23.01.2011

Gossip Girl (Saison 4) Ados vieillis pour blogueuse essoufflée ?

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La jeunesse sans qualités de l’Upper East Side entame son quatrième round doré. A en croire les mauvaises langues lucides, le dernier avant un retour définitif aux coulisses de l’oubli. Si cette nouvelle saison aspire à une certaine maturité de fond, fort de l’âge désormais avancé de nos héros attardés, le retour de Gossip Girl conserve cette oisiveté creuse caractéristique et garde la pose, toujours cette pose vitreuse et tarte.



Pour faire peau neuve, Gossip Girl a eu l’idée avant-gardiste d’improviser un voyage à Paris. On s’attendait férocement à une redite de Carrie Bradshaw parcourant l’avenue Montaigne avec complaisance et attitude et le cliché n’a pas manqué. Plus glamour, tu meurs, Paris est revenue cette capitale fantasmée de tous, où l’on lit Colette dans un parc chatoyant, s’extase devant un Manet, porte des Louboutin dans les ruelles pavées et respire la pollution au derrière d’une Vespa conduite par un français qui aurait un nom de roi décapité.

Et si dans la vie, la parisienne préfère lire Guillaume Musso dans un métro sale, sandales Minelli aux pieds, en route pour le dernier film de Michael Youn après un repas bourratif chez Hippopotamus, on laissera volontiers Blair et Serena rêver leur été, comme dans un film démodé des sœurs Olsen.

Ces quelques clichés parisiens passent encore, mais au moment où la série organise un défilé éhonté de quelques grandes maisons de la mode (Ba&sh, Zadig & Voltaire, Fauchon, Chanel, Chantal Thomas), l’hommage à l’accent frenchi forcé devient irritant et l’on frôle véritablement l’écoeurement général. L’escapade juvénile de Serena et Blair, toujours en guéguérre éphémère, n’est alors plus qu’un prétexte sordide à un étalage griffé sur-référencé sur fond de Katy Perry. C’est ce qui s’appelle manquer terriblement son entrée sur le territoire.

 

Mais plusieurs bonnes nouvelles viennent réconforter l’univers luxuriant new-yorkais de la série. Ne plus voir Jenny et sa moue tirée vers l’anorexie d’abord et compenser avec de vrais débuts d’arc potentiellement intéressants. A savoir celui l’enfant de Dan qui fait prendre un coup de vieux au père Humphrey et qui permet de revoir un temps la toujours convaincante Michelle Trachtenberg dans le rôle culte de Georgina.

Aussi, l’arrivée de la très CW Katie Cassidy, qui enchaîne les ratés sériels mais qui ne désespère pas de cartonner, fort d’un minois plus harmonieux que toutes les héroïnes de Gossip Girl réunies. Katie interprète ici une femme mystérieuse, une certaine Juliet Sharp qui infiltre le microcosme mode de NY pour enquêter sur la jeunesse de l’Upper East Side, à savoir nos héros du petit écran. Une nouvelle Gossip Girl, en somme.

Mais les fans les plus récalcitrants de Gossip Girl seront évidemment avant tout subjugués par l’histoire du rescapé Chuck qui parachève avec efficacité ce premier épisode. Charles Bass a donc survécu à l’agression de l’Europe de l’Est. Qui en doutait ? Qui dit seconde vie pour le jeune riche, dit nouvelle identité. Chuck s’auto-baptiste Henry Prince et décide de conquérir Paris, aux bras d’un nouveau trophée, Clémence Poésy. Blair peut prévoir son quota de perfidies à débiter.

 

Avec son esprit poseur intact, ses défilés en toc, ses dynamiques relationnelles ronflantes, Gossip Girl continue sur sa lancée ostentatoire assumée. Mais la promesse d’histoires intrigantes permet à la série un soubresaut d’espoir, du moins un début de scénario.

5.5/10

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