02.05.2012
Best Friend Forever (Saison 1) Une sitcom passagère

Parfois, il faut apprendre à nager à contre-courant, à accepter l'isolement. Si Best Friend Forever bénéficie de critiques déplorables et d'une annulation injuste, ici on trouve que la série de NBC sur les retrouvailles de deux amies après le divorce de l'une d'elles est joyeuse et plaisante. Du Bridesmaids bon marché.
Ce qu'il y a de pire dans Best Friend Forever, a.k.a BFF pour les fans de Gossip Girl, c'est sûrement son titre, très girly, mais aussi très 2006. Au delà de ça, cette nouvelle comédie de la chaîne du paôn remplit son contrat, maigre bout de papier d'une série programmée le temps de quelques semaines de négligence.
C'est sur la tendance Bridesmaids (Mes Meilleures Amies, en VF) que Best Friend Forever s'inscrit. Sans l'humour osé et les nuances toujours subtiles du film de Paul Feig mais quand même. La comédie de NBC essaie de s'y rapprocher, tacitement, au prisme de cette relation fusionnelle entre deux copines de vieille date.

Derrière les deux bestah, Jessica et Lennon, il y a les vraies Jessica St Clair, connue pour ses nombreux petits rôles (Tara, Parks and Recreation, Weeds, Curb mais aussi Bridesmaids) et Lennon Parham,toutes deux créatrices et scénaristes de la série. Encore une fois moins talentueuses dans l'écriture et dans l'interprétation de leur consoeur Kristen Wiig (mais à ce petit-jeu là, beaucoup s'en cassent les dents), pour autant les deux copines démontrent qu'il y a du vrai dans cette relation posée à l'écran et assurent une comédie de bonnes répliques et de mordant.
Décriée par son manque d'originalité (mais quel concept peut actuellement se targuer d'être original ?), BFF a le mérite franc de la sincérité. Le modèle des deux copines qui se connaissent par coeur, se chamaillent et gesticulent dans l'hystérie est ici complètement imprégné. Jessica et Lennon forment un tandem de copines pour la vie aux bords foutraques et bavards mais qui très certainement s'inspire de la vraie vie.
Ajoutée à cela des dialogues plutôt bons, tirant vers le aigu mais qu'importe c'est le genre qui veut ça, des personnages secondaires étudiés (le compagnon bonne âme dans l'esprit d'Andy de Parks and Rec et la petite fille de l'immeuble chargée de cynisme trop écrit et de jeu rigolo), BFF convainc, et au delà du pilote, dans ses péripéties gentillettes, hystériques et toujours dotées de références pop chantées par les deux pine-co.
Pour quelques épisodes, la petite Best Friend Forever se révèle dynamique et attrayante, comme il faut.
6.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : best friend forever, saison 1, critique, nbc, lennon parham, jessica st clair |
Facebook
23.04.2012
Bent (Saison 1) Coup de foudre en bleu de travail

NBC a encore raté le coche. Avec sa nouvelle série, Bent, la chaîne du paon prouve qu'elle maîtrise moins les séries tout public que ses vertus élitistes. Médiocrement programmée (six petits épisodes diffusés par duo en trois semaines expédiées), Bent souffre d'une politique éditoriale désastreuse mais jamais de bonnes idées.
Un concept ultra-simple : un maçon, une avocate. Un point de vue antagoniste mais une attirance romantico-hystérique. Bent se résume à ça, petit cache-misère scénaristique sans prétention. Et pourtant, Bent ne baisse jamais les bras et convainc.
Dans ses idées, dans ses interventions, Bent la joue mignonne et affriolante. Mais c'est surtout sa modestie qui prime. Avec Amanda Peet, dans le rôle de la jeune avocate employeur, et David Walton (découvert dans 100 Questions), dans la peau du constructeur viril un brin miso, le tandem comique est osé, mais impactant. Energie farouche, alchimie brûlante, le duo de stars fonctionne à plein régime, à coup de répliques vachardes et de piques rarement délicates.

Si le concept de Bent n'en est pas vraiment un, la mécanique de la série fonctionne. C'est aussi grâce au talent des sidekicks autour, campés d'un côté par des connaisseurs, Jeffrey Tambor (Arrested Development), J.B Smoove (Curb Your Enthusiasm), de l'autre, par des surprises, Margo Harshman (la Guerre des Stevens) et Jesse Plemons (Landry dans Friday Night Lights) et la jeune Joey King.
Le tout débouche sur une troupe originale, multigénérationnelle, qui grâce à une énergie commune, aux allants sympathiques et affables, permet d'établir le ton, entretenir cette atmosphère joyeuse et printanière. Constituée majoritairement par des saynètes sans parti-pris à sketch, Bent fait évoluer ses personnages dans un lieu de vie commun -les décombres d'une maison en rénovation- et ose toutes les alchimies, les complicités. Résultat, de l'humour plutôt fin, jamais absurde, des interactions, une ambiance.
Plus accessible que les comédies majors de NBC mais jetée aux lions par NBC, Bent est une série bien fichue, amusante et revigorante. Pour sûr, elle finira martyre de son temps.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bent, saison 1, critique, nbc, amanda peet, david walton |
Facebook
13.03.2012
Smash (Saison 1) On gesticule dans la compétition

Après l'échec redoutable de Playboy, on la joue prudent sur la chaîne du paon. Son nouveau drama est sous les projecteurs, et avec lui, Broadway, le chant, la danse, la sueur. Voilà un show tout public supposé enchanteur.
L'histoire est vieille comme le monde : un rôle majeur, deux concurrentes acharnées, plusieurs moyens d'y accéder. Le concept de Smash se lit vite, se vend aussi vite, à la vitesse d'une refrain entêtant. Pour une nouvelle comédie musicale sur la reine Monroe, deux jeunes Marylin s'opposent. L'une est jeune, nouvelle, une brunette au teint malicieux qui veut sa place, mais pas à n'importe quel prix. L'autre, une voix impeccable, aiguisée avec le temps et ses prestations nombreuses de choriste, une blonde aux formes très Marylin, une diva en puissance, au début sympathique.
Dans Smash, l'affrontement est de courte durée. Il ne s'agit pas seulement d'un casting, d'un concours trépidant. Si le doute plane toujours sur l'élue définitive, la série règle la question d'un trait, étonnamment, pour se focaliser ailleurs, peut-être le plus intéressant. Les coulisses de la production, de la création, de la mise en scène. Tout est mis en lumière, avec rythme, à traves plusieurs personnages piliers, dont Debra Messing (Will & Grace) et Anjelica Huston. Du beau monde, oui, sous la jupe de Marylin.

Dans Smash, le tout est évidemment cousu d'un fil légèrement épais, mais qui jamais ne vient gratter le matériau purement artistique de Smash. Naturellement destinée aux amateurs de comédies musicales et de gros coffres, la série ose l'écueil du soap. Des trahisons faciles, des rédemptions tire-larmes et des moments familiaux dont on se passerait bien. Mais Smash a une énergie, une envie de bien faire, qui lui donne une légitimité, un attrait supplémentaire qui domine.
D'ailleurs, si ce contrat est de bonne facture, c'est aussi parce que Smash n'est pas de n'importe qui : Theresa Rebeck, petite ronde aux boucles rousse, une femme qui ne dit trop rien à Hollywood. Mais qui de l'autre côté est une papesse, accumulant, Broadway et Off-Broadway inclus, plus d'une trentaine de spectacles dans sa besace. Une pro donc qui s'y connaît et qui donne à sa série musicale son allure brumeuse, ses scènes dansées et ses textes originaux, à faire complexer les pubères experts en plagiat de Glee.
Jamais sérieuse, toujours divertissante, Smash est une grosse production digne de Broadway, digne de cet héritage américain. Originale et inspirée.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Smash | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : smash, nbc, critique, saison 1, katharine mcphee, debra messing, anjelica huston, megan hilty |
Facebook
15.10.2011
Up All Night (Saison 1) Un trio comique et un couffin

Les séries maternelles ont beau être repoussantes par nature (trop de blagues éculées sur les biberons et les babysitters), NBC s’est laissé convaincre par Up All Night, petite série douce et attachante, et son casting en béton armé.
Né de la plume d’Emily Spivey et de Lorne Michaels, à qui l’on doit quand même 30 Rock et Parks & Recreation, Up All Night s’attarde à décrire les petits tracas de nouveaux parents qui voient l’arrivée d’un enfant bouleverser leur vie mouvementée. Si évidemment le pitch est d’un classicisme désespérant, l’originalité de cette série vient de la rencontre de ses acteurs principaux : Christina Applegate, Maya Rudoph et Will Arnett.
Chacun de ces acteurs étant gage d’un humour qui a fait recette sur nos écrans, Up All Night réussit à séduire d’entrée de jeu. Christina Applegate dans le rôle de Reagan, l’épouse carriériste responsable de la production d’une émission télé à succès, et Will Arnett, père au foyer depuis l’arrivée d’Amy, forment un couple mignon et légèrement décalé, comme une rencontre entre les vestiges d’Arrested Development et Samantha Who ?.
Pourtant très différent de ce que l’on connaît du 30 Rock et du SNL, Up All Night est teinté d’une douceur revigorante et d’un humour plus délicat, plus découpé. Pas d’hystérie dans cette série familiale, ni de grosse mécanique, Up All Night préférant constituer un quotidien simple et attrayant, teinté de moments caustiques, relevant la note.

La part belle revient évidemment à Maya Rudolph, l’actrice comique ayant les moues les plus drolatiques du moment (dans Bridesmaids et dans Kath & Kim anciennement). Dans le rôle d’une fausse Oprah Winfrey, Ava, animatrice d’une émission-conseil pour femmes, Maya Rudolph s’épanouit pleinement et nous entraîne dans ses prestations théâtrales bourrées de culot et d’opinion anti-marmot.
Donneuse de leçons, égocentrique, mélodramatique et particulièrement phobique des poupins, Maya Rudolph est géniale, absolument jouissive, et assurément le point focal nécessaire à Up All Night (comme le fut Rachel Draft dans 30 Rock, ou Jane Krakowski, dans ses grands moments) pour déployer son artillerie comique et son esprit loufoque.
Tendre et charmante, Up All Night est une comédie familiale portée par le tandem adorable Applegate et Arnett. Mais sous l’innocence amusante, sous les peluches pour bébé, la série cache son jeu, en insufflant notamment du caustique et du gentiment pittoresque dans ses scènes comiques policées. Un équilibre rare à la télé et une belle réussite.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Up All Night | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : up all night, christina applegate, maya rudolph, will arnett, emily spivey, lorne michaels, nbc, critique |
Facebook
15.08.2011
30 Rock (Saison 5) Une absurdité télévisuelle confirmée

Cinq ans déjà que 30 Rock agite son humour mi-absurde mi-pop culture devant les yeux de NBC et du monde entier. Cette série dont on n’attendait rien au départ est devenue la référence incontournable de la ligne éditoriale comique de la chaîne du paon. La raison ? La force de travail d’une créatrice et héroïne impayable, Tina Fey, qui connaît la télévision et ses rouages farfelus comme personne.
On pensait la série en fin de vie créative, à l’inspiration émoussée et aux gags éculés. Mais après cinq ans d’antenne, 30 Rock a réussi ce tour de force qui fait défaut à nombreuses de ses compares comiques : le renouvellement.
A la force du poignet, la cinquième saison de 30 Rock a retrouvé un équilibre qui manquait au show des temps précédents. Ecriture facétieuse et surprises en tout genre, la scénariste en chef a (re)fait de son bébé une série imprévisible et caustique, de nouveau attendue du public.
Pour autant, rien n’a changé sur le fond de 30 Rock. Les personnages centraux du 30 Rockfeller Center demeurent ces caricatures joliment définies, qui lorgnent tous du côté de l’absurde ou de la parodie de boulevard.
Le patron des programmes, Jack Donaghy, entre préoccupations de network et future paternité réussit l’exploit de se mettre en ménage avec Elizabeth Banks, elle aussi, impeccable dans son rôle de journaliste control freak-. Le personnage évolue gentiment dans la sagesse et l’ironie, devenant ainsi ce point d’accroche stable consulté par tous, Liz Lemon en tête. Tracy reste l’atout lourdaud du show, en atténuant toutefois les blagues tombées à plat et les intrigues personnelles tellement saugrenues qu’elles en devenaient insipides. Heureusement, lui s'échappe le temps de quelques épisodes pour laisser place à sa femme, Angie, dans une fausse télé-réalité, aboslument hilarante et corosive. Jenna, quant à elle, continue d’être cette actrice-chanteuse mégalomaniaque et hystérique dont on aime franchement se gausser.

Liz Lemon, surtout, est sujette à un avenir plus radieux. Finies les phases perdues qui ne rimaient à rien pour lesquelles Tina Fey se contentait d’injecter à son personnage une dimension boulimique et gentiment geek, Liz Lemon tend désormais à devenir une femme quasi-comblée, par Carol d’abord, son pilot de ligne même pas sorti de son imagination (puisqu’il est joué par Matt Damon) et par elle-même. La scénariste décide de régler ses problèmes avec les autres, sa famille, son entourage professionnel, ses blocages sexuels. La quadra s’assume peu à peu (à coup de high five a million angels), ainsi la nouvelle Liz paraît moins crispée et follement plus attachante.
Forte d’une écriture ciselée et d’une imagination perpétuellement en roue libre, la série a proposé cette année des sketches plus aboutis, plus denses, à l’humour plus concentré. Cette saison, 30 Rock a effectivement enchaîné les épisodes mémorables qui font honneur à Tina, Alec et leur clique (dictionnaire parlant, restaurant à thème Godzilla, retour flamboyant de Kenneth, avantages free ice cream for life de Jenna). En prenant soin aussi de ne pas multiplier les effets guest star à finalité creuse –à l’exception d’un récurrent Matt Damon et d’une participation exclusive de John Slattery (Mad Men) dans le rôle d'un candidat politique rustique-, la série se concentre sur les héros du TGS, dans leur quotidien et leurs petits tracas existentiels (une sextape pour Jenna, l’apprentissage paternel pour Jack, etc).
Pour autant, pas de routine ou d’ennui à l’horizon, la série accumule les ingéniosités loufoques et les effets de surprise au cœur même de sa mécanique feuilletonnante dont chaque épisode en ressort plus maîtrisé et distrayant qu’auparavant. A l’image de cet épisode diffusé en live, mi-octobre, qui symbolise la maîtrise comique de la série et son souci du renouvellement.
Après cinq ans de services fiables, chapeau bas à Tina Fey qui renouvelle sa série et force le respect comique.
7.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans 30 Rock, Critiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : 30 rock, nbc, saison 5, critique, tinay fey alec baldwin, jane krakowski, jack macbrayer |
Facebook
10.04.2011
Parks and Recreation (Saison 3) L’esprit vert à tout prix

Honteusement reléguée à la case déchet de la mi-saison, la nouvelle saison de Parks and Recreation fait les joies des jeudis soirs de NBC depuis quelques semaines. Si l’affriolante cheftaine Leslie Knope a du prendre son mal en patience avant de pouvoir reprendre ses tâches administratives, politiques (et parfois simplement tordues) qu’elle aime tant, l’attente s’est avérée payante : le nouveau cru signé Amy Poehler est aussi délicieux et décapant que la précédente saison.
Faire partie du petit groupe municipal chargé de l’organisation et de l’entretien des parcs et des espaces verts de la mini ville de Pawnee est une responsabilité que l’on n’avait jamais pensé affectionner. Et pourtant, chaque semaine, aux côtés de la pétillante Leslie Knope, plus attachante que toutes les héroïnes de comédies réunies, savourer les déboires de cette équipe de politiciens bras cassés, paresseux affligeants, employés rasoirs, petites mains bling-bling et autres cireurs de chaussures est une mission que l’on accepte à cœur joie.
Depuis la seconde saison, rien n’a vraiment changé dans les bureaux de Pawnee, surtout une Leslie, prête à en découdre. Avec la crise budgétaire qui a frappé Pawnee à la fin de l’année dernière, le département des espaces verts est toujours en branle bas de combat. Plus atypique dans le genre de la comédie municipale, Parks and Recreation a ainsi su injecter de nouveaux enjeux : sauver le département de Ron et Leslie et montrer aux habitants l’intérêt des bancs publics et d’une herbe fraîchement coupée.

Leslie Knope, toujours plus responsable, plus brillante, plus solennelle, plus dévouée à son métier ingrat et ignoré de tous, reste ainsi la clé de voute de cette série, de celles qui suffisent pour procurer chaque semaine l’envie de découvrir de nouvelles péripéties. Avec cette histoire de budget à la baisse, Leslie, mignonne comme une souris, use de toutes les idées, de toutes les astuces pour mettre à l’abri son petit portefeuille. Enterrer une capsule voire plusieurs pour plaire à tous, lancer un projet de fête foraine taille XXL, ou simplement faire du camping pour relance la machine à idées, Leslie Knope n’a peur de rien, y compris de la grippe qu’elle apprivoise avec talent.
Avec l’arrivée comme personnages récurrents de Rob Lowe et Adam Scott (et le départ de Mark), l’équipe de la série s’est également payée un regard nouveau. Si l’on peut toujours déplorer la sous-exploitation de Jerry et Denna, les deux employés cantonnés à un rôle de figurant humoristique, malgré la part belle faite à Tom, le collègue bavard et balourd, qui malheureusement tombe à côté, l’humour de Parks and Recreation prend des teintes différentes. Avec Scott Cohen, dans le rôle du décisionnaire financier, le ton est plus modeste, moins poussif. Le patron des budgets aux frêles épaules assure un quota de répliques rabat-joie tandis que Leslie et lui se révèlent peu à peu complices dans une relation plutôt prometteuse. Celle-là pourrait même rendre l’amourette entre Andy et April (qui elle perd un peu en attitude impertinente au fil des épisodes) moins haletante qu’on imaginait.
Idem pour Rob Lowe, qui a bien fait de faire ses adieux à Brothers & Sisters pour faire rire la galerie dans le comté de l’Indiana. Dans le rôle de Chris Traeger, le city manager, Rob Lowe incarne un personnage sportif et guilleret, épique et assez inédit. La relation « on and off » qu’il mène avec la jolie Ann Perkins (à prononcer très vite) a permis de souder ce petit groupe et une auto-exposition efficace de ce personnage aussi grisant qu’une vitamine C.
En définitive, la troisième saison de Parks and Recreation conserve sa plus belle allure. Tantôt loufoque et absurde (cet épisode impeccable sur la capsule Twilight), tantôt mélo et purement comique, la nouvelle année de Parks and Recreation démarre sous les chapeaux de roues. Renouvelée pour une quatrième saison, la série d’Amy Poehler pourrait bien suivre les traces de l’éternelle The Office.
8/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Parks and Recreation | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : parks and recreation, critique, saison 3, nbc, rob lowe, adam scott, amy poehler, rashida jones |
Facebook
19.01.2011
Off The Map v. Harry’s Law (Saisons 1) Procès nul

Pour cette rentrée de mi-saison, les networks ont misé sur ce qui électrise autant les américains qu’un best-of de Billy Joel : les séries médicales et les shows judiciaires. Depuis ER et The Practice, aucun autre genre n’a su autant s’imposer dans les audiences et les avis enlevés des habitués de télé. Alors, pour fêter la diffusion de Off the Map et Harry’s Law, deux pilotes promues relèves, c’était l’occasion d’inaugurer la critique comparée, un peu désobligeante mais tellement absorbante.
Entre Off The Map, série exotique centrée sur le quotidien sauvage de médecins bons samaritains perdus dans un village au nom ridicule (La Ciudad De Estrellas) et Harry’s Law, série prétorienne qui voit évoluer une grosse avocate (Kathy Bates, tout en rondeurs) parmi les apprentis caïds, aucun point commun en apparence.
Et pourtant derrière un pitch conventionnel emprunté, deux grands showrunners qui depuis toujours tentent de dicter leur loi aux grands patrons diffuseurs : David E. Kelley et Shonda Rhimes. L’un est depuis vingt ans un as du marteau et de la plaidoirie loufdingue, l’autre, une nouvelle experte de la cisaille et du scalpel qui chouine. D’un côté, Ally McBeal, Boston Legal, et The Practice, de l’autre, Grey’s Anatomy et Private Practice, des séries cultes ou en voie de l’être qui souvent finissent mises en trophée sur les étagères de DVD.

Alors, devant leur nouveau projet, l’un pour NBC, l’autre pour ABC, la chaîne-refuge de Dame Rhimes, pas étonnant que l’on se trouve directement en terrain connu. S’il est facile de décrire d’emblée Off The Map comme une série sauvage qui pue la noix de coco, on trouvera sur le fond de vraies similitudes avec les séries phares de ABC, le ton et l’ambiance médicalement désillusionné emprunté à Grey’s Anatomy et une envie de soleil déjà prégnante dans Private Practice, un spin-off-resucée en plus dramatique (mais moins réussi).
Au Seattle Grace Hospital comme dans ce village d’Amérique du Sud, le personnel soignant est jeune, beau et vigoureux, aimant son prochain, le goût du risque et les confidences apaisées une fois la nuit tombée. Caroline Dhavernas et Zach Gilford, tellement attachants dans Wonderfalls et Friday Night Lights ne parviennent pas à rendre l’ensemble du cast convaincant, encore moins attrayant. D’une fadeur terrible en tout point, le pilot de Off The Map ne parvient à aucun moment à tirer profit d’un paysage spectaculaire et préfère la jouer prudent et consensuel, en enfilant les répliques sages et les situations médicamenteuses sans saveur.

Du côté d’Harry’s Law, même topo. On le sait, David E Kelley aime les protagonistes de poigne, le bagout et le bagage filmographique qui vont avec. Pour autant, Kathy Bates, dans la peau d’une avocate charismatique, se gratte un peu. Hormis la loufoquerie du cabinet mi-juridique mi-magasin de chaussures (tenue par une Brittany Snow encore fraîche), Harry’s Law est un show judiciaire convenu et accommodant, qui s‘arrange avec sa conscience légale pour faire du spectacle en boîte, option barre marbrée et plaidoyers sociaux larmoyants.
Finalement, Kelley et Rhimes sont deux créateurs qui en dépit des nouveautés et du modernisme continuent de faire ce pourquoi ils sont toujours sollicités par les studios, à savoir des shows à leur image, mais à leur image passée (garantie donc en humour éculé et en redites scénaristiques), se voulant légèrement décalé avec une forte focalisation faite sur le mélo et l’attendu. Et lorsqu’ils osent créer différemment, avec Inside The Box et The Wedding Bells, leur projet finit rapidement tué dans l’œuf. Alors, au lieu de migrer sur le câble ou de faire front, David et Shonda créent Harry’s Law et Off The Map, deux séries blêmes et déjà vieillotes mais malheureusement pas assez kitsch pour jouer les atypiques. Encore ratées.
4/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Harry's Law, Off The Map | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : off the map, harry's law, abc, nbc, saison 1, david e kelley, shonda rhimes, critique |
Facebook
12.12.2010
Parenthood (Saison 2) Tribu joyeuse et tracas du quotidien

Les Braverman n’ont pas disparu. Cette joyeuse bande familiale qui a sévi avec sincérité et humeur douce-amère l’an passé sur la chaîne du paon a eu droit à un second chapitre de vie, signé Jason Katims, monsieur Friday Night Lights.
Si la première saison s’était d’emblée avérée enthousiasmante par son casting alléchant et cette force de cohésion générale qui se dégage du clan familial, cette année, la tribu déchante un peu. Mais malgré la crise, les trust issues des uns, la peur de l’engagement des autres, la gaieté familiale reste au beau fixe et la critique, aussi.
Puisque c’est de famille, les sériephiles se sont fait un devoir de supporter les leurs cette année encore. Et comme les Braverman sont moins sujets aux drames lacrymaux faciles que l’on essuie avec excès du côté des Walker, on peut continuer à être fiers de son propre clan.
Depuis dix épisodes, Adam, Sarah, Crosby et les autres évoluent gentiment dans leur monde à eux, un microcosme filial aux airs intenses et funky, volontairement légers et quotidiens, où il fait bon chantonner quelques refrains folks attablés avec les siens avant une traditionnelle partie de base-ball.
Pour autant, les Braverman ne sont pas qu’un modèle familial américain en apparence parfaite. A plus forte raison cette année, où chaque membre de la smala voit défiler son petit lot de problèmes et d’ennuis en tout genre. Prenez le clan d’Adam par exemple : entre la crise financière qui touche l’entreprise du patriarche, obligé de licencier ses acolytes, qui finit malgré tout sur la paille, Max, toujours plus marginalisé à l’école, en dépit des efforts maternels et sociaux de la bouleversante Christina (et de Gaby) et les émois d’Haddie, plus occupée à flirter dans la réserve des converses bienfaitrices que montrer son soutien familial, le clan accuse le coup, le chef de famille, Adam (Peter Krause), devenant le personnage le plus sombre du paysage Braverman, aigri et agressif, et à bout de nerfs, alors peut-être le plus intéressant à suivre.
Idem pour les grands-parents du clan, toujours là à se chamailler et à manifester contre l’autre des démonstrations d’âcreté et de colère frustrée. La storyline ne change pas tellement pas des prémices faites saison une, mais l’histoire patriarcale vient véritablement s’insinuer dans le fond cette saison, devenant un décor à part entière, fait d’apparences souriantes et de non-dits.

Dans Parenthood, tout évolue à pas tranquille, à tel point que certains épisodes laissent une impression d’effleurement. Mais les intrigues du jour n’en sont jamais vraiment. Inscrit dans une quotidienneté propre à l’environnement familial, ce feuilleton préfère aux rendements sériels des cas réalistes, qui ne se résolvent jamais en 42 minutes, ou par le biais d’une réplique finale bien sentie. Et lorsque la bonne humeur est au centre des préoccupations, cette lenteur de traitement s’avère bien plus efficace. A l’image du conte familial dont Crosby est le héros. Prêt à passer la bague au doigt à Jasmine, sa jolie danseuse, le plus jeune de la famille semble destiné à un avenir familial radieux et serein, sans fausse note ou crise de conscience inutile, ce qui rend plus lisse et doux l’univers de la série.
Même topo pour le clan de Sarah, qui cette année, oublie un peu les disputes inutiles et les aigreurs passées. Lauren Graham continue d’interpréter la mère de famille légèrement bohème et relâche sur les principes avec la même bonhommie générale que dans Gilmore Girls, l’esprit witty en moins. Mais en s’embarrassant des conflits récurrents avec sa fille, Amber devenant un modèle studieux et obéissant (du coup, peut-être moins attrayante sur le fond malgré le potentiel affriolant de l’actrice et du personnage), la mini-tribu perd en drama, mais gagne assurément en cohésion familiale et en solidité scénaristique.

En dépit des défauts inhérents au genre de Parenthood, quotidiens parfois lymphatiques, scènes lisses et intrigues ressassées, la série familiale de NBC reste un divertissement de bon aloi, à la hauteur du formidable talent faussement improvisé de ses héros, adultes comme enfants. Au final, dans les bons comme dans les mauvais moments, on adhère à Parenthood, famille oblige.
7/10
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Parenthood | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : parenthood, saison 2, nbc, braverman, critique, peter krause, lauren graham, mae whitman |
Facebook
15.11.2010
Community (Saison 2) L’exercice de style de la décennie ?
![ban[314].jpg](http://www.blabla-series.com/media/01/00/2998221095.jpg)
Seconde année d’études au community college de Greendale pour les désespérés du diplôme de seconde zone. Le petit groupe d’entraide espagnole, rapidement devenu un solide noyau de solidarité et d’entente joviale, continue d’écumer les cours inattendus, d’aligner les répliques référencées classieuses et de consacrer une seconde fois Community comme la comédie la plus improbable et maîtrisée des horizons humoristiques actuels.
Tellement improbable et imprévisible, Community aurait pu facilement se casser le nez avec une seconde saison brouillonne et gravement jusqu’au-boutiste. Certaines critiques l’ont d’ailleurs hâtivement déclaré, après une légère poignée d’épisodes en deçà des grands moments scénaristiques de la série, en pensant bien entendu qu’une série dotée d’un tel génie narratif pouvait difficilement trouver les moyens de se pérenniser.
Il n’en faut jamais beaucoup pour rapidement médire d’une série qui nous a allaité aux superlatifs critiques lorsque celle-ci connaît une période de creux un peu fâcheuse (remarque auto-visée, cf la critique de Modern Family). Pourtant, la perte de vitesse, Community ne connaît pas (encore). Si la conclusion de la saison inaugurale avait étonné le public avec sa priorité sentimentale, le retour de Community a corrigé avec une fine ironie ce trait sans doute également caustique, mais franchement déstabilisant : entre Annie, Britta et Jeff, c’est la fin des attirances et le début des moqueries mélo.

Toujours over ze top et soignée dans l’excès, les auteurs de la série maîtrisent parfaitement le concept même de jusqu’au-boutiste narratif pour donner à leur comédie des airs déjantés et malades. Entre le grotesque indigeste assumé (cet épisode poussif où la bande estudiantine est mise en quarantaine dans un vaisseau de SF des seventies) et le subtil décalé (épisode Halloween, intrigue du stylo perdu, histoire de trampoline ou autre frasque chrétienne hollywoodienne), Community accumule à dessein les facettes et les genres et permet à la matière comique du petit groupe studieux de se déployer avec une énergie féroce et une impression de maîtrise absolue.
Plus multicarte que jamais, la série contrôle ses personnages et leur personnalité, les jauge dans des situations éclectiques, toujours expérimentales, et en frôle même l’absence de propos. A l’image des relations amoureuses des protagonistes brillamment avortées, le cahier des charges de Community induit de s’écarter des schémas narratifs habituels et des constructions sérielles stéréotypées. Rien d’important sur le fond : le parti pris conceptuel de Community, qui se dessine au fil des épisodes, c’est bien de faire interagir sa palettes de héros-type, figures représentatives sociales, professionnelles et religieuses, sans s’efforcer de créer des dynamiques scénaristiques usées jusqu’à la corde entre eux, en connotant les dédicaces de genre et se complaisant de façon jubilatoire dans un hommage global de pop culture.
Rien de neuf donc chez Community, la série n’a pas revu sa copie et les personnages sont fidèles à eux-mêmes. Pourtant, en alignant les scenarii toujours plus inspirés et inattendus, en grossissant l’excès, l’ironie et se risquant même à l’indigeste, -des gags qui pourraient anéantir la série (comme celui du singe voleur ou du chat qui rôde) mais qui la nourrissent doublement, Community prouve toute l’exploitation brillante et décalée de son potentiel tragi-comique condensé dans des situations légères et anecdotiques.
Aussi délicieuse, habile, subtile et originalement hilarante que l’an passé, Community reste assurément au créneau de la meilleure comédie en cours de diff‘, et de loin.
9/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Community, Critiques | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : community, saison 2, nbc, critique, alison brie, joel mchale, gillian jacobs, danny pudi |
Facebook
24.10.2010
The Event (Saison 1) Une conspiration d’envergure

Après l’annulation brutale de Lone Star, My Generation ou même Outlaw (humour spécialisé de sériephile), l’étau des meilleurs dramas s’est considérablement resserré cette année, laissant une amère impression de rentrée sérielle tuée dans l’oeuf. Rescapée des bons calibres flagellés, The Event, la série évènement de NBC, pourrait survivre tranquillement cette année et nous faire renouer aux plaisirs oubliés de la série d’action de network.
Les séries évènement n’en sont plus. Bionic Woman, Heroes, Prison Break, FlashForward, les récentes séries blockbusters n’ont finalement jamais eu l’effet évènementiel escompté, la faute à leur fonds de commerce, plus pétard mouillé que fiction magistrale. Pourtant, The Event cette année pourrait bien mettre fin au sort maudit des séries auto-prometteuses.
Tout commence gentiment par une croisière, deux jeunes amoureux qui prennent du bon temps aux Caraïbes, entre deux mots doux et quelques activités solaires. Sean Walker (Jason Ritter) compte bien épouser sa belle Leila (Sarah Roemer), jeune fille douce et innocente, issue d’une famille aimante et protectrice. Mais tout bascule très vite, lorsque Leila est tenue pour disparue et que l’identité de Sean est effacée. Au même moment, la mère de la kidnappée est assassinée, tandis que le père, pilote, est contraint de pirater un long-court afin de se crasher sur la résidence du président des Etats-Unis. Mais une intervention divine, ou simplement fantastique, court-circuite la conspiration terroriste et expose le gouvernement et le peuple américain à une espèce rare, des extraterrestres à l’ADN quasi identique à l’homme.

Mêlant donc conspiration politique, traque d’un fugitif accusé à tort et invasion extraterrestre, The Event n’a pas froid aux yeux, la série accumule autant de propos qu’elle campe de genres différents et l’exécute subtilement. Se voulant décomplexée, riche et intrigante, en somme le successeur honorable de 24 et de Lost, The Event parvient à mener de front son histoire à tiroirs, ce récit gigognes où tout semble lié, sans se perdre en détails subterfuges, à la manière d’un FlashForward prolixe l’an passé. De la fuite de Sean au rouages de pouvoir en passant par le passé amoureux des deux héros et les enjeux nébuleux de cette race cachée d’extraterrestres, chaque couche de cette histoire à strates est parfaitement dessinée, reposant sur des enjeux distincts et un intérêt clair.
Pour déployer ce grand arc pluridisciplinaire, la série a opté pour la construction elliptique où tout se noue, se dénoue, s’explique et se complique avec le passé, le présent incertain et la promesse d’un futur. Courante dans les séries (on pense surtout à Damages), la pratique des allers-retours dans le temps donne à coup sûr matière à suspense et le fait est que The Event en maîtrise parfaitement l’usage et justifie le procédé à chaque scène forte.
La prestation des acteurs, aussi, remarquable incarnation de la paranoïa, du doute ou du mystère palpable, est le facteur indispensable pour sceller la série dans ce registre bigarré et addictif. James Ritter, le héros traqué, force le respect tandis que les grands noms du show, Laura Innes, Blair Underwood et Zeljko Ivanek, Clea Duvall, apportent leur charisme et leur jeu nuancé à cet ensemble inquiétant et intrépide.
Maîtrisée et lapidaire, The Event ne tombe dans aucun écueil de genre, faisant une priorité à cette histoire pluri-genre, compliquée mais déployée avec soin, qualité technique et de jeu en plus. Survécue aux premières diffusions à effet guillotine des studios, The Event peut désormais mettre à profit tout ce large potentiel dont elle dispose.
8/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, The Event | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : the event, blair underwood, nbc, saison 1, critique, jason ritter, laura innes, zeiljko ivanek |
Facebook











