11.09.2010
Hellcats (Saison 1) Pompons grossiers et chorés usées

Parce que Glee a ravivé les souvenirs adolescents de lycée, la CW mise cette année sur Hellcats, série sur le cheerleading et les langues de vipères. Mais sans Brittany et Santana, occupées à s’égosiller loin des gymnases et des tapis de sol. Et si Hellcats crie elle aussi à plein poumons des slogans autoproclamés rythmés en agitant des avant-bras, la série n’est qu’apathie standard et sclérose pubère.
Une série sur ces filles hystériques et sournoises qui aiment s’adonner à des chorégraphies musclées, des vols planés en mini-jupes sur des textes promoteurs éventrés, c’était du pain béni pour la chaîne jeunesse CW qui raffole des situations coutumières. Et une occasion en or pour les fans d’American Girls de retrouver l’esprit bitchy et fun de cet univers visuel édulcoré.
Mais les recrues de l’année, Alyson Michalka (une vulgaire inconnue et inconnue vulgaire) et Ashley Tisdale (débarquée de High School Musical, toujours aussi fade) ont beau sourire radieuses, montrer leur cuissot musclé et faire des rondes de poignée, elles peinent à tenir la dragée haute face à Kristen Dunst et Eliza Dushku qui, il y a dix ans avaient déjà tout compris en interprétant des meneuses de claque volontairement fières et stupides.
Dans Hellcats, tout commence avec Marty, une élève sérieuse et dévouée, qui s’occupe de sa mère –une white trash alcoolique interprétée par Gail O’Grady, et qui profite pleinement des joies de l’enseignement universitaire grâce à une bourse. A ses heures perdues, Marty est une rebelle, parce qu’il y a cinq ans, Marty regardait sûrement UPN et se prenait pour Veronica Mars.
Mais la classe, le charme, la subtilité et le sarcasme en moins, l’insipide Marty se moque allégrement de ces pom-pom girls de fac, qui continuent à se gonfler d’égo et à soutenir, soumises, les mâles tireurs de ballons. Pourtant, Marty va rapidement se voir contrainte d’intégrer l’équipe de cheerleaders pour continuer à étudier et poursuivre ce rêve inédit, celui de devenir un brillant procureur.
Créée par Kevin Murphy, à qui l’on doit Caprica et Reaper et adaptée du livre Cheer : Inside the Secret World of College Cheerleader (futur Pulitzer), Hellcats est un ramassis de clichés remontant à la nuit des temps sur la jeunesse universitaire, les compétitions sportives et la réussite collective. Entre le bancal fraternel de Greek et l’allure vulgaire de 90210.
Pourtant, la série aurait pu frôler le guilty pleasure de bas étage en s’inspirant de l’ironie -pourtant blafarde- de Glee et accentuer le cynisme que peut inspirer le pompon à paillettes et la rage de vaincre de ces riot grrrls. Au lieu de ça, dans un décor lisse, Hellcats préfère coudre de fil blanc son histoire hilarante de bêtise, entièrement déployée dans ce pilot mièvre, mal ficelé, et férocement prévisible, qui se contente de poser sagement de faux enjeux moraux et sportifs sans jamais nous séduire, nous surprendre ou nous intriguer pour la suite.
Hellcats s’avère finalement être une bande de cruches avides de gloriole, influençables et prêtes à tout pour continuer à agiter des avant-bras. Marty deviendra rapidement la chef de file despote de ce mouvement antiféministe nocif en vainquant la cruelle Alice, reléguée au rang de figurante permanentée, copinant avec Savannah qui acceptera de ne plus être la capitaine vedette pour le bien de l’équipe. En un mot, un exemple communiste de ce que peut être une très mauvaise série jeunesse, mal inspirée et égotiste.
4/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Hellcats | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : hellcats, ashley tisdale, cw, alyson michalka, critique, saison 1 |
Facebook











