27.01.2010
Caprica (Saison 1) Avant le chaos, il y a des Dieux et un Cylon

Pilot – 1.01 (diffusé le 23.01.10)
Retour en arrière. Battlestar Galactica n’a jamais existé. Les Cylons ne sont pas ces créatures anéantissant la race humaine, ils ne sont qu’un projet humain. Les êtres, eux, vivent plus ou moins de manière paisible, sur la planète Caprica.
Cinquante huit ans avant l’apocalypse spatial, sur Caprica, les êtres humains croient aux dieux. Le polythéisme est la religion de la majorité. Mais une petite minorité, qui ne veut croire qu’en Dieu l’unique, qu’à l’opposition entre bien et mal, retrousse ses manches et puise de côté du terrorisme pour faire entendre leur croyance.
Dans ce contexte de guerre religieuse assoupie, un terrible accident ferroviaire est causé par hédonisme. Laissant pour mort un membre de la famille Graystone, et deux autres membres de la famille Adama, les deux clans protagonistes de Caprica et ascendants de certains héros de BSG.
C’est donc en raison de la mort de Zoe Graystone, petite geek de l’informatique prodige qui a su inventer plus qu’un avatar, son double exact virtuel, et accessoirement fervente monothéiste, que son père, le brillant créateur Daniel Graystone décide d’utiliser son projet robotique à visée militaire pour recueillir l’âme du double virtuel de sa fille perdue afin qu’une nouvelle Zoe naisse dans la réalité. Le premier vrai cylon est née.

Religion et épreuve du deuil
Dans ce pilot introductif de deux heures, c’est donc la question de la religion qui retrouve les devants de la scène. Comme V, mais de manière plus pregnante, la religion de l’humain est abordée avec efficacité et fièvre moderne. Plutôt brillamment abordée pour un pilot, cette épineuse dimension promet nombreux questionnements et cheminement idéologiques tout au long de la série.
Le pouvoir et l’autorité, imbriquée dans un processus de deuil a été également efficacement mis en scène. Visuellement d’ailleurs, le résultat est impeccable, la production de Caprica n’a rien à envier à celle qui a été son instigatrice.
Toujours comme Battlestar Galactica, les protagonistes ont du charisme à revendre et ont ce cette teneur en mystère mêlé d’intérêt qui permet au spectateur d’immédiatement s’attacher pour la suite. Il y a une ferveur générale dans Caprica, une tension latente qui procure au sériephile un sentiment de chef d’œuvre en prévision.
L’autre point fort de cette pierre introductive est sans aucun doute d’avoir réussi à recréer un univers SF, proche de celui de BSG par un tas d’indices visuels et fonciers, mais tout en étant radicalement différent. Inutile alors d’être un fan expert de la série phare de feu-SciFi pour saisir les subtilités futures de Caprica, voire simplement d’y trouver son plaisir. Caprica est accessible tout en laissant planer la mythologie chère à Moore que l’on retrouve de manière permanente dans Battlestar Galactica.

Progrès et culte en tout genre
Mais contrairement à Battlestar Galactica, le progrès technologique est avant tout présenté comme un passe-temps pour tous, ou un remède. Une manière détournée tout à fait plausible qui expliquerait la précipitation inéluctable du progrès cinquante ans plus tard.
Centrée sur trois adolescents, Caprica offre une vision différence de BSG en mettant l’innovation sous un signe délibérément plus pop, moins averti. Sexe, drogue et rock n roll ensanglanté, les jeunes habitants de Caprica s’accapare les forces du progrès pour leur propre échappatoire. Non sans être teintée d’idéologie (parce que la résonance avec notre ère est plus criante que jamais, Internet, fascination et imposition religieuse), cette facette davantage acidulée et atypique s’avère louable dans sa manière juste d’anticiper les évènements.
Par là, on peut légitimement penser qu’une vraie réflexion prologue a été faite pour créer Caprica, ce qui rassure pour la suite.
Succèder à Battlestar Galactica était une vraie gageure.
Mais Caprica est une série prologue qui tient vraiment la route. Aidée d’une histoire solide qui se déroule avec force sur deux heures et qui promet de longues séquences diverses et variées, ce prequel parvient à créer une nouvelle mythologie à déployer.
Attendu de pied ferme par les fans de la série-mère, Caprica saura ravir peut-être plus que cette communauté d’amateurs. Une nouvelle aventure est en tout cas en passe de s’imposer à la science-fiction.
8/10
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Caprica | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : caprica, battlestar galactica, prequel, ronald d moore, david eick, critique, saison 1, syfy |
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