19.12.2011
Rubicon (Saison 1) Jeux et enjeux de pouvoirs

Après Mad Men puis Breaking Bad, il était temps pour la chaîne classique AMC de transformer l’essai du suprême sériel en principe intangible. Les deux séries les plus classieuses du moment ont beau attirer les superlatifs, AMC devait développer sa collection de trophées et des œuvres toujours plus innovantes. Avec Rubicon, série très comploteuse et a l’aube de la série horrifique Walking Dead, la chaîne premium part officiellement sur les traces bigarrées de HBO.
Rubicon n’est plus seulement ce petit fleuve italien mythique outrepassé par l’ami Jules, aujourd’hui, il désigne une théorie du complot, une intrigue de taille qui pourrait bien malmener le paysage télévisuel du mystère, ce mystère, toujours lui.
Le complot, les jeux de pouvoir, les conspirations gouvernementales, les assassinats politiques, les agences secrètes, les américains en raffolent, en redemandent, sous formes de polars en tout genres, de fictions câblées, de formulas hertziens, de best-sellers à la Vinci Code.
Alors pour entretenir les machinations, la paranoïa fantasmée de certains, les élucubrations de certains autres, Rubicon a le potentiel idéal pour devenir la nouvelle série du complot. Si la série n’a pas l’envergure initiale de Mad Men ou Breaking Bad, qu’à cela ne tienne, Rubicon tente de nous concerner avec sa richesse du détail, son sens visuel et musical de la mise en scène, son enrobage froid, toujours inquiétant.

L’expert, ici, s’appelle Will (James Badge Dale, The Pacific). Veuf et solitaire (l’homme a perdu femme et enfants qui l’attendaient sur le toit d’une tour du World Trade Center le jour des attentats, sinistre), Will est un analyste (de codes en tout genre) pour une agence gouvernementale secrète dissimulée derrière une société fictive.
A la mort de son patron et guide spirituel, Daniel, Will va se mettre sur la piste de mystérieux jeux fléchés parus dans plusieurs grands quotidiens internationaux. De cette enquête à la mort de son ami, Wil réalise que quelque chose cloche et se trame un peu plus loin.
Il y a quelque chose dans Rubicon qui renoue avec le classicisme du genre du thriller. Une vraie ambiance, d’emblée, s’institue au sein des murs silencieux de cette agence secrète. Le leitmotiv de la série, son intrigue centrale désignant un traquenard politico-financier planétaire, est prudemment conservé, à mesure que se taillent les enjeux, les personnalités et nos attentes.
Pas de vraie prise de risque, de storylines appétissantes tels des effets d’annonces, Rubicon est une série qui prend volontairement son temps, qui pose les bases, aussi apparemment maigres soient-elles, d’une intrigue costaude, qui semble être façonnée en amont.
Outre les enjeux importants sous-jacents à la série (quasiment imprenables actuellement), à la manière d’un Damages flamboyant, Rubicon se révèle plutôt efficace dans ses mises en forme, dans l’introspection de ses personnages, tous ambivalents, et dans cette ambiance dangereuse latente.
Malgré un regard scénique parfois trop poseur, Rubicon nous interpelle suffisamment pour garantir que ce qu’elle cache sciemment sous le manteau pourrait bien nous dérouter.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Rubicon | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : rubicon, saison 1, amc, critique, miranda richardon, james badge dale, complot |
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