Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

julia-louis dreyfus

  • Veep (S1-5) La vice-présidence américaine déglinguée

    veep,hbo,saison 1,julia-louis dreyfus,amy brookheimer,tony hale

    Dans la lignée des séries politiques qui ont contribué à la culture sérielle depuis The West Wing, Veep est devenu en quelques années la référence absolue. Retour sur une série aussi cruelle que prodigieuse.

     

    Veep raconte le quotidien de la vice-présidente des Etats-Unis, Selina Meyer et celui de son staff qui l'entoure, à quelques pas du bureau oval où les vraies décisions se jouent. Centrer sa série sur un outsider politique, un vrai second, qui plus est incarné par une femme, était un concept ambitieux, profondément inspiré. Au cours de plusieurs saisons mouvementées où Selina Meyer prend du grade pour en perdre très vite, cette petite série politisée prouve sa grande capacité narrative et des rebondissements comiques de taille.

    Veep doit beaucoup à sa vice-présidente, Julia-Louis Dreyfus. Entre Seinfeld et The New Adventures of Old Christine, et des clins d'oeil dans Curb Your Enthusiasm, Julia-Louis Dreyfus est devenue l'une des plus grandes, si ce n'est la meilleure de toutes. Après avoir joué Old Christine, cette quadragénaire alcoolique pendant cinq années affriolantes, Julia-Louis Dreyfus s'attaque à un rôle plus tranché. Dans Veep, elle incarne une femme de poigne, autoritaire et haute en couleurs, méchamment égoïste et triviale, un personnage médiatique tristement maudit et irrésistiblement comique, grâce aux moues implacables de Dreyfus et son sens intense de l'autodérision.

     

    veep,hbo,saison 1,julia-louis dreyfus,amy brookheimer,tony hale

    Entre les contradictions et les postures politiques, entre les caprices d'une femme imprévisible, les protocoles superflus et un agenda foutraque , Veep voit la politique par le prisme de l'anecdote, au milieu des brancards et des joueurs de football, un peu comme Parks and Recreation au niveau municipal. Autant ruelle polluée que siège à la cour, grands dîners mondains et malversations de couloirs, Veep s'amuse à raconter les séances professionnelles d'une vice-présidente perfectionniste qui se retrouve coincée à broder devant des bancs d'écolier ou en séance dégustation de yaourt glacé. La série s'amuse alors à jouer et déjouer les enjeux politiques, Veep prenant toujours un malin plaisir à rompre l'intensité qui incombe au rôle de cette figure politique, en lui imposant des trajectoires perdues d'avance et des tâches peu reluisantes. Elle offre ainsi ce grain d'humour noir et gênant, à la fois fait de situations embarrassantes et d'acharnement antihéros à la The Office, à l'égard surtout de cette femme politique maladroite et tyrannique qui mérite ce traitement corrosif.

    Pour autant, la série cerne la question épineuse de la négociation politique du dessous de table, du ragot, de la pression politique, au travers de l'apparence (the crying game) et de l'entourage épuisé de la protagoniste (dont Tony Hale et Amy Brookheimer) qui malgré ses bourdes et son verbe haut, se démène pour garder le cap. La série entretient cette dynamique du mode de vie politique à tout épreuve, en soignant ses scènes, en calibrant ses répliques, en faisant toujours primer l'humour au contexte.

     

    Veep est une série haute en couleurs. Grâce à Julia-Louis Dreyfus qui règne en maître, la série de HBO conte avec une belle cruauté comique ce quotidien politique aussi bancal que désoeuvré. 

    9/10

    veep,hbo,saison 1,julia-louis dreyfus,amy brookheimer,tony hale

    Lien permanent Catégories : Critiques, Veep Imprimer Pin it!