24.09.2010
Lone Star (Saison 1) Une double vie au diapason

Au petit jeu des références, vous savez ce jeu préféré des critiques qui consiste à raccrocher les nouveautés à telle ou telle série notoire, Lone Star pourrait bien nous étourdir. Big Love, The Riches, Profit, Friday Night Lights, et même Dallas, il y a de ça dans Lone Star et plus encore. Et si ce petit jeu manque généralement de pertinence, ce n’est pas totalement vrai pour Lone Star qui s’avère être un mélange hybride et bien mené de ces séries phares.
Robert Allen est un arnaqueur fin limier à tendance polygame. D’un côté, à Midland, Texas, Robert est un vendeur de pierres sans histoire, amouraché d’une jolie plante du coin. De l’autre, à 400 kilomètres de là, Robert se fait appeler Bob. Marié à Cat, fille d’un riche magnat de pétrole, l’homme entretient une réputation de gendre idéal et convoite la reprise de l’entreprise familiale extrêmement juteuse.
Les mots clefs sont lâchés : entreprise familial, arnaque, double vie impliquant dès lors des coups bas, des secrets et autres manipulations. La recette de Lone Star n’est pas inédite mais celui-là vient dynamiter le genre sans se sacrifier ou viser la cour des grands. Très vite, le pilot de Lone Star parvient à se détacher de ce concept risqué pour composer avec une singularité étonnante sur ce monde familial et industriel sujet à suspicions.
Réalisé par Mark Webb (500 Days of Summer), le pilot de Lone Star bénéficie pour sûr d’une ambiance inédite qui rappelle plutôt l’esprit des séries intimistes câblées plutôt que les grands produits coutumiers des networks. L’ambiance, mais aussi la mise en scène soignée, le dialogue fin et travaillé, la mise en abyme simple mais non didactique des personnages et leurs dynamiques ainsi que l’intrigue principale joliment exposée paramètrent les qualités de fond de cette série en jachère, autant de facettes habituellement traitées avec médiocrité par les series premieres.
Pas étonnant donc que Lone Star ait recueilli l’unanimité des critiques, la gratifiant de meilleur pilot de saison, de promesse à suivre et autre superlatif plutôt bien senti.
Du beau monde à l’affiche de Lone Star, également. Le héros impeccablement joué par l’étonnant James Wolk, aux airs troublants de Kyle Chandler (héros de Friday Night Lights, jolie coïncidence) lui insuffle d’emblée naturel et charisme et contribue beaucoup à la sincérité formidable de ce premier épisode et au potentiel du show. A ses deux bras, une fausse épouse, jouée par la sublime Adrianna Palicki, venue elle aussi de Friday Night Lights et une fausse fiancée, Eloise Mumford. On parlera également volontiers de la présence au casting du père d’Angelina Jolie, Jon Voight, génial dans ses volutes de fumée, de Mark Deblin (Justice) et de David Keith, en père corrompu du héros.
En définitive, Lone Star bénéficie d’un pilot prometteur qui a su distiller avec naturel et conviction son paysage fictif, sa dynamique scénaristique, des personnages d’envergure, un potentiel de fond rarement aussi riche et même une jolie ambiance douce-amère. Un pilot définitivement enthousiasmant symbole certain d’un drama solide, malheureusement soldé par un échec de l’audimat (4 millions de téléspectateurs environ). L’avenir de la série est à craindre, et le goût du public par ricochet.
7.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Lone Star | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : lone star, fox, jon voight, adrianne palicki, james wolk, saison 1, critique |
Facebook











