09.11.2010

The Pacific (Mini-série) L’Océan ne capitule jamais

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Budget pharamineux, près de 200 millions de dollars, un record absolu : la série la plus colossale de l’héritage cathodique s’appelle The Pacific. Elle fait rougir Rome. Pas étonnant : aux manettes, les penseurs de Band of Brothers et du Soldat Ryan à sauver. Et quand Spielberg et Hanks rempile pour le front, c’est avec la sueur de toute une époque.

 

Quelques archives historiques et un témoignage d’un ancien marine (héros) en accroche initiale forte. Pour ouvrir la voie à sa nouvelle épopée de l’Histoire, HBO a décidé de rien ne laisser au hasard. La chaîne fera la part belle à la guerre du Pacifique, opposant les yankee au clan japonais, de Pearl Harbor jusqu’à la capitulation nipponne, ou ne la fera pas. Comme d’accoutumée, la chaîne emploie les gros moyens, l’art visuel, celle de l’émotion, le générique au cordeau, le silence en toile de fond, et l’action qui cogne d’elle-même. Tous les signes d’une mini-série d’anthologie sont là.

L’immersion est parfaite, idéale, les bases se posent d’elles-mêmes, naturellement dès le défilé de scènes poignantes, entre patriotisme et émotion retenue. Quelques minutes américaines plus tard, le spectateur embarque à bord. Avec lui, des marines nerveux, qui accostent sur Guadalcanal, dans les îles de Salomon, sous la moiteur des marécages, sans ennemi en vue. L’humidité exotique est saisissable, le danger imminent aussi. Sans grandiloquence ni esbroufe, The Pacific s’attarde à retracer le vécu de trois hommes (non fictifs) dans l’étau d’une bataille sans allure.

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Le caporal Eugene Sledge (Joseph Mazzello), le soldat de première classe Robert Leckie (James Badge Dale) et le sergent John Basilone (Jon Seda) sont le point d’ancrage de The Pacific, dont la narration est construits sur leurs témoignages passés, leurs souvenirs ébranlés.
A travers eux, trois hiérarchies et trois regards singuliers à vif. C’est la désillusion, la peur, le sang, la boue vues des yeux de soldats au fil de leur déploiement militaire. La rupture avec Band of Brothers s’opère ici. L’expérience est la clé, on mise plutôt sur la réaction individuelle, le ressenti d’une guerre paradoxalement désarmante. Entre havres de paix et carnage sanglant.

Dans ce lot incongru, perpétuellement inquiétant, presque insensé, le pilot de cette série de dix épisodes s’établie avec brio et force le respect. Les liens qui s’unissent, le décor historique simplement majestueux, la lutte nocturne au loin et le désoeuvrement au camp. De ça, le commencement de cette série est riche. Elle parvient à s’offrir cette force de ton unique, illustrée par des scènes époustouflantes (en tête, celle du soldat nippon pris au piège dans la rivière et celles des visages des soldats au premier plan).

 

Cette guerre pas comme les autres, ignorée par les continents et l’Histoire mais dont le bilan lourd reste éloquent (plus de 30 millions de pertes sur la globalité), est un hommage personnalisé, voulu par Spielberg (son propre père et oncle ont servi au Pacifique). Tachons d’en faire bon usage.

8/10

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