06.09.2011

Death Valley (Saison 1) L.A : la ville zombie déglinguée

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Dans la vallée de la mort, L.A résiste aux canines aiguisées des vampires et autres bêtes à poils qui errent dans les rues de la ville désertique, parmi les sosies de stars sans sou et les petites frappes policières. Cela s’appelle Death Valley. Un programme anti-True Blood ?

 

On a beau ne pas décerner à MTV la palme de l’originalité sérielle, la petite chaîne médiocre a cet été réussi l’exploit de programmes différents, foutraques et divertissants. Après Awkward, la chaîne des clips pop a lancé il y a quelques semaines, Death Valley, énième série vampirique, mais pas que.

A l’inverse des séries élégantes misant sur les vampires romantiques de HBO ou de la CW, Death Valley met tout le monde d’accord, en offrant la part belle à toutes les créatures égarées des contes de la crypte. Et celles-là ont radicalement quelque chose en plus, quelque chose qui manque cruellement aux comparses de Bontemps, Mystic Falls et on en oublie (sciemment) : de l’ordinaire.

 

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Dans cette vallée de la mort moderne où les zombies fréquentent les vampires copinant avec les loup-garous faisant eux-mêmes ami-ami avec les flics pourris de L.A, les créatures n’ont rien de marginalisé. Death Valley signant un retour conventionnel brillant dans le monde des créatures de toute une époque, ces énergumènes au rugissement caverneux, au maquillage boueux, à la démarche foncièrement cheap.  Rien de choquant, d’anti-contemporain, puisque réside ici tout le parti-pris comique de cette série.

 

Mais parce que les mockumentaires sont également trop en vue (les the Office et cie ont généré des petits à tel point que la caméra à l’épaule donne aujourd’hui la nausée, surtout lorsqu’elle manque d’envergure), Death Valley ose le genre embarqué, pour mieux parodier ses congénères. En suivant  une patrouille de flics de L.A luttant contre le crime zombifié à la nuit venue, la série de MTV s’amuse à mettre en scène une équipe de prod’, qui pour la gloire cathodique, se lance dans la recherche anti-zombi dans des endroits aussi glauques que désaffectés.

Comme pour se moquer de REC et produits plus récents, l’action est ici pire et dure, trash et grossie à l’envi. Les scènes assurent un quota brillant en giclures sanguinolentes et en répliques chtarbées. La faute aux flics maladroits incarnés par Bryan Callen (Oz), Caity Lotz (Mad Men), Charlie Sanders, plutôt géniaux dans leur rôle de taré respectif.

 

L’humour de Zombieland, l’énergie d’une série B, l’inattendu d’une série inspirée, Death  Valley convainc par son manque de moyen, son envie de mal faire et son parti pris déglingué. On n’avait pas fait plus bourrin, plus cheap, plus décomplexé depuis longtemps.

7/10

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13.02.2009

The Big Bang Theory - Bilan - Critique - Saison 1

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The Big Bang Theory, sitcom foncièrement traditionnelle, subtilement remise au goût du jour

 

Comme chaque année, CBS aka le roi de la sitcom, introduit son lot de comédies classiques. Malgré un fond traditionnel et l’usage d’éléments phares constitutifs de la sitcom typique, The Big Bang Theory bénéficie d’un univers plus décalé et plus complet qui lui permet de se distinguer des autres shows traditionnels, de la Vieille Christine, Two and a Half Men à Rules of Engagement sur la même chaîne.


Pour çà, The Big Bang Theory possède deux atouts de poids : Chuck Lorre, maître de l’humour-sitcom post-2000 avec son Two and a Half Men encore d’actualité, et Bill Prady, scénariste qui avait déjà fait ses preuves sur le terrain de la comédie dramatique de qualité (Gilmore Girls) ou de la bonne sitcom atypique (Dream On) et qui avait entre autres, réussi le pari Dharma & Greg pendant cinq années mémorables. Cette efficace collaboration permit ainsi un certain équilibre entre les atouts de la sitcom traditionnelle diantrement maîtrisés par Lorre et les éléments dramatisants d’une comédie à caméra unique, new-generation à la portée d’un Prady touche à tout.

 

TBBT était donc une idée prometteuse, le genre de séries qui avait l’avantage de ne pas faire fuir les détracteurs de la sitcom en usant habilement d’un humour moins figé et en évitant les poncifs de la sitcom familiale autour d’une mère déjantée, d’un patriarche ronchon, d’enfants rebelles, surdoués ou marginaux. (Je ne vise ici aucune sitcom particulière, seulement la recette (à succès) d’une multitude de séries très connues.). Ainsi, grâce à un concept inspiré plus pragmatique et désinvolte, The Big Bang Theory avait la possibilité d’ouvrir la voie à une nouvelle sorte de sitcom : une sitcom moderne, plus réaliste, moins formatée, loin du genre télévisuel rigoriste et sermonneur de l’ère 90.

 

The Big Bang Theory use et abuse des éléments de la sitcom, en commençant par sa mise en scène. Les thèmes sentimentaux, les dénouements narratifs, les procédés scénaristiques (le quiproquo en tête), les décors figés en papier mâché ou autres rires enregistrés en fond sonore sont aussi de la partie. Pour contrebalancer l’effet inévitablement figé voulu par ces ingrédients, The Big Bang Theory est placé sous le signe de la référence et de l’humour de nerd incollable, passionnant et passionné, histoire d’égayer et de moderniser un peu le tout.

 

 

Culture geek et dépendances

 

L’humour à la geek, c’est le trait majeur de la série, l’intérêt principal de cette comédie, l’ingrédient magique qui permet à la série de se singulariser et se différencier des autres nouvelles sitcoms. Personnifié par deux jeunes et inoffensifs physiciens, un duo attachant et pittoresque, cet humour geek tantôt intello, tantôt bêta, tantôt populaire renforce l’aspect contemporain de la sitcom.

 

The Big Bang Theory n’est plus ni moins qu’une culture geek de premier choix. Passé maître dans le domaine du nerd, la série a su exposer les différentes caractéristiques du geek américain à travers plusieurs personnages. Leonard, scientifique et informaticien est le geek moyen, il réunit à lui seul les grosses caractéristiques geekies (look improbable, goût prononcé pour les jeux, la science-fiction, les hautes-technologies) mais, conscient de sa profonde nature, il essaie tant bien que mal de sortir de son rôle pour devenir plus lambda, ce qui ne manque pas d’intérêt. Sheldon est la version caricaturale, plus nerd que geek, il est le personnage le plus asocial, bourru et renfrogné de la bande. Rajnesh, quant à lui, est le geek le plus timoré, celui qui présente le plus grand dysfonctionnement social, le jeune homme étant incapable de communiquer avec les personnes du sexe opposé. Comme quoi, on peut faire une galerie de personnages avec pratiquement rien, du geek, du geek et du geek : on décline jusqu’au possible les traits du geek virtuose et tant pis si cela manque d’épaisseur.

 

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Geek Power...



Faut-il être un véritable geek-scientist pour apprécier l’humour de The Big Bang Theory ? On peut ne pas avoir élaborer une thèse sur Jane Austen, Jimmy Carter ou Kakfa pour apprécier Gilmore Girls. Comme elle, The Big Bang Theory est full of références, pour saisir la subtilité de celles-ci, la série sait parsemer entre quelques théorèmes mathématiques et problèmes (méta)physiques, des références populaires à la portée du geek-tout-le-monde : Battlestar Galactica, Star Trek, Lord of the Rings, le kinglon boggle, Survivor, on ne peut lui reprocher son étiquette clichée, la série se devait avant tout d’être accessible au grand public.

 

Depuis quelques années, beaucoup de séries ont misé indirectement ou secondairement (Chuck, The IT Crowd, The Office) sur la personnalité du geek-type et ses passions mécaniques pour l’informatique, le jeu vidéo, la science, The Big Bang Theory quant à elle, consciente de l’aubaine commerciale de grande envergure provoqué par l’humour geek actuellement dans le vent en a fait son concept unique, sa seule et véritable bonne idée - et c’est là que le bas blesse.

 

L’humour prend le dangereux virage de la caricature et la caricature est poussée à l’extrême, cela manque de nuance(s), l’humour supposé cinglant perd de son souffle en milieu de saison, une fois les personnages en place, le propos est répétitif, la série perd en intensité et c’est tout son concept qui en devient remis en cause. La faute peut-être à la nature figée du concept, un concept condamné d’avance qui nécessite un renouvellement pour la prochaine saison ou du moins, une once d’évolution.

 

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et revanche du Nerd !

 

 

Penny,  la girl next doordinaire, plus intéressante qu’elle n’y paraît ?

 

 

Penny est la girl next door par excellence, symboliquement et littéralement. Voilà aussi un thème à la mode, The Big Bang Theory sait donc flairer les bons filons et les exploiter (pour mieux les affadir par la suite ?).

 

Penny au prime abord, manque cruellement de charisme, la faute aussi à cette actrice peu attachante –Kaley Cuoco (mais qui a réussi à se faire une place bien à elle dans le monde sériel, reconnaissons-le). Serveuse et cruche de son état, elle devient le centre d’attention et des convoitises, sans briller par une intelligence flamboyante, elle permet toutefois et à plusieurs reprises de confronter la bande de geeks par son impertinence et sa lucidité quant aux règles sociales, aux interactions humaines…

 

Ainsi, au-delà de l’humour sans nuance et de l’allusion peu subtile à la culture geek propres à TBBT, il est assez intéressant de voir –bien que portées à l’extrême, les différentes représentations de la société vu par cette jeune fille ordinaire et attractive, une vision en totale contradiction avec celle de ces génies scientifiques peu sociables et casaniers.

La Penny ne manque finalement pas d’attrait, outre sa storyline amoureuse attendue avec  Leonard, Penny est un atout non négligeable à la série, son côté pimbêche impertinente et triviale permet de desamplifier l’effet balourd de l’humour geek de la série.

 

 

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The Beauty and the Geek, tout un programme ... !

 

 

En conclusion, The Big Bang Theory est une sitcom dans la tradition des sitcoms, comédie sur les nouvelles mœurs, avec un thème du geek en pleine expansion. Les personnages du show sont globalement réussis,  l’écriture bien ciselée est la force principale de la série mais attention toutefois à ne pas virer dans un humour grotesque et attendu (la saison 2 a totalement vité l'ecueil).

 

05.12.2008

What the fuck with the L fuckin' Word ?

Let’s do it (let’s fall in love)
E-foule, hugh, Clémentine’s speaking. Guess what : avec le e-husband, que dis-je l’e-soulmate, le Maître du E-Monde (paraît-il), on partage tout. Même l’e-home. Une mission (l’homme est  despotique) : causer séries.
Tu peux me croire, ce n’est pas forcément chose aisée lorsqu’on a l’habitude de digresser pants, exfoliants & trash TV, surtout sur ce bloug à la pointe de la hyp-itude sérielle (you know that).

Va falloir de la critique constructive, de la review persuasive, du verbe acerbe et l’œil affûté, tiens-toi prête e-foule : today on blablate about le L word, everybody’s gay in L.A. Qui est juste une série killeuse de génitrice qui kick les ass, vraiment. Et ça devrait suffire à te convaincre.

 

D’une, la bête te présente une B.O à la pointe, du Tigre à The Organ, la plupart des épisodes débutant par un morceau choisi (et une scène hot, ce qui ne manquera pas de te convaincre). Tu trouveras même du Iron & Wine, qui sont un peu le groupe officiel du monde sériel, y a même FNL (saison 1) qui utilise du Jezebel – morceau qui te fait instantanément fondre en larmes à l’intérieur de toi-même, even if tu piges pas de quoi ça parle.

Mais je t’entends e-foule contrariante, t’es en train de me dire que la musique fait partie intégrante des séries en général, te-ma privileged 1x01, ne commence-t-on pas avec cette douce mélodie qu’est Love Today ? One tree hill fait mieux encore avec du Pete des Fall Out Boy qui pécho la blonde, so pourquoi tu viens nous les briser avec le monde du L ?

Je t’explique : quand je te dis à la pointe, je ne me fous pas de toi. T’y trouveras du Marianne Faithful, du Joseph Arthur, Peaches, Broken social scene, Ella Fitzgerald & of course quelques belles apparitions musicales de groupes foncièrement gay friendly (& being); ce qui n’est qu’un échantillon (cours).

Ensuite, les personnages sont canons. Cherche pas, c’est toujours un bon argument : ce qui est beau est bon.
Au-delà de la question du packaging, tu veux que je te narre e-mec ?

Let’s go, je te narre. Au commencement, tu trouves Bette « flashdance » Porter (qui est juste carrément trop gorgeous), in love avec Tina « molle du genou » Kennard (so boring) : l’éclate, le total love & l’ennui intersidéral, le pic d’adrénaline du couple se situant au moment du choix du prénom de l’éventuel bébé pointant son nez (on passe les explications du pourquoi du comment cher lecteur, en 2008 tu t’informes all by toi-self, sanx). Bébé qui par ailleurs soulève la question communautaire et un so unfair « moi, qui suis métisse, je comprends mieux que toi la future discrimination de ma fille, sale blonde ».  T’as aussi Alice sexy Pieszecki, qui est simplement l’incarnation de la funky-tude la plus totale, créatrice d’Ourchart (une version revisitée de la théorie des six liens, ou comment prouver que nous avons toutes plus ou moins couchées indirectement ensemble) et amoureuse intermittente – dont une histoire avec sa BFF Dana Fairbanks, tenniswoman pas encore sortie du closet qui finira par agoniser d’un cancer alors même qu’elle avait largué Miss Funky pour une sombre Lara, cuistot de son état (tout se paie).

Puis t’as Shane « insassiable » Mc Cutcheon, qui est probablement reliée à toutes les chicks de la planète (pour te situer, ami straight, Shane est le Tim Riggins du L word, you know what I mean).

Et sache que même toi, n’ayant pas encore obéi à K. Perry et kissé des girls (sans déc, QUI résiste à K.Perry ?!), tu succombes à Shane. T’y succombais déjà un peu dans « young americans » à l’époque (l’addiction sérielle est ancienne), le personnage a un truc.

Bref, t’as compris, c’est un peu mon personnage phare de la série, ex-æquo avec Alice (qui est TROP funny).

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Tu tomberas aussi sur Kit « Jacky Brown » Porter, sœur de Bette, l’argument hétéro/straight de l’univers L word et tenancière du QG lesbien de L.A (et accessoirement toujours un peu borderline ; ce qui nous vaudra des instants quasi-jouissifs en Kit vs. Dawn Dembo and her lover, Cindi, saison 5).

Puis – contrainte d’en causer – y a forcément celle à qui tu voudrais faire manger des barbelés : Jenny Schecter. Insupportable de mièvreries, même le son de sa voix, la moindre de ses mimiques sera une torture. Et même si au fond de toi, tu t’es attachée. Jenny, le personnage sidéralement psychopathe, qui débarque toute straight avec Tim (joué par le boss de Betty Suarez, so not sexy in da role, et a qui l’on a métaphoriquement coupé le phallus) puis fall sexuellement in love avec une femme iceberg – Marina. Subséquemment, elle devient une lesbienne affirmée et se fait couper les cheveux (wouhou). Tout ça pour finir par écrire – dans la saison 2 si je ne m’abuse - un bouquin egotrip + vie du neighbourhood (qui la haïra copieusement plus tard, du coup), qui évidemment sera adapté au cinoche au cours de la saison 5 et lui permettra de se taper l’actrice principale de son film (Nikki). A qui elle demandera par ailleurs – n’ayant manifestement pas fait le deuil du phallus – de porter un god ceinture (c’était bien la peine, toutes ces histoires). Sachant qu’elle avait également fait tourner en bourrique Max. Max, qui était une fille et qui voulait être un homme. Et qui avant la surgery sortait donc avec des filles. Max était straight dans sa tête. Puis, Max a eu les hormones et la surgery. C’est là qu’il a été attiré par les hommes. Max (qui est un gens de série trop d’la ballesque e-foule, j’te promets) souffre de la – je cite – « same sex attraction ».

Pendant ce temps-là, Bette aura cheaté avec une mécanicienne, Tina se sera barrée avec un homme, Shane aura trouvé puis abandonné sur les marches de l’autel l’Amour (les spectateurs vivant désormais dans le seul et unique but de revoir ledit Amour : Carmen), Alice se sera entichée d’une militaire (une vraie, une ex de l’Aïrak ; ce qui soulèvera la question bien épineuse de l’homosexualité dans l’armée ricaine – no « homosexual contacts » allowed, remember) et sera devenue une superstar de la radio (sanx to les débuts podcast), puis apparaîtra dans une émission TV où elle aura pour mission de ragotter sur les people (tu piges pourquoi je la sur-aime ?). Bette, esseulée, rencontre une sculptrice sourde, le public y croit, puis finira par la tromper avec Tina (toujours boring), revenue du pénis time.

Je t’épargne les personnages gravitant autour de tout ce joyeux bordel, mais c’est du lourd. Sache seulement que Shane a trouvé l’amour & les ennuis avec (dont une pyromane), et finit par faire dévier du toujours straight chemin la fille de la doyenne de l’université où exerce Bette (doyenne ayant elle-même mis fin à son mariage pour aller batifoler avec une avocate), ce qui t’apprend accessoirement que dévier du straight chemin n’est pas toujours easy-easy (dans la saison 5, peut-être un peu too late). Sauf qu’évidemment, la doyenne n’est que modérément d’accord pour que sa fille promise à un brillant avenir batifole avec une fille, a fortiori une fille faisant partie de la plèbe. Et donc Shane est toute torturée. C’est pourquoi, dernier épisode, elle couche avec Nikki, la re-sta de Jenny.

See ? Toutes liées, CQFD.

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Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, The L Word | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : the l word, critique, review, clementine, love |  Facebook

15.11.2008

Brotherhood - Bilan - Critique - Saison 2

 

 

Brotherhood comes back in slow motion, more precise and wider than its beginning. A deceptive and authentic look at lonelinesses in a community, and so much more…

 

 

Brotherhood, drama authentique, patient et génial ou simplement lent

 

Presque un an après avoir visionné la saison 1, ces 10 épisodes m’ont tout de même permis de reconnaître une évolution notable dans le rythme de Brotherhood. Tel un Carnivàle mais sans la magie de l’époque et de Jeff Beal, la bande-son se faisant très discrète. Tel un Sopranos, mais sans la dramatisation excessive et la structure dramatique. Tel un Six Feet Under, sans la cohabitation quotidienne avec l’outre-tombe.

Brotherhood a-t-elle une autre originalité que sa relation ou parallèle crime/politiques ? Etrangement, le fait que cette série ne se démarque pas réellement est peut-être un point fort. En effet, la saison 2 s’arrête très longuement sur ses personnages, au risque de frustrer le téléspectateur avide d’évènements. Cependant cette patience permet, pour certains personnages, une évolution extrêmement sensible (en plus d’être physique) au cours de la saison. Declan, par exemple, peut exaspérer avec sa dépression qui traîne en longueur, et Cassie également, avec son refus perpétuel de lui donner une seconde chance, qui peut être vu comme une facilité scénaristique. Il n’empêche, leurs trajectoires sont totalement compréhensibles. Mieux, à la fin de la saison, leur cheminement respectif, vu avec du recul, est profondément  juste, voire désarmant.

La saison 2 permet donc, comme les grandes séries HBO en leur temps, de peindre un tableau émouvant et révélateur pour chaque relation/personnage important, en plus des enchevêtrements fraternels, relégués en toile de fond. Vous l’avez compris, cette critique perso par perso suit la première idée du titre.

 

Colin Carr, représentation de la désillusion face au rêve américain

 

Nouveau personnage de la saison 2, le cousin d’Irlande Colin Carr représente la déception d’un gamin venu chercher un père symbolique. Père qu’il n’aura pas la chance de réellement connaître. Père (ici racine récente, soit les Etats-Unis) si enviable sur les photos de famille ou à la télévision, et indigne si l’on considère la désunion de la famille Caffee. L’épisode de Thanksgiving, et la solitude qui s’en dégage, en sont la synthèse évidente.

Colin Carr, c’est du coup le sale gosse, car délaissé par son père, haïssant les femmes en général et certaines en particulier, comme Rose ou Peggy, l’épouse de Judd.

 

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Rose Caffee, jeune femme dynamique de 60 ans et des poussières

 

Le portrait de Rose Caffee, comme décrit plus particulièrement dans cette saison 2, est celui d’une vieille femme s’accrochant à l’illusion de la jeunesse, à l’aveuglement. Autour d’elle, tous et toutes se rendent un à un à la dictature du temps. Rose, elle, essaie des robes sexy et se pare de lunettes de soleil extravagantes, tente un détour du côté du SM et se persuade que les jeunes hommes s’intéressent encore à elle. Et ce dernier point est important, ses anciens compagnons étant hors-service ou n’étant plus intéressés par une femme de son âge.

Rose Caffee est ainsi touchante, aussi lorsqu’elle rejette Colin, attitude finalement bouleversante et paradoxale face au fils de l’homme de sa vie. Et quand elle se rebelle face à son fils aîné, jalouse qu’elle est de cette femme qui lui a volé son préféré, et se l’accapare désormais.

 

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Tommy & Eileen, ou le ridicule et l’essentiel de l’institution du mariage

 

De toutes les storylines de cette saison, celle concernant Tommy et Eileen est peut-être la plus brusquée, la moins fluide, en début de saison du moins. Si l’éloignement est compréhensible du point de vue de Tommy, bon catholique et révulsé par les révélations de sa femme, son basculement du côté de la tromperie est trop précipité, même si préparé par un bel épisode où Sondra le met face à son caractère coincé, issu d’une éducation stricte.

Ensuite, sa relation avec Dana est un prétexte, ce personnage étant assez cliché, mais cliché veut-il dire inintéressant ? Quoi qu’il en soit, elle est capitale dans la relation maritale, Tommy invitant Eileen à la réconciliation pour mieux la blesser en retour (voir la comique scène du coucher, jubilatoire pour Tommy) en la trompant. La rage n’est-elle pas ce que Dana, ex femme mariée attristée mais déjà blasée de n’être qu’un exutoire, voit dans les yeux de Tommy ?

Oui, mais la raison rattrape les vertueux époux Caffee, qui ont tout intérêt à rester ensemble, pour sauver l’essentiel, et les apparences : Eileen ne trouve d’intérêt à sa vie que dans sa famille, Tommy a besoin d’une image parfaite pour sa carrière. Le couple n’est plus qu’une façade. Un cache-misère dont ils se moqueraient, Eileen éclatant de rire devant l’œil pour œil dent pour dent enfantin de son mari, elle et Tommy étant les premiers à avoir ironisé sur le pouvoir rassembleur de Thanksgiving. Cependant si Tommy est de plus en plus absent, jusque dans la scène finale ou il balance un bombe H à la face de son frère sans en avoir l’air, Eileen semble attirée par l’aide aux services sociaux, confrontant la bourgeoise apitoyée à une autre réalité bien plus impitoyable… pour la rassurer sur son sort ?

 

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Michael & Kath, la brute morale et la femme poussée à bout

 

S’être installé avec Kath a transformé Michael, en un sens. Faisant le deuil de Pete (disparu dans des circonstances fumeuses, sonnant faux) et par là de son côté chien fou, Michael suit de plus en plus un code moral. Lui qui ne baise pas à droite à gauche et ne boit plus, s’exaspère désormais du mal fait aux innocents et de la tournure froide et inhumaine que prends le business du crime (épisode 7 : Only a Pawn…).

Ne pas croire pour autant que Michael est rentré dans le rang. Peut-être refroidi par sa tentative de meurtre et (relativement) plus prudent sur le terrain, compagne reconquise oblige, il n’en a pas moins l’ambition de retrouver les sommets, et n’hésite pas à mettre en pratique sa morale retrouvée de façon un rien hypocrite, et manipulatrice. Là encore, le monde du crime et en arrière-plan, l’arrestation principale de cette saison étant étonnamment simple, considérant les difficultés qu’éprouvaient FBI et justice face aux Sopranos.

Michael a donc également réussi à retrouver une relation stable avec Kath, mais celle-ci doit se dérouler selon son bon vouloir. Comme il le dit lui-même, il aurait pu en choisir une autre, parmi la multitude. Pas si sûr. Michael reste ce type impatient, nerveux, facette magnifiée par une anomalie issue de son accident. A chaque fois qu’elle apparaît, Michael est plus vulnérable que jamais, mais aussi plus effrayant : c’est quand il est quasi-inexpressif et son esprit semble ailleurs qu’il est le plus redoutable et imprévisible, et ces instants de perdition magnifient son ambivalence calme/excédé. D’ailleurs, il est plusieurs fois question, dans cette saison, de le comparer à un animal.

 

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Declan Giggs : dépression, point de non-retour et rédemption paradoxale

 

J’ai déjà évoqué la trajectoire de Declan. Il faut ajouter que son parcours est un véritable chemin de croix. De la non-distinction entre bien et mal vient la séparation avec la femme de sa vie. Il s’agira donc pour Declan de tout faire pour la retrouver, elle refusant car n’ayant plus confiance en un homme qui confond ces deux notions. Un cercle vicieux : Declan sombre alors de plus en plus, la supplie, se perd dans un double-jeu police/crime, le haut-gradé Franklin n’étant d’ailleurs pas celui qui vous convaincra que la police est du côté du « bien ». C’est lorsque Declan a touché le fond, devenu inutile même dans un jeu d’infiltration ambigu, qu’un nouveau départ lui est proposé, humiliant mais nécessaire pour reconquérir Cassie, et remettre les choses à plat. Une résurrection quasi-christique. Une histoire de rédemption. Même si les titres des épisodes ne sont plus des extraits de textes sacrés mais cette fois-ci.. des chansons de Dylan, avec les vers appropriés. Cependant ne vous épargnez l’écoute entière, çà vaut le détour.

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brotherhood_gal2_keyart_logo.jpgCrime, politique et police

 

Le crime, la politique et leurs implications directes sont relégués au second plan, mais toujours dénoncés pour leurs rituels stupides (election day, ou la foire aux coups bas) et autre cruauté aveugle (à travers le tueur de sang froid du même épisode). Par contre, la police est mise en avant, présentée comme une arme politique et criminelle à mi-chemin, corrompue par la mafia et dépendante des politiques. Et lorsqu’elle atteint son but, à savoir arrêter des bandits, c’est l’ambition carriériste d’un homme qui en est à l’origine.

 

 

Conclusion

 

Brotherhood n’arrête donc pas son étude des liens entre institutions. Elle est malgré tout de plus en plus ancrée dans l’authentique (merci Adam pour le terme…), la réalisation soignée et au sens scénique précis scrutant les attitudes, paradoxes et autres évolutions sensibles de ses personnages, sans esbroufe, sauf peut-être les plans-séquences plutôt classe d’Ed Bianchi.

C’est aussi la solitude des personnages, seuls ou à deux, qui frappe, leurs relations exclusives avec un autre ou eux-mêmes étant patiemment dépeintes pour laisser se préciser un tableau de famille touchant, toujours aussi paradoxal quand à l’identité de The Hill.

En résumé, après une certaine déception initiale, la sensation d’envoûtement s’est emparée de moi, sur la longueur cette série est fascinante, à condition de ne pas être aussi impatient que Michael Caffee. Au niveau des grandes productions HBO ? Quelle idiotie, pas moyen de juger avant la conclusion, c’est-à-dire je l’espère dans quelques années.

18.09.2008

Friday Night Lights - Bilan - Critique - Saison 2

Adam a survécu au déménagement, il signe un retour triomphant sur le net à l'aide de son fidèle Zurabinho qui semble ne pas avoir perdu la main. Une époque chargée en séries, en nouveautés et seasons premieres. Que nenni, ici on fait du bilan, de l'analyse, on n'est pas le blog sériel le plus intelligent, le plus beau et le plus pertinent pour rien, alors pour entendre reparler de Fringe, va falloir attendre quelques mois. Ou pas, je peux céder aux moindres caprices de mes e-visiteurs. Pour le moment, retour plutôt bref sur la seconde saison de Friday Night Lights, une série stroduballon qui m'a réconcilié avec les ballons et les terrains de foot. Oui, vous m'avez manqué, je le confesse volontiers.

 

 

 

 

 

Football, bouleversements et petits coups de mou : Ben Silverman is the Devil

 

Ben Silverman adore Friday Night Lights, c’est ce qu’il se plait à dire. Mais “no one watches Friday Night Lights”, son constat est sans appel, on dirait presque qu’il en jubile de la glotte. Pour le bien de la série, apparemment, Ben Silverman a alors procédé à divers changements dans le fonctionnement du show et des Dillon Panthers. S’il est clair que la seconde saison de Friday Night Lights ne ressemble à la première saison que sur le papier, c’est bien à cause de notre nouvel ennemi Ben Silverman aka le nouvel Antéchrist de l’histoire cathodique.

 

Désirant miser sur des intrigues classiques de teen show, sur des déroulements plus convenus, moins poignants, des épisodes attendus et maladroits, un traitement d’intrigues éculées inapproprié et dénué de créativité, Silverman fit prendre un virage dangereux à Friday Night Lights. En s’éloignant donc progressivement du modèle de simplicité et d’humilité que la série avait elle-même créé la saison passée, Friday Night Lights a perdu un peu de son intensité -humaine et footballistique , d’éloges et … de spectateurs. Et ce n’est pas son budget ridicule et sa case horaire maudite qui auraient pu éviter la chute. Merci Ben pour cet interventionnisme ô combien néfaste.

 

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Clear Eyes, Full Hearts, Can't Lose !

 

 

I know what you did last summer : un arc dangereux

 

S’il fallait retenir une histoire de Friday Night Lights, saison 2, ce serait bien celle-ci : l’arc autour de la mort du violeur récidiviste tant cette trame principale est représentative des changements opérés sur la série.
En elle-même, la storyline est plutôt louable : tragique comme il faut avec à la clé, un effet lacrymal-pathos plutôt tolérable. La storyline a su éviter l’écueil de la tragédie typique boursouflée de teen show en essayant de garder au mieux l’humilité si véridique de la série pour s’intégrer dans la vie paisible de Dillon sans trop la chambouler, à cet égard, elle permit de poser un regard sur la vie familiale de Landry, un univers qui ne manquait pas d’intérêt. De plus, Adrienne Palicky et Jesse Plemons étant de formidables acteurs fiévreux, les deux protagonistes de la storyline ont été désarmants de sincérité et le spectateur n’a pu être que conquis à leur cause.

 

Mais au demeurant tragique, l’histoire avait de quoi dérouter dans un univers réputé simple et tranquille. A cet égard, on peut reprocher à cette histoire un manque flagrant d’authenticité et ce même si la dimension tragique du meurtre était superbement gérée, la storyline ne sieyait tout simplement pas à l’esprit de la série. Cette histoire était finalement trop déroutante et représentait un contraste trop important avec l’aspect humble et pragmatique prédominant dans une série réaliste comme Friday Night Lights.

 

Parachutée dès le season premiere, il semblait évident que cette tragédie était le moyen idéal choisi par Benny pour attirer de nouveaux téléspectateurs arrivés par hasard sur NBC ou créer de l’intérêt pour toute autre personne qui n’a ni le football ni Kyle Chandler comme icône mais qui, compte tenu des critiques élogieuses récoltées par la série et notamment par moi-même pour sa saison inaugurale, a voulu donner sa chance à la série. Du business, en somme.

 

 

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Mais où est-il ? Derrière-toi idiote !

 

 

Tami Taylor, mon personnage coup de cœur depuis Lorelai Gilmore

 

Connie Britton est une actrice fascinante qui mériterait qu’on lui érige un culte de la personne plus outrageant que celui des grands dictateurs pakistanais.
Jouer Tami, la femme du coach et appui féminin de toute une ville en émoi n’était pas une mince affaire mais le talent incommensurable de Connie permit une incarnation magistrale de Tami, métaphorique et spirituelle.

 

Si son rôle d’épouse dévouée et de fervente supportrice du travail de son cher et tendre est resté essentiel dans la vie de Tami (principalement en début de saison), dans cette saison, c’est davantage son rôle de mère qui est mis en avant. En ayant à gérer une ado en pleine crise existentielle et un tout jeune nouveau-né, Tami Taylor doit jongler entre deux domaines difficiles bien différents mais la tâche fut remarquablement effectuée.

Tami est une femme vulnérable qui peine à comprendre les maux de sa fille aînée et à se séparer de sweetie Gracie Bell mais c’est ce qui la rend attachante, Tami n’est pas parfaite, fait des erreurs, son amour pour sa famille est débonnaire, ça l’humanise et nous rapproche d’elle. L’actrice est somptueuse et incroyable, le personnage, lui, réaliste, émouvant et foncièrement humain, je suis subjugué. C’est tout. Pour de la critique constructive, il faudra repasser, tu as remarqué.

 

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Tami, marry-me !

 

fnls2.jpgUne intensité rare pour une série sobrement réaliste, toute en simplicité

 

 

 

Ce n’était pas évident mais Friday Night Lights l’a fait, grâce à des personnages construits et à une ville plus vraie que nature : la série a réussi à maintenir une cohérence et une intensité globale et à faire oublier les aventures plus mélos voulues par la chaîne.

 

La saison est loin de la maîtrise parfaite de la première saison, l’impression d’une découverte magistrale capable de changer à jamais notre univers de sériephile fait à présent partie du passé. La série a montré qu’elle pouvait mal faire, qu’elle pouvait cloisonner ses personnages, banaliser la mélancolie de Dillon, sous exploiter la toile de fond de la série qu’est le football, mettre de côté des protagonistes majeurs comme Jason et Lyla…

 

Mais il n’empêche que les seuls moments poignants de la série ont su faire oublier toutes les erreurs commises dans cette saison. Voir un Smash en totale déperdition, un voyage imprévu à Mexico, une Julie dépressive et enragée, un Buddy Garrity face à ses responsabilités d’homme volage, une famille Taylor en crise, Matt Saracen et sa grand-mère ou même le couple improbable Landry-Tyra ont été les grands moments de cette seconde saison. Leur point commun ? Dans ces moments vibrants et poignants, il n’y a que des personnages sensibles, justes, authentiques, des personnages qui permettent ce rapport si privilégié et sincère que l’on a avec la série.

30.08.2008

Leverage - Review - Critique – Pilot

 

Créé par Chris Downey, John Rogers (The King of Queens)

Diffusion – TNT

Format 55 minutes (pilote) – 13 épisodes (saison 1)

 

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Cast

 

Timothy Hutton (Kidnapped), Christian Kane (Angel, Close to Home), Beth Riesgraf (My Name is Earl), Gina Bellman (Coupling, Jekyll), Aldis Hodge (Friday Night Lights, CSI), Saul Rubinek (Frasier, Blind Justice, Julia)

 

Critique

 

Dès les premières secondes du pilote, c’est évident : Leverage est une série de divertissement avant tout, mélange d’action et de coolitude second degré. Apprécions-la comme telle, mais dès lors, on a toutes les raisons de craindre le pire : une écriture facile et cliché, se fendant d’une ironie histoire de faire croire au semi-ratage volontaire et parodique ?

 

We provide… leverage (réplique culte)

 

Leverage conte les débuts d’une troupe de bienfaiteurs de l’humanité à la limite de la légalité, taquins, chieurs, mais gentils au fond, ne prenant pas leur job bien au sérieux, mais le faisant bien. Des vrais pros, et sympas en plus. Dans le genre, on a déjà vu Hustle, d’ailleurs on se demande encore pourquoi TNT s’acharne à commander tant de projets doublons, copies supposées de séries réussies. Et ici, les dialogues semblent forcés, les intéractions entre les personnages peu charismatiques et tous cliché, superficielles. Bien sûr on peut argumenter que le désastre est parodie, que l’incendie est volontaire, comme le signalent les flash-backs plus ou moins décalés. Mais n’est-ce pas encore pire de se poser comme conscient, et en maîtrise, du désastre de son scénario ?

 

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We know Drama, alors pourquoi Leverage ?

 

Du scénario, parlons-en. Saul Rubinek, le pauvre, se débat avec un rôle digne – dès le pilote – d’un personnage de la saison 3 de Prison break. Du sous Prison Break saison 3. Comme Lechero, Victor Dubenich est prévisible et naïf pour son rang – juste comme il faut, pas trop, il faut bien remplir l’épisode, et se croire crédible. Tout est fait pour coller au scénario, dès le pilote, remarquez, on peut être curieux, se demander si on peut tomber plus bas.

Ma critique peut aussi être un rien sévère : pour ceux qui n’ont pas connu les joies des tricks de The Riches, Hustle ou Prison Break, peut-être cela vous suffira. Moi, çà me rappelle 24 auquel je n’ai pas accroché,  avec ses bidouillages informatiques qui embrouillent l’esprit, l’action avant tout, la caricature second degré en plus. Jack Bauer, au moins, a l’honnêteté d’assumer son sérieux légendaire de martyr.

Dans Leverage aussi le personnage central est supposé plus profond que les autres. Le seul intérêt de la série, pour moi. Mais bon, un problème moral inintéressant et prévisible, et un traitement lourd plombent la douleur indicible qui accable Nathan. La scène avec le ninja-coiffure-surfer sur l’amitié gâche un rien la seule subtilité du pilote. Parce qu’à moins d’avoir loupé des références qui me sont inaccessibles, ne pas compter là-dessus, tout est clair, tout est dit. Leverage, une pionnière de la série honnête et déceptive ?

 

Lourd

 

Bah voyons, remarquez dans ce cas le réalisme criant, autrement dit l’image et les décors ternes et sans identité font l’affaire. Par contre, quel est le but de la réalisation qui donne le tournis (amusez-vous à compter les tours complets de la caméra…) ? Et de la musique façon Ocean’s, omniprésente et lourdingue ? Une sorte de métaphore sur le mouvement nécessaire ? Le manque de charisme des acteurs/persos empêche de toute façon Leverage de prétendre au statut d’Ocean’s des séries.

 

Conclusion

 

Une série qui, dès son pilote, pose les bases de son mélange drama assumé / comédie jemenfoutiste avec une honnêteté discutable. Un pilote où, finalement, le mouvement et le bruit sont omniprésents, pour éviter de s’arrêter et de penser, un peu comme Nathan Ford pour oublier sa souffrance. La marque peut-être d’une profondeur minimale, ou simplement d’un style commercial avoué.

 

 

 

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Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Leverage | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : leverage, critique, pilot, tnt, review |  Facebook

15.08.2008

Brothers & Sisters– Bilan – Critique – Saison 2


Running for President, un arc narratif aussi irréaliste qu’inintéressant

Brothers & Sisters a toujours voulu se démarquer des autres soap modernes de son acabit en proposant une thématique politique centrale, l’idée n’était pas mauvaise et apporta une touche d’originalité dans une série familiale foncièrement classique. Mais cette année, la série ne s’est pas contentée de quelques débats houleux opposant les Walkers entre eux pendant les dîners agités de famille ou de mettre en scène Kitty et sa vie professionnelle trépidante. La série a profité de l’actualité et de l’intérêt médiatique suscité par le sujet course à la Maison Blanche pour se lancer dans une campagne présidentielle mini-format.
Robert, sénateur et petit-ami de Kitty Walker a ainsi annoncé à Kitty en fin de saison passée son intention politique de « courir » et la seconde saison s’est alors naturellement ouverte par un Robert en pleine course présidentielle.
Au final, ce que l’on pouvait craindre de ce jumping the shark avant l’heure s’est totalement réalisé, Brothers & Sisters étant aussi ambitieuse et élaborée qu’un téléfilm typique de Lifetime. La série a suivi alors sagement cette campagne du côté des coulisses, de primaire en primaire pour finir sur un désistement bâclé mais heureux : un Robert président aurait été une storyline ingérable et bien trop ambitieuse scénaristiquement pour ce genre de séries.

Cependant, cet arc de Brothers & Sisters aurait pu se révéler passionnant si la série avait misé sur des enjeux politiques internes de réelle portée, sur une opposition de vraies idées politiques plus concrètes, sur des problématiques actuelles fiévreuses, si la série avait exposé également les rouages techniques d’une campagne présidentielle, sur son déroulement, son financement, sa gestion … Malheureusement, la série s’est contentée d’un strict minimum, accumulant les clichés politiques, les coups bas ridicules et misant sur une émotion inappropriée, la campagne s’est déroulée de manière prévisible et sans saveur, pareille à une inoffensive histoire quotidienne ; Robert le républicain (interprété par un acteur connu pour son extremisme de gauche) n’est pas non plus étranger à cet échec, ce gentil républicain qui a réponse à tout est un personnage lisse, insipide et sans charisme, incapable donc de transmettre le poids et la pression politique que peut subir un vrai candidat politique.

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Brothers & Sisters : "Tough on crime, big on defense, America first and old-fashioned"

 

Du soap et du mou..


 

Niveau scénarii, cette seconde saison de Brothers & Sisters a été plutôt décevante. La première saison avait réussi à caler entre des histoires un peu sirupeuses et des péripéties attendues, quelques bonnes storylines solides et attrayantes qui nous avaient convaincu de suivre l’intégralité de la saison sans trop d’effort. Cette année, les quelques bonnes aventures se sont comptées sur les doigts d’une main, l’esprit de la série s’étant un peu perdu en chemin.

On savait la difficulté pour les scénaristes que de gérer avec efficacité l’évolution de chacun des nombreux personnages Walker, la saison inaugurale avait été juste et conciliante mais cette seconde saison a manqué de concision : les storylines ont été inégales en tout point de vue et ont pêché par défaut de méthode et manque sévère d’originalité se traduisant alors souvent par un dénouement toujours très convenu et par ce sentimentalisme toujours exacerbé.
De plus l’évolution de certains characters a été complètement laissée de côté ou à l’inverse complètement bâclée, la saison avait commencé fort pour Tommy, enfant, rupture, adultère, retour de l’épouse et de l’enfant prodigue, l’évolution était flagrante mais trop abrupte et manquait véritablement d’étapes ; après une conclusion hâtive et bâclée, la famille de Tommy renoua avec son rôle de figurant et Tommy au rôle de grand frère transparent. Voilà un exemple bête et méchant qui prouve que la construction scénaristique de Brothers & Sisters est toujours très vulnérable. Seuls Sarah et Justin ont pu bénéficier d’une évolution réelle mais l’univers professionnel de la première n’étant pas des plus captivants et le jeu cabotin du second étant exaspérant, on reste un peu sur notre faim.

 

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C'est quoi ce décor d'entrepôt à la mords-moi le noeud ?

Histoires superficielles et acteurs stupéfiants, un contraste frustrant

Pour pallier cette contrainte quantitative, la série mise beaucoup sur le quotidien tranquille de ses héros et sur leurs histoires sentimentales, malheureusement aussi originales que celles d’un soap opera au rabais, on ne peut que s’ennuyer devant le spectacle. Et à chaque épisode, lorsque la musique sirupeuse démarre en fond, l’émotion supposé à son paroxysme, ma frustration est plus intense que jamais et une impression demeure, une impression qui consiste à penser « c’est un peu triste que d’assister à tant de mésaventures affligeantes de banalité alors que les protagonistes les personnifiant dégagent un charisme indicible » et ça, c’est toute la frustration de Brothers & Sisters. Alors que Rachel Griffiths se la joue gamine écervelée rancunière et vengeresse entre lamentation et pleurnicherie –ce qui nous change bien trop de la spirituelle et mature Brenda Chenowith, Sally Field, elle, est plus paradoxale que jamais, envahissante mais désireuse d’indépendance, elle interprète avec grand talent les geignements de cette sexagénaire un peu assommante, faut bien le reconnaître.

 

Interaction familiale, le seul véritable atout de B&S

L’atout majeur de l’originel Brothers & Sisters était incontestablement l’interaction qui résultait de la famille Walker, les scènes en famille ont toujours été dans Brothers & Sisters les moments les plus agréables et efficaces en raison d’une réelle alchimie entre les personnages, la famille Walker est sous cet angle une famille nombreuse classique très réaliste. Dans cette seconde saison, la connivence et la complicité entre les personnages sont encore palpables, ce qui rend cette famille Walker très attachante dans son ensemble mais il n’empêche que cet effet a un peu diminué, les rencontres familiales étant un peu réduites et moins inspirées que celles des grands débuts. L’entente entre les Walker reste cependant le point fort de la série, celle-ci sait mettre en scène les repas tragi-comiques des Walkers avec efficacité et humour. Mais il faudrait pour la troisième saison insuffler un peu plus de dynamisme, de folie, de renouveau à cet aspect ; ces relations familiales devenant déjà un peu plus attendues et conventionnelles.

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Ah... Rebecca... Walker, pas Walker ? Inceste, pas Inceste ?

 

La mauvaise surprise de l’année ou comment éviter l’Inceste

Oui, ça a été quand même la mauvaise surprise de l’année, quoi qu’on en dise. Comme dirait Michael Scott, alert spoiler.  
Rebecca Walker, c’est l’intrigue principale de la première saison de B&S : présentée comme la fille cachée de William, le patriarche de notre grande famille, son existence est révélée aux Walkers en milieu de saison et celle-ci bouleverse, comme on peut s’y attendre, cette famille et ses représentations. Mais finalement, grâce à un esprit de famille idyllique, la vie de cette fille est peu à peu acceptée, son intégration dans la famille se fait par étapes, l’étape de j-allume-le-mari-de-ma-toute-nouvelle-sœur- ayant eu son petit effet, et c’est donc à travers l’image d’une famille agrandie et plus apaisée que jamais que la saison s’est achevée gentiment.  Mais toute cette attention portée sur cette histoire a été réduite à rien lorsqu’en seconde saison, les scénaristes ont eu l’idée saugrenue d’inventer un autre père à Rebecca, en filigrane, Holly is a slut.

Brothers & Sisters et les trilogies de genre, c’est donc même combat. Le troisième volet d’une trilogie révèle toujours des choses que l’on croyait vraies mais qui ne l’étaient pas. Dans Brothers & Sisters, même topo (sauf que l’on ne respecte pas la règle du second volet identique, chut). La vérité n’est pas celle que l’on croit, traduction : Rebecca n’est pas la sœur Walker cachée, c’est un robot crée par Holly pour détruire les Walkers un à un, il faut donc lui cryogéniser la tête. Subtil, hein ? Remarque, décider que Rebecca ne soit finalement pas une Walker pour qu’elle puisse embrasser en toute décente et tomber amoureuse en toute moralité de son ex-frérot, ça craint tout autant et ce même si le frèrot est beau comme un diable (sondage virtuel établi sur 1112 sondées). Un peu d’inceste dans Brothers & Sisters aurait été bienvenue, non, le vieil oncle est déjà un homo refoulé depuis cinquante ans qui fait lors de cette seconde saison 13 fois et demi son coming-out, on titille assez les mœurs comme ça. Il est là en fait le vrai jumping the shark de Brothers & Sisters : nous faire un coup pareil en seconde saison, c’était bien trop aberrant et excessif.

Adam.

23.07.2008

Desperate Housewives – Bilan – Critique – Saison 4


Un condensé d’humour, de bonne humeur mais aussi de médiocrité

C’est tout Desperate Housewives : une série capable du meilleur comme du pire ; les mauvaises langues diront qu’elle excelle plutôt dans le pire et que seule la saison inaugurale vaut le détour. Certes, il n’empêche que Desperate Housewives est une série majeure des années 2000, entre soap et drama, humour et tire-larmes, la recette n’avait beau être révolutionnaire, elle était diaboliquement efficace et maîtrisée, j’en veux pour preuve son succès absolu. Le succès aurait-il été au rendez-vous si la série avait fait preuve de médiocrité dès le début ? Probablement, Prison Break l’a bien fait.

La quatrième saison de ces femmes désespérées est imparfaite -comme toujours, bancale –encore une fois, irrégulière et laborieuse -c’est une habitude, parfois même insupportable et ça, c’est une grande première. Les scénaristes ont-ils perdu tout talent dans leur combat syndical acharné bien trop médiatique ? En tout cas, cette supposition expliquerait le retour ô combien raté de Desperate Housewives au printemps dernier, grosses ficelles et humour à plat, qui veut du rab ?

Pourtant, la saison avait si bien commencé. Parce qu’il faut le reconnaître, si Desperate Housewives sait faire quelque chose, c’est faire évoluer son petit monde (objectif de bâclage ?), et cela à chaque saison. Si en soi, l’astuce est douteuse, dans Desperate Housewives, cela permet d’insuffler un nouveau souffle à la vie banlieusarde et à cette galerie de personnages. Et pour cette saison, le souffle avait été plutôt étonnant, du côté des Scavo et d’une Lynette chauve et malade, intéressant, du côté des Hodge et de la fausse grossesse de Bree, exquis. L’arrivée des Mayfair, correcte, Katherine joue l’insipide mais au final se révèle attachante, étonnante. Gaby et Susan sont pour leur part fidèles à elles-même, Susan en fait trop, mais les répliques bien senties de Gaby nous font décrocher quelques sourires.
Tout allait bien en somme, il fallait plier bagage lorsqu’il était encore temps ou continuer en proposant des épisodes simples, sobres, construits. Mais la série n’a pu se contenter d’épisodes d’humour et de bonne humeur plutôt bien écrits, sa dimension dramatique s’est révélée encore une fois décevante (le cancer de Lynette, la vie d’Eddie, l’handicap de Carlos et l’arc Katherine) et les scénaristes ont été incapables de garder le fil. Plusieurs divagations, quelques histoires déroutantes, un excès de zèle incompréhensible, le potentiel initial de cette saison a fini anéanti et le téléspectateur a été contraint de subir une alternance bon-mauvais caractéristique de Desperate Housewives.

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Une Bree plus savoureuse que jamais

Ce qui suit s’avère totalement subjectif, étant un inconditionnel de Marcia Cross, à la fois beauté froide envoûtante et actrice de très grand talent. Dans cette quatrième saison de Desperate Housewives, Bree, anciennement Van de Kamp, mariée Hodge depuis un an a été plus savoureuse que jamais. Pourquoi ?
Bree personnifie merveilleusement bien l’esprit –fin et rangé- de Desperate Housewives, elle incarne la rigueur et la générosité. Après un tas de malheurs personnels, l’avenir s’est annoncé plus radieux pour Bree. Veuve éplorée, sortie de l’alcoolisme, réconciliée avec son fils assagi, débarrassée de sa nouvelle belle-mère psychopathe, Bree aspirait alors à un futur paisible avec son nouvel époux, Orson. Ainsi, cette saison a été l’occasion pour Bree de se dérider, de se montrer plus guillerette que jamais, elle bénéficie ainsi de storylines amusantes et frivoles dans lesquelles elle est particulièrement à l’aise ; pour cela le talent comique de Marcia Cross et le duo formé avec le très déluré Orson Hodge permet une Bree héroïne étonnante, ravageuse, particulièrement lumineuse.
De plus, au cours de la saison, l’arrivée de Katherine Mayfair dans le voisinage fut synonyme pour Bree de compétition, les deux femmes étant supposées les fées du logis symbole de leur banlieue, Bree ne pouvait voir que d’un mauvais œil l’arrivée de cette dangereuse concurrente, Bree est alors espiègle et on aime ça. Au final, après quelques coups bas légers, Bree et Katherine se sont résolues à s’allier et s’entraider, elles forment ensuite un duo détonnant et dynamique.

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Un Something’s Coming tonitruant mais une suite poussive et bancale
Une multitude de promos, un véritable buzz médiatique, des moyens mis en œuvres colossaux, comment analyser cette quatrième sans évoquer ce neuvième épisode Something’s Coming, dans lequel Wisteria Lane est rayé de la carte par une tornade aux effets spéciaux douteux ?

En lui-même, l’épisode était une belle promesse, un cadre dangereux, une bonne dose d’adrénaline, deux personnages en danger de mort : un ensemble particulièrement alléchant en somme. Pour beaucoup, l’épisode a tenu sa promesse en proposant du grand spectacle et des scènes vibrantes à souhait. Si effectivement, on ne peut considérer l’épisode comme un parfait pétard mouillé, les sensations étant présentes, on peut cependant regretter qu’il n’y ait eu une véritable prise de risque de la part des scénaristes, notamment concernant les conséquences de la tornade et les deux morts en question. Cela est resté une fois encore très sage et convenu et c‘est un peu regrettable.
De plus, les épisodes suivants ont renoué avec la médiocrité en proposant des storylines « reprise du quotidien » granguignolesques et superficielles sans prendre véritablement en compte l’effet destructeur de la tornade, cette négligence participa à l’effet peau de chagrin du supposé grand drame de cette saison.
Et c’est bien cela qui caractérise Desperate Housewives : une alternance bon/mauvais presque cyclique et une véritable incapacité à poursuivre un travail de qualité dans la durée.

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Une intrigue insipide : une maladresse récurrente à Wisteria Lane

Chaque saison, les showrunners de Desperate Housewives se sentent moralement obligés de créer une intrigue propre au chapitre à venir. Allez savoir pourquoi. La première centrée sur Mary-Alice Young avait eu le mérite de sceller les wives entre elles et de surprendre un tant soit peu. La seconde était centrée sur de nouveaux arrivants, les Applewhites et malgré une fin plutôt recherchée, ledit arc, ne concernant pas assez les protagonistes, avait fait figure de storyline secondaire accessoire. Il faut dire qu’elle manquait aussi, cruellement d’intérêt. Désirant rectifier le tir pour sa troisième saison, Marc Cherry misa sur une intrigue plus enracinée et personnelle, notamment autour de Bree. Et si la résolution a été plus précoce que prévue, grossesse oblige, l’intrigue a manqué de fond et a dérouté par tant d’incohérences. Cette année, Cherry ne devait pas commettre d’impair mais celui-ci prit le risque de créer à nouveau une intrigue autour d’une nouvelle voisine, mais celle-ci étant proche de l’une des héroïnes, la conciliation était alors parfaite.

Malheureusement, une fois encore, l’intrigue tant au développement qu’à la résolution finale, ne s’est pas révélée brillante ; pourtant Katherine Mayfair est un personnage intéressant, intriguant, qui a su attiser autant le mystère que l’émotion.

Alors à qui la faute ? Il y a bien tout un tas de raisons techniques, la grève et son effet de rupture n’étant pas étranger au désintérêt suscité par cet arc mais les principaux coupables de cette intrigue avortée demeurent les scénaristes de la série qui ont toujours cette difficulté véritable à entretenir à long terme une intrigue, à établir un suspense, une tension et au final à trouver une résolution solide et inspirée. En l’espèce, facilités scénaristiques, déroulement prévisible, ton académique faussement palpitant, conclusion convenue des plus ratées, un résultat sans appel qui montre une fois encore que Marc Cherry est passé à côté de son concept. Pourtant je le redis, Katherine est un personne intéressant qui méritait une intrigue à la hauteur de sa complexité, dommage.

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En conclusion, cette quatrième saison de Desperate Housewives fut particulièrement inégale, une inégalité d’ensemble car la série sait cependant peaufiner sa dimension soap over ze top gentiment sarcastique par une majorité d’histoires piquantes efficacement menées par nos héroïnes rayonnantes. Mais la série peine toujours à asseoir un propos dramatique vrai et use de facilités scénaristiques accablantes et de sermons souvent dépassés ; après quatre ans, on espérait juste un peu de changement.

15.06.2008

Chuck - Bilan Général - Critique - Saison 1

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“ Chuck is part spy spoof, part workplace comedy,

and it is a genuinely engaging homage to the nerd hero ”

Crée par Josh Schwartz (The O.C, Gossip Girl) et Chris Fedak 
Diffusion :  NBC
Series Premiere : le 24 septembre 2007
Format 42 mn - 13 épisodes

Cast
Zachary Levi (Less Than Perfect), Adam Baldwin (Day Break, The Inside, Firefly), Joshua Gomez (Invasion, Without a Trace), Natalie Martinez (Saints & Sinners, Fashion House), Sarah Lancaster (Everwood, What about Brian, Scrubs), Yvonne Strzechowki (Headland)

Show Synopsis
Chuck Bartowski est un véritable geek, passionné d'informatique et de jeux vidéo, il est vendeur et réparateur informatique dans un grand magasin. Mais il vit encore chez sa soeur Elie et son fiancé, d'ailleurs elle aimerait bien qu'il se trouve aussi une fiancée. Son meilleur ami est Morgan, il travaille avec Chuck et il est tout aussi geek.
Un jour, il reçoit un mail d'un ancien ami de la fac. Celui-ci est devenu un agent secret, et il vient de voler un programme important qui permet de stocker, tous les secrets et autres informations des Etats-Unis. Lorsque Chuck va ouvrir ce mail, le programme va s'implanter dans sa tête. Il va ainsi devenir la personne la mieux informée des Etats-Unis.
Si au départ, les différentes agences de sécurité nationale, cherché plutôt à s'en débarrasser. Elles vont se rendre compte de l'utilité du savoir de Chuck pour protéger la sécurité nationale et ainsi vont l'engager comme agent.
(source : www.serieslive.com

Critique

La rentrée sérielle 2007 avait mis à l'honneur le monde singulier et particulier du geek et autres nerds. Après la CW, ABC et CBS, NBC misa également sur la supposée valeur sûre du moment à travers Chuck le magnifique. Pour Chuck, informaticien et passionné de jeux vidéos, rien de tel que Josh Schwartz, éternel adolescent, aux commandes. Pour agrémenter le tout, rien ne valait mieux qu’une histoire gouvernementale piquante à la sauce CIA, les fans de dramas nerveux y trouveront leur compte. Chuck, c’était donc le souhait d’un mélange subtil entre The IT Crowd et 24, Alias et The OC.

Entre formula show et serialized drama, entre character et plot driven
Qui l'eût cru ? Chuck génère des définitions compliquées impressionnantes de sériephiles incollables qui s'y croient, Chuck mériterait bien toute une thése à sa gloire, une brève critique suffira pour ma part.
Chuck n’est pas vraiment un formula show ni même un feuilleton suivi, c’est avant tout et à la fois, un personnage atypique et un concept d’espionnage. Chuck s’apparente en conséquence à un genre unique, à part, qui lui permet de s'émanciper des contraintes desdits genres et de réaliser un propos touche à tout.
Jouer sur les deux tableaux était un pari risqué pour Josh Schwartz, cet auteur mélo plus habitué aux teen-shows qu’aux séries qui en jettent. Mais l'année 2007 fut l'année de Josh, qui en plus de se prendre pour le nouveau JJ, renouvelle la garde-robe du teen-show par l'intermédiaire des Upper East Siders bon chic bon genre. 
Et s’il ne fait aucun doute que Chuck peine à concurrencer ses feu-grands frères d'action, faute de réels moyens techniques et d’histoires abracadabrantes tenant debout, Chuck demeure une série attirante, qui sans électriser les foules, sait capter l’intérêt du téléspectateur en proposant une action simple, classique mais bougrement efficace.
Ainsi la série vogue entre deux genres, les confond et use de leur étiquette pour proposer plusieurs arcs à la fois dynamiques et ironiques. Et grâce à un antihéros attachant, un brin froussard et très maladroit, cette curieuse combinaison ne sonne pas creux et fonctionne, à son niveau.

Chuck, un énergumène attachant et malhabile
Chuck est l’anti-héros par excellence. Gauche, ordinaire, bavard, Chuck est l’archétype même du nerd américain, plus à l’aise devant sa console qu’en communauté. Il incarne l’aspect dérisoire du show, l’aspect léger, second degré, celui qui permet de désinhiber la série d'aventures en lui procurant une dimension naïve et désinvolte.
Sur l’aspect loufoque de Chuck, cette saison inaugurale réussit son coup, notamment grâce à ce personnage original et attachant et surtout grâce à son univers ordinaire et réaliste. Un travail quelconque de gérant en électronique, une vie de famille banale mais aimante, un meilleur ami fantaisiste, des collègues tous aussi à l’Ouest. La raison de ce succès s’explique ainsi et avant tout par l’anonymat de ce personnage et son trait Geek tout le Monde, cela offre d’amusantes situations et quelques répliques geekiennes d’anthologie.  Les scènes dans lesquelles on retrouve Chuck au travail ou chez sa sœur sont de ce point de vue les plus agréables, ses problèmes de sociabilité étant mis au premier plan.
Pour transformer cet essai, le meilleur ami de Chuck est le joueur idéal. Morgan est un fervent admirateur de son ami Chuck, capable de générosité, de coups de folie, de jalousie, ce grand adolescent incarne l’insouciance et l’humour dérisoire de la série. Et si son humour n’est pas toujours une réussite, Morgan personnifie le gentil nerd comme personne.

Chuckk.jpg picture by blabla-series

Programme secret gouvernemental, secret-défense, agent spécial, CIA, courses-poursuites et dangers de mort.
Pour ce qui est de l’aspect actif et espionnage de la série, c’est une impression plus mitigée qui résulte. A force de miser sur l’humour et l’aspect comique de Chuck, l’action n’est pas forcément la bienvenue et perd de sa crédibilité. De plus, celle-ci pêchant dans certains épisodes par manque d’idée et de conclusion, par manque évident de mise en scènes soignée, on perçoit la dimension comme secondaire voire accessoire, étant développée de manière brouillonne et négligée. 
Demeurent cependant quelques bonnes histoires fondées sur de bonnes idées, le déroulement reste classique mais finit par être prenant. C’est souvent lorsque celles-ci sont à la hauteur que l’envie de poursuivre la série se fait sentir ; comme quoi, les deux traits majeurs caractérisant Chuck relèvent du même d’ordre d’importance, chacun ayant une fonction spécifique.

On ne badine pas …
Le pilot s’était déjà achevé sur les prémices d'une storyline amoureuse entre Chuck et Sarah, le couple phare du show ; la saison entière a repris ledit thème et s’est amusé à faire s’aimer en secret et douloureusement Chuck et le personnage féminin principal, son partenaire Sarah. Evidemment, c’est à travers cet aspect, que l’on retrouve au mieux l’empreinte de Josh, cet éternel ado romantique. Après The OC et en alternance avec Gossip Girl, cette storyline n’est en rien désagréable, les deux protagonistes connaissent une réelle alchimie et plusieurs évènements plus ou moins subtilement amenés nourrissent l’histoire de manière intéressante.

En conclusion, la saison inaugurale Chuck a été à la hauteur de mes attentes, Chuck étant une série foncièrement divertissante. Malheureusement, sa dimension formula la rend à certains moments redondante, ce qui peut compromettre l’intérêt que présentent parfois les intrigues stand alone de la série. La comédie de situations et l’humour de Chuck n’étant pas toujours au premier plan et le côté espionnage fortement négligé manquant parfois de crédit et d’intérêt, la série gagnerait en efficacité si elle équilibrait mieux les deux piliers thématiques de la série. Demeure un capital sympathie d’ensemble qui permet à Chuck de divertir et de distraire, le temps d’une bonne récréation.

 

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Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Chuck, Critiques | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : chuck, review, critique, nbc, saison 1 |  Facebook

09.06.2008

Damages - Review Generale - Critique - Saison 1

Damages is a impressively constructed legal thriller

with the depth and structure of an engrossing novel

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Crée par Todd A. Kessler (The Sopranos), Glenn Kessler, Daniel Zelman
Diffusion sur
FX
Series Premiere le
24 juillet 2007
Saison 1 achevée – Saison 2 et 3 à venir.
Format 50mn- 13 épisodes

Cast
Glenn Close (The Shield), Rose Byrne (Sunshine, Marie-Antoinette, 28 Weeks Later), Noah Bean (Ed), Tate Donovan (Trinity, The O.C), Ted Danson (Help Me Help You, Becker), Zeljko Ivanek (Oz, Homicide), Peter Facinelli (Enemies, Fastlane, Six Feet Under), Anastasia Griffith

Show Synopsis
Patty Hewes dirige l'un des cabinets d'avocats les plus puissants de New York, "Hewes & Associates". Pour lutter contre le crime, elle sait s'entourer des meilleurs. Elle vient d'ailleurs de recruter une nouvelle et brillante associée, Ellen Parsons. Celle-ci ne s'imagine pas dans quoi elle s'embarque. Elle va devenir la protégée de Patty et de son associé principal, Tom Shayes. A leurs cotés, elle va découvrir l'envers du décor et notamment jusqu'où Patty est prête à aller pour faire plier les dirigeants corrompus. Ellen va t'elle être capable de travailler dans ces conditions et résister à la pression qu'elle doit subir ?
(source : serieslive.com)

Critique
La saison inaugurale de Damages a été la révélation télévisuelle de cet été et de ce début de rentrée car pour un thriller judiciaire à la fois complexe et fluide, elle se hisse aisément à la tête de ses concurrentes et devient le summum du genre. Et lorsqu’on est juriste, friand d’interprétations magistrales de femmes qui ont de la poigne et dépendant aux rouages politico-judiciaires et autres jeux de pouvoir fiévreux, cette sensation de révélation-coup de cœur de l’année n’en est que plus intense.

f17c7bd04a401029badf1d1533bee9ff.jpgUne série puissante, jubilatoire, à la hauteur d’une ambition clairement affichée

Il est difficile de résumer les temps forts de Damages tant la série est caractérisée par un ensemble solide, cohérent et indéfectible, se maintenant à terme.
Au départ, la série n’est rien d’autre qu’un bon dossier juridique dans lequel il est à prouver qu’un industriel sans scrupules rendit miséreux plus de cinq cents salariés déjà modestes, une affaire donc, de délit d’initié susceptible de rapporter plusieurs millions de dollars. Mais l’affaire Frobisher est plus complexe qu’il n’y paraît et il n’existe qu’une seule réelle personne qui sache chaque détail du dossier et qui ainsi sache vers où se destiner : Patty Hewes.
Damages, c’est aussi l’arrivée d’une jeune avocate, Ellen Parsons (Rose Byrne au jeu nuancé et épatant), à la carrière prometteuse, embauchée personnellement par Patty et directement mise à contribution sur l’affaire en question. Ellen s’y trouvera par la suite directement impliquée, le pilot s’ouvrant sur la fuite d’une Ellen apeurée et ensanglantée.
Dans Damages, absolument rien n’est laissé au hasard, chaque storyline est établie de telle sorte qu’elle aura une incidence à un moment précis de l’affaire, afin d’aboutir à un seul et unique résultat.

Le postulat initial de Damages était d’une ambition sans nom, les showrunners ayant pris la décision de montrer les prémices du final à chaque début d’épisode, on en découvre alors toujours un peu plus sur les dessous entourant le drame d’Ellen Parsons tout en suivant parallèlement l’histoire de l’affaire Frobisher de façon chronologique, ce qui permet alors de s’approcher progressivement de l’arc dramatique d’Ellen Parsons et de mieux l’appréhender. Si la technique était d’emblée difficile, celle-ci en s’incorporant parfaitement à l’esprit de la série a été justement amenée, parfaitement maîtrisée et permit d’aboutir à la réunion des deux trames narratives de manière remarquable et subtile.

La série ayant été construite sur la notion de flashforward, la prétendue maîtrise de l’arc principal ne pouvait être pleinement vérifiée qu’à travers un season finale conclusif du niveau de l’ambition faite par chacun des épisodes précédents. Celui-ci a été effectivement plus qu’à la hauteur de nos attentes, en nous offrant de réelles réponses aux fils narratifs déployés tout au long de la saison et en guise d’avant-gout, se finit même sur un twist final des plus inattendus, un twist nous plongeant dans une excitation et une impatience rarement éprouvées.


Patty Hewes tire les ficelles mieux que quiconque

C’est Patty Hewes herself qui incarne la rigueur inébranlable et le machiavélisme intangible de la série. Glenn Close, dont le talent n’est jamais assez loué, est parfaite dans la peau de Patty, elle l’a fait exister de manière si intense qu’il paraît improbable de ne pas frémir devant ses colères noires à souhait. Patty Hewes s’inscrit effectivement dans les personnages de séries les plus incroyables de l’histoire sérielle, les plus insaisissables, les plus riches et les plus complexes.
A l’aide d’un charisme rarement vu sur le petit écran et d’un jeu toujours tonitruant, cette Patty Hewes est l’avocate la plus crainte du milieu, la plus expérimentée et donc la plus perverse. Trust No One, Patty Hewes ne laisse rien au hasard, elle agit de manière réflechie et astucieuse, place ses pions au moment voulu et s’en prend là où la vulnérabilité est à son paroxysme. Elle est un exemple phare des grands avocats qui sont aussi corrompus que les clients qu’ils entendent condamner.

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Machiavélisme, ruses, fausses pistes, charisme subjuguant, dissimulations : un mode d’emploi de génie presque mathématique

Dans Damages, les qualités scénaristiques ne manquent pas, l’interprétation excellente de la galerie de personnages ne fait pas non plus défaut, mais Damages, c’est aussi une cohérence globale rare, une logique répétitive inédite et originale, un propos maîtrisé de A à Z, un visuel contrasté sublime à l’image de la personnalité charismatique de Patty.
Damages, c’est aussi l’intelligence de la mise en scène et de la narration, entraînant ainsi une interaction unique entre les protagonistes et une ambiance dérangeante palpable. C’est aussi un sens unique du suspense et de l’intensité, c’est l’art de la sournoiserie, des fausses pistes, de la dissimulation, de la ruse juridique, c’est enfin une manière singulière du rebondissement et de la surprise inattendue.
Damages n’est rien d’autre qu’un triomphe intellectuel à l’état pur.



5f23123b835ae15de3e303c8b29eea08.jpgJeux et enjeux de pouvoir : un schéma narratif bouleversé

Damages n’est pas seulement un thriller noir alambiqué au dénouement surprenant, c’est aussi une sublime représentation des jeux de pouvoir existants entre protagonistes influents et mystérieux, sans cesse entretenus par de nouveaux enjeux politiques et financiers.
Patty Hewes y est dépeinte comme la pièce maîtresse du schéma, celle qui use de manière stratégique des différents pions qu’elle a sa possession et qui n’hésite pas à faire preuve de fermeté et de menace.
Face à elle, Ellen est une jeune avocate inexpérimentée, innocente et réservée, souvent crédule, on constate tout au long de ces six mois l’évolution professionnelle et psychologique de son personnage qui finit par s’endurcir et par jouer ses propres cartes. A l’inverse, ce sont A. Frobisher et R. Fiske, le camp adverse de l’affaire, qui font progressivement preuve d’un humanisme insoupçonné, peu à peu placés dans un rapport de subordination à l’égard de « Hewes et Associates », on comprend alors que les plus pervers ne sont pas forcément ceux que l’on pensait être. 


Damages, c’est donc aussi le contre-exemple exquis du manichéisme, une philosophie absurde trop présente dans les séries.