20.05.2010

Desperate Housewives (Saison 6) Bis Repetita mais avec Drea

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I Guess This Is Goodbye – 6.23 (diffusé le 16.04.10) (finale)

Ne jamais se fier aux épisodes finaux de Desperate Housewives. La série qui use et abuse des twists et des révélations faussement grandiloquentes n’a jamais matière à tel suspense de fond. Si cette conclusion de saison 6 déroge peu à la règle de la poudre aux yeux, elle convainc sur le fond, avec une habileté scénaristique plutôt surprenante.



Entre les histoires terroristes et les traques psychotiques, les intrigues économiques et les prémices faites saison 7 (une sombre histoire à la long fleuve tranquille), la série a décidé de ne rien laissé au hasard pour soigner comme il se doit la fin de sa sixième saison. Quitte même à sortir du placard de vieux scripts laissés à l’abandon depuis des années. Avec l’intrigue concernant Juanita Solis, Desperate Housewives nous surprend en assumant enfin ses graves péripéties à soap.


Contre toute attente, le cas du faux-fils vengeur qui s’accapare de l’entreprise est une étape secondaire dans l’histoire consacrée aux Van de Kamp. Avec le départ d’Orson de la tribu, la prise de conscience de Bree (d’abord intérieure, puis avec Gabrielle) et l’étonnant envoi en prison d’Andrew, la série a décidé de mettre de l’ordre dans cette famille proprette. Les évènements sont amenés de manière brusque mais ont néanmoins eu le chic de mettre à mal une histoire qui avait tout de la storyline conclusive prévisible. La série réussit même à nous rendre curieux quant à la future relation Bree-Gabrielle.


Dans le genre « je te sacrifie pour le bien-être de la morale », Lynette convainc davantage que cette Bree en plein désarroi. Pourtant, sans le talent dramatique (et physique, elle accouche avec vigueur, cf. veines frontales) de Felicity Huffman, cette histoire de huit-clos paresseux était destinée au pur gâchis narratif. Il s’agit là quand même de l’arc principal de saison et son traitement s’est fait quasi de manière anecdotique, avec une moralité presque imbécile (la gentillesse du vilain a eu raison de sa psychopathie, le regard d’une maman étant primordial). Dommage d’ailleurs que cette histoire de tueur en série n’ait pas rejailli de manière globale sur le voisinage. Ca aurait sans doute intéressé Susan de connaître l’identité de l’agresseur de sa fille chérie.


Il faut évidemment supposer que la vie de Wisteria Lane est réelle, qu’il existe d’autres moments hors caméra qui ainsi font honneur aux explications (Tom à Lynette sur l’accouchement secret par exemple). Imaginons nous sans doute que Gaby s’est délectée de sa récente aventure auprès de ses copines avant l’au revoir quasi-insipide de Susan (mais intéressant dans son apport conducteur épisodique).

Voir Gabrielle, la housewive déjantée attitrée, œuvrer dans un genre plus noir était assurément une bonne idée. Mais la tension n’a été que de courte durée, le rebondissement final de ce second arc a manqué de consistance dramatique (le méchant meurt, vite) et les Bolen n’ont jamais été bien fascinants. Il faut dire aussi que Gabrielle pourrait nous faire arracher un sourire même à Auschwitz (surtout lorsqu’elle imite Angie), alors pour une bombe miniature, c’est dire l’impact tragique causé par la pétillante ménagère...


Si cet épisode conclusif n’est pas totalement de bonne facture (dialogues pompeux et excès sentimentaliste), ce final se révèle d’une meilleure production et maîtrise par rapport au reste de cette saison, en ficelant de manière plutôt inattendue des histoires de longue haleine, qui ont souvent lorgné du côté de l’ineptie scénaristique. Un mal pour un bien (de quarante minutes).

6/10

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