09.07.2010

The Gates (Saison 1) Aux portes d’une banlieue vampirique

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Ne pas se fier à l’affiche promo carrément laide de The Gates (ou à son générique archi-nul, n’est pas Digital Kitchen qui veut), la seconde série de l’été d’ABC, après Scoundrels, n’est pas si mauvaise, derrière les grilles métalliques apparentes.

Pourtant, lorsque la gentille banlieue américaine se met à accueillir à coup de paniers de fruits les sorcières et les incontournables vampires sur ses parvis, tous les doutes étaient permis.


Ce n’est plus un vent en poupe qui souffle pour les vampires, la mode des dents longues à l’écran pourrait bien devenir une sacrée malédiction. Il est loin le temps où les séries à la Moonlight osaient un retour sur les devants de la scène avec le thème du vampire romantique, en se râpant les canines.

Avec le phénomène « trop phénoménal » Twilight et son pendant auteur, True Blood, exit le vampire has been, la créature suceuse de sang est la reine borgne parmi les aveugles. Une vraie légitimité médiatique globale en somme, qui incite chaque network à dégoter son programme sanguinolent. Après la CW et son fantastico-pubère Vampire Diaries (excitant puis gros bof), ABC s’y met à son tour, un peu tardivement, mais avec Rhona Mitra au casting.


Et à ABC plus qu’ailleurs, il fait bon vivre en banlieue, avec des grilles d’entrée sécurisées, des ados qui s’aiment et ces fameux voisins souriants … mais mystérieux. Autant dire que The Gates, outre son approche surnaturelle, a du pain sur la planche. Multi-genre ou sans genre du tout, The Gates a le cahier des charges lourd –et assommant ?

Sur un décor de fond très soap, -une population décide de vivre reclus à la The Village et de poursuivre les conventions bourgeoises, avec des vampires bien planqués prêt à sortir les crocs en cas d’appétit démesuré, un lycée aux apparences ordinaires, avec des triangles amoureux qui sommeillent mais aussi un clan de loup garous qui rôde, ainsi qu’une famille au lourd secret qui débarque, des sorcières qui s’affrontent à coup de magie blanche/noire, The Gates s’efforce d’en mettre plein la vue avec son côté multifacette.


Toutes ces joyeusetés, bien que diamétralement opposées (les influences vont du récent Eastwick à Twin Peaks en passant par Desperate Housewives ou le génial Meadowlands) parviennent néanmoins à plutôt bien s’imbriquer. Peu de temps mort dans les deux premiers épisodes qui enchaînent avec conviction les histoires centrales de cette saison, qui comptera treize épisodes.
Casting sérieux (même les ados ne sont pas des têtes à claques sans talent), dialogues allant à l’essentiel, directions intéressantes paliant cette impression de déjà-vu de départ ou de simplement réchauffé, le début de The Gates évite largement le naufrage vampirique que l’on craignait. Pas de discours pénible sur le quotidien assoiffé du vampire, de morale familiale, d’action fantastique caricaturale, The Gates se conforte plutôt bien dans son choix multigenre et présenterait même un intérêt de fond.




The Gates souffre surtout de son postulat – un brin fade et over ze top. Toutefois, derrière ses portes aux apparences éculées, la série, forte d’une réalisation maîtrisée et de son effort de dé-banaliser son univers barricadé, pourrait bien être une distraction estivale de plus. Question de priorités télévisuelles.

6/10

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