18.11.2010

How To Make It In America (Saison 1) L’Entourage de la débrouille

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Bilan de saison

Il y a de ces séries nouvelles qui nécessitent un temps aussi long qu’une saison inaugurale pour parvenir à un univers attirant et pourlécher avec un concept qui ne transpire pas de fausseté. How To Make It In America en fait partie.


En huit épisodes inauguraux, la série sur l’art de la combine à New York a donc pris son temps, préférant privilégier la forme, le ton, les relations entre protagonistes que son fond véritable. A force d’intrigues qui n’en sont pas vraiment, la série lorgnait plutôt du côté de la comédie à épisodes anecdotiques, sans liant entre ses chapitres. Pourtant, à en juger par la saison récemment achevée, How To Make It In America avait bien des airs de série à propos.


Entre les jeunes deux héros, Ben et Cam (Greenberg et Razuk, très bons), désireux d’industrialiser leur marque de jean et T-shirts, Crisp, mais aussi Rene (Luis Guzman, toujours impeccable), le vieil oncle réhabilité qui se prend à rêver d’un empire de boisson gazeuse, ou les deux jeunes décoratrices à la boîte encore fragile, la série avait bel et bien pour cible l’envie de réussite individuelle, la promesse d’un succès pour tous ceux, qui du bas de leur échelle sociale, louent un ode à l’indépendance récompensée.

Un propos mûr, qui plus est conjoncturel, tombant à pic de pertinence dans un contexte de disette économique où la crise sonne désormais comme une justification, un nouvel état d’être. On a beau eu craindre les discours de consternation et de marché impitoyable, HTMIIA l’a joué subtile, sans grand rentre-dedans idéologique, avec une force d’humour et de ton simplifié plutôt louable et rare pour une comédie HBO.
Comme Hung, qui elle aussi a, cet été, évoqué en pratique les conséquences du déclin économique américain en ravivant le mythe du plus vieux métier du monde sous un angle nouveau (c’est l’homme de famille qui désormais s’y colle et il le fait avec une maladresse attachante), HTMIIA a profité d’un contexte pour développer un propos actuel sans trop en faire.

 

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Dans ce discours très urbanisé centré sur New-York -qui d’autre ?, le pilot indiquait aussi que la ville tendrait à devenir un personnage à part entière, un héros complexe, à la fois chic comme une galerie d’art contemporain et cheap comme un vieux hangar désaffecté. D’emblée, la volonté de ne pas s’embourgeoiser ou pire, prôner un misérabilisme de décor, donnait une authenticité formelle à la série. Pas de parti pris, ni de jugement de classe, les soirées aiment à allier fils à papa en pleine ascension et bande d’anciens copains encore sur la brèche juvénile. Il s’agit sans doute du meilleur atout de cette nouvelle recrue, qui là s’est trouvé un crédo des plus inédits, voire antiEntourage.

 

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Evidemment, le nombre faible d’épisodes n’a pas encore donné la possibilité à la série de se maîtriser vraiment, de trouver une image, une empreinte. L’intrigue principale, -ou une problématique fil-rouge sur le business de Ben et Cam- ordinaire et souvent sur-simplifiée, ainsi que quelques subplots et des relations encore à l’état d’essayage n’ont pas suffi pour étoffer la série. Mais même si HTMIIA ne s’est pas véritablement attardé sur ses finitions, la série a réussi à entretenir une ambiance propre et une humeur tout en misant sur quelques nouvelles valeurs implacables comme l’amitié masculine, l’amour passionnel à vingt ans, le sens de la famille.

Une astuce  payante pour une série qui s’expérimente encore. Si une suite est commandée –on croise les doigts, rien pour cette galerie de jeunes new-yorkais attachants, How To Make It In America gagnerait en cohérence et en force de persuasion en développant sans allure simplificatrice son matériel scénaristique. Parce que l’autoentreprenariat pourrait bien devenir un thème sériel à la mode.



Grâce à son ambiance et ses dialogues très travaillés, How to Make It In America a réussi à s’imposer comme un programme chaleureux et divertissant. En filigrane, elle s'avère être une chronique citadine loin d’être déconnectée de toute réalité.

Saison 1 : 6.5/10

 

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25.02.2010

Married Single Other (Saison 1) Dans la vie, cochez la bonne case

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Pilot – 1.01 (diffusé le 22.02.10)

 

ITV est peut-être la chaîne britannique la plus sentimentaliste. Ayant obtenu ses galons d’or avec des séries à l’eau de rose, notamment Cold Feet (ou la dernière en date Mister Eleven), la chaîne anglaise essaie constamment de créer des programmes relationnels et symboliques.

Et depuis la très louable Call Girl, ITV ose la série sur l’engagement cynique. Pour cela, qui de mieux placé que le producteur et réalisateur de la feue série phare de la chaîne, Cold Feet, Robson Greene ?

 

Le mariage, un acte politique hostile

« Je ne crois pas au mariage, vraiment pas. Je pense que le mariage est au pire un acte politique hostile, une manière pour les hommes étroits d’esprit d’enfermer leur femme à la maison sous prétexte de tradition et de religion conservatrice insensé. Au mieux, le mariage est une belle désillusion, deux personnes qui s’aiment vraiment et qui n’ont pas idée de leur destinée misérable ensemble. » s’est écriée non sans cynisme Tina Moddoti à Frida Kahlo.


Sur ce même ordre d’idée valide, se bâtit ainsi Married Single Other. Une comédie romantique pur-jus. Mais modernisée, donc rendue cynique et luttant à propos contre l’union maritale et l’engagement spirituel. Pour illustrer c’est le couple d’Eddie et Issy qui s’y colle. Contre le mariage, Issy aime Eddie depuis seize ans (avec deux enfants issus de leur amour) et refuse toute forme d'engagement contractuel. Au grand malheur de son dernier fils et son compagnon éploré.

Les deux autres couples de la série eux luttent avec moins de ferveur contre l’engagement mais surfent sur la même vague de la désillusion. Babs n’en peut plus de Dickie et décide de rompre. Quant à Clint, c’est le coup de foudre pour Abbey et en oublie son mode de vie coureur de jupons.


De ces trois couples, apparaît donc une vision de l’engagement et de la relation amoureuse. Cette idée pré-établie qui finalement paraît moins décompliquée qu’on n’osait le penser.

 


Des idées et des acteurs

Le sujet bateau de Married.Single.Other pourrait en rebuter plus. Pourtant, ce nouveau show anglais a tout de la série élaborée et bien pensée. De jolies répliques ciselées servent un ton caustique, gentiment cynique, mêlé d’amour naïf mais bien venu. De ces dialogues, naît une écriture au cordeau caractéristique, toujours au service de situations denses, tantôt comiques, tantôt plutôt spirituelles.


L’autre point fort est sans doute les protagonistes eux-mêmes du programme. Avec des pointures télévisées comme Lucy Davis (The Office, Studio 60), Shaune Dooey (Five Days, The Street) ou Miranda Raison (Spooks), les héros de MSO ont une carrure suffisante et un capital sympathie qui se retrouve dans leur rôle. Tous étant également doté d’un bagage original qui se prête à une adhésion rapide (l’ambulancier altruiste qui se prend d’amitié pour une vieille dame, la femme cynique est responsable d’un centre de femmes battues, le mari branleur qui passe son temps à jouer en ligne au poker).


En cela, la série parvient à insuffler une jolie énergie d’ensemble, un point d’accroche très dynamique dès les premières situations bien trempées du pilot.


Après ce pilot introductif de bonne facture, les trois couples de départ deviennent respectivement Mariés. Célibataires. Et Autres. Un concept anodin mais qui, compte tenu du casting solide et de l’écriture maîtrisée du show, pourrait devenir une valeur sûre pour ITV.

7.5/10

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05.11.2009

V (Pilot) Les visiteurs font du porte à porte

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Un matin de tremblement, 27 vaisseaux identiques apparaissent au-dessus des 26 principales villes du monde (et Gizeh, ville des Pyramides). A l’intérieur, des aliens visiteurs aux allures humaines, venus apparemment en paix, répandre la bonne parole, les bonnes intentions et les soins médicaux. La Terre, cette idiote, cette débonnaire, tombe sous le charme.
Mais les visiteurs semblent avoir des projets plus importants que d’être élus Aliens les plus sympas de l’Univers.



90210 (2008), Melrose Place (2009)…, non les récentes adaptations ne sont pas l’apanage unique de la CW et de ses envies de relooking blushé. Avec V (2009), ABC prouve qu’elle sait aussi ressortir du placard des séries du passé. Mais à la différence de la Capitalist Whore, ABC réadapte une série de grande allure, et elle le fait plutôt bien.

La réalisation maîtrisée -l’invasion des aliens s’est révélé réussie et haletante et rassure sur le côté non cheap de la série-, la narration rythmée, les dialogues satisfaisants pour un pilot (comprendre : toujours un peu bancals), la recrue de quelques références bien vues (Elizabeth Mitchell) et d’acteurs charismatiques (Morena Barracin), l’ambiance sombre d’un côté, l’allure clinique de l’autre : la série a réussi la première étape de son contrat formel. Elle est prise au sérieux.

Mais c’est avant tout sur le fond que la série se devait d’amadouer, de conserver au moins l’esprit et le niveau de la série originale, créée par Kenneth Johnson. Dès le pilot, les enjeux sont clairement démontrés, heureusement modernisés. Le pilot de V aime à poser des bases immédiates, sans trop compter sur la patience du spectateur, c’est un gage indiscutable de qualité.

Les thèmes de la résistance, du journalisme politique, de la religion, de l’endoctrinement de la jeunesse mondiale et de la dévotion débonnaire d’un peuple trompé sont autant d’atouts majeurs pour la suite.

Introduits rapidement, le tout un peu survolé, ils représentent néanmoins de très solides perspectives qui permettent à V de gagner en légitimité, accessoirement de se démarquer indiscutablement de Flash Forward, l’autre série-évènement d’ABC, l’autre série SF, mais au charisme et à l’effet vains.

V se veut être une série mystique, réfléchie et formellement spectaculaire. Ca tombe bien : on le veut aussi.

(8.5/10)

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Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, V | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : v, abc, remake, pilot, elizabeth mitchell, critique, visiteurs |  Facebook

29.09.2009

The Good Wife (Pilot) Légale, droite, sévère mais pas que.

 

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Julianna Margulies est enfin de retour. Devant la barre, encore une fois. L’ex-star d’Urgences ayant déjà tentée l’expérience judiciaire il y a deux avec Canterbury’s Law, à l’image insipide. Dans The Good Wife, elle ré-enfile son habit d’avocate féroce. Mais avec un fardeau à assumer devant ses pairs : sa vie d’épouse bafouée par les déboires d’un mari procureur infidèle, sûrement corrompu (Chris Noth), méprisé de tous.

Créée par Robert et Michelle King –pointures du genre, The Good Wife est une série d’abord originale. Son propos, qui ne se contente pas des allures des legal show classiques (mais qui les aborde efficacement) semble surtout vouloir explorer les rouages judiciaires internes. Du fonctionnement des cabinets d’avocats aux passations de pouvoirs magistraux, la série s’intéresse de près à la machine judiciaire en tant qu’institution. A travers l’héroïne, à la fois actrice et proie dudit système.

The Good Wife s’avère donc être un joli concept judiciaire, mais pas que. Suffisamment féministe aussi pour exposer la vie privée d’une épouse humiliée après les dérives d’un mari public. Une réalité proche du lynchage médiatico-politique américain, qui a pu ébranler des figures d’épouses comme Hillary Clinton aux femmes de traders volages.

Visuellement impeccable, distinguée et sobre, sans être austère, la forme de la série permet une vraie immersion dans un monde quasi-monacal. Presque théâtralisé. Une ambiance profonde, plutôt authentique qui sied parfaitement à l’allure de l’héroïne, elle-même assez charismatique et sévère pour porter à bout de bras la série sans jamais s’essouffler.


Non dénuée d’imperfections –un format de formula show, qui limite l’étendue des intrigues par épisode et un ton versant dans le manichéisme-, The Good Wife reste une grosse production sérielle que l’on connaît par définition. Mais le talent de Julianna Margulies, l’allure générale de la série et sa force de conviction lui assurent un bel avenir.

A suivre.

(7.5/10)

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27.09.2009

Eastwick (Pilot) Au rayon magie de votre supermarché

 

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Joanna, Kat et Roxie sont trois jeunes femmes vivant dans la petite ville d'Eastwick. Sans jamais se fréquenter ni s’apprécier, les trois énergumènes vont par le coup du hasard et de la magie (sic) se réunir et se découvrir ensemble des pouvoirs à la Phoebe (pas Bouffay, l’autre), qu’elles n’avaient jamais soupçonnés.

 

Un navet avarié dans une feuille d’or

Ce qui est repoussant, intolérable, rédhibitoire dans le projet d’Eastwick, c’est son décor de small town show. Et pas n’importe quelle petite ville sérielle. Ce décor, c’est celui de Stars Hollow, ville sacro-sainte de Gilmore Girls, série tout aussi sacrée.

Pour usurper le cadre intact d’une série intouchable qui a autant brillé par son spiritualisme unique que par ses rues bucoliques, ses étendues herbeuses, son kiosque à journaux, ses dalles, sa gazebo, ses auberges et la salle de danse de Miss Patty, il faut avoir un sacré culot. Et surtout pouvoir assurer derrière. Ce qui foncièrement s’avère impossible  lorsqu’on troque lugubrement Lorelai, Kirk et Taylor pour des personnages insipides incarnés par Rebecca Romijn, Lindsay Price et une ancienne catin oubliée de Veronica Mars.

On peut comprendre qu’une série comme Eastwick soit tentée par le charme de Gilmore Girls. On n’en fait plus des comme ça. Mais encore fallait il que la nouvelle série d’ABC ne se contente pas de frôler des thèmes gourmands automnales à la Amy Sherman Palladino, entre imitations de foires du village, fêtes de l’Indépendance et Thanksgiving en habits de pèlerins. Et qu’elle mise sur plus qu’une fausse fraîcheur et une apparente énergie verbale. La fameuse magie niaiseuse en moins.

 

Produit en fin de vie. Code barre effacé. Dernière démarque avant liquidation.

Parce que Gilmore Girls est déjà inégalable, Eastwick, elle, est doublement stérile. Sur le fond (octo-LOL), un trio d’héroïnes sans charme –une sainte nitouche, une journaliste nunuche et une mère permissive tendance grosses manières- incarnés par des actrices de seconde zone, jamais avides de crédibilité. Toutes trois dignes des storylines amoureuses du pilot, aussi mauvaises que le jeu de Rebecca, devinables comme la démarche de Lindsay, éteints comme la prestation de l’ancienne de Vero, qui ne cogne tellement pas qu’on ne connaîtra jamais son nom. Appelez la Sappy Ginger, ça mérite un changement légal.

Puritaine et sans saveur, Eastwick est un résidu de série bon marché : soap fifille préfabriqué aux lignes scénaristiques tirés d’un manuel débutant, rythme zéro, dialogues en boîte, ambiance calquée sur un modèle sériel avec lequel elle ne rivalisera jamais –même à l’usure de sortilèges à la con.
Et en 2009, une série pariant sur le thème de la magie qui, lorsqu’elle n’est pas loufoque né d’un esprit Allenien, ne peut qu’être qu’un fonds de commerce périmé, est aussi rétrograde pour l’univers séries qu’urticant dans sa démarche.

Comme « proposer » est le dernière préoccupation d’Eastwick, on se suffit d’un magic show gobe-mouche et couillon. A l’effet navette temporelle magiquement esotérique qui nous ramènent (de force) des années en arrière devant Charmed. L’acné tenace, la mentalité primaire acharnée et fort d’une ineptie quasiment ensorcelante tant elle nous flagelle les joues boutonneuses.

Bienvenue à Eastwick. Sans Susan Surandon, mais avec des tartes. (N’oubliez pas votre sac à vomi : ça digère dur).

(2/10)

13.09.2009

The Vampire Diaries (Pilot) – Cher journal, je suis hémophile


Une adolescente triste et orpheline va voir sa vie chamboulée par l’arrivée d’un jeune vampire au grand cœur. Puis d’un autre, bien plus affamé et moins gentleman. Heureusement, elle pourra compter sur l’aide de ses amis lycéens et de son journal intime pour choisir qui sera son mordeur préféré.

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Sans le succès littéraire (ça écorche toujours, on n’y peut rien) planétaire de Stephenie Meyer, the Vampire Diaries n’aurait probablement jamais atterri en prime sur la CW. Et celle-ci n’aurait jamais connu le plus grand de ses succès d’audiences depuis sa création.

L’effet Twilight aidant, tout prédestinait The Vampire Diaries à devenir une série success. Au résultat aussi inodore et sans relief que la suite de romans à succès. Et pourtant, malgré son pedigree estampillé Twilight, la série de la CW tient assez bien la route. Quitte à marcher sur les plates bandes de cette apathie littéraire.

 

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12.09.2009

Melrose Place (Pilot) – Nouvelle version bêta pour ados lambda


Comme en An 40, la vie mouvementée des habitants du 4616 Melrose Place, entre coucheries, meurtres et trahisons.
Ou une impression de déjà-mâché.

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Parfaitement super-artificielle, exceptionnellement tape à l’œil mais faussement trash et bitchy, la version 2009 de Melrose Place, soap phare des années 90, n’a pas grand-chose à dire.
Trop fidèle à la série bien connue, ce Melrose Place 2.0 cantonne son cast à incarner les personnages qui ont fait la gloire du show. Chaque protagoniste étant la copie « moderne » des piliers de Melrose (feu Amanda, Billy et Alisson, dites bonjour à Ella, Jonah et Violet).

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Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Melrose Place | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : melrose place, cw, critique, pilot, saison 1 |  Facebook

30.08.2008

Leverage - Review - Critique – Pilot

 

Créé par Chris Downey, John Rogers (The King of Queens)

Diffusion – TNT

Format 55 minutes (pilote) – 13 épisodes (saison 1)

 

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Cast

 

Timothy Hutton (Kidnapped), Christian Kane (Angel, Close to Home), Beth Riesgraf (My Name is Earl), Gina Bellman (Coupling, Jekyll), Aldis Hodge (Friday Night Lights, CSI), Saul Rubinek (Frasier, Blind Justice, Julia)

 

Critique

 

Dès les premières secondes du pilote, c’est évident : Leverage est une série de divertissement avant tout, mélange d’action et de coolitude second degré. Apprécions-la comme telle, mais dès lors, on a toutes les raisons de craindre le pire : une écriture facile et cliché, se fendant d’une ironie histoire de faire croire au semi-ratage volontaire et parodique ?

 

We provide… leverage (réplique culte)

 

Leverage conte les débuts d’une troupe de bienfaiteurs de l’humanité à la limite de la légalité, taquins, chieurs, mais gentils au fond, ne prenant pas leur job bien au sérieux, mais le faisant bien. Des vrais pros, et sympas en plus. Dans le genre, on a déjà vu Hustle, d’ailleurs on se demande encore pourquoi TNT s’acharne à commander tant de projets doublons, copies supposées de séries réussies. Et ici, les dialogues semblent forcés, les intéractions entre les personnages peu charismatiques et tous cliché, superficielles. Bien sûr on peut argumenter que le désastre est parodie, que l’incendie est volontaire, comme le signalent les flash-backs plus ou moins décalés. Mais n’est-ce pas encore pire de se poser comme conscient, et en maîtrise, du désastre de son scénario ?

 

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We know Drama, alors pourquoi Leverage ?

 

Du scénario, parlons-en. Saul Rubinek, le pauvre, se débat avec un rôle digne – dès le pilote – d’un personnage de la saison 3 de Prison break. Du sous Prison Break saison 3. Comme Lechero, Victor Dubenich est prévisible et naïf pour son rang – juste comme il faut, pas trop, il faut bien remplir l’épisode, et se croire crédible. Tout est fait pour coller au scénario, dès le pilote, remarquez, on peut être curieux, se demander si on peut tomber plus bas.

Ma critique peut aussi être un rien sévère : pour ceux qui n’ont pas connu les joies des tricks de The Riches, Hustle ou Prison Break, peut-être cela vous suffira. Moi, çà me rappelle 24 auquel je n’ai pas accroché,  avec ses bidouillages informatiques qui embrouillent l’esprit, l’action avant tout, la caricature second degré en plus. Jack Bauer, au moins, a l’honnêteté d’assumer son sérieux légendaire de martyr.

Dans Leverage aussi le personnage central est supposé plus profond que les autres. Le seul intérêt de la série, pour moi. Mais bon, un problème moral inintéressant et prévisible, et un traitement lourd plombent la douleur indicible qui accable Nathan. La scène avec le ninja-coiffure-surfer sur l’amitié gâche un rien la seule subtilité du pilote. Parce qu’à moins d’avoir loupé des références qui me sont inaccessibles, ne pas compter là-dessus, tout est clair, tout est dit. Leverage, une pionnière de la série honnête et déceptive ?

 

Lourd

 

Bah voyons, remarquez dans ce cas le réalisme criant, autrement dit l’image et les décors ternes et sans identité font l’affaire. Par contre, quel est le but de la réalisation qui donne le tournis (amusez-vous à compter les tours complets de la caméra…) ? Et de la musique façon Ocean’s, omniprésente et lourdingue ? Une sorte de métaphore sur le mouvement nécessaire ? Le manque de charisme des acteurs/persos empêche de toute façon Leverage de prétendre au statut d’Ocean’s des séries.

 

Conclusion

 

Une série qui, dès son pilote, pose les bases de son mélange drama assumé / comédie jemenfoutiste avec une honnêteté discutable. Un pilote où, finalement, le mouvement et le bruit sont omniprésents, pour éviter de s’arrêter et de penser, un peu comme Nathan Ford pour oublier sa souffrance. La marque peut-être d’une profondeur minimale, ou simplement d’un style commercial avoué.

 

 

 

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Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Leverage | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : leverage, critique, pilot, tnt, review |  Facebook

22.05.2008

Private Practice - Review - Critique - Saison 1

Créee par Shonda Rhimes (Grey's Anatomy)
Diffusion sur ABC

Series Premiere le
26 septembre 2007
Format 42mn-
13 épisodes

Cast
Kate Walsh (Grey’s Anatomy), Audra Mcdonald (The Bedford Dairies, Mister Sterling), Amy Brenneman (Judging Amy), Taye Diggs (Day Break, Kevil Hill), Paul Adelstein (The Nine, The Sopranos, The Fugitive), Timothy Daly (Turks, Prison Break), Chris Lowell (Veronica Mars), Kadee Strickland (The Wedding Bells)

Show Synopsis
Déçue par un divorce ressenti comme un échec personnel, Addison Montgomery, chirurgien néonatal réputé, décide de quitter Seattle et l’équipe du Seattle Grace Hospital pour retrouver sa meilleure amie de faculté, Naomi et refaire ainsi sa vie au soleil. Arrivée à Los Angeles, elle fait la connaissance de l’équipe de Naomi et décide de travailler à l’Oceanside Wellness Group.

Critique

Une saison au-dessus de mes maigres attentes
Malgré une emprise appuyée de certains préjugés, la saison inaugurale de Private Practice s'est révélée être une petite surprise, petite, parce que je suis loin d'être fan du genre, mais surprise quand même.
L’avant-gout réalisé l’an dernier à travers l’épisode spécial de Grey’s Anatomy avait eu sur moi un effet dévastateur. Il faut dire que la combinaison Grey's Anatomy-Private Practice n'avait rien de subtil. Il faut dire aussi que j’étais contre le départ d’Addison de Grey’s Anatomy –seule joie dans un univers devenu franchement austère- et que je voyais d’un mauvais œil l'émergence de ce spin-off aux airs opportunistes et arrivistes.

Ainsi, j'étais persuadé de trouver une série sans âme, montée de toutes pièces, persuadé d'avoir à faire à un simulâcre de concept chargé uniquement de faire valoir plusieurs characters se contentant d’interpréter une galerie de personnages aussi loufoques qu’affligeants en reprenant perpétuellement les mêmes schémas et mêmes poncifs éculés. Mais pour vous, humbles lecteurs, j'ai vaincu mes peurs primaires et ai testé cette première saison de Private Practice.

Pour être honnête, Private Practice n'a rien d'une vraie bonne série, il faut être sacrément fan du genre ou mièvre (c'est au choix) pour apprécier sa teneur tant la série mise sur son aspect mélo girlie. Néanmoins, la première saison a su éviter de manière habile les nombreux écueils de la série soap, écueils dans lesquelles elle s’était à première vue bien enfouie. Mais il faut couper court aux rumeurs, Private Practice n'est pas un sous Ally McBeal médical et n'emprunte que très peu ce ton mi-sexuel, mi-déjanté ayant déjà fait loi sur le marché du monde sériel, elle demeure un produit Rhimes très identifiable.

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C'est effectivement une photo de mauvaise qualité, et alors ?

 

 

Une capacité à émouvoir, personnifiée par des marionnettes qui y croient
Contrairement à la majorité des histoires vues dans Grey’s Anatomy, dans Private Practice, les cas médicaux surprennent : ils intéressent. Dans Grey's Anatomy, les arc médicaux sont trop phénoménaux, trop irréalistes, trop one shot dans une série dominée par les relations amoureuses du personnel soignant.
Dans Private Practice, les storylines médicales sont nombreuses. Parmi elles, de nombreuses intrigues ont été vues et revues, tout comme ce dénouement aussi mélodramatique que trop usé. Mais bien qu’elles manquent cruellement d’originalité, certaines peuvent capter notre intérêt et savent quand il le faut, émouvoir. Et c’est peut-être ce dernier trait qui consacre Private Practice comme une potentielle bonne série : sa capacité à émouvoir et son aspect général plus pudique que Grey’s Anatomy, lui permettent de trouver une marque à elle et éventuellement, de s’émanciper de son étiquette de spin-off.

Interprétée par une majorité d’acteurs convaincants, Private Practice, c'est évidemment Kate Walsh, l’Addison bien connue mais davantage guillerette et osée qu’avant, -deux qualités qui ne semblent pas toujours lui seoir, mais probablement justifiées par ce désir de changement. Mais c'est aussi un cast de bonne facture, plutôt chaleureux, dans lequel se démarque Amy Brenneman –la quasi-culte Amy Gray-, formidable dans le rôle d’une psychiatre à fort caractère, pourtant fragilisée par le départ de son mari. Le recast de la meilleure amie d’Addison ne me pose pour ma part, pas de problème réel, l’ancienne Naomi collait davantage au personnage mais Audra Mcdonald fait très bien l’affaire. C’est aussi agréable de retrouver Taye Diggs et Paul Adelstein dans un rôle qui leur va assez bien. Le seul hic demeure centré sur les personnages de Peter, que je n’aime pas du tout, ce qui est ici très fâcheux embêtant vu l'importance du rôle, et Dell, personnage auquel je ne crois pas une seconde, Piz de Veronica Mars étant encore très présent dans ma mémoire de fan abruti.

Un potentiel indiscutable gâché par une signature Rhimes omniprésente
En conclusion, Private Practice a un potentiel indiscutable. Pour cela, Shonda Rhimes, showrunner, sait comment procéder et n’hésite pas à reprendre les mêmes ingrédients (efficaces ?) que pour son premier bébé. Fait par Ms. Grey’s Anatomy, écrit par Ms. Grey’s Anatomy, produit par Ms. Grey’s Anatomy, ça ressemble forcément à du Grey’s Anatomy : on retrouve effectivement la stratégie scénaristique et le propos dramatique de Rhimes. Ainsi, se dégage un narcissisme exacerbé, ces incessantes complaintes souvent démesurées et injustifiées ainsi que cette même lourdeur dans l’écriture, cela vient parfois gâcher le ton guilleret de personnages agréables à regarder.

Mais comparé à un Grey’s Anatomy devenu plus austère que jamais, plus éculé et affligeant que jamais (màj : en écartant les quelques derniers épisodes de la saison 4), Private Practice a le mérite d’apporter du baume au cœur, de divertir, d’apporter de la bonne humeur et de mettre en scène des personnages consistants altruistes et agréables à suivre, ce qui n’est plus le cas au Seattle Grace Hospital depuis exactement 33 épisodes.
Au final, Private Practice bénéficie de personnages attachants, de storylines émouvantes, de dialogues pimentés et de situations attendrissantes, cela fait de la série un spin-off assez bien réussi qui peut plaire aux quelques amateurs du genre. Mais il faut espérer que cette courte première saison ne soit pas qu’une exception et que la suite ne cède pas au syndrôme dévastateur Grey’s Anatomy. Pour ma part, je ne tenterai pas le diable et j'en resterai là. Bonne vie Private Practice.
 

 

Pouah, qu'ils sont moches et négligés !

18.11.2007

Samantha Who? - Review - Critique - Pilot - 1.05

Beyond its title, I have no quibble with this well-made,

sly, heartwarming and at times giddily funny show.

Crée par Donald Todd, Cecelia Ahern (Ugly Betty, Girls on the Bus)
Diffusion sur
ABC
Series Premiere
le 15 octobre 2007
Format 30mn
– 13/22 épisodes

Cast
Christina Applegate (Jesse, Friends), Barry Watson (What about Brian, 7th Heaven), Melissa McCarthy (Gilmore Girls), Kevin Dunn (Bette), Jean Smart (24, In-Laws), Tim Russ, Jennifer Esposito (Related, Spin City )

Show Synopsis
Sam est une jeune femme qui se réveille complètement amnésique, oubliant donc qui elle était, après avoir passé huit jours dans le coma à la suite d'un terrible accident. Alors qu'elle repart à zéro, elle découvre qu'elle n'était pas une personne sympathique et qu'elle était considérée comme une garce. En effet, elle était narcissique et ne s'impliquait jamais dans ses relations. Sam doit donc maintenant lutter entre sa volonté d'être plus gentille et sa tentation d'être plutôt antipathique comme avant. Trouver le juste milieu ne s'avère pas du tout évident.

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Critique

A l’heure de cette review très tardive, Samantha Who ? a connu le succès, les bonnes critiques et même la certitude d’une saison entière.  Après seulement cinq épisodes diffusés, il est difficile de faire mieux.

En ce qui me concerne, la série Samantha Who ? m’a également conquis. Après diffusion du pilot, un grand vent d’enthousiasme me traversa. Entré comédie classique mais attachante et série sympathique à suivre assidûment, mon sentiment était à ce point partagé. Après ces cinq épisodes, la conquête est entérinée : Samantha Who ? fait parti de mes favoris de l’année.

Bien que pas vraiment révolutionnaire ni très véritablement original, le sujet me plaisait, il faut le dire, plutôt beaucoup. Si Jesse n’était pas une série à rester franchement dans les annales, si les apparitions de Christina en guest star dans les series à succès ou dans certains films dont la qualité peut s’avérer bien douteuse ne méritaient pas qu’on s’y attarde très longtemps, il fallait cependant reconnaître que Christina Applegate est une actrice populaire au capital sympathie intact depuis Married With Children.

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Revoir Christina Applegate tenant le leading role d’une série qui plus est, comique, était donc une chose plutôt alléchante. Je la trouve amusante, pétillante et toujours attachante, c’est un guilty pleasure personnifié.
A ce niveau donc, Samantha Who ? remplit aisément son contrat. Christina Applegate interprète une Sam drôle et naïve/cruelle et hilarante qui porte à elle-seule la série et son intérêt initial.

Mais grâce à une galerie de personnages loufoques, excentriques et au final très intéressants, Samantha Who ? peut se vanter de dépasser la dimension « série créée pour X ».
La série fait en premier lieu la part belle aux parents de Sam, entre une mère hystérico-dépressive à tendance mi-bourgeoise, mi-ménagère et un père pantouflard, compréhensif un brin bêta, la combinaison est efficace : le fameux trio fonctionne à merveille. Les amies de Sam sont aussi le second pilier du show, entre une meilleure amie bitchy à souhait, égocentrique et surfaite et une seconde meilleure amie fictive, plus gentille et bonne pâte que sa principale rivale, elles forment toutes les deux la personnalité révolue et révélée de Sam.
N’oublions pas : Samantha, c’est une jeune femme sûre d’elle, tyrannique, infidèle, alcoolique, capitaliste, superficielle, égoïste et cynique essayant de devenir dévouée, compréhensive, généreuse, solidaire, attentionnée et altruiste. Pari très difficile.
Le reste est agréable, malgré un certain tempérament à l’égard du petit-ami, Barry Watson est très bien mais son personnage a un côté lisse qui me déplait, je n’ai jamais suivi What about Brian (for Pete’s sake !) mais je sens la transition trop abrupte et opportuniste.

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En outre, ce qui fonctionne indiscutablement dans Samantha Who ?, c’est le caractère cliché et assumé du ton et des personnages, grossir le trait était une solution appropriée et le show a vu juste en l’utilisant gaiement ! Les scènes ne révolutionnent pas le genre, les dialogues ne sont l’originalité incarnée et les trames les plus inspirées du siècle, mais les répliques fusent, le rythme est effréné et les scènes joviales ; devant Samantha Who, le temps passe vite et le divertissement a un effet très positif sur nous !

Pourtant, j’ai du mal à considérer la série comme une sitcom, elle ne tombe pas dans la catégorie de The Big Bang Theory ni de Back to You car aucune des véritables caractéristiques de la sitcom n’est ici employée. La série se contente à la manière d’un 30 Rock, d’un format comédie, d’une ambiance comédie et d’un thème comédie teinté, il faut le dire, de quelques nuances dramatiques appréciables.
Ainsi la série évite les défauts inhérents au genre, ceux qui me font généralement m’enfuir loin de ma télé, et profite activement de ses atouts : une trame profondément de bonne humeur, un format court mais efficace qui apaise le sériephile avide de produits.

En conclusion, la recette est bonne, Samantha Who ? est une réussite à tous points de vue. Bien qu’il n’ait pas grand-chose à dire, à commenter ou même à analyser avec ferveur, cette charmante comédie agit efficacement : on passe de très bons moments et l’idée d’une saison intégrale de network (sous réserve de tout ce que l'on sait, hein ! Go Writers !) me fait saliver d’avance.

 

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