26.10.2010

The Big Bang Theory (Saison 4) Les geeks font du surplace

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Depuis deux ans, The Big Bang Theory est la comédie la plus plébiscitée par les américains. Rien de plus normal donc pour que la sitcom de CBS intègre cette année la case horaires du jeudi, concurrençant directement les comédies de NBC et les valeurs sûres médicales d’ABC. Une promotion méritée pour le Big Bang ?

 

Si la série geek est devenue un lead-in mené d’une main de fer par Sheldon Cooper, The Big Bang Theory se fragilise avec le temps, quitte à nous donner l’impression que les meilleurs vannes et les situations les plus geekesques et inspirées de la bande à Sheldon sont loin derrière elle.

Pourtant, la série ne repose pas sur ses lauriers et ses doctorats accumulés. The Big Bang essaie tant bien que mal d’évoluer et d’élargir son propos en déployant de nouvelles intrigues, de nouvelles histoires … malheureusement taillées pour Sheldon, le héros unique.
La quatrième saison s’est ouverte sur une romance platonique entre Sheldon et Amy (surnommé Shamy par la toujours pétillante Penny), mais Amy, aussi butée et psychorigide que Sheldon, sujet aux mêmes logorrhées scientifiques et principes étroits, n’a pas réussi à faire voir à la série de nouveaux horizons, encore moins à assurer le renouvellement d’un humour, toujours cantonné à de grandes tirades verbales désormais largement appréhendées. Et c’est tout l’enjeu d’un personnage féminin dans la vie du geek tout-puissant qui s’est réduit comme peau de chagrin.

 

Le problème de The Big Bang Theory est aussi son plus bel atout, celui qui reçoit les statuettes et les honneurs depuis quatre ans : Sheldon Cooper/Jim Parsons. La série a atteint un tel degré de notoriété personnalisée Sheldon et ses tendances Asperger, qu’elle manque d’envergure et d’appui extérieur, voire de personnages.

Leonard, en bon sidekick vieillissant, n’a plus rien à dire depuis sa rupture avec Penny, elle-même habituée à son rôle de donneuse de répliques tordues au personnage de Sheldon, et le duo Hollowitz-Raj tourne en rond, alternant les situations figées sur les coutumes indiennes et l’altercation avec la mère juive du scientifique aux pantalons slim. L’inanité actuelle de la série est telle que ce début de saison procède désormais de façon automatique, en créant les mêmes guéguerres et controverses scientifiques, les mêmes dynamiques de personnages, ou en faisant par exemple rabibocher Howard à sa belle et timorée serveuse. Une prudence de fond qui expose la série à un manque récurrent d’enjeux nouveaux.

 

La quatrième année de The Big Bang Theory débute laborieusement. Rien n’est manifestement mauvais dans cette comédie à la mécanique scientifico-loufoque bien rôdée, trop rôdée peut-être. Prions pour que la série grignote un peu d’innovation, établisse de rôles nouveaux, de références plus modernes pour ne pas s’épuiser en intérêt.

6/10

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03.06.2010

The Big Bang Theory (Saison 3) Geekier than geek ?

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The Lunar Excitation - 3.23 (diffusé le 24.05.10)

Jeté de rideau à côté pour le final de la série scientifique de CBS. Alors que The Big Bang devient de plus en plus romancé et plat, on se demande : mais où est passée la théorie ?


Syndrome de la saison 3 pour cause, The Big Bang Theory aura cette année manqué de mordant comic-comique. A l’image de cet épisode conclusif où les blagues de scientifiques sont étouffées par les répliques amoureuses et les façades sentimentales, les geekeries, elles, tendent à disparaître de l’univers. Lequel, dirait Sheldon, contrarié par son manque de contrôle ?

Parce que si Sheldon a beau rester un sympathique geek asperger, l’écueil fait Barney Stinson dans HIMYM n’est jamais loin pour une sitcom traditionnelle à personnage atout unique.  Sheldon ne peut pas assurer efficacement la dynamique humoristique à lui tout seul. Voilà pourquoi la seconde saison de la série d’ailleurs était subtilement délicieuse, Penny la voisine avait été désignée partenaire de force opposée à Sheldon et les répliques grandissaient en références geek, en cynisme et en ironie.


Comme cet épisode le montre, l’ambiance de cette saison tend à se rosir, sous les pluies des ruptures, même le pauvre Sheldon, qui pourtant était longtemps resté en dehors des contingences mélo, pourrait bien se voir affublé d’une compagnie féminine le temps d’un arc pas forcément inspiré sur le fond. Si les geeks ont la frustration amoureuse comme référent quotidien (ou même l’art de la science dans les gênes), ils représentent également d’autres idiosyncrasies, d’autres manières d’être, qui pourraient se greffer aux caricatures faites ici de nos personnages.


Evidemment, les auteurs s’efforcent encore d’opposer le geek expérimental au mâle lambda, comme cette scène sur le toit de l’immeuble. Mais les recours deviennent systémiques, quasi présomptueux. Faut-il être véritablement dégénéré pour ne pas comprendre un discours de thésard, n’existerait-il parfois davantage de nuance ? A croire la série, il y a d’un côté les geeks trop intelligents, de l’autre les abrutis finis. Sous cet angle, The Big Bang Theory paraît manquer de personnages passe-partout, quelques têtes bien pensantes qui ne soient ni expertes en astrophysique ni en menu fast-food. La voisine du dessous, qui signe là sa première apparition, serait déjà une avancée symbolique pour la série qui on l’espère étoffera sa quatrième saison.



Une conclusion en forme de déception. A force de trop miser sur l’intrigue de Penny et Leonard (ou une histoire qui d’emblée manque de passion et d’intérêt), la série s’enlise dans des scénarii déjà-vu dans lesquels Sheldon tente comme il peut de faire figure d’antimodèle. Et l’évolution des espèces dans tout ça ?

5.5/10

 

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