24.10.2009

Cinéma : Non ma Fille tu n’iras pas danser ***

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Depuis ses Chansons d’amour, Honoré s’obstine à travailler son empreinte, ses audaces d’auteur qui saisissent l’écran par ses élans verbaux vigoureux, mais parfois vains.
S’il parvient ici à canaliser le bavardage, et même à s’envoler parfois sous des joutes brûlantes loin de son juvénilisme primaire, le réalisateur réussit ici surtout la forme de son portrait : instable, évolutif et personnel.

C’est le portrait d’une femme qui paresse, ne rêve plus, rejette, hystérise. Une femme qui dissimule à tous une colère brisée. Une femme qui, sous ses apparences assumées de mère monomaniaque, est entre deux-crises, deux brutalités. Indécelables à l’œil nu, incomprises par ce cocon familial trop ouvert pour entendre.

Sans discours dramaturgique, ni bon-vouloir psychologique, chaque scène malaxe puis martèle, frôlant souvent la démagogie ou l’écoeurement des sentiments complexes bien français, mais sans jamais trébucher.
Parce qu’Honoré virevolte avec son personnage qu’il soutient à l’envi. Fasciné par sa désinvolture et son tempérament infantile qu’il enjolive à démesure, le réalisateur se plaît à magnifier cette femme ordinairement belle, à filmer ses traits, sa chevelure grasse, ses mains tremblantes sans la déifier.

En conservant la cruauté de son propos, foncièrement égoïste et lâche, qu’il assume, sans artifice, sans démonstration, le cœur battant mais la plume assurée, Honoré écrit la chute d’une femme. Sa dégueulasse libération.

(8/10)