06.09.2011

Death Valley (Saison 1) L.A : la ville zombie déglinguée

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Dans la vallée de la mort, L.A résiste aux canines aiguisées des vampires et autres bêtes à poils qui errent dans les rues de la ville désertique, parmi les sosies de stars sans sou et les petites frappes policières. Cela s’appelle Death Valley. Un programme anti-True Blood ?

 

On a beau ne pas décerner à MTV la palme de l’originalité sérielle, la petite chaîne médiocre a cet été réussi l’exploit de programmes différents, foutraques et divertissants. Après Awkward, la chaîne des clips pop a lancé il y a quelques semaines, Death Valley, énième série vampirique, mais pas que.

A l’inverse des séries élégantes misant sur les vampires romantiques de HBO ou de la CW, Death Valley met tout le monde d’accord, en offrant la part belle à toutes les créatures égarées des contes de la crypte. Et celles-là ont radicalement quelque chose en plus, quelque chose qui manque cruellement aux comparses de Bontemps, Mystic Falls et on en oublie (sciemment) : de l’ordinaire.

 

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Dans cette vallée de la mort moderne où les zombies fréquentent les vampires copinant avec les loup-garous faisant eux-mêmes ami-ami avec les flics pourris de L.A, les créatures n’ont rien de marginalisé. Death Valley signant un retour conventionnel brillant dans le monde des créatures de toute une époque, ces énergumènes au rugissement caverneux, au maquillage boueux, à la démarche foncièrement cheap.  Rien de choquant, d’anti-contemporain, puisque réside ici tout le parti-pris comique de cette série.

 

Mais parce que les mockumentaires sont également trop en vue (les the Office et cie ont généré des petits à tel point que la caméra à l’épaule donne aujourd’hui la nausée, surtout lorsqu’elle manque d’envergure), Death Valley ose le genre embarqué, pour mieux parodier ses congénères. En suivant  une patrouille de flics de L.A luttant contre le crime zombifié à la nuit venue, la série de MTV s’amuse à mettre en scène une équipe de prod’, qui pour la gloire cathodique, se lance dans la recherche anti-zombi dans des endroits aussi glauques que désaffectés.

Comme pour se moquer de REC et produits plus récents, l’action est ici pire et dure, trash et grossie à l’envi. Les scènes assurent un quota brillant en giclures sanguinolentes et en répliques chtarbées. La faute aux flics maladroits incarnés par Bryan Callen (Oz), Caity Lotz (Mad Men), Charlie Sanders, plutôt géniaux dans leur rôle de taré respectif.

 

L’humour de Zombieland, l’énergie d’une série B, l’inattendu d’une série inspirée, Death  Valley convainc par son manque de moyen, son envie de mal faire et son parti pris déglingué. On n’avait pas fait plus bourrin, plus cheap, plus décomplexé depuis longtemps.

7/10

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24.01.2011

Skins U.S (Saison 1) Une triste impression de déjà-vu

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La reine du clip, MTV, avide de gloriole et de retour en beauté sur la scène du hype, vient d’honorer un remake de Skins. Qui dit remake, dit redite et retrouvailles au plus près d’un univers au préalable exploré. Mais puisque dupliquer  l’univers de Skins est  une gageure artistique, le remake fait chou blanc.

 


Qui n’a jamais vu Skins, la série anglaise culte ayant rendu nobles les beuveries  sourdes et autres dérapages délinquants pour prendre le pouls d’un malaise adolescent complexe ? La réponse, c’est tout le monde, les jeunes et les sériephiles engagés dans le thème de la jeunesse, et c’est là bien le problème.

Puisque Skins n’est pas une série archivée (la cinquième saison sera bientôt diffusée sur E4), que les folles péripéties des jeunes de Bristol sont encore inégalées télévisuellement parlant et que les personnages singuliers comme Cassie ou Effie sont désormais passés à la postérité, le remake de Skins U.S semble d’emblée doté d’un goût inapproprié. Des personnalités reprises à la réplique près, des situations gentiment imitées,  le remake de Skins est une reprise conventionnelle et timide d’une série foncièrement foutraque mais poétique qui n’avait pas peur de franchir les limites ou de surligner les tabous.

 

Pourtant, si le respect des scènes du pilot original pourrait inspirer l’hommage clément, certains s’indigneraient presque de cette absence de prise de risque. Rien dans cette introduction vague et mollassonne n’incitera quiconque à retrouver d’anciens partenaires de l’écran (en moins fascinants, moins inspirés et bien moins beaux) ou à rattraper ses lacunes télévisuelles placées sous le signe des chutes pubères.

Parce que Skins, spécialement, frappait par son authenticité riche en mœurs et en innovation cathodique et plaisait aux publics par son côté pied de nez fait aux univers sclérosés des teen-shows U.S. Alors que le remake de Skins est une resucée sans âme, qui absorbe la poésie pour préférer les stéréotypies narratifs et les personnages pré-pensés sans interprétation tenace.

Malgré certains changements notables (Maxxie, le danseur gay, loin des clichés, se voit remplacer par Tea, une cheerleader lesbienne, qui a tout à prouver, mais qui démontre déjà que la représentation du jeune gay est dépassée), Skins U.S, trop soucieux d’appliquer un modèle au succès proclamé, se vautre donc dans l’imitation sans saveur, sans ton à soi, comme une parodie de remake, démontrant cyniquement les fautes de goût du storytelling et de la mise en scène à l’américaine.

 

En somme, un pâle remake d’une série qui jamais ne nécessitera de quelconque adaptation pour se faire entendre.

Cruelle ironie, la version américaine, trop sage et convenue (les fucks sont censurés à coup de bips grinçants), crée déjà une folle polémique (plaintes d’associations de parents, retrait des sponsors, appels aux boycotts). Et si l’authenticité à la télévision, ce n’était  qu’une question de culture ?

4/10

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12.07.2010

The Hard Times of RG Berger (Saison 1) L’ingratitude bien pourvue

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Avec l’indémodable thème de l’ado looser ingrat, la chaîne MTV dépoussière sa ligne sérielle le temps d’un été sans histoire. RG Berger, jeune puceau palot, est ce que l’on connaît du genre ado depuis toujours : entre Mean Girls, les Skins, les tout vieux American Pie ou le récent Aliens in America voire Beaux Gosses nationaux, RG est issu d’une lignée juvénile génétiquement atrophiée et médiatiquement caricaturée. En somme, il est un personnage déjà familier. Trop familier ?


MTV n’a jamais été une chaîne très subtile. Plus connue pour ses programmes de télé-réalité (The Hills, Laguna Beach, Next) que pour ses choix de créations sérielles, la chaîne musicale aurait-elle envie d’inverser la (médiocre) tendance ? Avec son remake imminent de Skins, et d’autres projets séries sur le feu, c’est sans doute le cas. Et The Hard Times of RG Berger, prévu pour cet été 2010, pourrait bien être là pour préparer le terrain.

Si MTV mise de nouveau sur la carte de la sérialité, force est de constater que le contenu de sa politique séries a gardé l’attrait et les priorités du network faites il y a quinze ans. The Hard Times of RG Berger prouve à qui veut l’entendre que le bêtement provoc’ juvénile est et restera le créneau supposé vendeur de la chaîne câblée. Pourtant, on s’en rappelle encore : le chef d’œuvre Daria par la même MTV avait su parler (des) aux ados grâce à son cynisme léché et sa vision cruelle mais véridique de la jeunesse. Huit ans après la révérence de la binoclarde à frange rebelle, MTV n’en a pas oublié son envie de parler des conflits adolescents à la cantine, des émois pubères frustrés dans les couloirs de lycée.


Dans cet univers stricto sensu, RG Berger s’en sort bien. Le jeune a gardé les lunettes de Daria et son allure sans look. Comme elle, le jeune n’a pas une vie sociale à faire frémir la logistique de Mark Zuckerberg et lui aussi se passerait bien des bals de fin d’année et des matchs de basket ball. Mais contrairement à Daria et sa lucidité à toute épreuve, le jeune renoue avec les mots d’ordre de la plèbe éduquée par les nanars à la American Pie. Popularité, entretien physique, fantasme sur la plus belle plante du lycée, amis embarrassants, quête de la sexualité porno, le jeune s’est vu hériter du milieu social, intello et scolaire pop corn, celui-là même qui faisait parfois sourire lorsqu’on portait des bagues en fer au cinéma.

Mais parce qu’une décennie plus tard, il fallait tout de même innover : le héros refoulé se voit doter d’un gros engin. Celui qui lui permettra de gagner en cote, à défaut d’un humour bien décalé ou d’une répartie bien … répartie. Finis donc les clichés, le looser peut aussi être bien monté, MTV osant alors la carte de la sexualité éhontée (alors que l’on bipe les « fuck », n’est pas HBO, qui veut). Comme Hung
ou presque, RG décide d’être fier de son anatomie et le montre sans complexe, ainsi les chansons rock en fond sonore n’en seront plus que toniques, les caricatures faits personnages accessoires plus que grossies, les histoires secondaires bêtement plus inspirées (parents échangistes, amie amoureuse nympho) et l’évolution narrative, plus que pré-visiblement tracée.


Si T
he Hard Times of RG Berger tente l’originalité (l’ado looser n’est ni super héros ni drôle : il en a simplement dans la culotte), cette carte s’effrite vite à mesure de l’histoire de fond qui peine à se distinguer des schémas-types, et c’est tout l’intérêt de la série qui est remis en cause. A réserver aux jeunes ados ayant manqué l’étape Appatow.

4/10

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