13.09.2010
Nikita (Saison 1) Solution musclée contre la retraite

L’inspiration en berne, les revivals ont bon dos. En répliquant des histoires passées à la postérité, les nouveaux créateurs espèrent dénicher des vertus indétrônables, celles qui assureront une voie royale à leur bébé (et à leur carrière). Nikita en est un exemple lambda parmi tant d’autres : une reprise de fond gentiment passé à la machine de la standardisation actuelle. Sophistiqué mais inepte.
Après Bionic Woman ou le bide retentissant de NBC en 2007 avec Michelle Ryan, c’est au tour de Nikita, l’autre femme qui jongle avec les kalachnikovs plastifiés et déchire ses mini-jupes criardes de dicter à nouveau sa loi sur les écrans. Si Bionic Woman s’est rapidement cassée les dents de devant en faisant de son combat mécanique une supercherie fastidieuse et mollassonne, la nouvelle Nikita, elle, n’a pas froid aux yeux et fera tout pour séduire avec ses tenues outrancières et ses regards braisés les 18-30 ans exilés (de force ?) sur la CW.
Dans le rôle illustre, la peu charismatique Maggie Q. S’il est gageure de succéder à Anne Parillaud ou Bridget Fonda dans la compo de la tueuse impitoyable, la recrue Maggie Q s’en sort convenablement. Habitué des rôles actifs et des prestations de corps dans de gros blockbusters suants (Rush Hour, MI3, Die Hard 4), la belle d’Honolulu en maillot de bain réunit ici toutes ses cartouches en acier pour composer une Nikita plus indisciplinée que jamais. Et revancharde aussi.
Parce que ce Nikita 2.0 va plus loin que les premières machines à tuer. A la retraite ou presque, la tueuse éduquée par la Division, unité de tueurs secrets, refuse l’oubli et souhaite désormais démanteler le réseau qu’elle a jadis défendu avec rage pour se venger notamment de l’homme qu’elle a tant aimé. Pour se faire, l’assassine fait infiltrer une jeune recrue au sein de la structure à abattre et compte bien sauver son pays du Mal qu’elle déploie peu à peu.
Si évidemment l’effort de déplacer légèrement la problématique de départ pour faire de cette Nikita une sorte de sequel inspiré est louable, rien de nouveau sous le soleil de l’espionnage.
Le pilot s’évertue à maximiser ses effets de style où tout se parachève avec une course-poursuite et quelques coups de feu comme un nanar habituel. Sans dialogue raffiné (ni jeu au diapason), le pilot manque cruellement de finesse et d’humour pour mettre en place une mythologie vue et revue sur la corruption et les éternels jeux de pouvoir, quitte à frôler la caricature de genre. Dans la forme, la mise en scène impeccable de Nikita rappellera les anciennes séries costaudes (Alias, Dark Angels, Fringe, Chuck The Sarah Connor Cronicles ou récemment Covert Affairs) mais là non plus sans jamais s’en distinguer, cruelle formule ressassée pour cause.
Forte de sa technique et son envie d’en jeter, Nikita finit par n’être qu’une vitrine d’appel, un produit sophistiqué gonflé aux codes manichéens du blockbuster estival niais. Un spectacle pop-corn qui manque aussi bien d’âme que de caramel.
4.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Nikita | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : nikita, maggie q, cw, melinda clarke, critique, luc besson |
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