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saison 2

  • Broad City (Saison 2) La débrouille sans fard

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    Elles s'appellent Ilana et Abbi. Avec Lena Dunham et Amy Schumer, elles sont les new-yorkaises les plus hilarantes du moment. Et peut-être de l'histoire.

     

    Ilana et Abbi sont amies. Amies depuis presque dix ans, depuis leurs classes de théâtre. De leurs mains, elles ont crée Broad City, une websérie qui, grâce à Amy Poehler, s'est vue lancer sur Comédie Central. Ilana et Abbi font de la comédie homemade. Une comédie do it yourself, mélange de punchlines féministes, blagues de "juives", beuveries, clins d'oeil crados, et déliriums psychédéliques.

    Broad City n'est pas ambitieuse. Filmer le quotidien foutraque de deux jeunes femmes qui le sont tout autant. Ilana et Abbi jouent leur propre rôle, à peu de choses près. L'une est illustratrice, femme de ménage dans un club de sport pour vivre, elle vit en colocation avec une fille toujours absente mais dont le petit-ami, un type adipeux et paresseux, squatte constamment le canapé. L'autre glande dans une start-up, elle enchaîne aussi les gagne-pains tranquilles (dog-sitter, ouvreuse). Elle fréquente un dentiste flegmatique et en pince un peu pour sa copine. Ilana et Abbie ne mènent pas la belle vie mais l'enjolivent. Elles fument des joints, manquent d'argent et se créent des missions. Récupérer un climatiseur ou un colis au fond de New York. Acheter en douce un gode-michet. Assister à un mariage de chiens. S'incruster à une rooftop party.  Mendier dans la rue en vendant des dessins ou en improvisant une danse.

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    En une vingtaine d'épisodes, Ilana et Abbi prouvent qu'elles peuvent, elles aussi, jouer aux garçons. Improviser une série de buddies, une série subtilement crétine où la féminité remplace ce viril inspiré à la Workaholics. Elles montrent ça, Ilana et Abby, que les femmes aussi peuvent jouer aux idiotes, à l'aventure qui va trop loin, où l'on trace son téléphone dans New-York, se casse un membre, s'humilie devant un rencard, où l'on s'oblige à jouer les domestiques à demi-nu pour un pervers. Au delà d'une belle stupidité, ces deux amies sont cools. Sans essayer de l'être. Leur humour est brutal, fusionnel, souvent sexuel, un humour parfois plus subtil sur la vie quotidienne à New-York, sur ses gens, sa culture, ses cinémas, ses restaurants, sur la débrouille à coup de coupons Bed Bath and Beyond.

    Mais ce qui transcende Broad City, c'est la vivacité, l'énergie, l'authentique de ces deux amies auteurs qui écrivent ce qui les amuse. Elles éblouissent par leurs envies franches. Parce qu'Ilana et Abbi ne craignent ni rien ni personne. Elles font ce qu'elles veulent. Elles assument tout, leur indépendance, leur manque de maturité. Elles n'essaient pas d'évoluer, de devenir responsables. Elles savent qu'à New York, parmi les vieilles dames folles, les bourgeois sous antidépresseurs, les commerçants véreux, les faux diplômés ou les faux branchés, il y a forcément pire qu'elles.

     

    9/10

     

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  • Transparent (Saison 3) La série nécessaire

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    Après avoir électrisé les esprits et remporté les statuettes, Transparent revient sur Amazon. Toujours aussi profonde qu'intelligente, cette troisième saison indispensable dépasse même les deux premiers chapitres. Jill Soloway, la géniale créatrice, et son équipe d'auteurs, sa soeur Faith, son amie trans pianiste Our Lady J, semble toujours plus attentives parce qu'elles ont vécu tout ça. Les transformations. 

     

    Cette année, Transparent sonde la frustration, elle ne dit rien. Elle laisse les colères s'étouffer. A l'image du rabbin Raquel qui refuse de plier sous les névroses des autres, elle qui cherche à retrouver sa spiritualité, qui ne se remet pas du chagrin amoureux, elle que l'on assène par des inepties quotidiennes, celles de Sarah qui cherche à se faire une place dans sa communauté religieuse. Sarah elle-même est en colère. Sa colère est totale, à en juger par son visage émacié et son regard gris tout au long de la saison. Sarah qui, enamourée de son ex-mari, peine à se satisfaire de ses jouissances pseudo-agressives. Elle est furieuse mais, à aucun moment, elle ne sait s'exprimer. A l'inverse, Ali devrait être heureuse. Elle est en couple avec Leslie Jones, une beat poétesse et son mentor exemplaire, la jeune femme rejette toute marque d'affection, insensible au confort du bonheur amoureux, voulant privilégier sa belle relation avec son frère Josh comme une échappatoire idéale. Mais jamais Ali ne l'indique. Rien n'est explicite cette année, les pulsions sont sourdes et les colères latentes.

    Le poids de l'apparence, le poids d'une famille et de l'Histoire. Les poids restent chez Transparent qui avance en portant son bagage. Moins politique que l'an passée, mais plus libre. Sur la question du genre, sur la question juive, sur la question des mœurs, Transparent essaie de rassembler les gens entre eux. Au plus près de la croyance. Transparent explore cette année les religions comme autant de mésententes, comme autant de conflits internes et de débats houleux. Entre ceux qui croient, ceux qui n'y croient pas -Leslie perdue au milieu d'un groupe connecté entre eux, en désaccord profond sur Israël-, aussi, entre ceux qui croient mal, comme Sarah, ou encore ceux qui veulent y croire pour plaire et pour aimer, comme Josh espérant renouer avec son fils. Autant de postures maladroites et sincères malmenées par l'existence et abritées sous le toit de la religion.

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    Cette année, la saison se construit lentement, elle évite les allers-retours dans le passé, à l'instar de la saison précédente, pour se concentrer sur des moments forts. Ceux du présent, et ceux à l'origine. Ceux qui disent qui on est. La série s'ouvre ainsi, sur un fil-rouge traversant les décennies, au prisme de Nacho, la tortue de famille. Cet animal domestique qui s'est échappé quand les enfants étaient encore jeunes et qui avait vécu dans les fondations de la maison durant trente ans. Comme un témoin de l'évolution familiale, des non-dits, des fissures et des belles transformations. Cette saison est ainsi une compilation d'images. Des métaphores sur la solitude, comme cet épisode inaugurale où Maura, avide d'aider les siens, vient porter secours à une jeune trans mais c'est elle-même qui se perd dans un centre commercial, sans argent, une de ses chaussures cassées, l'errance et la crainte. Comme un signe du chemin qui lui reste à faire.

    Sublime, à l'écriture choisie, élégante, délicate, comme un aveu que l'on murmure, Transparent est une tragi-comédie moderne, qui noue et dénoue ses personnages en proie aux désillusions, qui obsède par ses questionnements profonds, ses quêtes de l'autre et de soi, toujours avec une véracité émouvante. Le vrai est palpable. Et les larmes montent. Quand Transparent sonde l'enfance de Mort et Shelly, la série entre en terre sainte, elle montre les fondements. Ce qui déjà se déconstruit pour eux. En un habile entremêlement des enfances des deux parents, la série montre ce que l'on devinait, Shelly, petite fille joyeuse et avenante agressée par l'un de ses professeurs. Un impact silencieux qui viendra couper net à sa croissance, elle qui le dit plus tard, elle ne grandira plus. Et puis ce petit garçon Mort qui, déjà, s'enfermant dans le bunker familial pour danser, s'embijouter, se laisser aller sous le regard d'une mère complice, bienveillante mais terriblement absente et d'une petite sœur qui l'accepte jusqu'au jour où elle rejoint les rang des copines. Mort qui ne sait pas comment être. Mort touchant de beauté et de grâce qui s'ennuie au base-ball, à table, qui finit toujours par ficher le camp, en colère. Cette colère qui ne jaillit pas, mais qui se montre à travers des gestes fuyants -jeter un caillou à sa soeur- d'une fillette née garçon, furieuse de ne pas pouvoir être qui elle est.

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    Les images qui jalonnent cette saison sont puissantes. Évocatrices. Elles montrent les gens que l'on abandonne, comme la mère Shelly qui entretient un pauvre monsieur sans sou et qui affronte le mépris constant de sa famille. Judith Light, encore plus incroyable que l'an passé, est peut-être celle qui est la plus courageuse, celle qui essaie toujours, elle qui tenait à créer un one-woman-show pour raconter son histoire, cette histoire d'épouse et de mère toujours reléguée au second plan. La saison se termine ainsi, par l'ouverture de son spectacle. Un moment de pure poésie où Shelly est sur scène, transformée elle aussi. Les mots serrés en bouche, prête à dire, elle aussi, une bonne fois pour toutes, ce qu'elle ressent. Elle le fait en chanson, Hand in my pocket d'Alanis Morissette, et la scène est un chef d'oeuvre.

    Plus que nécessaire, cette troisième saison de Transparent est un coup de maître. Elle montre du doigt les nœudsL'amour, la religion, la famille. Des nœuds autant que des remèdes possibles.

    10/10

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  • Vampire Diaries (Saison 3) La saison du désordre

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    Cher journal, avec mes courtisans vampires et mon équipe de sidekicks, je pense être sortie indemme de la malédiction de la saison 2. Après des reines vampires égocentriques avides de vengeance, des créatures à poils, des reconversions inattendues, cette année aura été plus dense mais aussi plus désordonnée. Je me demande bien si je ne vais pas finir par vouloir un peu de répit.

     

    Entre la fin de la seconde saison de Vampire Diaries et ce retour en fanfare, rien n’a changé. Les impasses de nos héros en proie au mal, surtout celui de l’amour et de l’envie, sont intactes et les dangers vampiriques se multiplient, avec l’arrivée des Originals et de l'emblême du mal dans l’univers du triangle amoureux. Mais il est toujours appréciable de voir une série poursuivre une direction narrative ambitieuse, sans recours aux facilités de coupure et aux ellipses. Et si Vampire Diaries est une série jeunesse à ne jamais prendre au sérieux, le show de la CW  a montré plus d’une fois sa solidité de fond et sa grande maîtrise de l’intrigue.

    Encore une fois, la série fait donc preuve d’un vrai sens scénaristique en s’ouvrant sur des épisodes construits, amenant du renouveau. Toujours enlevée, la série enchaîne les coups de théâtre et les rebondissements avec une frénésie à rendre jaloux les grandes séries molles des networks. Très vite, les personnages se multiplient (Esther, Rebekah, Kol, Elijah), la galerie prend de l'ampleur, quitte à parfois rendre les histoires confuses et trop vite avortées.

    Tout ce festival gage d'une une vraie nouveauté narrative à la série permet la cadence et ce rythme fantastique caractéristique de ses grands débuts. Mais le renouveau n'est pas bon, les nouveaux pistes amoureuses ennuient, les comebacks de personnages lassent un peu (ce pauvre Jeremy), tandis que les storylines des personnages phares demeurent les plus convaincantes, les relations de Jeremy et Elena, de Caroline et Tyler, se révèlant encore une fois les plus maitrisées. Belles émotions, quelques cliffhangers de goût, répliques drolatiques de Damon qui n'a jamais été aussi délicieux qu’en vampire ambigu écarquillant les yeux.

     

    Soignée dans la forme, malheureusement moins percutant sur le fond, Vampire Diaries reste une série jeunesse jubilatoire et bien menée, dont la dernière saison est à découvrir dès à présent en DVD ou sur Avant-Premiere, le nouveau dispositif de Warner, idéal pour suivre en temps réel les péripéties de nos héros fétiches.

    6.5/10

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  • Misfits (Saison 2) Cinq supervoyous et beaucoup de dégâts

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    Has been les ados faussement destroy de la contrée Skins. L’Angleterre et les jeunes en mal de vivre ont définitivement adopté une nouvelle bande, celle des Misfits, cinq héros malgré eux habitués aux petits larcins et au parler cru. Plus marginal et décalé que n’importe quel teen show, Misfits est devenue, en douze épisodes, une série d’envergure, attachante et haute en couleurs.

     

    Pas facile de faire d’une série fantastique dont les protagonistes sont dotés de capacités extraordinaires une fiction à la fois récréative et solide. Si les séries américaines sont nombreuses à se bastonner dans le domaine du superpouvoir, peu d’entre elles réussissent à dépasser le cadre de l’ordinaire cathodique, faute d’un traitement du genre différent. Mais depuis l’an passé, la très modeste -et très anglaise- Misfits a donné un grand coup de cape dans l’extra-fourmilière usée en se lançant un pari : faire d’une super-série un show caustique et décomplexé.

    Fort d’une saison inaugurale calibrée et charismatique, Misfits était devenue une série atypique, gentiment ironique, de bonne facture esthétique, qui consacrait le super-héros comme un looser boutonneux inaccompli aux tares plus impressionnantes que les 4400 réunis. Cette année, avec une seconde saison plus coriace, plus noire et plus formula aussi, la bande des jeunes supervoyous est revenue faire des siennes. Entre les deux saisons, rien n’a vraiment changé pour Alisha, Kelly, Simon, et les autres. On les avait laissés après l’enterrement de Nathan, empalé sur une grille en fer avec la théâtralité qu’on lui connaît, en se doutant bien que le gai luron allait révéler son immortalité. Et on les retrouve cette année dans la même posture, chacun avec la maîtrise naissante de son superpouvoir.

     

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    Dans leur combi orange, sous l’autorité d’un community service aussi désoeuvré que ses délinquants en réinsertion, les cinq héros marginaux ont décidé de faire profil bas après l’assassinat de leurs précédents officiers de probation. Mais avec la malchance notoire du groupe inadapté, cette saison sans relâche a vu défiler un lot de cas compliqués et avec lui, une toile d’intrigues affriolantes.

    Entre un geek furieux qui se prend pour le héros tueur d’un jeu vidéo, une jeune attardée shape-shifter amourachée de Simon, bien décidée à se venger du groupe, un tatoueur cupidon qui a fait de Nathan un gay sensible le temps d’un épisode foutraque, et même un Jesus Christ avide de pouvoirs malfaisants, pour couronner cet épisode spécial Noël, les storylines de cette année ont visée l’overzetop assumé, en rendant le paysage plus fantastique que l’an passé. Plus de grandiloquence ironique donc, de morts en pagaille, de superpouvoirs de toutes parts, la saison 2 de Misfits n’a pas perdu en force de conviction et en rythme haletant.

    Avec ces histoires fantastiques à part, en prenant toujours soin d'éviter les situations pesantes et les quiproquos habituels du genre, la saison 2 a tendu vers le formula show distrayant et efficace. Grâce aux protagonistes de la série, aux personnalités bien définies (l’humour lourdaud de Nathan, l’attitude fort en gueule de Kelly, la timidité de Simon, la grâce d’Alisha)  la série est restée dans un registre feuilletonnant permettant au public une fidélisation alléchante. Cette année, la série a fait la part belle à Nathan et Simon, l’un enraciné dans son rôle d’animateur loustic émérite (mais aux problèmes familiaux toujours présents), l’autre, comme l’aboutissement d’une évolution radicale, partagé entre un Simon du futur, en couple avec la jolie Alisha, prêt à en découdre pour l’avenir, et l’actuel délinquant timoré, en voie de maturation (et de "dépucellement").

     

    Le feuilleton alléchant, la photographie grisée impeccable (des plans dignes d’une série d’AMC), l’humour borderline et le traitement scénaristique en roue-libre de cette seconde saison ont permis à Misfits d’acquérir une vraie empreinte visuelle et une identité propre qui lui donne des airs de grande série. A n’en pas douter,  l’anecdotique Misfits est finalement devenue une série chic, à la fois caustique et férocement aboutie.

    8.5/10

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  • Glee (Saison 2) Britney Spears et autres gimmicks creux

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    Pour cette nouvelle saison, on espérait que Ryan Myrphy et sa clique allaient profiter d’un été de relâche pour rediriger leur série vers quelque chose de plus sobre, complexe, spectaculaire ou mature, ou les quatre à la fois. C’était mal connaître l’obstination médiocre d’un créateur mégalo qui comme pour Nip/Tuck s’évertue à rendre sa série musicale toujours plus insipide et tartignolle.  

     


    La promotion de la seconde saison de Glee s’est faite facilement sur la toile et dans les médias. Après un hommage à Madonna et la Gaga, les fans de Britney Spears utilisateurs de Twitter voulaient leur compte en balbutiements hystériques et chorés paillettes à la Glee Club. Commandé en début de saison, l’épisode spécial Britney Spears, ou la star la plus couverte médiatiquement depuis déjà dix ans, permettait à Glee de s’auto-assurer d’une belle attente de la part des amateurs de la série pop et des fans même de Brit-Brit (il y en a un dans chaque famille). Et fort du succès d’audimat de cet épisode, la FOX peut remercier la chanteuse blonde d’avoir autant gesticulé dans ses clips.

    Si l’épisode de Madonna était déjà en soi un exercice de style ampoulé, poussif et creux, celui consacré à Britney Spears est pire encore. La pop star qui a fait le déplacement (ou trois scènes clins d’œil anecdotiques qui sustenteront difficilement les fans excités depuis des mois) voit tristement son propre hommage supposé musical et fanfaronnant réduit à une fausse dédicace, désirée par les membres du Glee Club qui ne tarissent pas d’éloge sur cet emblème contemporain de la pop culture mais refusée en bloc par le coach vocal dit trop coincé. A se mettre sous la dent donc, quelques reconstitutions de video clips déconnectées de toute matière narrative (si tant est qu’il y en ait un peu ici), permises grâce aux anesthésies dentaires de John Stamos, ou un délire bizarroïde tiré par les cheveux et sur le fond un peu fastoche.

     


    A cela, s’ajoutent des parallèles niaiseux entre la vie privée de Britney Spears et les histoires sentimentales de Rachel et Matthew, décidément en perte totale de personnalité. Puis une partie spectacle, seul maigre intérêt visuel de ce début de saison, des chorégraphies et mouvements lascifs assurés efficacement par une Brittany S. Pierce qui danse bien mieux que son homologue (mais dont la voix frôle carrément l’inaudible). Néanmoins, tout comme l’ensemble, Brittany devient elle aussi prévisible et soporifique -cette manie des auteurs de Glee d’anéantir les seuls maigres potentiels comiques de ses jeunes héros. Faute de mesure, l’humour décalé assomme et n’atténue pas cet épisode à effet compil’ (d’une chanteuse aux tubes bien plus efficaces en original), confus et chaotique dans son cheminement scénaristique.

     

    De moins en moins amusant, de plus en plus démésuré,  Glee persévère dans la caricature extravagante et les clichés tire-larmes. Simulacre d’intrigues, second degré foireux, prestations excessives et rythme décousu, le fond de la série ressemble à la marginalité orgueilleuse et inappropriée de ses apprentis chanteurs. Qu’on leur coupe les cordes vocales.

    4/10

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    Écrit par T.L

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  • United States of Tara (Saison 2) Le traumatisme est ailleurs

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    From This Day Forward – 2.12 (diffusé le 06.06.10)

    Et si rien ne sera plus comme avant dans la vie des Gregson ? Avec ce final et son lot de révélations, United States of Tara explore le passé de notre héroïne tout en éradiquant le futur de sa sœur chérie. La conclusion est âpre, en forme de doléance mais apporte une once de compréhension à cet ensemble sériel bigarré.



    D’abord dubitatif sur les fondements de la maladie de Tara, cette fin de seconde saison nous a rassuré. Finalement, l’explication faite fin de saison inaugurale n’avait été qu’une simple piste accessoire. Les vrais raisons touchées du doigt par Tara concernant son comportement multifacette ont été seulement abordés en seconde saison, alors évidemment, si l’impression que la première saison repose sur du vide est bien là, on pardonne facilement à ce personnage attachant, tellement désireux de comprendre de quoi il est fait.


    Les évènements s’imbriquent toujours mal chez les Gregson. Comme pour cette journée post-tempête où un agent social débarque pour un contrôle parental, ce final allie révélations familiales et mariage de Charmaine. Celui-ci a des airs de tragédie annoncée et le dénouement dramatique n’a pas manqué. Charmaine, enceinte et abandonnée à l’autel, bouleverse le temps de deux scènes esseulées et d’un discours sur l’envie d’être autre, ou d’être simplement normale.
    On pourrait même reprocher à Tara d’avoir saboté cette journée si spéciale pour sa sœur, Charmaine qui étant son soutien le plus indéfectible, le mérite à n’en pas douter. Mais Chicken émeut autant qu’elle effraie, ce nouveau alter de Tara est le symbole d’une enfance déchue.

     

    Le mystère sur Tara et son enfance se dévoile prudemment, à mesure de quelques scènes indicatives. Tara et Charmaine et leur passage dans un foyer d’accueil, l’existence d’un demi-frère apparemment dangereux, les prémices d’explications sont là mais pourtant, rien n’a encore été vraiment révélé. Mais, quand Tara, effondrée, se console dans les bras des siens, la famille Gregson personnifie soutien et amour, dans une ambiance nuancée plutôt fidèlement retranscrite, on s’en contente, avec l’impression d’un épisode final simple et plutôt bien amené.



    Avec cette fin de seconde saison, il semble que la direction explicative de la série soit enfin la bonne mais l’art du teasing aidant, le spectateur devra attendre le troisième chapitre pour sustenter son insatiable curiosité. Ce qui en soi, avec les interventions toujours impeccables de Marsh et Kate, la relation de Tara et Charmaine ou le rôle solide de Max, ne sera que des retrouvailles plaisantes.

    8/10

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  • Cougar Town (Saison 2) L’esprit de groupe en Floride

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    Dans le monde barbare des séries télévisées, les secondes chances sont rares et rarement opportunes. Et pourtant, la très vite décriée Cougar Town en a judicieusement bénéficié. Après une saison inaugurale d’abord grossièrement médiocre, puis étonnamment distrayante, la saison actuelle de la série de Courteney Cox a définitivement fait table rase de son mauvais goût.

     


    Avec les débuts très médiatisés de Cougar Town l’an passé, Courteney Cox dans le rôle titre pour cause, on pouvait dire que c’était mal parti. Plus hystériques que comiques, dégradantes et misogynes que franchement amusantes, les prémices de la série cougar ne faisait ni honneur à son créateur, Bill Lawrence (Scrubs) ni à la pétillante ex de Friends, réduite ici à un rôle de quadra mal dans sa peau, cougar boursouflée et caricaturée, cantonnée aux égosillements tristement insupportables et aux répliques tartes partagées entre amies aigries.


    Pourtant après des épisodes introductifs plus pénibles qu’une intégrale de Glee, les auteurs de Cougar Town ont rectifié le tir. Plus d’écriture, de sobriété et de prospection scénaristique et l’ancienne sitcom mauvaise et sclérosée s’est muée en ensemble show solide et loufoque.
    Si la première saison gardait sur le fond cette impression de série fragile et d’inégale, avec une poignée d’épisodes encore moyens (mais au même titre que des essais ratés de The Office et Modern Family), Cougar Town avait toutefois brillamment établi sa transition. Cougar Town était devenue une comédie d’ensemble atypique et guillerette, un brin hystéro parfois mais toujours solide sur le traitement de ses intrigues et la gestion de ses personnages. Le changement était tel que la série était désormais comparée à The New Adventures of Old Christine, la plus brillante des feu sitcoms CBS avec l’impayable Julia-Louis Dreyfus.

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    Alors cette année, Cougar Town était doublement attendue au tournant. La série allait-elle entériner la bifurcation conceptuelle de la série (à savoir moins d’attitude cougar et plus d’amitié) ou allait-elle encore se diriger vers quelque chose de plus improbable, vieux et horripilant ? Finalement, Cougar Town est enfin restée la même. Après un season premiere parfait (où Jennifer Aniston intervient en psy effroyable), cette nouvelle saison a réussi à bâtir son microcosme fictif sur les bases récentes du show, en confirmant la tendance amicale et volontairement puérile de l’histoire centrale.


    Ainsi, Jules Cobb est devenue une héroïne de comédie idéale : un personnage modérateur qui prêche la bonne parole mais qui dévie au final, forte d’écueils assumés (un peu mama bear et accro à la vinasse). Outre une héroïne passée à la machine du tolérable, les personnages qui gravitent autour d’elle ont également bénéficié d’un traitement plus juste et subtil qu’à leurs débuts. Les amies de Jules, Ellie et Laurie, ennemies jurées et bonnes copines manipulatrices, et les personnages secondaires, Andy, l’époux d’Ellie mais aussi Grayson le voisin-amant et Bobby, l’ex mari, gagnent en importance et en temps de parole imparti et font de cette bande d’amis un symbole de conviction. Il ne manquerait plus que de noyer Travis (Dan Byrd), le rejeton de la famille, imbécile doublé d’un mauvais jeu poussif, pour faire de la série un ensemble show parfaitement mené.


    Avec des historiettes simples mais judicieusement exploitées (les amourettes de Laurie, le psyché d’Andy ou les mauvaises habitudes d’Ellie), cette seconde saison est ainsi parvenue à oublier cette concentration monopolistique réservée à Jules/Courteney. Désormais, tous les personnages interagissent entre eux avec un vrai sens de l’amitié et du relationnel, chacun étant doté d’une personnalité intéressante, exploitée dans des sous-intrigues élaborées, permettant ainsi à Cougar Town de profiter d’une ambiance bigarrée, à la fois jeune et funky, cougar et bitchy (Old Christin-esque donc), bon copain et solidaire, finalement amicale et enlevée.

     

     

    Désormais très (bien) écrite, Cougar Town bénéficie d’une évolution comique perspicace et bien menée. Plus d’interactions entre les personnages, d’intrigues variées et de responsabilités partagées, la série finit par lorgner du côté de la comédie à gros casting, percutante et fiable dans ses mouvements collectifs et son esprit de groupe. Community n’a qu’à bien se tenir (ou presque).

    6/10

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  • Bored to Death (Saison 2) L’enquête fantaisiste continue

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    D’un ennui à mourir, Bored to Death ? Pas vraiment. Cette série à l’antenne de HBO depuis deux rentrées peut se vanter d’être la comédie policière la plus atypique du paysage audiovisuel. Entre enquêtes joliment farfelues, état des lieux psychologique mélancolique et ambiance de fond littéraire à la Fitzgerald, Bored to Death est une facétie télévisuelle inédite.

     

    Aux manettes de Bored to Death, on trouve Jonathan Ames, écrivain et journaliste du New York Press, influencé par l’écriture de Bukowski, Kerouac et compères. Mais aussi devant la caméra, puisque le héros incarné par l’impayable Jason Schwartzman est aussi Jonathan Ames, lui aussi, petit écrivain qui se débat avec une carrière compliquée (son second roman a été rejeté par les maisons), au goût littéraire aussi très américain et à la vision personnelle des choses (un dandy à l’attitude hippie et maladroite, tendance romantique).

    Nul doute alors que le personnage est créateur et inversement, et que cet homme d’écriture inspire directement les aventures facétieuses de cet Ames-héros, modèle vivant des héros écrits de Raymond Chandler, qui cette année encore, accumule les étiquettes : romancier acharné et détective privé timoré mais coriace.

    Ames est donc partout, même à l’écran, dans la peau de l’amant de la femme du meilleur ami du héros, qui s’exhibe frontalement pour échapper à un Zach Galifianakis meurtri. Pas étonnant alors que Jonathan-héros s’interroge quelques scènes auparavant sur la taille de son pénis (puisque Ames-créateur en a une toute petite, épisode à l’appui). Mais plus que des thématiques priapiques fantaisistes au cœur même du concept gentiment schizophrénique de la série, Bored to Death est un repertoire à bizarreries, qui se plait à cultiver les extravagances de ton, son genre pittoresque et cet univers bigarré qui sans cesse fait mouche, tel un roman typique d’Henry James.

     

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    La première saison avait posé les bases conceptuelles de Bored to Death : aventures piquantes et quête de bonheur rassasié dans un décor d’artistes maudits de Brooklyn digne des seventies. Malgré les efforts de la saison inaugurale, la série s’était avérée un brin poussive dans son envie de fond décalée, quitte à rendre certaines des intrigues policières telles de pâles resucées de roman noir et l’ensemble, pas assez attachant.

    Mais la seconde saison, en tout point enthousiasmante, a su revigorer le concept brillant de la série en recentrant avant tout ses enjeux autour des trois protagonistes de la série. Jonathan Ames (Jason Schwartzman), Ray, son meilleur ami, cartooniste (Zach Galifianakis) et George, son père spirituel, éditeur gentleman (Ted Danson) forment depuis cette année un trio exquis, garant de l’excentricité fine de la série et sa plus belle conviction.

     

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    Bien moins balourd que dans les films de Todd Phillips, le rouquin meilleur ami toujours présent pour son copain détective amateur, incarne un personnage gentiment en marge, mais qui cette année, entre dans une phase d’intégration, en essayant, comme Jonathan l’an passé, de reconquérir le cœur de l’attachante Leah, gentille demoiselle qui en a assez de l’attitude perchée de son compagnon loufoque. Ted Danson, aussi, toujours impeccable, qu’il soit homme d’affaires véreux dans Damages ou sidekick comique sur HBO (Curb Your Enthusiasm), s’allie aussi à merveille avec Jason Schwartzman. Le regard de cette seconde saison se porte donc  avec justesse sur ces trois personnages hauts en couleur, sans faire la part belle à l’un d’entre eux.

    Ajouté à cet équilibre scénaristique plus harmonieux eu égard au concept rétro de la série, la série a revu sa copie formula en devenant plus feuilletonnante, permettant aux héros d’être suivis dans leur quotidienneté (et donc plus attachants), de gérer leurs affaires personnelles souvent irrésistibles (le faux cancer de la prostate pour George, le succès comic de Ray) tout en réduisant les affaires déconnectées du privé au strict nécessaire, le détective héros retrouve ainsi une vraie cohérence à l’écran, entouré de ses amis décalés et son avenir joyeusement incertain.

     

    Avec un sens aigu de la billevesée désillusionnée et de la situation loufoque raffinée, la seconde saison de Bored to Death s’est avérée être un petit bijou inventif et fantasque, emprunt d’un certain mouvement romanesque au cœur même des intrigues, à la fois policières, mélo et ironiques. Comme un polar prenant et classy, le retour de la bande de Jonathan Ames est prévu pour la rentrée littéraire 2011.

    8/10

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