01.05.2010
Happy Town (Saison 1) Le Twin Peaks du pauvre

In This Home On Ice – 1.01 (diffusé le 28.04.10)
Vingt ans pile après Twin Peaks, l’Alphabet fonde une nouvelle ville étrange à l’ambiance inquiétante. Cette ville, c’est Haplin, Minnesota, surnommée l’Happy Town. Ne pas se fier à son étiquette allègre ou à son décor rupestre, la ville est apparemment plus sombre qu’on ne le pensait.
Si la population dudit bourg fait effectivement penser à Stars Hollow, ses boutiques de confiseries, sa bonne humeur ambiante et le cadre coloré chaleureux à celui d’Elmo petite ville d’Alaska où se déroule Men In Trees, Happy Town n’est pas celle que l’on croit. Sous ses regards gaillards et ses immeubles accueillants, Haplin dissimule un terrible secret.
Un magicien terrifiant, accusé il y a cinq ans de faire disparaître plusieurs personnes, serait sur le retour. Des marques étranges et inexpliquées, en forme de point d’interrogation, sont d’ailleurs gravées sur les monuments phares d’Haplin. Et un meurtre inattendu vient d’être commis. Il n’en faut pas plus pour que cette charmante bourgade plonge de nouveau dans la torpeur frissonnante.

Fort de son concept à faire trembler de jeunes vierges ingénues, Happy Town s’essaie avec hargne à établir son cadre angoissant mêlant suspicion latente et quotidien étrange. Quitte à manquer de force narrative.
Malgré sa tentative de s’autoproclamer successeur de Twin Peaks, Happy Town lorgne plus du côté d’Harper’s Island et sa subtilité de shasher show.
Beaucoup (trop) de personnages et de directions obscures. La série ne maîtrise pas encore bien sa palette de héros, dont la plupart (une quinzaine) ont une personnalité à peine esquissée et férocement caricaturale. L’ambiance faussement inquiétante est également surlignée, les mensonges et les dissimulations dans l’ombre peinent à le rester longtemps, appesantis par des dialogues cousus de fil blanc.
Les créateurs d’October Road (Josh Appelbaum, Andre Nemec et Scott Rosenberg) ont préféré entretenir ici un univers manifestement dual pour appâter les amateurs de suspense, au risque de faire perdre à sa substance intrigante ce fameux ingrédient conducteur du thriller.
Heureusement, des acteurs de choix -Sam Neill, Stephen Weber, Abraham Benrubi, Amy Acker, Frances Conroy, sûrement amateurs de l’œuvre originale de Lynch, réussissent à nous surprendre par leur présence inattendue. Ajoutés à cette histoire de magicien psychopathe et de confrérie sénile malveillante, ces quelques (maigres) raisons pourraient quand même procurer l’envie aux amateurs des œuvres de genre de visiter l’Happy Town le temps de quelques épisodes supposés haletants.
4.5/10
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Happy Town | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : happy town, abc, critique, saison 1, twin peaks, harper's island |
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01.07.2009
Bis repetita placent # Adam blablate en série n°36
Bis Repetita Placent
Souvent, on peut mesurer la qualité d’une série à l’envie de la revoir.
Exemple : la saison 2 de Damages s’est finie il y a trois mois, Adam a songé zéro fois à la revoir. La saison 2 de Damages n’était donc pas de qualité. (ça marche : elle ne l’était pas).
Autre exemple : en songeant d’arrêter le visionnage en cours d’Heroes, Adam ne songe pas à revoir la série. Heroes est donc foncièrement nul. (ça marche encore : Heroes sent mauvais).
Sur le fond, ce constat n’est pas très grave (il y a maintenant beaucoup de séries et les auteurs d’Heroes espèrent néanmoins attirer les plus curieux pour un premier visionnage). Pourtant, voir et revoir une série, c’est le propre de son concept, de sa sève (la métaphore de l’érable ici est très judicieuse) et les séries cultes le sont avant tout pour ces épisodes que l’on connaît sur le bout des doigts.
Parce que qui n’a pas vu dix mille fois (au moins) la scène où Ross est coincé à la porte du Central Perk face à Rachel sur la musique pluvieuse de With or Without U ? Ou celle où Carrie oublie ses principes de fille superficielle et rejoint Aidan dans la forêt pour un moment catastrophement nature ? Pour finir, qui n’a pas pleuré trois fois (au moins) devant la scène finale où Claire Fisher part de la maison familiale en apercevant Nat dans le rétroviseur ?
Actuellement, malgré quelques bons crus générationnels (Gossip Girl pour les uns, Lost pour les autres), peu de séries suscitent un tel processus d’absorption.
Pour ces dernières semaines de juin, Adam a regardé en vrac Harper’s Island, Nurse Jackie et la quasi fin de Big Love. Tandis qu’Harper’s Island a suscité une petite envie d’horreur (envie de revoir : une, qualité de la série : passable), Nurse Jackie, elle, a livré un épisode qui pourrait rester dans les annales (envie d’être revu : quatre fois minimum). Et quant à Big Love, ce n’est plus un revisionnage que la série suscite. Mais au moins toute une conversion au mode de vie mormon polygame.
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Lundi 15.06
Nurse Jackie (1.02 Sweet N’All) Rares sont les séries débutantes à faire intégrer chez le spectateur un nouvel univers, son empreinte et l’ensemble de ses personnages en quelques épisodes. Le processus est lent, parfois laborieux (Californication). Pourtant, Nurse Jackie l’a fait, avec un second épisode absolument parfait qui réussit en l’espace de trente minute ce que le pilot avait plutôt raté : nous faire aimer l’héroïne (Edie Falco est absolument splendide) ainsi que la galerie secondaire qui gravite autour d’elle (la directrice, l’amie médecin riche, la famille de Jackie). En plus de cet exploit rare, l’épisode parvient à approfondir sa dimension désoeuvrée avec un suivi psychologique intéressant de Jackie tout en s’auto-agrémentant d’histoires accessoires plutôt prenantes (la directrice en plein délire, la jeune infirmière maladroite, le jeune médecin). Un tout travaillé et intense digne d’une grande série. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
(8/10)

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Mardi 16.06
Big Love (3.09 Outer Darkness) En plus des pistes lancées par la saison 3 (une Nicky en raison de ses secrets, un Bill embêté jusqu’au cou), l’épisode fait la part belle à Barb, proche d’une éventuelle ex-communion par son Temple. Le côté de dévot de l’héroïne, on le connaît depuis le tout début. En revanche, nous n’avions jamais vu ses pratiques et l’épisode s’amuse à créer une sorte d’univers immaculé mêlé de rêveries inaccessibles à cette histoire. Ajoutée à l’émotion frappante d’une Barb en plein ébranlement religieux, la storyline est une grande réussite. Elle n’ajoute rien de plus aux arcs déployés tout au long de cette saison mais elle a l’avantage de revenir aux sources de la série, entre tiraillement religieux et désir familial, un choix de luxe avant le tout dernier épisode.
(8/10)

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Jeudi 18.06
Psychoville (1.01 Pilot) Un nouveau thriller sanglant, satyrique et terrifiant pour défier Harper’s Island ? Si la BBC l’annonce comme tel, les deux séries saignantes à l’antenne n’ont rien à voir, Psychoville tenant plus de la grosse et grasse série Z classique que du teen-show horrifique à deux francs. Et c’est tout ce qu’on espérait, tout ce à quoi on aspirait. Le pilot introduit son intrigue sans distiller d’effets frayeur pompeux, en se jouant des bonnes ficelles du format. Le pilot n’hésite pas à engraisser son ton et son allure, à travers cinq personnages centraux crades, aveugles, freaks ou psychopathes (ou les quatre en même temps). L’humour du genre fait recette sans être un franc succès mais il suffit à donner la série sa désinvolture et son ironie. Avec Psychoville, les créateurs de The League of Gentlemen se font plaisir, et comptent bien mettre le paquet. Ames poétiques s’abstenir.
(7/10)
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Vendredi 19.06
Harper’s Island (1.10 Snap) A deux épisodes de la fin, la série réussit à établir un début d’ambiance, entre psychose générale et claustrophobie. La recette n’a rien d’original mais assez bien mené ici, elle permet à Harper’s Island d’être un peu plus crédible, à défaut d’être angoissante. Servi par un rythme à tout épreuve, la série se suit sans déplaisir et nous même rend même assez curieux pour la suite, une première dans le genre.
(7/10)
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Jeudi 25.06
Samantha Who (2.14 The Rock Star) Une pause ultime bénéfique à Samantha qui nous revient plus guillerette que jamais. L’épisode se base sur une simple histoire de relation star-fan, ancrée dans le passé amnésique de notre héroïne, sans être téléphonée mais qui réussit toutefois à être brillante sur le fond. Parce qu’en permettant à la série d’accoucher de flashbacks eighties funky et de posséder un potentiel hystérique suffisant pour rendre en grande forme nos trois héroïnes décérébrées, l’épisode réussit à nous amadouer et nous prouver que la bonne humeur de Samantha n’est pas enterrée avec la série. Finir sur une bonne note, c’est tout ce qu’on souhaite à cette pastille sympathique et chaleureuse.
(8/10)

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Samedi 27.06
Harper’s Island (1.11 Sigh) Il fallait au minimum un épisode pour tuer le couple d’abord insipide puis attachant de l’île. Les auteurs l’ont compris, l’avant dernier épisode était donc dédié à Cal et Chloe, les blondinets amoureux de la bande. Ce « you can’t have me » tout en effets a quand même été la conclusion d’un épisode prenant et haletant où tout s’est enchaîné avec rythme et conviction (les acteurs s’en sortent bien curieusement). Il faut au moins espérer que cette boucherie d’un John Wakefield surgi d’outre-tombe ait une explication, un sens. A l’égard de cette storyline (John se joue finalement de l’amour des deux romantiques par sadisme), difficile de le croire. De la boucherie gratuite pour un genre horrifique, pourquoi pas. Mais pas pour une série, pas sur treize épisodes, un minimum de fond est requis.
Le faux cliffhanger qui introduit Jimmy en suspect n’avait rien d’une surprise, divers scenarii semblent s’esquisser, le plus plausible étant Jimmy, fils illégitime de John et Abby’s Mother. Jimmy serait alors le frère d’Abby, prêt à se venger d’une sœur qui a reçu toutes les attentions. Si tel est le cas, on nage en plein Craven’s copycat. Le dernier épisode, en deux heures (espérons prenantes) mettra fin au mythe de l’Ile, que l’on espère transfigurée, hautement mortelle et originale. Un triptyque difficilement réalisable pour le genre.
(7.5/10)
Pushing Daisies (2.13 Kerplunk series finale) S’achever sur le monde de la natation, à travers en l’occurrence les deux tantes version synchronisées chères au cœur de Chuck, était la bonne idée de fin, entre folie visuelle et nostalgie des héros. En plus d’un univers aquatique tout aussi bien représenté que les autres déployés au cours des deux saisons (mention spéciale à l’univers du concours culinaire, du cirque et du couvent), l’épisode se nourrit d’une intrigue policière des plus classiques (peut-être trop classique) pour mettre en avant Lily et Vivian, deux personnages phares qui, de par leur personnalité atypique, méritaient un tel zoom.
Sans oser éclaircir le mystère du Pie Maker et annoncer l’évolution de l’histoire d’amour de Ned et Chuck, l’épisode final d’une série centrée sur lesdites facettes pouvait décevoir. Mais plus subtil qu’il n’y paraît, plus fouillé que prévu, ce series final a le mérite d’approfondir les relations qui lient les personnages ensemble, de rappeler les périples d’une troupe d’enquêteurs pas comme les autres, sans en dire trop, sans se terminer sur un happy end convenu, qui aurait été pour le coup trop sucré. Un peu comme le final mesuré de Dead Like Me, c’est tout l’art de Bryan.
(8/10)

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Adam & his T.V | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : big love, harper's island, nurse jackie, pushing daisies |
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20.04.2009
Adam casse la télé # Semaine n°28
Edito.
Titre. La paresse dans les séries.
Idée chapô. Evoquer les rouages lazy et faiblards des scénaristes sériels enclins à la non-productivité.
Illustration en série. Se fonder sur les seasons finales de Desperate Housewives. Cibler sur la saison 3 de Weeds. Se gausser de la sitcom non-gaussante d’HIMYM. Et dire un peu de bien de l’ex-paresseux Lost, qui commence à le mériter.
Développement. La paresse est une manière de vivre.
Les visiteurs non-commentateurs de Blabla-Séries le savent (97%).
Au passage, faire une bise à Red et Keepo pour leurs commentaires toujours riches, passionnés et structurés.
Conclusion. Adam commence aussi à s’y mettre. Y’a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui s’donnent du mal, pour rien ou presque, 7 jours sur 7.
Mauvaise semaine.
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Dimanche 12.04
In Treatment (2.03 April Week One) Emouvant comme Sophie, prenant comme Laura. April est devenu en une minute mon nouveau personnage préféré de série. Du grand spectacle analytique.
(10/10)

Breaking Bad (2.04 Down) Jesse et Walter Jr ont droit à leur propre histoire, rien de tel pour apprécier encore plus cette série ô combien géniale.
(8.5/10)
United States of Tara (1.11 Snow) Décousu mais globalement réussi. Tara est attachante, les autres, un peu moins.
(7/10)
Big Love (3.05 For Better of for Worse) Parfait comme toujours. Big Love, ce n’est pas une série, c’est un chef d’oeuvre du 7e art.
(9.5/10)
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Lundi 13.04
How I Met Your Mother (4.20 Mosbius Design) Robin s’envoie en l’air. Ted grogne. Barney est jaloux. La recette de la saison 5 reste inchangée. Et notre stoïcisme, aussi.
(6/10)
The Big Bang Theory (2.20 The Hofstadter Isotope) Bienvenue dans le monde des comics books. L’une des facettes inhérentes au geek-type est enfin exploitée. Avec ce qui faut de Penny et Sheldon pour rigoler.
(9/10)
Heroes (3.23 1961) Un épisode de transition finale avec Angela enfant. Une fois n’est pas coutume, les flashbacks n’ont pas été si creux, ni inutiles. Et une fois n’est pas coutume, hop une bonne note.
(7/10)
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Mardi 14.04
Fringe (1.16 Unleashed) Quand Cloverfield rencontre Olivia Dunham. Ca donne une bête gluante pas jolie à voir (et heureusement, on ne la voit pas ! Gloire à JJ, le roi de l’esbrouffe), des morsures de serpent et des vers dans le ventre de Charlie. Une mise en bouche animalière appétissante.
(7/10)

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Mercredi 15.04
Better Off Ted (1.04 Raciale Sensitivity) Diantrement osé. Globalement réussi. L’intelligence est le maître mot des scripts de cette comédie. ABC risque d’en faire des allergies.
(8/10)
Old Christine (4.19 Hair) Schématique et prévisible. Christine nous déçoit profondément pour le coup.
(5.5/10)
Lost (5.13 Some Like It Hoth) Un titre à la mords-moi le noeud, un chinois boudeur, un Hurley drôle comme pas deux (heureusement l’île qui bouge aurait alors coulé) et une idée brillante : oublier Jack. On en redemande.
(8/10)

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Jeudi 16.04
Samantha Who ? (2.12 The Amazing Racist) Le racisme vu par Samantha est moins ambitieux que celui vu par Ted, ronflant et plus classique, aussi. Mais, pour le coup, là on est sur d’être on ABC.
(6.5/10)
Parks and Recreation (1.02 Canvassing) Leslie Knope n’est pas seulement Michael Scott au féminin, elle est aussi attendrissante et surprenante. Et toute cette cruauté déplacée, cette histoire de parc pas folichonne, ces personnages secondaires en demi-teinte sont alors pleinement justifiés. Gloire à Amy Poehler.
(8/10)
30 Rock (3.17 Cutbacks) Ca faisait longtemps que 30 Rock n’avait pas eu recours à son univers télévisuel. Et cette histoire de cutbacks était réussie. Ni plus, ni moins.
(7/10)
The Office (5.22 Heavy Competition) Michael et Dwight se mène une lutte sans merci. Une nouvelle dynamique semble s’être créée. On dit au revoir à Dwight le lèche-cul et on applaudit Dwight le warrior.
(8/10)
Harper’s Island (1.02 Crackle) Trois morts de plus. Et aucun d’entre eux n’était représenté lors du pilot. Harper’s Island, la série fastoche ? Les images promotionnelles de fin d’épisode, là pour dire « on vous en supplie, continuez à nous suivre, on n’a pas encore bien montré qu’on était un slasher show sanguinolent mais c’est le cas, on le jure », sont tristement et malheureusement, efficaces.
(6/10)

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Adam & his T.V | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : fringe, lost, better off ted, old christine, harper's island, parks and recreation |
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