangers de taille et des épisodes finals explosifs. Pour Brothers & Sisters, on s’en rappelle vaguement, l’année s’était soldée par un accident de voiture massif, où membres de la tribu Walkers et cousins germains (les pro-Walkers mais qui ne partagent par leur ADN) se sont vus malmenés après une saison déjà chargée en tracas du quotidien (un cancer coriace pour Kitty quand même).

    Toujours très digne dans ses storylines, Brothers & Sisters est revenue sur cette tragédie de groupe, plutôt habilement, en faisant un bond d’un an en avant. Justin au bercail, après avoir renoué avec les plaisirs guerriers pour l’héroïsme, le téléspectateur recouvre avec lui la mémoire et les évènements déroulés depuis une longue année.

    Sans en faire trop ou patauger dans l’explication didactique, la série a opéré une jolie évolution, allant dans le sens du drama assumé, plutôt que du soap léger qui lui était aussi bien familier. La mort cérébrale de Robert, dans le coma depuis tout ce temps, la success story de Luc, devenu mannequin pour slips kangourous, la séropositivité de Saul, les fausses couches de la mère porteuse de Scotty et Kevin, respectivement devenus restaurateur et avocat en droit social attitrés, la reconversion professionnelle de Nora, la vente de Narrow Lake , il s’en est passé des choses, à tel point que cet épisode de retour ne manque ni de contenu ni de rythme où l’humour et l’émotion se sont combinés avec dignité et cohérence.


    Si les tics de la série restent bien présents tout au long de cette ouverture de saison –ce schéma typique des ‘situations tendues, disputes, prises de conscience, méa culpa et final attablés avec quelques arrêts sur images éclats de rire émus’, Brothers & Sisters s’en est sorti sobrement. Le départ de Rob Lowe a été bien géré, sans être trop parachuté, aussi simplement que celui d’Emily Vancamp, et quelques nouvelles histoires, notamment les tournants de vie dramatiques pour Hunter et Saul, assurent d’un potentiel drama-soap intéressant, dans l’esprit de la série d’ABC.

    Voilà qui assurera une bonne année de péripéties familiales gentiment tire-larmes pour les fans de la série.

    6/10

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  • Dexter (Saison 5) Quand l’oraison funèbre sonne le glas du secret

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    La mort de Rita, la gentille et jolie épouse de Dexter, est dans tous les esprits. Au moins de ceux qui n’ont pas enchaîné avec la fin de Grey’s Anatomy, autrement surprenante. Manière de boucler la boucle, anéantir les rituels de Dexter, sa logique meurtrière, la quatrième saison s’était achevée dans l’effroi le plus total, poils hérissés, torpeur faciale et lourdes afflictions psychiques pour le public. La reprise de Dexter a-t-elle su être à la hauteur d’un tel chaos sériel ?

     

    Après ce monstre cliffhanger, les fans de Dexter, et forcément admirateurs de la douce et innocente Rita, ont rivalisé de superlatifs pour évoquer cette impeccable quatrième saison (bilan, à lire ici). Un terreau formidable mais risqué pour une saison qui s’annonçait d’emblée compliquée, entre deuil d’un serial killer insensible, perte des repères et reprise des formules meurtrières.

    Mais le début de cette saison est parvenu à créer une transition parfaite entre cet épisode sanguinaire final et ce renouveau. En choisissant de reprendre l’histoire pile là où elle s’était achevée sous nos yeux ébahis l’an passé, la série a choisi le parti-pris de la cohérence. Bien malgré nos traumatismes, on retrouve ainsi cette salle de bains, scène morbide impeccable, dans laquelle Rita gît sans vie dans une baignoire tandis qu’Harrison pleure dans le sang de sa mère, à l’image du père meurtrier, trente ans plus tôt.

     

    De cette situation hautement ignoble jusqu’aux funérailles finales, Dexter affiche cette mine décomposée. Sans effusion lacrymale, ou simple moment de tristesse, que le psychopathe qualifierait d’humain, Dexter est fidèle au personnage qu’on connaît et qu’il dissimule aux autres : cet être impassible et indolent. Quitte à le rendre suspect aux yeux de quelques uns, notamment de Quinn, bien décidé à mettre son grain de sel dans l’enquête du FBI (on espère une suite à cette histoire menaçant directement le secret du héros tueur).

    Pour autant, malgré l’apparent détachement de Dexter, mais bien anéanti, l’épisode a su habilement mettre en place une ambiance tragique et émouvante, sujette à investissement pour le spectateur. Dexter se déresponsabilisant, évitant heureusement les questionnements que l’on attendait trop, le spectateur injecte également sa propre empathie dans cette perte, à l’image même de la mécanique secrète de la série. A l’annonce de la triste nouvelle aux enfants de Rita par Dexter, il y a une prise en charge émotionnelle de la part du spectateur, informé de l’assassinat et des raisons au cœur de la culpabilité de Dexter. Avec d’autres scènes tout aussi poignantes (le soutien sans borne d’une Debra forte et fragile à la fois, le flashback rencontre entre Dexter et Rita, ou la scène du déversement de colère du veuf), ce season premiere n’a pas démérité, en offrant un regard sur le deuil typique du héros sans émotion –apparente.

     

    La reprise veuve de Dexter s’est faite avec une maîtrise scénaristique et une solidité des personnages (Dexter et Debra, toujours aussi sublimes) caractéristiques de la série. A l’image du héros : sobre mais bouleversant.

    8/10

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  • How I Met Your Mother (Saison 5) Quête et contrariétés

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    Doppelgangers – 5.24 (diffusé le 24.04.10) (finale)

    Un final pur de fan pour une série devenue quasi-exclusivement un repère de spectateurs aveuglés par leur passion so 2007 pour ladite sitcom. Pourtant, la série a décidé de corriger le tir et fait (enfin) évoluer son petit monde. Mais comme ambition fait season finale, le résultat global reste un peu maigre.


    Avec des épisodes totalement creux sujets à permanence scénaristique, des sketchs éculés sans but, des dialogues rabâchés par des personnages qui n’y croient plus, How I Met Your Mother a bénéficié de sa plus médiocre saison, qui pourtant était sérieusement concurrencée par les deux précédents chapitres de la comédie.

    Depuis Robots vs Wrestlers qui avait ouvert la voie à un peu d’évolution, cette fin de saison d’How I Met Your Mother s’est repris narrativement. Il était difficile de faire autrement : garder le rythme et l’allure monocorde de la série dont on reproche depuis des années son absence de créativité lui aurait infligée l’estocade en pleine moelle épinière. Alors, pour signer une évolution et sustenter les admirateurs du joyeux clan, les auteurs ont décidé de parler bébé et engagement. Bonjour mère originalité.



    Comme annoncé il y a deux épisodes, il est temps de fonder une famille pour Lily et Marshall, qui fricotent sagement depuis des années. Les scénaristes reprennent cette bonne idée de sosie excentrique de chaque protagoniste pour aiguiller la trame principale de ce final. Après la lesbienne Robin, la strip-teaseuse Lily, le mexicain mangeur Marshall et le catcheur Ted, il ne manquait plus qu’une version loufoque de Barney pour que Lily accepte enfin que Marshall « mette un enfant dans son ventre » . Si pour cette histoire, l’épisode comporte les habituels schémas tourne en rond de la série, avec situations tirées par les cheveux à la clé, la fin collégiale apporte une once symbolique à la série.


    Robin troque enfin ses valeurs carriéristes à l’amour, malgré une déception amoureuse prévisible mais bien amenée. Barney continue les conquêtes, ici étrangères mais avec cette grossesse préannoncée, le casanova se verrait bien oncle gâteux. Ted lui est le seul à piétiner dans son coin. Il faut reconaître que sa quête à lui n’avance guère, arc principal de la série pour cause.
    Malheureusement, malgré la blondeur de son intrigue (au demeurant, divertissante), Ted ne convainc plus, ni dans son rôle de narrateur qui nous entraîne dans ses souvenirs (d’autant que ses enfants de la scène introductif paraissent quasi-vintage), ni même dans celui d’amoureux éconduit. Comme dans cet épisode, Ted renoue avec sa nouvelle mission de sidekick comique, l’astuce fonctionne mais paraît risquée sur le long terme.



    Si cet épisode conclusif n’avait été qu’un épisode typique de la saison, How I Met Your Mother aurait pu se vanter d’avoir une sixième cru de goût, en ayant su restaurer l’image sympathique d’un groupe et de leurs quotidiens divertissants. Malheureusement, sous couvert d’une évolution quasi exigée pour la survie du show, cette fin à des airs d’épisode calculé, faussement authentique dans une lignée maudite d’épisodes sans teint. La bonhomie d’How I Met Your Mother et son lot de surprises sont bien loin.

    6/10

     

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