29.05.2010
Lost (Ultime Saison 6) The End Is the Beginning Is the End

The End - 6.17 & 6.18 (diffusé le 23.05.10) (series finale)
Sur l'île, Jack doit sauver l'île grâce à la grotte lumineuse alors que la réalité alternative -dans laquelle tous les losties se retrouvent et se reconnaissent- révèle sa nature.
Ça y est, c'est la fin de Lost. Et je dois avouer que malgré toute la bonne volonté que je peux y mettre, je n'achète pas. J'ai trouvé beaucoup de défauts à cette saison, mais depuis Across the Sea non seulement les dialogues sont d'une pauvreté désolante, les épisodes frôlent le ton parodique apparemment consenti. Je ne peux même plus regarder un épisode de Lost désormais sans me demander si les scénaristes rigolent dans leur salle ou pas, et c'est dérangeant, car je vois bien que les scénaristes n'avaient jamais dans l'intention de finir la série et ils le font comme ils peuvent.
Les facilités scénaristiques ridicules s'enchaînent (le retour de Frank), les scènes tire-larmes pleuvent, les personnages sont réduits à leur propre caricature et cette révélation finale a été la cerise sur le gâteau. Et je ne dis pas ça pour descendre la série, je le dis car j'ai beaucoup aimé la série dans ses 4 premières années et ça me désole de la voir se terminer ainsi dans la facilité - et ce, dans tout ce qu'elle a tenté de faire dans ce dernier épisode. Je m'explique.
Tout, ou presque, sonnait baclé dans ce final. L'épisode use et abuse de tout ce que je déteste dans la fiction en général : l'émotion facile, le mélodrame, entre autres. Alors que Lost s'était démarquée des autres séries dans sa première saison avec un traitement plutôt sobre des relations humaines dans un groupe qui était marqué par sa diversité ethnique, on peut dire qu'elle finit son travail en piquant du nez, avec un degré de subtilité qui avoisine le zéro. Quand on compare la scène du final de la saison 1 où les personnages quittent l'île sur le radeau qu'ils ont construit à tout le pathos qui est servi dans les sideways dans cet épisode, on se dit qu'il y a quand même une sacrée différence dans l'efficacité émotionnelle.
Parce qu'en fait la réalité alternative a été dans cet épisode un enchaînement de la même scène. Un awakening pour chaque couple, à comprendre un réveil, une prise de conscience de chaque protagoniste de ce qu'il a vécu sur l'île avec un autre personnage. Au choix, on a donc Juliet et Sawyer, Jack et Kate, Charlie et Claire et surprise... Sayid et Shannon. Tout y est pour faire pleurer dans les chaumières : la musique, le jeu excessif des acteurs, la caméra qui insiste sur les personnages, et le pire, des montages filtrés à mort sur les moments marquants de chaque personnage (à noter que l'épisode commence ainsi aussi : sur un montage larmoyant digne des fins d'épisode de la CW). Sans compter le fait que de faire réagir ces personnages d'une telle manière à leur prise de conscience n'a aucune cohérence d'un point de vue narratif. On croit regarder une parodie ou une vidéo youtube. Il n'y a aucun scénario. On passera sur le fait qu'ils doivent se toucher pour se souvenir, cela aussi étant très peu subtil.
Ces scènes s'enchaînent heureusement avec des scènes sur l'île qui sont un peu plus intéressantes. Pour sauver l'île et donc l'empêcher de couler, Jack doit utiliser le bouchon (un vrai bouchon, ce n'était pas une métaphore) après que l'Ennemi ait succombé à une bataille qui a duré une petite minute, la lumière étant éteinte. Et tant mieux que le combat n'ait pas duré plus longtemps, ce n'était pas le plus important. Lost nous fait donc du Lost de fin de saison, c'est-à-dire que ces séquences-là sont relativement bien rythmées, à défaut d'être généreuses en révélations.
Je comprends bien qu'il aurait été impossible et absurde de répondre à toutes les questions restantes, ça n'aurait eu aucun intérêt, mais les scénaristes n'ont même pas l'idée de nous réserver une révélation, même ouverte, sur la nature de l'île.
Les scènes sur l'île restent cependant cohérentes, malgré les confusions qu'elles soulèvent : on pensait Desmond (et les autres personnages capitaux) plus experts en ce qui concerne le fonctionnement de l'île, on ne sait toujours pas pourquoi l'île a été engloutie dans le season opener, ni ce qui a réellement causé la réalité alternative. Il faudra faire travailler son imagination, faire le travail que les scénaristes auraient du faire eux-mêmes. Peut-même inventer des plot devices comme les voyages temporels pour expliquer concrètement des éléments scénaristiques encore flous comme la cause de la réalité alternative. Ce qui ne sert finalement à rien, à part créer sa propre série.
Et enfin, j'y viens : la révélation finale. Je n'ai rien contre l'idée d'une réalité parallèle où les personnages se retrouvent après leur mort, mais je ne comprends pas l'intérêt d'avoir créé une mythologie aussi fournie, d'avoir étalé l'arc alternatif sur toute la saison, pour une révélation aussi maigre.
Ce qui est dommage et hallucinant, c'est que les théories des fans auront été plus intelligentes que cette fin. En fait, il n'y avait rien à résoudre. Lost ne se résume finalement qu'à une grosse histoire amicale on-s'aime-tous ; des personnages torturés (hum) ont passé des années fabuleuses sur une île (aux capacités surnaturelles, mais dont l'intérêt est nul, à part pour nous expliquer les causes du crash) et ont inventé une vie après la mort où ils se retrouvent. La série aurait pu se résumer à deux-trois saisons. Et encore une fois, je ne sais pas si c'est le jeu d'acteurs mais la fin ne procure strictement aucune émotion, une fois la déception avalée. Et si le but était de regagner la considération des fans avec des répliques aussi niaises que << Remember. Let go. Move on. >>, au-même titre que les scènes voulues émotionnelles de l'épisode, encore une fois, je n'achète pas.
Lost aura été pour moi une série que j'ai appréciée surtout pour ses trois premières saisons et sa mythologie - alambiquée mais ambitieuse. C'est ce qui a réellement façonné le charme de la série à mon goût, n'en déplaise aux scénaristes qui insistent sur le fait que l'intérêt de la série ne se résume qu'aux personnages. Le personnage le plus intéressant aura été Desmond, c'est lui qui a offert parmi les meilleurs épisodes de l'expérience : << Flashes Before Your Eyes >>, << Live Together, Die Alone >>, << The Constant >>. C'est la vraie constante de Lost en réalité, celui qui a permis de revenir aux bases de la série, cette saison le prouvant dès son retour.
Le gros problème de la série, c'était finalement de trouver ce juste milieu entre personnages et mythologie. Dès le cliffhanger de la fin de saison 3, ils ont clairement mis l'accent sur l'histoire. Et la raison pour laquelle cette saison a boîté sévèrement, c'est simplement parce que les scénaristes ont voulu réitérer la recette qui a fait le succès et la qualité de la série dans sa première saison (ils l'ont dit eux-mêmes) alors que l'histoire a pris un tournant qui ne le permettait pas. Cette fin me déçoit, d'abord pour la révélation finale qui ne fait pas du tout honneur à la dimension mythique qu'a pris la série avec le temps, mais aussi pour l'écriture et la réalisation, qui ne sont plus soignées du tout. On se consolera en revisionnant les saisons précédentes, parce que des inédits de Lost, il n'y en aura plus.

Écrit par Red dans Lost | Lien permanent | Commentaires (51) | Tags : lost, saison 6, abc, kate, lost sawyer, locke, ben, monster |
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