25.05.2011

The Office (Saison 7) Au revoir Michael Scott

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Il aura fallu sept ans de mariage, épineux et grinçants, entre Dunder Mifflin et Michael Scott pour que le boss star décide de mettre les voiles. Généreux jusqu’au bout, humain et touchant, Michael est parti, la tête haute, avec une modestie inédite placardée sur la figure et une émotion intense dans le regard de l’acteur Steve Carell.

 

C'était il y a quelques épisodes la fin de cette septième saison, Michael Scott tira sa révérence. Sans trop vouloir attendrir dans les chaumières, Michael a préféré mentir sur sa date de départ et partir loin des adieux tire-larmes faits entre amis collègues. Etonnant pour un manager que l’on connaît pour son égotisme et son envie de gloriole. Et pourtant, si l’on misait peu cher sur une rédemption du patron fanfaron les premières années, il faut se rendre à l’évidence : Michael Scott a mûri. Moins complexé, moins avide de flatteries, d’autorité et d’attention comique, le manager en papier est devenu au fil des années le bon camarade de bureau, la bonne patte aux blagues éculées mais sympathiques, l’homme au gros cœur.

Si la méchanceté parfois cruelle de Michael était lourde en acharnement et en rictus (pauvre Phyllis, humiliée, pauvre Oscar, stigmatisé, pauvre Meredith qui a fini sur le capot de Michael), le manager de Dunder Mifflin a prouvé au fil des années qu’il était surtout un homme esseulé en manque de considération mais avec une réserve d’amour à revendre pleine à craquer. En rencontrant Holly, une blondinette affectée aux ressources humaines, aussi guillerette et déconnectée que lui, le héros s’est adouci et a bien grandi. Alors le destin a fini par lui faire quelques clins d’œil, Michael, mari et père de famille dans l’âme, a ainsi pu connaître la satisfaction d’une vie sentimentale. Quitter Dunder Mifflin, sa seule famille, pour une nouvelle vie maritale, aura été la conclusion idéale pour ce drôle de bonhomme, humain et attachant, qui malgré l’attention faite sur le couple Jam, est et restera l’unique star de The Office.

 

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Alors, sur la forme, l’épisode a préféré la jouer fine, sans discours prêts à pleurnicher, ni scènes prétextes à mélo, et la révérence de Michael Scott a parlé pour elle. Toujours excellent dans un humour émouvant (l’épisode du mariage de Pam et Jim), The Office a soigné la sortie de la star avec humilité et simplicité. En veillant à contenter tous ces bons employés, en leur offrant un moment de complicité ultime, en leur concoctant un banquet de départ à leur image, Michael a prouvé toute sa générosité et son attachement à ces collègues de bureau. Une fin digne, en retenue, qui a fait monter les larmes sans trop les déclencher, en rendant un bel hommage à cette équipe de vendeurs attachants et à leur superviseur unique en son genre.

 

Alors, quid de l’avenir du bureau et de la série sans la figure phare de Scranton, sans le rire maniaque et les yeux tendres de Steve Carell ? A en croire ce qui se murmure,  James Spader serait le favori dans la succession au poste du patron. Mais l’envie de refondre un décor en lieu et place du bureau mythique de Michael sera une gageure de taille, d’autant que cette année, la série souffre déjà d’une fatigue chronique, rendant la plupart des épisodes apathiques et sans grande nouveauté comique. Avec Will Ferrell, dans le rôle du supposé remplaçant, la série a voulu prouver que son humour sarcastique pouvait avoir plusieurs visages, mais à défaut d’une vraie personnalité et de répliques annihilantes, la star Ferrell n’a pas fait grandes preuves.

Il reste alors à The Office à prouver au monde télévisuel que la vie du bureau peut continuer malgré le départ de son symbole. Jim Carey, Ray Romano, Will Arnett, Ricky Gervais, Catherine Tate et James Spader se sont succédés pur le festival de clôture de la saison et présenter leur (fausse) candidature pour la succession au trône. Si l’annonce fut alléchante, digne d’une suite louable, personne, y compris l’addition des têtes d’affiches comiques américaines et anglaises, ne pourra vraiment remplacer l’unique et magnifique Steve Carell dans les cœurs. Pas vrai, Jim ?

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18.11.2009

Critique ciné : Away We Go (de S. Mendes)

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Sam Mendes (American Beauty, Revolutionary Road) aurait-il fait faillite ? Sa femme Kate Winslet aurait-elle accumulé des dettes de jeux si démesurées qu’elle en oblige son réalisateur de mari a passer du côté indie de l’industrie ?
Ou peut-être que le créneau indie est une lubie post-moderne, une étape à franchir pour toute pointure hollywoodienne. Un talisman d’humilité contre la fortune mainstream, pour son Little Miss Sunshine à soi ?

Parce qu’Away We Go se veut férocement sincère, anti-commercial. De l’affiche, à la musique blues ind-irritante d’Alexi Murdoch, à son couple d’héros.
Verona (Maya Rudolph), dessinatrice macabre au look altermondialiste chic et Burt (John Krasinski), ex-nerd reconverti fonctionnaire mais dont l’allure bûcheronne persistante révèle encore sa plus truculente gaucherie, sont deux futurs parents fusionnels, décidés à arpenter les routes du gros continent en quête de la recette éducative parfaite. L’idée de départ est pittoresque, jolie, indie donc, mais ne manque pas de niaiserie naïve.

Contrairement aux Noces Rebelles où Mendes cogne contre deux êtres d’amour (DiCaprio et Winslet) à la violence étouffée, hystérique, incontrôlable avec une force et une maîtrise inépuisable, Away We Go est davantage un voyage insouciant, sans réelle profondeur, prétexte à dépaysement.
Le couple n’est pas ici une problématique, il a valeur de certitude et d’amour dégoulinant absolu. Et le réalisateur ne s’en soucie d’ailleurs pas : les deux héros sont charmants, serviables et souriants, à la vision idéaliste, trop gentille. Un couple lisse parfait, qui au delà de leur symbole propret, peine à porter sur leurs (frêles) épaules les quelques enjeux narratifs du film, à peine exploités.



Road-trip mélo déguisé, Away We Go s’apparente à un mode d’emploi familial, où la succession de sketches tantôts drôles, tantôt tragiques, permet de passer en revue les divers archétypes du genre. A égalité alternée, notion étroite qui en dit long sur la conception, les trois numéros comiques du film alimentent et inversement les trois scènes amères sur la désillusion biologique ou affective.
Formidablement écrit, l’humour prend alors le pas sur l’envie taciturne. Alisson Janney, ancienne patronne délurée, Jeff Daniels, père égoïste et Maggie Gyllenhall, jeune mère 100% bio 100% love, avalent tout cru les prestations tire-larmes du couple stérile, de la sœur esseulée ou du frère plaqué. Satiriques, enlevés, affreusement ironiques, ces extraits de haute comédie mettent à mal tout concept américano-parental et stigmatisent joliment les quelques thématiques du matérialisme et de l’occidentalisme.

Mais trop mécanique, pas assez conceptuel, le film reste ce produit de vagabondage doucereux, bien sous tout rapport, qui un peu amuse, un peu émeut, sans risque, à chaque tour de piste. L’ironie ne côtoie que trop le lacrymal et aboutit finalement à un film spongieux -double face, qui assurément aurait gagné en identité (et en superbe), en s’acquittant de ses sacro-saints états d’âmes, désespérément chagrinés.

(7/10)