24.05.2010

Grey’s Anatomy (Saison 6) Après la mort, il reste les engelures

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Sanctuary – Death and All This Friends - 6.23 – 6.24 (diffusé le 20.04.10)

Quand Grey’s Anatomy la joue Elephant, ce n’est pas affaire de plaisanterie. Résultat, les têtes sautent, le sang coule, les embryons se désagrègent et les larmes s’incrustent plus que jamais dans l’univers habituellement placide du SGH. Mais entre la subtilité contemplative de Gus Van Sant et le manichéisme lacrymal et crétin de Shonda Rhimes, il y a tout un fossé épineux dans lequel nos amis rois du scalpel se sont gaiement jetés, gueule ouverte.

 

Grey’s Anatomy a décidé que son final serait théâtral ou ne serait pas. En soi, ce n’est pas une surprise, la série aime tirer des révérences pompeuses et mélodramatiques et aime à réaliser des épisodes placés sous le signe du spectacle. A cet égard, aucun doute, le contrat est formidablement rempli. Pour sa sixième conclusion de saison, la série s’est convertie gore, enchaînant les rebondissements surprises à la Scream et les ambiances de traque à la Elephant. L’amateur lambda de spectacle pop corn partira content, parce que la peur n’a jamais autant hanté les couloirs gris du Seattle Grace Hospital et parce que le résultat visuel est exagérément entretenu.

 

Si le médical et le soap ont laissé leur place de traître au gore bêta, ce n’était pour guère longtemps. Si les aficianados des blockbusters estivaux attraperont leurs orteils de joie devant cette théâtralisation à la démagogie facile, les autres, amateurs du vrai genre et d’autres plus terre à terre, pourraient bien trouver à redire.

Malgré leur envie d’épater la galerie, les auteurs de la série ont cédé au mal essentiel qui couve le lit de Grey’s Anatomy depuis toujours. Entièrement prévisible depuis le départ (du sauvetage de Derek en passant par la perte du bébé de Meredith), cet épisode n’était qu’un gros artifice monté, qui à l’exception de deux trois scènes étonnantes (le retournement de situation quasi-final en pleine salle d’opé), s’est montré très paresseux dans son cheminement narratif et consternant de moral, stigmatisation nœud-nœud sur le port d’armes aux Etats-Unis (par le tueur en personne, évidemment).

Des scènes ultrasaccadées qui n’assument pas la tension et les enjeux du vrai carnage que l’épisode sous-tend (Lexie manque de se faire décalquer puis enchaîne sur Karev), aux pénibles monologues toujours tire-larmes, en passant par la bande son inappropriée et sans effet dont la série s’accommode plus ou moins avec le temps, l’épisode ne revisite pas sa créatrice phare et se contente d’une pure distraction de cirque meurtrier sur fonds de commerce inchangé.

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Idem pour le personnage du tueur fou, absolument raté, qui symbolise cette intrigue mal embouchée. Monsieur Clark veut venger la mort de sa femme et a verrouillé ses cibles (Lexie, Derek, Richard). Mais l’homme va rapidement perdre la raison et viser à loisir celui qui se mettra en travers de son chemin tueur, en particulier les chirurgiens.

Rapidement, la série boursoufle son idée de départ (pourtant cohérente, cette histoire ayant un vrai ancrage passé) en grossissant le trait. Franchement scandaleuses, ces scènes purement gratuites où le tueur quasi-omniscient s’infiltre dans chaque lieu-dit clé de l’épisode (de la chambre de Mandy Moore, qui joue formidablement la morte, où Clark débarque tel un serial killer en manque de peau à scalper à la visite de chaque service (en pédiatrie, il y a même des compresses), de chaque personne).



Faux-jeton en simultané, la série n’assume jamais cette idée de déraison saugrenue et donne matière à compréhension (le tueur qui tue de sang froid finit Parrain devant Derek et ose même la dénonciation du système de vente d’armes aux Etats Unis), à regard apitoyé (plusieurs scènes dont celle de l’explication made Oprah par Sarah Drew a signé un non-retour dans le ridicule du show). Enfin, au vu des morts sacrifiés sur l’autel du suspense à deux franc (Reed, Charles (les deux nouveaux insipides), des figurants et un embryon à la va-vite), on ne peut s’empêcher de déceler l’arnaque à plein nez à la façon d’un « c’était finalement si surprenant que ça ? ».

Néanmoins, la série nous épargne un cliffhanger faussement insoutenable en réglant la présente situation, il n’y aura pas d’attente impossible programmée début octobre. Et sous les coups de feu, en filigrane, un triangle amoureux (Cristina, Owen et Teddy) et le rabiboche de deux lesbiennes qui s’aiment sont également réglés. Heureusement que les acteurs (Ellen Pompeo, Sandra Oh) se sont surpassés.

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Au revoir le soap et la tragédie prosaïque. La série la joue peur bleue/coup de feu, à mille lieux de son genre établi et des valeurs simplement sentimentales qu’elle défend. On murmure déjà que les prochains épisodes spéciaux de Grey’s Anatomy se dérouleront en costumes d’époque, celle du XVIIe siècle pour un bal romantique vraiment spécial ; puis dans la voie lactée pas loin du Soleil, dans une ambiance futuriste tirée au cordeau, évidemment filmée en 3D. Sacrée série touche à tout qui finalement ne palpe pas grand-chose.

5/10

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23.09.2009

Grey's Anatomy (Saison 5) Coups du sort et état de Grace

Quand la tragédie et la maladie s'en mêle, cela donne du Grey's Anatomy multivitaminé, suremotionnel, en pleine efficacité.

Parce que jamais Grey's Anatomy n'aura autant pris de risques avec ses personnages principaux. Faire passer Izzie pour une folle pendant une demie-saison, oublier Georges et son allure joufflu passé à la trappe des épisodes entiers, virer docteur Hahn qui s'imposait comme un leader féministe dans l'hôpital..., la série aurait pu en dérouter plus d'un avec ces directions scénaristiques incongrues. Mais la série a su garder le cap, imposant ses modèles, fixant ses propres conclusions, surprises à la clé.

Alors, force est de constater qu'avec ces choix, le pathétique demeure. Le tire-larmes est roi au royaume des mourrants. La chaumière pleure, la ménagère est en émoi. Mais ne s'indigne plus.
Parce qu'avec ses malheurs, ses destins funestes et ses gueules d'enterrement, la série s'assombrit allégrement mais sans pour autant s'affliger. Durant toute cette saison, la série n'a jamais épargné sa légèreté et son humour d'antan, quitte à parier sur une Izzie malade mais guillerette, sur un mariage et des (ré)conciliations à la pelle, toujours de bon ton.

Cette saison de tous les dangers s'est finalement transformée en une ode à la vie. Mesurée, contrastée, toujours sensée. Sans mysticisme, sans logique poussive, mais avec une dose de réalisme et d'expérience qui se sont avérés payants. Et pour une série en perdition depuis deux ans, cela rélève du miracle. De ceux manigancés par Shonda Rhimes.

 

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Retour sur les épisodes d'une cinquième saison d'envergure.

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