26.01.2010

The Deep End (Saison 1) L’amour à la barre

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Pilot – 1.01 (diffusé le 22.01.10)

La nouvelle vie de quatre jeunes avocats, fraîchement débarqués dans une puissante firme juridique de LA.


Après le Grey’s Anatomy de l’espace, Defying Gravity, cet été, le Grey’s Anatomy du barreau, The Deep End arrive de manière tonitruante à la case jeudi d’ABC en midseason. Autant dire, gros espoir.

Mais à quand un Grey’s Anatomy du trottoir, où tout le monde est moche, junkie et séropo ?


Genre maudit


A force d’étiquettes, le sériephile perd le nord. Sans oublier ses valeurs. S’il a fait l’erreur de miser gros sur Life Unexpected parce qu’on l’annonçait fièrement comme l’enfant de Juno et de Lorelai Gilmore si elle était un homme, en revanche, The Deep End, produit tout emballé, n’a pas eu droit à tant d’espoirs.

Parce que les legal shows sont de toute évidence voués à l’échec de l’audimat et qu’à l’exception de feu Boston Legal et de The Good Wife, intéressant mais sans plus, la cour de justice est devenu un terrain miné. Attention à ceux qui veulent y mettre un doigt de pied.
Le tribunal est désormais une zone barricadée et standardisée, qui nonchalamment voit passer les mêmes affaires judiciaires, au dénouement similaire et manichéen, incarnées par des protagonistes caricaturaux, devant les mêmes juges issus de l’immigration (c’est pour le côté ouverture).

Déjà, l’an passé, Eli Stone avait voulu dynamiser la séance juridique en agrémentant ce décor monacal d’ambiance musicale doucereusement cinglée, en enchaînant péripéties amoureuses et chorégraphies à morale.
Mais les mêmes cas de fond, sans originalité aucune et le manque cruel de charisme des personnages principaux avait condamné la série à n’être qu’une tentative avortée de changement. Et comme ABC est une chaîne par définition faux-jeton, qui se contente de ses succès passés (Grey’s Anatomy), The Deep End, sa version prétoire, n’a pas manqué de se vautrer derrière la barre, elle aussi.



Effrayant d'originalité

Oubliés les internes triés sur le volet, place à quatre jeunes avocats épatants de promesses légales. Ils sont jeunes, beaux et talentueux, ils s’habillent déjà très bien et ont un sens de la réparti inouï. Même Tina Majorino (Big Love, Veronica Mars) n’est plus un sidekick attachant mais une femme timide, sujette elle aussi aux hormones. Qui l’eut crû ?
Derrière eux, un décor de firme juridique effrayant d’originalité. Des secrétaires qui couchent, des gros dossiers éparpillés, quelques plantes pour donner bonne mine à ces mêmes dirigeants, ces magnats de la jurisprudence, sans cœur et manipulateurs.

Outre ce fond sans âme qui au lieu de fédérer le spectateur, repousse son adhésion, The Deep End tente, comme on le devinait, d’allier procédures et coucheries.
Alternant donc une allure très soap, sans esprit, sans contours neuf, sur fond pop, et une allure très procédurière, où la série plonge alors ces quatre héros sentimentaux sans intérêt dans des tourments juridiques sans compassion, sans idéaux, avec les même traits (mais en moins prenant) des autres séries judiciaires depuis vingt ans, The Deep End ne propose que du déjà-vu, sans égard à la création ou à l’écriture de ses scripts.

 

Difficile donc de trouver dans the Deep End quelque chose qui puisse capter l’attention. Du moins, éviter l’inévitable. Le bâillement sévère. Parce que The Deep End, c’est comme le souligne son titre : c’est profond, c’est fini, c’est profondément nul.

2.75/10

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