26.09.2011
Weeds (Saison 7) New-York et rédemption

Il y a bien des choses que l’on pourrait reprocher à Weeds, la série foutraque de Showtime qui enchaîne les scènes désolantes sur fond de répliques brillantes, mais certainement pas sa constante évolution et sa manière à rebondir avec génie. Cette septième saison confirme l’art de Jenji Kohan de faire rimer drogues et farfelu, toujours de façon si unique.
Weeds n’a pas toujours été une bonne série, qui assume ses décisions, fait de ses personnages des éléments de cohérence et d’identité. Mais la dramédie est devenue si confortable, si symbolique qu’on se demanderait presque si Weeds n’est pas la série la plus phare de Showtime.
Trois ans se sont écoulés depuis le season finale de l’an passé. Trois longues années pour Nancy Botwin qui s’est vue mettre derrière les barreaux, lui court-circuitant l’accès au petit-business vert et à ses énormes gobelets de soda. La série reprend d’un geste, sans trop prévenir le téléspectateur des des bourrasques de changements. Nancy, en prison, amourachée non d’un maton, mais de sa compagnonne de cellule, une russe pyromane transie d’amour pour la belle brune. Le lesbianisme revient en force pour la chaîne à l’étiquette gay-friendly et rappelle d’ailleurs les penchants homosexuels d’Isabelle, la fille d’Helia, qui manque beaucoup.

De leur côté, les mâles Botwin ont réalisé leur projet : s’installer au Danemark. Silas est devenu pseudo-mannequin pour des campagnes évènementielles, Shane, un amant d’une danoise quadra passionnée par les marionnettes. Quant à Doug et Andy, leur duo reprend de la force comique, en se laissant vivre selon le train de vie local, entre péripéties bromance et fumette.
Evidemment, la famille est ce qu’il y a de plus primordial dans Weeds. Et lorsque Nancy réussit à sortir du trou, coup majestueux des scénaristes laissant croire la mort d’Esteban Reyes entre deux unités carcérales, toute la bande Botwin revient aux Etats-Unis pour reprendre leur petite affaire (impératif de Nancy pour récupérer la garde de son bébé, placé entre les mains d’une sœur épouvantable (Jennifer Jason Leigh)). Et c’est à New-York que Nancy s’implante, d’abord dans un foyer de transition étroitement surveillé, et donc à New-York que débarquera la joyeuse troupe.
Il est toujours bon de changer d’air. Weeds le sait, elle est la série qui en format vingt-huit minutes à le plus écumer de paysages et de destinations. Mais New-York est une décision judicieuse pour la série, le décor urbain de la ville, le loft désaffecté, l’ambiance fashion et trahison, en bref, son potentiel fantaisiste lui sied au teint, comme à celui de Nancy.

Avec la même dextérité, le même effort, la même concentration pour se sortir des situations les plus ténues, Jenji Kohan et sa clique d’auteurs parviennent à donner à Weeds ce même air candide des débuts, malgré les difficultés et les coups du sort. Cette année, outre la dangereuse pyromane et la surveillance du système judiciaire sur Nancy, ce sont des étudiants dealers de marijuana (dont la boss n’est autre que la délicieuse Michelle Trachtenberg), un flic rustre dont s’entiche Shane, un CEO mal intentionné que devront tromper la famille Botwin.
Mais malgré ces trop nombreux enjeux, la série n’en perd pas son naturel et son mordant. Un épisode « retour aux fondamentaux » dans la campagne en compagnie de Heylia et même de Dean vient satisfaire les plus mélancoliques. Et les personnages qui depuis longtemps ont gagné en lisibilité, Nancy et Andy en tête, gardent une part de fraîcheur et de charisme, de génie verbeux et de tragédie gestuelle, qui donne beaucoup au programme.
Enième saison réussie pour Weeds qui s’installe à New-York et ainsi prouve son art de se réinventer constamment. Intrigues juteuses et quotidien décalé, manque de sérieux et instants profonds, les affaires des Botwin continuent de nous amadouer, de concilier les paradoxes, malgré l’agitation hystérique dont Weeds sort toujours plus victorieuse.
8/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Weeds | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : weeds, jenji kohan, mary louise parker, justin kirk, showtime, hunter parrish, kevin nealon |
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