01/09/2011

Misfits (Saison 2) Cinq supervoyous et beaucoup de dégâts

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Has been les ados faussement destroy de la contrée Skins. L’Angleterre et les jeunes en mal de vivre ont définitivement adopté une nouvelle bande, celle des Misfits, cinq héros malgré eux habitués aux petits larcins et au parler cru. Plus marginal et décalé que n’importe quel teen show, Misfits est devenue, en douze épisodes, une série d’envergure, attachante et haute en couleurs.

 

Pas facile de faire d’une série fantastique dont les protagonistes sont dotés de capacités extraordinaires une fiction à la fois récréative et solide. Si les séries américaines sont nombreuses à se bastonner dans le domaine du superpouvoir, peu d’entre elles réussissent à dépasser le cadre de l’ordinaire cathodique, faute d’un traitement du genre différent. Mais depuis l’an passé, la très modeste -et très anglaise- Misfits a donné un grand coup de cape dans l’extra-fourmilière usée en se lançant un pari : faire d’une super-série un show caustique et décomplexé.

Fort d’une saison inaugurale calibrée et charismatique, Misfits était devenue une série atypique, gentiment ironique, de bonne facture esthétique, qui consacrait le super-héros comme un looser boutonneux inaccompli aux tares plus impressionnantes que les 4400 réunis. Cette année, avec une seconde saison plus coriace, plus noire et plus formula aussi, la bande des jeunes supervoyous est revenue faire des siennes. Entre les deux saisons, rien n’a vraiment changé pour Alisha, Kelly, Simon, et les autres. On les avait laissés après l’enterrement de Nathan, empalé sur une grille en fer avec la théâtralité qu’on lui connaît, en se doutant bien que le gai luron allait révéler son immortalité. Et on les retrouve cette année dans la même posture, chacun avec la maîtrise naissante de son superpouvoir.

 

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Dans leur combi orange, sous l’autorité d’un community service aussi désoeuvré que ses délinquants en réinsertion, les cinq héros marginaux ont décidé de faire profil bas après l’assassinat de leurs précédents officiers de probation. Mais avec la malchance notoire du groupe inadapté, cette saison sans relâche a vu défiler un lot de cas compliqués et avec lui, une toile d’intrigues affriolantes.

Entre un geek furieux qui se prend pour le héros tueur d’un jeu vidéo, une jeune attardée shape-shifter amourachée de Simon, bien décidée à se venger du groupe, un tatoueur cupidon qui a fait de Nathan un gay sensible le temps d’un épisode foutraque, et même un Jesus Christ avide de pouvoirs malfaisants, pour couronner cet épisode spécial Noël, les storylines de cette année ont visée l’overzetop assumé, en rendant le paysage plus fantastique que l’an passé. Plus de grandiloquence ironique donc, de morts en pagaille, de superpouvoirs de toutes parts, la saison 2 de Misfits n’a pas perdu en force de conviction et en rythme haletant.

Avec ces histoires fantastiques à part, en prenant toujours soin d'éviter les situations pesantes et les quiproquos habituels du genre, la saison 2 a tendu vers le formula show distrayant et efficace. Grâce aux protagonistes de la série, aux personnalités bien définies (l’humour lourdaud de Nathan, l’attitude fort en gueule de Kelly, la timidité de Simon, la grâce d’Alisha)  la série est restée dans un registre feuilletonnant permettant au public une fidélisation alléchante. Cette année, la série a fait la part belle à Nathan et Simon, l’un enraciné dans son rôle d’animateur loustic émérite (mais aux problèmes familiaux toujours présents), l’autre, comme l’aboutissement d’une évolution radicale, partagé entre un Simon du futur, en couple avec la jolie Alisha, prêt à en découdre pour l’avenir, et l’actuel délinquant timoré, en voie de maturation (et de "dépucellement").

 

Le feuilleton alléchant, la photographie grisée impeccable (des plans dignes d’une série d’AMC), l’humour borderline et le traitement scénaristique en roue-libre de cette seconde saison ont permis à Misfits d’acquérir une vraie empreinte visuelle et une identité propre qui lui donne des airs de grande série. A n’en pas douter,  l’anecdotique Misfits est finalement devenue une série chic, à la fois caustique et férocement aboutie.

8.5/10

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