27.12.2011

Hung (Saison 3) Prostitution et gros tracas

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Hung, la production sans histoires de HBO, poursuit sa route sur les voies de la chaîne à péages. Après deux saisons simples convaincantes, la série bien montée a voulu compliquer son paysage. Moralité, la série perd légèrement en sex appeal et en force réaliste.

 

Il y a toujours eu quelque chose de touchant dans Hung. De par l’acteur star jouant ce prof de sport gigolo, Thomas Jane, qui avant la gloire hollywoodienne, connut lui aussi ses heures d’escort et de petits trottoirs pour gagner sa vie à Los Angeles. De par sa vision contemporaine, aussi, Hung, ayant toujours eu un regard désenchantée, post-industriel, sur la crise, le logement et la situation des familles et des petites bourgades américaines.

Mais Hung n’en est plus à ça. Si la précarité a fichu le camp, c’est pour voir évoluer son personnage principal, Ray, qui désormais est un play-boy demandé, une catin de luxe. Avec sa partenaire, Tanya, toujours aussi loufoque et attachante, désormais guide de vie derrière son comptoir (à la tête d’une entreprise sur le ton de l’orgasme féminin, Happiness Consultant), l’ex-joueur de base-ball accumule les rendez-vous et les attentes des femmes qui en veulent pour leur argent.

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Cette saison, les (bons) personnages restent les mêmes mais les dynamiques changent. Le gros défaut de cette saison, c’est de s’être embarrassé de tics de jeu et de personnages secondaires irritants. Notamment ce couple de jeunes opportunistes recrutés par Lénore pour concurrencer le petit business de Ray et Tanya. La concurrence était au départ alléchante (cette thématique de la prostitution homosexuelle) mais la série s’est contentée d’un triangle anecdotique d’égos sans action, ni parti-pris.

Du côté des clientes, la série change également de cap. Finies les femmes désoeuvrées, douces ou chagrinées qui faisait les joies du charisme de Ray, davantage chargé de réconfort, d’écoute que de performances dignes d’un super héros, cette troisième saison ne fait plus d’étude de cas. A l’exception d’une transsexuelle émouvante, les rares personnages n’auront été que des figures académiques ou des rôles agaçants venues compliquer le quotidien des héros, notamment cette ancienne écolière, faite de lieux communs et d’attendu et cette flic violente (Ana Ortiz) qui commettra le crime sériel le plus horripilant :  le bon vieux chantage.


Même chose du côté de Tanya. La pauvre maquerelle s’est vue accompagnée tout au long de la saison par son ami mac, fourbe et menteur, qui par ses actions, rendra la vie de Tanya encore plus misérable. Heureusement, pour rendre l’équilibre drame/comédie plus solide, on pouvait toujours compter sur les prestations d’Anne Heche, toujours vibrante et touchante dans son rôle de femme perdue, mère négligée désireuse d’indépendance et de considération. Idem pour Lenore (Rebecca Creskoff). Si son personnage incarne tout le mal de Hung, ses histoires tarabiscotées, ses enjeux parfois pénibles, le jeu de l’actrice, ses moues, ses grands airs, sont impayables.

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Une légère évolution pour Hung qui dévoilera les secrets de tous mais qui perdra en équilibre. La série maintient la psychologie de ses personnages, sa rythmique comique à part, mais se perd parfois en détails crispants.

7/10

02.07.2010

Hung (Saison 2) Une reconstruction de vie bien montée

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Just the Tip – 2.01 (diffusé le 27.06.10)

Ray poursuit ses services sexuels et se trouve dans une position difficile quand il doit satisfaire une femme enceinte qui lui rappelle Jessica pendant ses années porteuses. Tanya, de son côté, veut prouver à Ray qu’elle est la proxénète idéale.


Hung, la série d’assez-petit calibre d’HBO est de retour après une première saison qui a eu de la peine à me convaincre, malgré une petite amélioration dans les derniers épisodes. Elle n’était ni bonne ni mauvaise, mais pour une saison inaugurale, il aurait fallu un peu plus d’ambition et de créativité. Elle poursuit son chemin sur les mêmes rails puisque ce season premiere se révèle être de la même facture : ni transcendant, ni fondamentalement mauvais. Mais étonnamment, c’est avec un certain plaisir qu’on retrouve les personnages qui amusent gentiment.

L’épisode s’inscrit donc dans la suite narrative de la saison précédente et remet un peu sur le devant de la scène le couple-qui-n’est-plus Ray et Jessica. C’est fait avec un zeste de nostalgie, un peu dans le non-dit et ça me plaît bien. J’ai l’impression que la série est plus à l’aise quand il s’agit d’écrire sur ses personnages qu’en dévoilant les anecdotes sur le business de Ray qui ennuient plus qu’autre chose. Mais ça a le mérite de bien s’emboîter cette fois-ci, puisqu’un malaise est soulevé : la tristesse de Jessica et celle, d'une moindre mesure, de Ray. Et ce, grâce en partie à la cliente du jour, une femme enceinte qui rappelle à Ray son ex.

Tanya revient également en bonne forme puisqu’elle apporte quelques scènes marrantes, toujours décidée à rivaliser avec Lenore (qui me rappelle toujours Christina Hendricks, le penchant féminin de Ray : gâtée par la nature elle-aussi). Par contre, les scènes avec les deux ados sont inintéressantes au possible, c’est la seule paire de personnages qui me déplaît réellement dans Hung.

Finalement, il y a quelque chose qui m’intriguera toujours dans Hung, c’est sa simplicité, son manque d’ambition. Mais ça en devient presque fascinant, car il y a quand même toujours matière à faire mieux que ce qu’elle propose mais la série reste fidèle à elle-même et offre le strict minimum. Et ce que je me dis, c’est que c’est peut-être intentionnel: le personnage principal est fauché, il a perdu sa femme, il vit dans une tente, il fait l’amour pour gagner de l’argent dans une situation économique difficile. Sa vie est triste. Et donc, l’esprit de la série répond assez bien à cela : nonchalante, laborieuse, peu engageante. Si c’est vraiment intentionnel, c’est assez bien fait, une sorte de pauvreté fictionnelle qui (me) fascine. Ou alors je suis passé complètement à côté de l’intérêt de la série, qui, au-delà de ses dialogues et ses personnages, n’a vraiment pas grand-chose d’attrayant pour moi.


Un épisode de retour plutôt convaincant pour Hung, dans la veine de ce qu'elle a l'habitude de proposer mais avec le petit plaisir de retrouver la série en plus. C’est pas encore divertissant, mais ça se laisse regarder. Il faudra par contre songer à ne pas faire de la saison 2 un erzatz de la saison 1. C’est pas difficile mais on ne sait jamais...

6.5/10

 

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