29/09/2010

Running Wilde (Saison 1) Une éducation amoureuse guillerette

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Il y a de ces séries rares et chanceuses qui n’ont pas besoin d’une grosse artillerie scénaristique pour d’emblée nous convaincre et nous rendre à leur merci. Cette saison, la série déjà adoptée, déjà adulée s’appelle Running Wilde et l’on fera tout pour la porter au pinacle jusqu’à plus souffle.

 

Running Wilde, c’est l’histoire de Steve Wilde, un riche homme égocentrique et extravagant prêt à tout pour reconquérir l’amour de sa vie, Emmy Kadubic, une altermondialiste écolo et jeune maman décalée. Un pitch qui ne paie pas de mine mais qui rapidement devient affaire sérieuse lorsque des noms phares s’accolent aux personnages et à la production.

Créée par Mitchell Hurwitz (l’homme coupable de la meilleure comédie que le monde n’ait jamais connu, Arrested Development), Running Wilde bénéficie d’une distribution aussi redoutable que l’humour du tout-puissant. Dans les deux rôles titre, Will Arnett (à la fois héros et scénariste de la série), plus connu sous le nom de Gob Bluth dans Arrested Development ou l’un des bonhommes les plus drolatiques du territoire américain et Keri Russell, l’actrice la plus mignonne et attendrissante du paysage des minois rongeurs. Et parce qu’une affiche n’est jamais assez formidable, s’ajoutent à ces noms de choix, Robert Michael Morris (le coiffeur déjanté de Lisa Kudrow dans The Comeback) et David Cross, l’extraordinaire Tobias Fünke dans Arrested Development.

 

Difficile alors de ne pas voir dans ce series premiere l’écriture incisive et volontairement grotesque d’Hurwitz toujours mise en œuvre avec brio par cette palette d’acteurs comiques plus experts de l’ineptie et de la grimace sublime les uns que les autres. Entre militantisme extrême caricatural et égoïsme désopilant, chaque personnage apporte sa forme d’humour à ce tableau comique bigarré. On se délecte alors de voir s’établir cette histoire volontairement grandiloquente façonnée dans les règles de l’art par cette équipe déguisée de bras cassés, elle-même magnifiée par la présence d’une Keri Russell convaincante et naturelle.

Malgré toutes ces joies et ces contrastes d’humour en boîte, ces décors exotiques volontairement kitsch, ces scènes expédiées où Will Arnett excelle en riche héritier foutraque, le concept de Running Wilde est encore en l’état. Malgré des dialogues soignés et des caractères déjà établis, le début de RW s’avère brouillon dans sa forme et sa réalisation, comme si les auteurs étaient trop soucieux de délimiter d’emblée la relation tumultueuse des deux héros aimants.

 

Avec cette voix off gentillette de Puddle, fillette de l’héroïne écolo, et des allers retours scénaristiques emmêlés, symboles de la relation compliquée entre Steven et Emmy, Running Wilde n’est pas encore totalement à l’aise avec son principe, mais la suite le sera à n’en pas douter, notamment grâce à cette galerie de personnages (et d’acteurs) épatants certifiant d’une série en grandes pompes, décomplexée et hilarante.

8/10

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