24/10/2010

The Event (Saison 1) Une conspiration d’envergure

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Après l’annulation brutale de Lone Star, My Generation ou même Outlaw (humour spécialisé de sériephile), l’étau des meilleurs dramas s’est considérablement resserré cette année, laissant une amère impression de rentrée sérielle tuée dans l’oeuf. Rescapée des bons calibres flagellés, The Event, la série évènement de NBC, pourrait survivre tranquillement cette année et nous faire renouer aux plaisirs oubliés de la série d’action de network.

 

Les séries évènement n’en sont plus. Bionic Woman, Heroes, Prison Break, FlashForward, les récentes séries blockbusters n’ont finalement jamais eu l’effet évènementiel escompté, la faute à leur fonds de commerce, plus pétard mouillé que fiction magistrale. Pourtant, The Event cette année pourrait bien mettre fin au sort maudit des séries auto-prometteuses.

Tout commence gentiment par une croisière, deux jeunes amoureux qui prennent du bon temps aux Caraïbes, entre deux mots doux et quelques activités solaires. Sean Walker (Jason Ritter) compte bien épouser sa belle Leila (Sarah Roemer), jeune fille douce et innocente, issue d’une famille aimante et protectrice. Mais tout bascule très vite, lorsque Leila est tenue pour disparue et que l’identité de Sean est effacée. Au même moment, la mère de la kidnappée est assassinée, tandis que le père, pilote, est contraint de pirater un long-court afin de se crasher sur la résidence du président des Etats-Unis. Mais une intervention divine, ou simplement fantastique, court-circuite la conspiration terroriste et expose le gouvernement et le peuple américain à une espèce rare, des extraterrestres à l’ADN quasi identique à l’homme.

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Mêlant donc conspiration politique, traque d’un fugitif accusé à tort et invasion extraterrestre, The Event n’a pas froid aux yeux, la série accumule autant de propos qu’elle campe de genres différents et l’exécute subtilement. Se voulant décomplexée, riche et intrigante, en somme le successeur honorable de 24 et de Lost, The Event parvient à mener de front son histoire à tiroirs, ce récit gigognes où tout semble lié, sans se perdre en détails subterfuges, à la manière d’un FlashForward prolixe l’an passé. De la fuite de Sean au rouages de pouvoir en passant par le passé amoureux des deux héros et les enjeux nébuleux de cette race cachée d’extraterrestres, chaque couche de cette histoire à strates est parfaitement dessinée, reposant sur des enjeux distincts et un intérêt clair.

Pour déployer ce grand arc pluridisciplinaire, la série a opté pour la construction elliptique où tout se noue, se dénoue, s’explique et se complique avec le passé, le présent incertain et la promesse d’un futur. Courante dans les séries (on pense surtout à Damages), la pratique des allers-retours dans le temps donne à coup sûr matière à suspense et le fait est que The Event en maîtrise parfaitement l’usage et justifie le procédé à chaque scène forte.

La prestation des acteurs, aussi, remarquable incarnation de la paranoïa, du doute ou du mystère palpable, est le facteur indispensable pour sceller la série dans ce registre bigarré et addictif. James Ritter, le héros traqué, force le respect tandis que les grands noms du show, Laura Innes, Blair Underwood et Zeljko Ivanek, Clea Duvall, apportent leur charisme et leur jeu nuancé à cet ensemble inquiétant et intrépide.

 

 

Maîtrisée et lapidaire, The Event ne tombe dans aucun écueil de genre, faisant une priorité à cette histoire pluri-genre, compliquée mais déployée avec soin, qualité technique et de jeu en plus. Survécue aux premières diffusions à effet guillotine des studios, The Event peut désormais mettre à profit tout ce large potentiel dont elle dispose.

8/10

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