17.06.2011
Dexter (Saison 5) La métamorphose avant le retour à la normale

Après la mort, le deuil s’est emparé du visage défait de Dexter mi-expert sanguin, mi-justicier de la nuit et un peu veuf aussi. Pour cette saison, l’évolution était alors toute trouvée, le deuil devenant plus qu’un maître mot à exécuter mais une ambiance, morne et prometteuse, qui se devait d’humaniser le héros tueur et dynamiser à grands coups l’univers général de la série.
Une saison inégale de plus pour Dexter. Lui qui aligne les promesses et les situations plus intenses que n’importe quelle série de la FOX nous fascine et nous frustre à la fois, notre serial killer étant la cible privilégiée de la complaisance. A croire que la vie de psychopathe est une boucle, un cycle respectant le calendrier des péripéties (impeccables à chaque fois) et des fins de lune arrangeantes (rageantes presque toujours).
Pourtant, tout partait sur les chapeaux de roue avec cette saison placée sous le signe des révélations dramatiques et des états d’âme bouleversés. Après le meurtre sauvage de la douce Rita, Dexter n’avait plus le choix que d’accepter enfin de faire place à son humanité (le deuil, quoi de plus simple à mettre en boîte) et laisser deux secondes son dark passenger à la noix.
Mais avec l’arrivée inopinée de Lumen (Julia Stiles, lumineuse comme son nom), une jeune blonde rescapée d’un groupe de violeurs-tueurs sectaires, Dexter a plongé tête la première dans une mission vengeance qui l’a écarté du schéma traditionnel post-perte. Pour autant, Lumen n’a pas été un personnage surfait pour Dexter et la série même, cette jeune femme a su éveiller chez le héros morbide un sentiment de compréhension et d’apaisement. Ca ne vous rappelle rien ? Miguel, pardi, l’ex-meilleur ami tendancieux, politiquement extrême et un brin sociopathe, qui s’était joint à Dexter dans sa quête du talion avant de finir sous son couteau aiguisé.

Mais contrairement à cet ancien duo raté, symbole de la plus médiocre des saisons de Dexter, la greffe entre Morgan et Lumen a parfaitement pris, l’alchimie entre les deux personnages, leur deuil respectif, leur colère, leurs conceptions mutuelles, a permis une saison différente, plus attachante et aux enjeux bien plus décapants. L’évolution était toute bâtie, Dexter avait trouvé celle qui lui changerait sa mécanique de tueur flegmatique. Mais au final, pas de changement permanent : les auteurs ont préféré tuer dans l’œuf cette complicité qui faisait de cette saison un bijou de tension et d’attention, en laissant partir Julia Stiles, et en montrant une fois de plus que la série obéit à un cycle établi, avec sa guest star, son meurtrier annuel et sa résolution finale accommodante.
Avec ce season finale expédié, la série a montré également que les enjeux accumulés au cours de cette saison de bonne facture (Lumen, encore et toujours, mais aussi la traque de Liddy, ex-flic mesquin et menaçant, les suspicions de Quinn) ne sont jamais que des points rapidement survolés avant le lâcher de rideau, puisque seul contre tous, Dexter est et restera seul victorieux parmi les ignares.
Même remarque pour le paysage de fond endémique de la série. Entre le Miami Homicide qui perpétuellement patauge (chaque crime en séries est une affaire irrésolue court-circuitée par l’unique Dexter) et qui comble par des histoires d’amour ennuyeuses (Laguerta et Batista en surplace) et l’entourage du héros, toujours plus dupe quant au profil irréprochable du frère, du père, de l’employé que Dexter est, Debra en tête, l’aveuglément commence à rendre la série fastidieuse dans son parti-pris conceptuel.
Et lorsque Debra est sur le point de découvrir la vérité sur son frère, pris la main dans le sac, après le meurtre de Chase (le méchant de l’année, encore un prometteur, encore un bâclé), on se prend à espérer d’une évolution nette et significative : mettre Debra dans la confidence, lever le voile sur cet immense secret qui sépare encore ce frère à cette soeur pourtant conquise à sa cause. Mais il n’en est rien, la série préférant entretenir ce mystère du héros tueur comme une donnée indigeste, presque dépassée, quitte à perdre en esprit, en humour, en saveur inédite.

Pour une évolution toute prête, la saison 5 de Dexter s’était dégotée une nouvelle intrigue de taille, mêlant à la fois une sombre histoire sanglante et une révélation sentimentale, accompagnée de storylines secondaires menaçantes et bien menées. La série avait trouvé son nouvel atout en la personne de Lumen (Julia Stiles), qui assurerait à elle-seule un développement du héros et un changement d’ambiance. Mais Dexter et la série même combat, les deux préférant plutôt à la métamorphose un mode opératoire bien rodé, sans risque ni enjeu nouveau.
6.5/10
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Dexter | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : dexter, saison 5, critique, bilan, julia stiles, michael c hall, jennifer carpenter |
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03.10.2010
Dexter (Saison 5) Quand l’oraison funèbre sonne le glas du secret

La mort de Rita, la gentille et jolie épouse de Dexter, est dans tous les esprits. Au moins de ceux qui n’ont pas enchaîné avec la fin de Grey’s Anatomy, autrement surprenante. Manière de boucler la boucle, anéantir les rituels de Dexter, sa logique meurtrière, la quatrième saison s’était achevée dans l’effroi le plus total, poils hérissés, torpeur faciale et lourdes afflictions psychiques pour le public. La reprise de Dexter a-t-elle su être à la hauteur d’un tel chaos sériel ?
Après ce monstre cliffhanger, les fans de Dexter, et forcément admirateurs de la douce et innocente Rita, ont rivalisé de superlatifs pour évoquer cette impeccable quatrième saison (bilan, à lire ici). Un terreau formidable mais risqué pour une saison qui s’annonçait d’emblée compliquée, entre deuil d’un serial killer insensible, perte des repères et reprise des formules meurtrières.
Mais le début de cette saison est parvenu à créer une transition parfaite entre cet épisode sanguinaire final et ce renouveau. En choisissant de reprendre l’histoire pile là où elle s’était achevée sous nos yeux ébahis l’an passé, la série a choisi le parti-pris de la cohérence. Bien malgré nos traumatismes, on retrouve ainsi cette salle de bains, scène morbide impeccable, dans laquelle Rita gît sans vie dans une baignoire tandis qu’Harrison pleure dans le sang de sa mère, à l’image du père meurtrier, trente ans plus tôt.
De cette situation hautement ignoble jusqu’aux funérailles finales, Dexter affiche cette mine décomposée. Sans effusion lacrymale, ou simple moment de tristesse, que le psychopathe qualifierait d’humain, Dexter est fidèle au personnage qu’on connaît et qu’il dissimule aux autres : cet être impassible et indolent. Quitte à le rendre suspect aux yeux de quelques uns, notamment de Quinn, bien décidé à mettre son grain de sel dans l’enquête du FBI (on espère une suite à cette histoire menaçant directement le secret du héros tueur).
Pour autant, malgré l’apparent détachement de Dexter, mais bien anéanti, l’épisode a su habilement mettre en place une ambiance tragique et émouvante, sujette à investissement pour le spectateur. Dexter se déresponsabilisant, évitant heureusement les questionnements que l’on attendait trop, le spectateur injecte également sa propre empathie dans cette perte, à l’image même de la mécanique secrète de la série. A l’annonce de la triste nouvelle aux enfants de Rita par Dexter, il y a une prise en charge émotionnelle de la part du spectateur, informé de l’assassinat et des raisons au cœur de la culpabilité de Dexter. Avec d’autres scènes tout aussi poignantes (le soutien sans borne d’une Debra forte et fragile à la fois, le flashback rencontre entre Dexter et Rita, ou la scène du déversement de colère du veuf), ce season premiere n’a pas démérité, en offrant un regard sur le deuil typique du héros sans émotion –apparente.
La reprise veuve de Dexter s’est faite avec une maîtrise scénaristique et une solidité des personnages (Dexter et Debra, toujours aussi sublimes) caractéristiques de la série. A l’image du héros : sobre mais bouleversant.
8/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Dexter | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : dexter, saison 5, showtime, michael c hall, jennifer carpenter, critique |
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11.12.2006
Dexter - Fiche d'Introduction
Pour les fans de SFU, voilà Dexter ! Retrouvez Michael C. Hall dans la peau de
ce héros sanguinaire skizophrénique ! Expert au servive médico-légal à Miami, spécialisé dans l'analyse de prélèvements sanguins et à la fois tueur en série. Mais un tueur pas comme les autres. Gentil tueur ? N'exagérons rien.
Une catégorie qui s'annonce captivante et abondante à souhait ! Tachons d'entretenir durablement cette catégorie, la saison 1 venant tout juste de s'achever.
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Dexter | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dexter, show, showtime, michael c hall, six, feet, under |
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