15.07.2010
Hot in Cleveland (Saison 1) Vieillesse et perceptions comiques

Pour rameuter les nostalgiques de sitcoms à l’ancienne, la chaîne inconnue ou presque, TV Land (avec un nom pareil, aussi) vient de lancer Hot In Cleveland. Pour prouver sa bonne foi, la chaîne câblée a recruté les talents peu séniles de Betty White, figure comique emblématique outre-atlantique, grâce à son rôle épique dans les Golden Girl, série comique incontournable pour les premières générations de sériephiles portés sur la chose…drolatique. Beaucoup de « hic » mais ici, cela est justifié.
Betty White, forte de ses 88 ans éclatants, a réussi un comeback à ridules avant l’oubli en maison de retraite. C’était en mai dernier dans le Saturday Night Live et dans le season finale de The Middle (Betty y jouait une bibliothécaire cheftaine qui donnait du fil à retordre à ce pauvre Brick et ses tendances lectrices dévorantes).
En prouvant à tous que sénescence rimait encore avec performance, Betty a enchaîné logiquement avec Hot in Cleveland, série féminine très vintage.
L’histoire ? Celle de trois amis de toujours : Victoria (Wendie Malick), Melanie (Valerie Bertinelli) et Joy (Jane Leeves) respectivement actrice de soap has been, romancière fleur bleue et une « épilatrice » de sourcils (oui, mais ceux des stars). A la bande à Carrie, avec un membre en moins (Miranda serait décédée d’un cancer à l’utérus), les trois quadras bien entamées décident de se changer les idées à Abu Dhabi Paris. Mais en raison d’un vol mouvementé, les trois copines débarquent en catastrophe à Cleveland. Signe du destin ou pas, la petite bande réalisera bien vite qu’à Cleveland, plus qu’ailleurs, il fait bon être une femme en pré-ménopause.

Très vite, le spectateur saisira le concept simplet mais rafraîchissant d’Hot In Cleveland. A Cleveland, les possibilités sont nombreuses, l’authenticité brute, la sincérité transpirante des chopes de bière. Alors, quand on est une femme au success, men ou trust issues, rien ne vaut cette terre d’asile chaleureuse pour se sentir de nouveau populaire, désirée ou simplement considérée. Le hic de cette histoire gentillette, c’est Elka (Betty White), gouvernante à la langue bien pendue de la maison que loueront les amies, bien décidées à continuer à profiter de la vie selon Cleveland.
Si la confrontation entre le mode de vie de LA et celui d’une petite ville de l’Ohio s’avère originale le temps d’un sketch (ou deux), en dilapidant quelques répliques sur le regard des hommes, l’obsession esthétique ou diététique à faire trembler les guerilleras féministes, l’intérêt de cette sitcom très figée ne dépassera pas le parvis de la grande Betty, manque de moyens et de matière à développement pour cause.
Mais si Hot in Cleveland manque cruellement d’avenant et de naturel (réparties forcées, moues plus botoxées que nature, décors cheap), la série nous ferait presque croire à un retour dans le temps : 1992, le spectateur zappant hasardement, en quête d’un programme en carton pâte pour les réveils difficiles. Et avec Betty White à l’écran, aucun doute possible, Hot in Cleveland a existé avant Dingue de Toi.
Idiosyncrasie féminine, rictus forcés, décors en carton-pâte, Hot in Cleveland n’a pas besoin de comparaison avec des séries comme Modern Family ou Community pour d’emblée briller ringarde. Mais peut-être que la série fera un carton, … à Cleveland.
4.5/10
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Hot In Cleveland | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : hot in cleveland, betty white, tv land, saison 1, critique |
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