04.01.2011

Damages (Saison 3) Patty Hewes, ex-carnassier et nouvelle proie

wallpaper_1024x768_01.jpg

Bilan

The Next One’ Gonna Go in Your Throat – 3.13 (diffusé le 19.04.10) (season finale)

Avant l’ultime baisser de rideau, Damages nous offre un dernier épisode-sensation, qui s’emploie à régler l’arc de saison tout en rendant hommage à certaines facettes clés de la série. Ambiance de fin pour le show judiciaire de FX.

C’est devenu une tradition pour la série, chaque année, la scène conclusive se déroule sur le ponton de la propriété secondaire de Patty Hewes. Les yeux qui scrutent l’horizon aquatique, le regard plongé dans le vide, il est l’heure de l’introspection. Avant toute réflexion intérieure, place aux pistes centrales qui ont fait de la saison 3 une jolie mosaïque intrigante.

Tom Shayes est mort. L’arc Tobin a dorénavant son mot de fin. L’agresseur de Patty a une identité. La série a consciencieusement assemblé ses éléments distillés au cours de la saison pour composer un final bigarré. Concernant l’intrigue centrale, le clan Tobin, la série n’a pas manqué à ses ambitions. Si les protagonistes de fin sont ceux que l’on imaginait facilement, Damages a surtout pris un malin plaisir à enclencher l’implosion d’une famille originalement soudée. Entre la reconversion maléfique de Joe Tobin, un bon gars à la base, la dépression de Carol, le geste désespéré de Marylin ou celui de Louis il y a plusieurs semaines, sans évoquer le sort réservé aux filles Marchetti, les Tobin sont un plaidoyer éloquent antifamille. Malgré ce pessimisme de fond qui a eu raison du cœur familial unissant les Tobin, cette intrigue s’est révélée dans sa maîtrise et son caractère jusqu’au-boutiste.

 

On s’en doutait, la mort de Shayes est liée à l’affaire de ces protagonistes sur le déclin. Subtilement (ou presque), l’épisode retrace ainsi les dernières heures de vie de l’avocat, en mettant en lien les histoires principales entre elles, à l’exception faite de l’accident de Patty, qui lui est exclusivement réservée. Du sac d’Ellen au rôle du sans abri, en passant par la noyade de Tom ou le cadavre jeté dans l’Est River, cette boîte à puzzle s’est reconstituée sous nos yeux, sans vraiment nous surprendre, mais en nous cependant l’impression d’un travail bien accompli de la part des auteurs.

 

damages_s3prep.jpg

Pourtant, ce sont bel et bien les ultimes coups de projecteurs accordés à Patty et Ellen qui permettent à l’épisode de tenir le haut du pavé. En ravivant les souvenirs d’une Patty culpabilisée jusqu’à la moelle ou en rendant justice quant au meurtre de David Connor, fiancé d’Ellen, l’épisode signe une conclusion psychologique et formelle à ces histoires transversales, à la base de la pyramide Damages. Quitte à rendre moins impactants l’élucidation du cas Tobin, le sort de Lenny Winstone ou l’acte impardonnable de Joe Tobin.

Fidèles à nos héroïnes complexes, le spectateur préfère s’attarder sur leur passé, les fondements de leur évolution. Malgré des flashbacks vocaux très peu probants, le retour dans le temps accordé à Patty, sa première grossesse, son cas de conscience (la carrière ou la maternité ?), prouve à quel point Patty est un personnage féminin taillé pour l’ambition, prête à tout, même à provoquer une fausse couche. Evidemment, cette histoire ancienne qui ressort des tiroirs a une résonance actuelle qui réside dans l’histoire de Patty et Michael, son rejeton. En jetant en prison la concubine de son fils, Patty continue d’assurer ses arrières, sans égard au bien-être de son fils. Une logique de protection destructrice qui aura finalement raison de leur relation, puisque à l’origine de cet accident à travers lequel Patty a risqué la mort, ce n’est autre que le fils prodigue le mystérieux instigateur.

 

DAMAGES-You-Were-His-Little-Monkey-9-550x389.jpg

Moins éloquente que l’étude faite de Patty, l’histoire d’Ellen et Frobisher qui trouve là un regain d’intérêt inespéré. Le premier drame de la série demeure sans nul doute dans l’assassinat impitoyable de David, le gentil fiancé d’Ellen, qui par la suite conditionnera la mécanique de la jolie avocate. L’histoire n’évolue symboliquement qu’avec le retour de Timothy Olyphant et l’hommage posthume fait à Zeljko Ivanek. Forte de quelques répliques conclusives, l’histoire a au moins le mérite de rendre justice à David Connor et Ellen Parsons, la victime collatérale de tout un système légalo-politique pervers.

 

 

Face à ces histoires de fond ou temporaires, le travail d’orfèvre des auteurs est à louer. Evidemment, si l’on imagine difficilement l’avènement d’une quatrième saison, c’est aussi parce que la série vient avec cet épisode rythmé et dense comme boucler la boucle, eu égard à l’investissement actif de ses spectateurs. Et comme le demande Ellen à Patty en réflexion finale : Is it worth it ? A méditer.

Saison 3 : 7.5/10


 

 


Lire la suite

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Damages | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : damages, saison 3, fx, critiques, genn close, rose byrne |  Facebook

25.01.2010

Damages (Saison 2 – Bilan) Le crime ne paie plus

00020791.jpg

 

Pire, il devient soporifique. Une effusion de sang attendue et sans effet.

Mais parce que la Justice selon Patti Hewes recommence à manigancer ce soir sur FX, la saison 2 méritait un court bilan. Et le fin mot de cette grande histoire passée, inutilement alambiquée, est : dommage.
Que les partisans du verre à moitié plein se rassurent : la saison 3 ne pourra être que plus estomaquant. Avale-nous Patti.

 

« I lied too »

Ellen semble remontée contre Patti. Parce que c’est une garce ou parce que le pari d’électriser à nouveau les foules avec une histoire visuelle et d’envergure maîtrisée était périlleux. Quasiment impossible ?

Si la première saison fut une réussite (hasardeuse ou ?), la seconde saison de Damages a cédé à l’écueil phare pour ce genre de show : de l’esbroufe gratuite.
L’art de dissimuler, sous un tas d’histoires compliquées et non abouties, son manque de fond. En fanfaronnant, la série, qui s’est jugé trop au-dessus, a véritablement abusé des twists et des contre-twists et a dissimulé son véritable jeu. Du pas grand-chose déguisé.

Malgré un visuel toujours léché,  la série a perdu en grandeur et en scénario. La supercherie aurait pu être parfaite, mais le développement scénaristique laborieux a trahi la série. Le fil narratif principal s’est à maintes reprises perdu entre plusieurs sous intrigues parfaitement inutiles et sans effet. Damages ne regagnait alors d’intérêt qu’en ciblant au mieux ses duels féminins (Patty et Ellen) (Patty et Claire). M
ais trop souvent légués au rang d’accessoire, ces luttes de pouvoir, pourtant typiquement fiévreuses de Damages, ont été l’an passé aussi mal soignés qu’une réalisation d’épisode de The Riches.

 

Damages201_(4).jpg

 

 

Un soufflet trop salé, mais avec du botox

 

L’erreur fatale de la série, c’est assurément son nouveau doublet schématique. Créer à nouveau une intrigue judiciaire faite de scandales et de révélations tardives s’est avéré trop attendu.

Et décevant tant l’histoire de Walter Kendrick n’était pas de l’acabit de celle de Frobisher, autant dans son postulat (un empoisonnement, une fusion, un ensembles de rouages exécutifs où l’enjeu du pouvoir s’est révélé fadasse) que dans son dénouement à l’emporte pièce (même pas de scène conclusive).

Qui dit nouvelle saison ne dit pas nécessairement nouvelle histoire de fond. En voulant repartir sur de nouvelles bases à suspense, Damages en est venu à sous exploiter ces premiers atouts, Patty (dont la storyline autour de sa sphère familiale a souvent été allégée, médiocre et facile) et Ellen, qui à force de visites discrètes sur la banquette des agents du FBI, a parfois dissimulé l’intérêt d’une telle vengeance, supposée centrale pour cette saison.

L’an passé, rien n’a échappé au spectateur aguerri par une saison première de bonne facture, pas même le front botoxé d’une Glenn Close qui, à force de grossir le trait, perd en grandeur. Malgré une envolée significative à mi-temps, la teneur en adrénaline de cette saison est retombée comme un soufflet, trop salé et sans finesse.

 

Alors, l’histoire de Damages, c’est un peu celle de la politique de FX : une sorte de pataquès où chacun joue dans son coin, isolément, sans jamais participer à une histoire d’envergure. Le vrai scandale de Damages, c’est finalement elle-même.

 

1392911934.2.jpg

 

14.01.2010

Adam (Critique) Asperger et le désordre amoureux

adam1.jpg

Il y a quelques mois, Mary & Max racontait l’histoire d’amitié entre une fillette introvertie et un vieillard atteint de la maladie d’Asperger. Dans une version plus fleur bleue, davantage standardisée, la maladie d’Asperger s’immisce entre un jeune « handicapé » et une jeune femme altruiste, tout en menant le cap de la douce authenticité.
Cyniques et perplexes, on en ressort affectés.

 

Un syndrome, une histoire

A bas les amalgames. L’autisme de Dustin Hoffman n’est pas la maladie dont souffre Adam, héros du film éponyme.
L'asperger est une forme assimilée de l’autisme mais beaucoup plus nuancée et ouverte dont est donc atteint Adam. Un jeune homme récemment orphelin, ingénieur pour jouets électroniques, passionné de physique et de sciences, qui vit seul depuis la mort de son père. D’emblée, le personnage prend vie dans ses inadaptations.

Celui qui l’incarne, Hugh Dancy, est absolument confondant de savoir-faire. Dans le regard toujours vague, le verbe hésitant, la posture étriquée, l’inconfort social maladif, Hugh parvient à donner corps à ce personnage à part, qui attache et émeut dès les premières minutes.

A cet égard, plusieurs traits de la personnalité d’Adam font directement penser à Sheldon Cooper, physicien lui aussi, dans la série The Big Bang Theory. Et si Sheldon était un Aspie ? Ses rites interactifs sociaux biaisés lorgnant en effet du côté dudit syndrome. Bien plus mesuré, cela dit, le geek qui connaît la mauvaise foi et le second degré, reste toutefois concerné par cette description : logorrhéique, inadapté, replié sur lui-même. On peut aussi parler de Walter Bishop (Fringe) ou même Monk. Force est de constater en tout cas que l’Asperger est un handicap dont les bribes sont des ressorts comiques qui se retrouvent facilement dans le monde de la télé.
Mais ici, point de comédie, Adam est une chronique, humaine avant tout.


Face à Adam, incarné par le désormais louable Hugh Dancy, Rose Byrne ne démérite pas. Celle qui est dans le cœur de Blabla-Series depuis la première seconde de Damages incarne ici une jeune femme aimante, presque débonnaire envers son voisin et futur amoureux.

Tous deux forment évidemment un couple parfait (difficile de ne pas succomber à la fois au charme de Rose et de Hugh, les deux sont somptueux), idéal pour le paysage azuréen prôné par le film.
Plus qu’une harmonie physique, le couple parvient à créer une vraie entente chimique, un vrai soutien réciproque. Appuyés par des dialogues construits et réalistes, Beth et Adam engrangent un processus de compréhension, de confiance, de découverte de soi dont le spectateur est témoin. Et ce qui en ressort est remarquable.

adam.jpg

 

Anti-cynique mais pas mièvre

Adam est un joli film, très équilibré, sans fausse note ou passage dérangeant. Gentil mais pas gentillet, sentimental mais pas sirupeux, plus un message à la différence sur fond romantique qu’une bluette sans réalité, sans queue ni tête. Adam assume sa romance, ses traits débonnaires sans jamais verser dans un registre dégoulinant de bons sentiments, à l’image de cette fin quasiment bouleversante et totalement plausible. Parce que c’est une histoire de tolérance et d’entraide, l’important.

Il y a cette scène magnifique et sombre dans le film, une scène qui fait tout basculer, qui transmue le visage de l’héroïne qui demande alors à Adam pourquoi il désire l’avoir à ses côtés. Et la réponse folle d’éloquence illustre pleinement Adam, loin des contours fleur bleue qu’on aime à lui coller “you're a part of me, i need you to help find a place to live and to learn how to get to work and to understand what it means when people say crazy stuff, and I couldn’t go without you”.


La plupart des critiques ont gratifié le film de niaiserie montée. Parce que plutôt tendre et inoffensif. Et c’est toute la victoire d’Adam : recueillir des avis foncièrement cyniques avides d’autre chose de plus tarabiscoté et abrupte, en menant de front un propos authentique assumé, volontairement dénué de cynisme.

Un résultat simple, à la mesure du héros, qui psychologiquement parlant est incapable de ressentir le moindre cynisme, la moindre ironie. C’est le cas du film donc, qui pour autant ne privilégie pas un suave happy ending.

 

Comme le malade d’Asperger, qui ne fonctionne qu’à l’explicite, au pragmatique bien formulé, Adam est une œuvre qui ne fonctionne qu’au sentiment. Il compose une romance moderne étonnante, pas irréaliste, pour déboucher sur une petite leçon modeste sur les égards humains, particulièrement d’époque.

7.5/10

09.06.2008

Damages - Review Generale - Critique - Saison 1

Damages is a impressively constructed legal thriller

with the depth and structure of an engrossing novel

damages41.jpg picture by blabla-series

Crée par Todd A. Kessler (The Sopranos), Glenn Kessler, Daniel Zelman
Diffusion sur
FX
Series Premiere le
24 juillet 2007
Saison 1 achevée – Saison 2 et 3 à venir.
Format 50mn- 13 épisodes

Cast
Glenn Close (The Shield), Rose Byrne (Sunshine, Marie-Antoinette, 28 Weeks Later), Noah Bean (Ed), Tate Donovan (Trinity, The O.C), Ted Danson (Help Me Help You, Becker), Zeljko Ivanek (Oz, Homicide), Peter Facinelli (Enemies, Fastlane, Six Feet Under), Anastasia Griffith

Show Synopsis
Patty Hewes dirige l'un des cabinets d'avocats les plus puissants de New York, "Hewes & Associates". Pour lutter contre le crime, elle sait s'entourer des meilleurs. Elle vient d'ailleurs de recruter une nouvelle et brillante associée, Ellen Parsons. Celle-ci ne s'imagine pas dans quoi elle s'embarque. Elle va devenir la protégée de Patty et de son associé principal, Tom Shayes. A leurs cotés, elle va découvrir l'envers du décor et notamment jusqu'où Patty est prête à aller pour faire plier les dirigeants corrompus. Ellen va t'elle être capable de travailler dans ces conditions et résister à la pression qu'elle doit subir ?
(source : serieslive.com)

Critique
La saison inaugurale de Damages a été la révélation télévisuelle de cet été et de ce début de rentrée car pour un thriller judiciaire à la fois complexe et fluide, elle se hisse aisément à la tête de ses concurrentes et devient le summum du genre. Et lorsqu’on est juriste, friand d’interprétations magistrales de femmes qui ont de la poigne et dépendant aux rouages politico-judiciaires et autres jeux de pouvoir fiévreux, cette sensation de révélation-coup de cœur de l’année n’en est que plus intense.

f17c7bd04a401029badf1d1533bee9ff.jpgUne série puissante, jubilatoire, à la hauteur d’une ambition clairement affichée

Il est difficile de résumer les temps forts de Damages tant la série est caractérisée par un ensemble solide, cohérent et indéfectible, se maintenant à terme.
Au départ, la série n’est rien d’autre qu’un bon dossier juridique dans lequel il est à prouver qu’un industriel sans scrupules rendit miséreux plus de cinq cents salariés déjà modestes, une affaire donc, de délit d’initié susceptible de rapporter plusieurs millions de dollars. Mais l’affaire Frobisher est plus complexe qu’il n’y paraît et il n’existe qu’une seule réelle personne qui sache chaque détail du dossier et qui ainsi sache vers où se destiner : Patty Hewes.
Damages, c’est aussi l’arrivée d’une jeune avocate, Ellen Parsons (Rose Byrne au jeu nuancé et épatant), à la carrière prometteuse, embauchée personnellement par Patty et directement mise à contribution sur l’affaire en question. Ellen s’y trouvera par la suite directement impliquée, le pilot s’ouvrant sur la fuite d’une Ellen apeurée et ensanglantée.
Dans Damages, absolument rien n’est laissé au hasard, chaque storyline est établie de telle sorte qu’elle aura une incidence à un moment précis de l’affaire, afin d’aboutir à un seul et unique résultat.

Le postulat initial de Damages était d’une ambition sans nom, les showrunners ayant pris la décision de montrer les prémices du final à chaque début d’épisode, on en découvre alors toujours un peu plus sur les dessous entourant le drame d’Ellen Parsons tout en suivant parallèlement l’histoire de l’affaire Frobisher de façon chronologique, ce qui permet alors de s’approcher progressivement de l’arc dramatique d’Ellen Parsons et de mieux l’appréhender. Si la technique était d’emblée difficile, celle-ci en s’incorporant parfaitement à l’esprit de la série a été justement amenée, parfaitement maîtrisée et permit d’aboutir à la réunion des deux trames narratives de manière remarquable et subtile.

La série ayant été construite sur la notion de flashforward, la prétendue maîtrise de l’arc principal ne pouvait être pleinement vérifiée qu’à travers un season finale conclusif du niveau de l’ambition faite par chacun des épisodes précédents. Celui-ci a été effectivement plus qu’à la hauteur de nos attentes, en nous offrant de réelles réponses aux fils narratifs déployés tout au long de la saison et en guise d’avant-gout, se finit même sur un twist final des plus inattendus, un twist nous plongeant dans une excitation et une impatience rarement éprouvées.


Patty Hewes tire les ficelles mieux que quiconque

C’est Patty Hewes herself qui incarne la rigueur inébranlable et le machiavélisme intangible de la série. Glenn Close, dont le talent n’est jamais assez loué, est parfaite dans la peau de Patty, elle l’a fait exister de manière si intense qu’il paraît improbable de ne pas frémir devant ses colères noires à souhait. Patty Hewes s’inscrit effectivement dans les personnages de séries les plus incroyables de l’histoire sérielle, les plus insaisissables, les plus riches et les plus complexes.
A l’aide d’un charisme rarement vu sur le petit écran et d’un jeu toujours tonitruant, cette Patty Hewes est l’avocate la plus crainte du milieu, la plus expérimentée et donc la plus perverse. Trust No One, Patty Hewes ne laisse rien au hasard, elle agit de manière réflechie et astucieuse, place ses pions au moment voulu et s’en prend là où la vulnérabilité est à son paroxysme. Elle est un exemple phare des grands avocats qui sont aussi corrompus que les clients qu’ils entendent condamner.

damages4.jpg picture by blabla-series

Machiavélisme, ruses, fausses pistes, charisme subjuguant, dissimulations : un mode d’emploi de génie presque mathématique

Dans Damages, les qualités scénaristiques ne manquent pas, l’interprétation excellente de la galerie de personnages ne fait pas non plus défaut, mais Damages, c’est aussi une cohérence globale rare, une logique répétitive inédite et originale, un propos maîtrisé de A à Z, un visuel contrasté sublime à l’image de la personnalité charismatique de Patty.
Damages, c’est aussi l’intelligence de la mise en scène et de la narration, entraînant ainsi une interaction unique entre les protagonistes et une ambiance dérangeante palpable. C’est aussi un sens unique du suspense et de l’intensité, c’est l’art de la sournoiserie, des fausses pistes, de la dissimulation, de la ruse juridique, c’est enfin une manière singulière du rebondissement et de la surprise inattendue.
Damages n’est rien d’autre qu’un triomphe intellectuel à l’état pur.



5f23123b835ae15de3e303c8b29eea08.jpgJeux et enjeux de pouvoir : un schéma narratif bouleversé

Damages n’est pas seulement un thriller noir alambiqué au dénouement surprenant, c’est aussi une sublime représentation des jeux de pouvoir existants entre protagonistes influents et mystérieux, sans cesse entretenus par de nouveaux enjeux politiques et financiers.
Patty Hewes y est dépeinte comme la pièce maîtresse du schéma, celle qui use de manière stratégique des différents pions qu’elle a sa possession et qui n’hésite pas à faire preuve de fermeté et de menace.
Face à elle, Ellen est une jeune avocate inexpérimentée, innocente et réservée, souvent crédule, on constate tout au long de ces six mois l’évolution professionnelle et psychologique de son personnage qui finit par s’endurcir et par jouer ses propres cartes. A l’inverse, ce sont A. Frobisher et R. Fiske, le camp adverse de l’affaire, qui font progressivement preuve d’un humanisme insoupçonné, peu à peu placés dans un rapport de subordination à l’égard de « Hewes et Associates », on comprend alors que les plus pervers ne sont pas forcément ceux que l’on pensait être. 


Damages, c’est donc aussi le contre-exemple exquis du manichéisme, une philosophie absurde trop présente dans les séries.