09.02.2012

Alcatraz (Saison 1) Geôle et histoires de revenants

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Encore une fois, il s'agit d'une île, de mysticisme et de musique à la Giacchino. Pourtant ce n'est pas Lost, mais c'est tout comme, J.J Abrams est là, veillant au grain, toujours derrière les manettes, à mijoter ses coups, ce créateur démiurgique qui aligne les projets. L'expert en succédanés a concocté son Alcatraz avec une certaine minutie. Le résultat, emprunt de tous les ingrédients de la machinerie Abrams, se veut ébouriffant. Mais il laisse le cheveu plat.

 

Alcatraz, dans la vie comme à l'écran, est cette grande prison austère, abandonnée depuis cinquante ans. Abandonnée pas tellement puisque la série, diffusée sur la FOX, raconte cette drôle d'histoire, selon laquelle les détenus des années 60 se seraient comme volatilisés, pour mieux revenir, un demi-siècle après.

Dans la paume du bienveillant Abrams, on vogue alors entre deux espaces temporels, les années 60 -sans le chic de Mad Men mais qu'importe, ici on est sur du gratuit- et les années actuelles, dans lesquelles une détective, Rebecca Madsen et son équipe, enquêtent de près ou de loin sur ces détenus-revenants.

Malheureusement, le formula reste le roi sur la terre fertile de J.J. Comme Fringe, ou Lost à dose homéopathique, la série Alcatraz se fonde sur un contrat grossièrement procédural, qui en quelques épisodes n'intéresse pas tant. Cet aspect procédural, au schéma fastoche "un épisode, un disparu" d'où les titres, se résolvent avec le dynamisme bien connu du binoclard, son efficacité, sa rigueur, et aussi, ce manque d'allure débordante, ce côté hors-sentier jamais osé. Les disparus confinent à l'étrange, au mystérieux paranormal, enfin on essaie.

 

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Pour amadouer le chaland, la mythologie, il y en a une, forcément. Elle se niche, du côté de Sam Neill, un ancien d'Alcatraz bien intriguant, officiellement impliqué dans ce gros coup monté. Au fil des épisodes, le mythe dévoile ses cartes, pose ses balises. Pourquoi les disparus ne vieillissent-pas ? Quelle est cette seconde Alcatraz ? Ces mondes encastrés, encore une histoire de marge ? Existe-t-il une société chargée de les missionner ? Et on pourrait s'interroger longuement, sans n'avoir jamais de réelles réponses.

L'actrice principale, Sarah Jones, présente une certaine froideur,  rappelant Anna Torv à ses débuts. Mais l'actrice manque de grandeur pour susciter un rapide attachement. Heureusement, elle est accompagnée de sidekicks plus notoires, Jorge Garcia, le symbole adipeux de Lost qui ravira les âmes nostalgiques, et Sam Neill, l'acteur britannique, qui depuis Happy Town désespère de jouer les mystérieux à la télé.

 

Sûrement très divertissante, la série Alcatraz n'en est pas moins criblée de codes et de touches rabâchées. On apprécie le moment, sans l'idée saugrenue d'y passer toutes ses soirées.

5.5/10

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27.09.2010

Undercovers (Saison 1) De l’espionnage conjugal niaiseux

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Le visionnaire JJ Abrams aurait-il le regard qui flanche ? A force de produire une dizaine de projets au semestre, d’accumuler les fronts et gonfler sa mégalomanie, le geek binoclard perd en force de conviction. Avec Undercovers, sa dernière production pour NBC, JJ Abrams prouve que les séries d’espionnage grandiloquentes et gentiment ironiques sont son fétichisme à lui. Vu la médiocrité chronique du genre, dommage que l’homme persiste à ce point.

 

Dans cette rentrée surchargée de pilots (plus d’une vingtaine, au risque d’avoir des tremblements cardiaques), le season premiere d’Undercovers, réalisé par le maître JJ et écrit par Josh Reims (son acolyte dans Felicity), pourrait bien être la nouveauté la plus standardisée du lot, et la moins inspirée.

Le pitch laissait déjà présager d’une telle facture uniformisée : Undercovers se focalisant sur l’histoire d’un couple d’afros, Steven et Samantha Bloom (Boris Kodjoe et Gugu Mbatha-Raw) retraités espions et récents traiteurs épanouis, contraints, pour la survie d’un ancien ami de la CIA, de reprendre leur rôle d’agent double en costume chic.

 

En plus d’un concept lambda trop-vu (Mr & Mrs Smith, déjà mauvais) qui finit par rendre perplexe, le pilot ne parvient pas à contourner son schéma classique de départ et vient même à s’y embourber joyeusement. Autour d’une intrigue-prétexte qui prend l’eau en l’espace de deux scènes d’action expédiées, le season premiere d’U accumule les étapes du genre avec précaution (introduction inquiétante, rebondissements musclés, dénouement lyrique, conclusion & ouverture) tout en essayant tant bien que mal de montrer son potentiel et son envie d’en jeter.

En 24 heures (plagiat ?), le couple d’espions, au top du glamour et du cynisme complice, nous embarque dans un tour du monde conspirationniste à coup de cartes postales kitsch pour dénouer une intrigue de fond maigre, synonyme de représentation sommaire ringarde du grand et beau américain vainqueur du vilain russe apatride aux cheveux platine.

 

Si les clichés siéent parfois au genre de l’espionnage et du film choc, le début d’Undercovers pêche surtout par excès orgueilleux de surenchère de forme et de ton. Très démonstratif, à la fois dans cet humour de fond, ensemble de répliques ironiques et conjugales le plus souvent bancales, à la fois dans l’épreuve de force, le déploiement de l’action et des combats musclés totalement peu imaginatifs et froids, Undercovers accumule les faux pas présomptueux et pourrait bien être une caricature d’Alias croisé Chuck, l’écriture et l’interprétation convaincante en moins, avec une approche en toc frôlant le genre nanar à la Morel.

 

Se voulant à la fois classieux, sophistiqué, amusant et efficace, à l’image de ses deux héros à la répartie supposée fine et à la plastique supposée admirable, Undercovers finit par n’être qu’un divertissement de bas étage, ennuyeux et prévisible, une poudre aux yeux irritante et blafarde, qui plaira à peine aux adeptes de ce pauvre JJ Abrams à la créativité décidément émoussée.

4/10

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24.11.2009

Fringe (Saison 2) Derrière la Marge, un autre côté

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August – 2.08
(diffusé le 19.11.09)

La vie d’une jeune fille en danger, un Observateur n’hésite pas à la sauver tout en mettant en péril sa propre mission. Informée, la division Fringe reconnaît le portrait vague de l’Observateur et tente d’identifier qui il est et pourquoi.


Il aura fallu regarder trois épisodes loners pour retrouver un épisode mythologique dans la lignée de celui de Momemtum Deferred (2.04). Mais à la différence de ce dernier, « August » exploiter le mystère Fringe sans apporter de réponse.

August, c’est le nom de l’un des Observateurs. Cet être présent depuis le commencement de la série, témoin de chaque évènement important de la série –et du monde. Mais en réalité la série nous apprend qu’ils sont plusieurs, August étant un collègue de notre habitué Bald Guy, comme on aime à le surnommer.

Centré essentiellement sur l’un des traits les plus intriguants de Fringe, August déçoit, par son histoire simple et un peu creuse. Si de nouveaux renseignements sont portés à notre connaissance concernant les Observateurs (ils voyagent dans le temps, assistent à tout, de l’exécution de Marie Antoinette, à Sarajevo et mangent indien en groupe pour leur besoin d’épices), la série se contente d’utiliser son mystère pour créer une petite histoire isolée, qui finalement n’apportera rien au mythe de Fringe.

Mais ladite intrigue est bien construite. Plus habile qu’une intrigue lambda, plus aboutie et plus haletante (promesse d’une information mythique à l’appui, en vain), l’histoire divertit foncièrement. Mais nous laisse sur une impression d’inachevé.
La série sait pourtant palier ce manque de fond mythologique, en introduisant quelques éléments fort mystérieux sur la relation de Walter et de l’Observateur ou en nous laissant entrevoir un futur danger qui pèse sur la vie d’Olivia.

 

Les Observateurs s’apparentent finalement à des messies, parfois rédempteurs (l’épisode nous prouve qu’ils peuvent ressentir et aimer) le plus souvent, funestes. Ils ressemblent finalement à leur série mère, qui on peut être sûr, essaiera de vite noyer cette histoire comme on tenter de noyer Peter.

(6.5/10)

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Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Fringe | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : fringe, saison 2, fox, jj abrams, olivia dunham |  Facebook

19.08.2009

Fringe (Saison 1) - Technologies. Corruption. FBI.


Retour sur les épisodes du premier chapitre blockbuster et manichéen d’un produit estampillé Abrams.
Quand le monstre de Cloverfield rencontre une blonde aux cheveux plats. Entre analyse et dérision.

 

Pilot (1.01) Le pilot de Fringe a été la hauteur des espérances : attrayant, mystérieux, conceptuellement intéressant, il s’est révélé parfaitement en phase avec ce que l’on pouvait attendre de ce premier jet. Par contre, pour les fans inconditionnels de la secte Abrams, le pilot avait de quoi décevoir tant l’énergie et l’adrénaline apparaissent en deça de ce qu’Abrams peut habituellement proposer, la durée du pilot n’était pas non plus idéale pour cela. (pour la suite, lire l’article complet consacré au pilot de Fringe)

(7/10)

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