15.10.2011
Up All Night (Saison 1) Un trio comique et un couffin

Les séries maternelles ont beau être repoussantes par nature (trop de blagues éculées sur les biberons et les babysitters), NBC s’est laissé convaincre par Up All Night, petite série douce et attachante, et son casting en béton armé.
Né de la plume d’Emily Spivey et de Lorne Michaels, à qui l’on doit quand même 30 Rock et Parks & Recreation, Up All Night s’attarde à décrire les petits tracas de nouveaux parents qui voient l’arrivée d’un enfant bouleverser leur vie mouvementée. Si évidemment le pitch est d’un classicisme désespérant, l’originalité de cette série vient de la rencontre de ses acteurs principaux : Christina Applegate, Maya Rudoph et Will Arnett.
Chacun de ces acteurs étant gage d’un humour qui a fait recette sur nos écrans, Up All Night réussit à séduire d’entrée de jeu. Christina Applegate dans le rôle de Reagan, l’épouse carriériste responsable de la production d’une émission télé à succès, et Will Arnett, père au foyer depuis l’arrivée d’Amy, forment un couple mignon et légèrement décalé, comme une rencontre entre les vestiges d’Arrested Development et Samantha Who ?.
Pourtant très différent de ce que l’on connaît du 30 Rock et du SNL, Up All Night est teinté d’une douceur revigorante et d’un humour plus délicat, plus découpé. Pas d’hystérie dans cette série familiale, ni de grosse mécanique, Up All Night préférant constituer un quotidien simple et attrayant, teinté de moments caustiques, relevant la note.

La part belle revient évidemment à Maya Rudolph, l’actrice comique ayant les moues les plus drolatiques du moment (dans Bridesmaids et dans Kath & Kim anciennement). Dans le rôle d’une fausse Oprah Winfrey, Ava, animatrice d’une émission-conseil pour femmes, Maya Rudolph s’épanouit pleinement et nous entraîne dans ses prestations théâtrales bourrées de culot et d’opinion anti-marmot.
Donneuse de leçons, égocentrique, mélodramatique et particulièrement phobique des poupins, Maya Rudolph est géniale, absolument jouissive, et assurément le point focal nécessaire à Up All Night (comme le fut Rachel Draft dans 30 Rock, ou Jane Krakowski, dans ses grands moments) pour déployer son artillerie comique et son esprit loufoque.
Tendre et charmante, Up All Night est une comédie familiale portée par le tandem adorable Applegate et Arnett. Mais sous l’innocence amusante, sous les peluches pour bébé, la série cache son jeu, en insufflant notamment du caustique et du gentiment pittoresque dans ses scènes comiques policées. Un équilibre rare à la télé et une belle réussite.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Up All Night | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : up all night, christina applegate, maya rudolph, will arnett, emily spivey, lorne michaels, nbc, critique |
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18.11.2009
Critique ciné : Away We Go (de S. Mendes)

Sam Mendes (American Beauty, Revolutionary Road) aurait-il fait faillite ? Sa femme Kate Winslet aurait-elle accumulé des dettes de jeux si démesurées qu’elle en oblige son réalisateur de mari a passer du côté indie de l’industrie ?
Ou peut-être que le créneau indie est une lubie post-moderne, une étape à franchir pour toute pointure hollywoodienne. Un talisman d’humilité contre la fortune mainstream, pour son Little Miss Sunshine à soi ?
Parce qu’Away We Go se veut férocement sincère, anti-commercial. De l’affiche, à la musique blues ind-irritante d’Alexi Murdoch, à son couple d’héros.
Verona (Maya Rudolph), dessinatrice macabre au look altermondialiste chic et Burt (John Krasinski), ex-nerd reconverti fonctionnaire mais dont l’allure bûcheronne persistante révèle encore sa plus truculente gaucherie, sont deux futurs parents fusionnels, décidés à arpenter les routes du gros continent en quête de la recette éducative parfaite. L’idée de départ est pittoresque, jolie, indie donc, mais ne manque pas de niaiserie naïve.
Contrairement aux Noces Rebelles où Mendes cogne contre deux êtres d’amour (DiCaprio et Winslet) à la violence étouffée, hystérique, incontrôlable avec une force et une maîtrise inépuisable, Away We Go est davantage un voyage insouciant, sans réelle profondeur, prétexte à dépaysement.
Le couple n’est pas ici une problématique, il a valeur de certitude et d’amour dégoulinant absolu. Et le réalisateur ne s’en soucie d’ailleurs pas : les deux héros sont charmants, serviables et souriants, à la vision idéaliste, trop gentille. Un couple lisse parfait, qui au delà de leur symbole propret, peine à porter sur leurs (frêles) épaules les quelques enjeux narratifs du film, à peine exploités.
Road-trip mélo déguisé, Away We Go s’apparente à un mode d’emploi familial, où la succession de sketches tantôts drôles, tantôt tragiques, permet de passer en revue les divers archétypes du genre. A égalité alternée, notion étroite qui en dit long sur la conception, les trois numéros comiques du film alimentent et inversement les trois scènes amères sur la désillusion biologique ou affective.
Formidablement écrit, l’humour prend alors le pas sur l’envie taciturne. Alisson Janney, ancienne patronne délurée, Jeff Daniels, père égoïste et Maggie Gyllenhall, jeune mère 100% bio 100% love, avalent tout cru les prestations tire-larmes du couple stérile, de la sœur esseulée ou du frère plaqué. Satiriques, enlevés, affreusement ironiques, ces extraits de haute comédie mettent à mal tout concept américano-parental et stigmatisent joliment les quelques thématiques du matérialisme et de l’occidentalisme.
Mais trop mécanique, pas assez conceptuel, le film reste ce produit de vagabondage doucereux, bien sous tout rapport, qui un peu amuse, un peu émeut, sans risque, à chaque tour de piste. L’ironie ne côtoie que trop le lacrymal et aboutit finalement à un film spongieux -double face, qui assurément aurait gagné en identité (et en superbe), en s’acquittant de ses sacro-saints états d’âmes, désespérément chagrinés.
(7/10)
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans xCritiques Cinéx | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : away we go, critique, sam mendes, john krasinski, maya rudolph |
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