01.12.2009
Paradox (Saison 1) FlashForward british, sans Fiennes, sans fiel

Transmises de l’espace, des photographies fragmentées sur de futures catastrophes terriennes sont captées par le laboratoire du Dr King (Emun Eliott). Décontenancé, celui là fait appel à la police, l’inspecteur Rebecca Flint (Tamzin Outhwaite) pour vérifier si les images diront vrai. Mais le futur ne ment jamais.
A vue de nez, un plot qui s’assimilerait volontiers à celui de Flash Forward, la dernière trouvaille ampoulée d’ABC. Mais l’alcoolisme et l’adultère en moins, cette mini série de cinq épisodes de la BBC s’attarde davantage à créer une vision anticipatrice mêlant uniquement drama temporel et cop show, loin de toute considération américaine.
Ou presque : parce que sous ses airs modernes polis, le fond de Paradox ne s’avère être finalement qu’une version plus ou moins actuelle de Code Quantum, Journeyman ou même Tru Calling. Outre sa dimension fantastique originale (mais cheap), Paradox se révèle effectivement être un produit formula, sur la prédestination et l’altruisme humain -tout ce qu’il y a de plus classique et manichéen de l’industrie série.
L’intrigue où l’humain paraît plus vulnérable que jamais face à Mère Nature se déroule de manière archi-convenue. C’est davantage dans sa présentation générale des faits à venir, dans l’introspection aussi de ses personnages que la série vaut le coup d’œil, visuellement d’abord. Musicalement aussi, et même si le résultat est aussi intéressant qu’alourdissant parfois, il donne l’impression d’un travail orchestré par Michael Giacchino.
Sur le fond, l’enquête policière manque terriblement d’aplomb, à la construction policière simplifiée (indices peu subtils, résolution enfantine), répond une paresse des scénaristes de complexifier l’aspect scientifique de la série, d’où l’impression de cheap. Le héros physicien ne s’éloigne qu’un temps de la caricature scientifique et aborde des airs de fou savant à la dérive. Un partenaire médiocre pour l’actrice Tamzin Outhwaite (The Fixer, Hotel Babylon), qui donne un peu de chaleur humaine au programme.
Toutefois, l’originalité de Paradox réside dans sa croyance religieuse du monde, à travers ledit personnage féminin, plus spirituelle que rationnelle. Un pied de nez fait aux théories mathématiques et qui renvoie à la propre indécision de chacun. Aussi, son aspect jusqu’au boutiste assumé la distingue des productions américaines dans le vent : la première enquête se solde tout bonnement par un échec. 74 morts, dont l’un des protagonistes suivis sur l’heure du pilot.
Et même si la gentille famille unie est elle, fort heureusement, épargnée de l’apocalypse routier, Paradox, par ses airs calibrés et tenaces, pourrait bien sustenter les fans du genre temporellement cataclysmique. Les autres, eux, ne préféreront même pas régler leur montre.
(5/10)

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Paradox | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paradox, critique, bbc |
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