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  • American Crime Story - The People v. O.J Simpson (S1)

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    La nouvelle anthologie de FX, dérivée de la tristement célèbre, American Horror Story, enchaîne les records d'audience et les avis élogieux. Plutôt mérité pour une série aux débuts prometteurs.

     

    Après Screem Queens, encore douloureux pour beaucoup, American Crime Story est la dernière production de Ryan Murphy et, peut-être, un retour aux sources. Balisée de toutes parts, au marketing redoutable et à la recette aussi réfléchie que percutante, American Crime Story ouvre son volume en reprenant l'un des faits divers les plus incontournables de l'histoire américaine : le procès de la star du football, O.J Simpson, accusée puis finalement acquittée du meurtre de son ex-femme Nicole Simpson.

    Pour une histoire aussi culte, la production n'a pas lésiné sur les recrues. Sarah Paulson, John Travolta, David Schwimmer, Connie Britton , Selma Blair, et Cuba Gooding Jr dans le rôle titre. Si ces guest apportent en majeure partie à la série un charisme incontesté, la procureur jouée par Paulson est impeccable d'autorité, il faut parfois s'appesantir du jeu hystérique de Cuba Gooding Jr, visiblement en quête de sacre pour ce rôle. Ou pire encore, celui de Shapiro, l'avocat du footballeur, joué par un John Travolta désincarné, lifté comme une housewife du New-Jersey.

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    Pour autant, la série se déroule sous d'heureux auspices. Tout au long de la saison, des épisodes haletants, serrés, retranscrivent l'histoire de ce fait divers, ils la recrée parfois, l'amplifie, la joue surtout, superbement, dénués de cette ironie habituelle chez Murphy. Caméra profonde et ambiance sobre, Ryan Murphy a fait peau neuve. Ici, ce mégalomane accusé de tous les maux, tyran de starlettes susceptibles, profiteur, piètre créateur incapable  d'aligner deux bonnes saisons à la suite, montre qu'il reste un producteur à la vision redoutable. Preuve en est, American Crime Story retrace avec force une histoire connue et assénée depuis vingt ans sans jamais ennuyer. Sans tomber dans la redite.

    Au contraire, la série mise sur une poignée de personnages forts, ambitieux et passionnés et reconstitue l'histoire avec une précision dramatique, ne s'égarant jamais. Juridique, politique, cette histoire est aussi celle des riches et des puissants, des afros et des laissés pour compte. On retrouve bien sûr, par l'entremise de Robert Kardashian, avocat et ami proche d'O.J Simpson, quelques clins d'oeil appuyés au clan des Kardashians -les réalisateurs prenant un malin plaisir à montrer les bêtises de Kourtney et Khloé durant les funérailles de Nicole Simpson ou encore la chambre de Kim comme possible scène de suicide-. Mais plus que ça, la série recrée une époque à plusieurs visages, entre les conflits interraciaux du début 90, le traitement médiatique d'une star déchue et une enquête judiciaire complexe, suscitant à la fois l'indignation et le soutien de tout un peuple. Autant d'enjeux rassemblés et de pierres aussi fictionnelle qu'historiques.

     

    American Crime Story est une enquête de haute facture, rythmée, incisive, un récit à tiroirs, porté par des acteurs habités et un souffle dramatique retrouvé pour Ryan Murphy.

    8/10

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  • Damages (Saison 5) R.I.P Justice

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    Après cinq années, la justice menée d'une main de fer par Patty Hewes a rendu son verdict. Une saison ultime, forte, sans concession, qui aboutit à une belle conclusion.

     

    L'histoire de Damages a toujours été chaotique, respectant un schéma volontairement flou, ponctué de flash forwards brumeux et de révélations surprises. Pour clore la grande histoire de Damages, les auteurs ont fait le plus efficace : remettre Patty Hewes et son ancienne protégée, Ellen Parsons, en duel final, au sein d'une cour de justice. Mais plus qu'une simple affaire médiatico-juridique, cette saison a pris le duel comme leitmotiv. L'opposition entre les deux femmes, leurs manières de faire, leurs justices et leurs histoires a été totale. Cette saison s'ouvre d'ailleurs sur Ellen que l'on découvre mourante dans une ruelle avant le procès qu'il l'oppose à Patty. Le flash forward est facile mais réussit son effet d'entrée.

    Plusieurs histoires s'imbriquent à cette dynamique générale. L'affaire de l'année tourne autour de Channing Mclaren, joué par Ryan Philippe, un petit génie informatique et lanceurs d'alertes sur le monde (ou un moyen de mettre en fiction l'association Wikileaks). Les fuites d'informations alertent tout Wall Street, le secteur financier se débarrasse de la source, Naomi Walling (interprétée par une Jenna Elfman convaincante) et le génie est mis en cause. Bien entendu, celui-là est défendu par Ellen tandis que Patty, comme à son habitude, met la main sur la victime, la fille de la source.

    Cette histoire de leak a su rester plausible, loin du cliché financier attendu, tout en resserrant sur l'histoire personnelle d'Ellen et de son compagnon, l'ancien soldat de High Star . Damages a ainsi mis en retrait certains rouages de ce scandale (par manque évident de connaissance), quitte à éluder dans sa conclusion le propos du départ, afin de se concentrer sur le combat final entre les deux héroïnes.

     

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    Subtilement, la série parvient à garder la force manipulatrice de son propos tout en déplaçant le curseur psychologique. Ellen, au caractère endurci par les années, n'est plus qu'une recrue de Patty, elle devient son double. La même avidité victorieuse, le même gout pour la mise en scène, Ellen réussit à s'émanciper de l'autorité de Patty tout en la défiant directement (en voulant témoigner contre elle au profit de Michael pour la garde de sa fille). Au fil des années, la série a ainsi perdu de son manichéisme et s'amuse toujours à rester dans le non-dit symbolique, en cultivant l'ambiance paranoïaque de la première saison, et ces doutes, toujours, cette suspicion autour de Patty Hewes.

    Toujours dans Damages, ce sont ces deux femmes qui fascinent. L'une, diaphane et sensible, l'autre, au regard carnassier et à la bouche immense. Le spectacle féminin garde l'aspect vertigineux du début. Les visions cauchemardesques de plus en plus nombreuses, le poids de la famille et du patriarche respectif, la série cultive ce rapport étroit même maternel entre les deux avocates. Car entre les deux femmes, on retrouve cette force commune, ce respect mêlé de méfiance, cet attachement. Plus qu'un combat final, la série offre un portrait dual de femmes, indépendantes, ambitieuses mais aussi très émouvantes.

     

    En cinq années, Damages a réussi une étude impeccable de personnages dans un thriller juridique souvent haletant. Cette saison offre de beaux moments de vérité et conclut avec délicatesse Damages, une grande série de cette décennie.

    9/10

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  • American Horror Story (Saison 1) L’audace noire de l’année

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    Ryan Murphy a encore frappé. L’homme aux milles vices a pactisé de nouveau avec la série câblée FX pour livrer son nouveau projet ambitieux, American Horror Story. Résultat, une série glauque, une ambiance grotesque teintée de noirceur novice. En somme, alléchant.

     

     

    En mettant un peu de côté les aventures pop de Glee, ses refrains pénibles, ses histoires adolescentes tout sauf ironiques et addictives, le créateur en série, Ryan Murphy, retrouve ses sources, singulières et sombres, qui avaient élu Nip/Tuck série originale de la décennie. Malgré tous les défauts que l’on peut reprocher au réalisateur –sa mégalomanie, ses excès, son manque d’éclectisme, le talent de Ryan Murphy est intact depuis dix ans : une inspiration démesurée, sanguinaire et envoûtante.

    Avec American Horror Story, l’histoire est simple mais apparemment délicieuse. Celle d’un couple en difficulté après une fausse couche traumatisante et un adultère grossier, décide de se donner une seconde chance en traversant le pays et investissant dans une maison d’époque de L.A, abandonnée depuis les drames survenus aux précédents propriétaires.

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    Toujours chez Murphy, la simplicité de l’histoire confine au troublant, à l’étrangeté qui guette. Dès l’introduction de la série en 1978, où l’on voit deux petits jumeaux saccager la maison à coup de battes de base-ball malgré les avertissements d’une jeune trisomique en robe seventies –absolument terrifiante-, American Horror Story parvient à insuffler une vraie ambiance, un souffle horrifique nouveau. En reprenant évidemment les codes de la maison hantée, dont le titre inspire l’hommage, la série entretient l’anxiogène et l’oppressant et sait d’emblée mordre l’intérêt, cultiver son mystère.

    Dans un rôle différent, Connie Britton (l’actrice de série la plus épatante de la décennie) et Dylan McDermott (aux faux-airs de Christian Troy/Julian McMahon) forment un couple juste, sexy et compliqué. Au même titre que les personnages secondaires : leur fille est une adolescente torturée, le patient principal du père psy est un jeune type aux airs de monstre, la vieille domestique (Frances Conroy) se rajeunit sous l’œil lubrique des hommes et la voisine dont la trisomique est la progéniture s’avère aussi intrusive que vicieuse (Jessica Lange). En bref, une palette de personnages tordus comme on les aime, aux secrets obscènes, pile dans l’esprit obsédé de Murphy.

     

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    Un répertoire de bizarreries, American Horror Story l’est assurément. Hallucinations suicidaires, somnambulisme, rites sexuels, bagarres sanglantes, visages balafrés ou transmutés, la série se démarque des séries de genre qui actuellement trop prudents, trop paresseux peines à susciter un quelconque effroi (The Walking Dead).

    Mais à force d’appuyer sur la monstruosité du décor, de ses personnages aliénés, la série frôle l’exhibition et la surenchère. Contrairement aux séries thriller, habituellement dérisoires et cheap, la série esthétise au maximum son sujet, son décor sado-masochiste, quitte à frôler l’étiquette de série-Lady Gaga. Tapisseries fleuries, bocaux de formole, chaises grinçantes, costumes en latex et robes vintage, la série sait parfaitement entretenir ce fétichisme morbide au cœur de son sujet, mais sans nous laisser le temps d’absorber ce beau malaise intense, à l’image des images subliminales venant interférer tout au long du récit.

     

     

    En conclusion, une série d’épouvante aussi fétichiste qu’intrigante. A l’image du générique, sinistre et artistique à la fois, American Horror Story promet de beaux moments de possession, de frayeur et de macabre séduction.

    7.5/10

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  • Damages (Saison 3) Patty Hewes, ex-carnassier et nouvelle proie

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    Bilan

    The Next One’ Gonna Go in Your Throat – 3.13 (diffusé le 19.04.10) (season finale)

    Avant l’ultime baisser de rideau, Damages nous offre un dernier épisode-sensation, qui s’emploie à régler l’arc de saison tout en rendant hommage à certaines facettes clés de la série. Ambiance de fin pour le show judiciaire de FX.

    C’est devenu une tradition pour la série, chaque année, la scène conclusive se déroule sur le ponton de la propriété secondaire de Patty Hewes. Les yeux qui scrutent l’horizon aquatique, le regard plongé dans le vide, il est l’heure de l’introspection. Avant toute réflexion intérieure, place aux pistes centrales qui ont fait de la saison 3 une jolie mosaïque intrigante.

    Tom Shayes est mort. L’arc Tobin a dorénavant son mot de fin. L’agresseur de Patty a une identité. La série a consciencieusement assemblé ses éléments distillés au cours de la saison pour composer un final bigarré. Concernant l’intrigue centrale, le clan Tobin, la série n’a pas manqué à ses ambitions. Si les protagonistes de fin sont ceux que l’on imaginait facilement, Damages a surtout pris un malin plaisir à enclencher l’implosion d’une famille originalement soudée. Entre la reconversion maléfique de Joe Tobin, un bon gars à la base, la dépression de Carol, le geste désespéré de Marylin ou celui de Louis il y a plusieurs semaines, sans évoquer le sort réservé aux filles Marchetti, les Tobin sont un plaidoyer éloquent antifamille. Malgré ce pessimisme de fond qui a eu raison du cœur familial unissant les Tobin, cette intrigue s’est révélée dans sa maîtrise et son caractère jusqu’au-boutiste.

     

    On s’en doutait, la mort de Shayes est liée à l’affaire de ces protagonistes sur le déclin. Subtilement (ou presque), l’épisode retrace ainsi les dernières heures de vie de l’avocat, en mettant en lien les histoires principales entre elles, à l’exception faite de l’accident de Patty, qui lui est exclusivement réservée. Du sac d’Ellen au rôle du sans abri, en passant par la noyade de Tom ou le cadavre jeté dans l’Est River, cette boîte à puzzle s’est reconstituée sous nos yeux, sans vraiment nous surprendre, mais en nous cependant l’impression d’un travail bien accompli de la part des auteurs.

     

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    Pourtant, ce sont bel et bien les ultimes coups de projecteurs accordés à Patty et Ellen qui permettent à l’épisode de tenir le haut du pavé. En ravivant les souvenirs d’une Patty culpabilisée jusqu’à la moelle ou en rendant justice quant au meurtre de David Connor, fiancé d’Ellen, l’épisode signe une conclusion psychologique et formelle à ces histoires transversales, à la base de la pyramide Damages. Quitte à rendre moins impactants l’élucidation du cas Tobin, le sort de Lenny Winstone ou l’acte impardonnable de Joe Tobin.

    Fidèles à nos héroïnes complexes, le spectateur préfère s’attarder sur leur passé, les fondements de leur évolution. Malgré des flashbacks vocaux très peu probants, le retour dans le temps accordé à Patty, sa première grossesse, son cas de conscience (la carrière ou la maternité ?), prouve à quel point Patty est un personnage féminin taillé pour l’ambition, prête à tout, même à provoquer une fausse couche. Evidemment, cette histoire ancienne qui ressort des tiroirs a une résonance actuelle qui réside dans l’histoire de Patty et Michael, son rejeton. En jetant en prison la concubine de son fils, Patty continue d’assurer ses arrières, sans égard au bien-être de son fils. Une logique de protection destructrice qui aura finalement raison de leur relation, puisque à l’origine de cet accident à travers lequel Patty a risqué la mort, ce n’est autre que le fils prodigue le mystérieux instigateur.

     

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    Moins éloquente que l’étude faite de Patty, l’histoire d’Ellen et Frobisher qui trouve là un regain d’intérêt inespéré. Le premier drame de la série demeure sans nul doute dans l’assassinat impitoyable de David, le gentil fiancé d’Ellen, qui par la suite conditionnera la mécanique de la jolie avocate. L’histoire n’évolue symboliquement qu’avec le retour de Timothy Olyphant et l’hommage posthume fait à Zeljko Ivanek. Forte de quelques répliques conclusives, l’histoire a au moins le mérite de rendre justice à David Connor et Ellen Parsons, la victime collatérale de tout un système légalo-politique pervers.

     

     

    Face à ces histoires de fond ou temporaires, le travail d’orfèvre des auteurs est à louer. Evidemment, si l’on imagine difficilement l’avènement d’une quatrième saison, c’est aussi parce que la série vient avec cet épisode rythmé et dense comme boucler la boucle, eu égard à l’investissement actif de ses spectateurs. Et comme le demande Ellen à Patty en réflexion finale : Is it worth it ? A méditer.

    Saison 3 : 7.5/10


     

     


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  • Louie (Saison 1) La mise en abyme sérielle

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    1.01 – Pilot (diffusé le 29.06.10) & 1.02 – Poker Divorce (diffusé le 29.06.10)

    Un comique de stand-up dans la quarantaine doit surmonter un récent divorce, tout en élevant ses deux filles.

    C’est une nouvelle série qu’on voit sur FX le 29 juin, Louie, créée par Louis C.K., comique de stand-up, tout comme son personnage dans la série. Le charme de Louie vient surtout de là en fait : une mise en abyme qui sert de concept à une série cynique, bavarde mais très authentique.
    L’histoire d’un homme qui plonge dans la crise de quarantaine, divorcé mais père de deux et faisant rire son public avec des anecdotes ayant attrait de près ou de loin à sa situation. Très conceptuelle et partant de rien, la série n'en est pas pour autant vide. Elle véhicule le rire d'une façon à laquelle personne n'a pensé : grâce à la simplicité.


    Car Louie est une comédie-docu comme on en voit rarement (et ce serait la desservir que de ne la résumer qu'à une comédie). Sur un ton proche du documentaire, elle alterne les scènes de sketch détendues et celle du quotidien, avec une caméra plus figée. C’est d’ailleurs cette complémentarité qui rime bien avec la dualité du personnage : la confiance de celui-ci sur scène et sa maladresse dans la vraie vie, à la recherche de la potentielle nouvelle conquête. C'est ce qui rend le personnage si attachant, et drôle.

    La grande force de la série, c’est évidemment les dialogues. Le deuxième épisode commence avec une scène d’ouverture étonnante, très tarantinesque, qui rappellerait même l’intro de Reservoir Dogs et qui laisse libre court aux acteurs, d'une présence exceptionnelle, guidés par des dialogues de qualité (surtout). C'est donc ça Louie, une série de comique, avec des gags sur le squelette social, les hauts, les bas et la réalité.
    Sur les deux épisodes, le comique de situation se fait plus subtil également que dans les comédies type, pas besoin de grandes scènes théâtrales ou de situations exagérées pour faire rire.
    La série ne jouant jamais la carte du maniérisme, elle gagne en réalisme, en acuité et surtout, en efficacité.


    Au final, ce beau mélange nous donne l’occasion de suivre deux séries en l’espace de 25 minutes ; la comédie et la série de vie, le documentaire sur la crise de la quarantaine. Et ça fonctionne sur les deux tableaux. On rit mais on a envie de rester sérieux. C’est sûrement les talents d'écrivain et de réalisateur de Louis C.K..


    Deux premiers épisodes très convaincants donc, le deuxième est encore meilleur car il ose davantage (l’histoire de l’ancienne camarade de lycée) et il y a cette scène d’introduction tout simplement excellente qui montre à quel point cette série maîtrise sa plume. Une série cynique, mais authentique.

    7.5/10 & 8/10

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  • Justified (Saison 1) En état d’impitoyable défense

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    Riverbrook - Fixer – 1.02 & 1.03 (diffusé le 28.03.10)

    Attention, formula show. Justified, qui se présentait comme une série à ton et univers singulier, lorgne depuis ses deux nouveaux essais épisodiques du côté du schéma sériel à formule. Ou le risque de faire perdre en potentiel le marshall US Raylan Givens et sa clique pour piétiner ensemble sur la route poussiéreuse en élucidant des intrigues policières classiques et peu attirantes. Comment dit-on douche froide en idiome texan ?


    Avec son pilot, Justified avait réussi à concilier genre policier avec localité et ambiance western. Une vraie gageure qui avait pendant quarante minutes su procurer l'illusion. De retour dans son coin natal, le marshall avait pour charge de démanteler tout un réseau de petites frappes néo-nazies qu'il fréquentait depuis tout petit. Au vu de la taille d'une telle affaire, on imaginait aisément que la série en aurait consacré un arc de saison, tout en feuilletonnant des intrigues secondaires, propre à la vision du héros Raylan, ses retrouvailles, ses méthodes. Façon Damages.

    Mais dès le second épisode, il était clair que la série semblait s'écarter d'une idée étude de cas pour innover des intrigues indépendantes et cloisonnées. Et d'emblée, le cas successeur au réseau religieux délinquant manquait cruellement d'originalité et de maîtrise scénaristique. Avec un prisonnier en cavale, une sombre histoire de magot à déterrer, et une psychologie du héros en retrait, le second essai n'avait pas été transformé.


    Idem pour le troisième épisode, Fixer. Le marshall est chargé de retrouver un informateur privilégié de la police locale (David Eigenberg, de Sex & the City). Malgré sa vaine tentative d'élaborer des personnages hauts en couleurs à chaque storyline (notamment Travis Travers), la série manque de conviction et pèche par simplicité dans ses formules.

    Trop de manichéisme, de loose attitude, les criminels sont des délinquants de bas étage aux stratagèmes facilement démantelés par un marshall déjà trop admis. La série qui avait fait la promesse d'un héros complexe ne s'attarde jamais véritablement sur sa dimension psychologique. Et surtout, le show privilégie en permanence la discussion à l'action, sans cesse anéantie par un bavardage irritant et sans effet.


    Malgré son décor, son style rustre et léché et ses petites originalités formelles, Justified n'est pas la surprise sérielle escomptée. Trop de formules simplistes tuent le charisme d'une série.

    4/10

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  • Damages (Saison 2 – Bilan) Le crime ne paie plus

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    Pire, il devient soporifique. Une effusion de sang attendue et sans effet.

    Mais parce que la Justice selon Patti Hewes recommence à manigancer ce soir sur FX, la saison 2 méritait un court bilan. Et le fin mot de cette grande histoire passée, inutilement alambiquée, est : dommage.
    Que les partisans du verre à moitié plein se rassurent : la saison 3 ne pourra être que plus estomaquant. Avale-nous Patti.

     

    « I lied too »

    Ellen semble remontée contre Patti. Parce que c’est une garce ou parce que le pari d’électriser à nouveau les foules avec une histoire visuelle et d’envergure maîtrisée était périlleux. Quasiment impossible ?

    Si la première saison fut une réussite (hasardeuse ou ?), la seconde saison de Damages a cédé à l’écueil phare pour ce genre de show : de l’esbroufe gratuite.
    L’art de dissimuler, sous un tas d’histoires compliquées et non abouties, son manque de fond. En fanfaronnant, la série, qui s’est jugé trop au-dessus, a véritablement abusé des twists et des contre-twists et a dissimulé son véritable jeu. Du pas grand-chose déguisé.

    Malgré un visuel toujours léché,  la série a perdu en grandeur et en scénario. La supercherie aurait pu être parfaite, mais le développement scénaristique laborieux a trahi la série. Le fil narratif principal s’est à maintes reprises perdu entre plusieurs sous intrigues parfaitement inutiles et sans effet. Damages ne regagnait alors d’intérêt qu’en ciblant au mieux ses duels féminins (Patty et Ellen) (Patty et Claire). M
    ais trop souvent légués au rang d’accessoire, ces luttes de pouvoir, pourtant typiquement fiévreuses de Damages, ont été l’an passé aussi mal soignés qu’une réalisation d’épisode de The Riches.

     

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    Un soufflet trop salé, mais avec du botox

     

    L’erreur fatale de la série, c’est assurément son nouveau doublet schématique. Créer à nouveau une intrigue judiciaire faite de scandales et de révélations tardives s’est avéré trop attendu.

    Et décevant tant l’histoire de Walter Kendrick n’était pas de l’acabit de celle de Frobisher, autant dans son postulat (un empoisonnement, une fusion, un ensembles de rouages exécutifs où l’enjeu du pouvoir s’est révélé fadasse) que dans son dénouement à l’emporte pièce (même pas de scène conclusive).

    Qui dit nouvelle saison ne dit pas nécessairement nouvelle histoire de fond. En voulant repartir sur de nouvelles bases à suspense, Damages en est venu à sous exploiter ces premiers atouts, Patty (dont la storyline autour de sa sphère familiale a souvent été allégée, médiocre et facile) et Ellen, qui à force de visites discrètes sur la banquette des agents du FBI, a parfois dissimulé l’intérêt d’une telle vengeance, supposée centrale pour cette saison.

    L’an passé, rien n’a échappé au spectateur aguerri par une saison première de bonne facture, pas même le front botoxé d’une Glenn Close qui, à force de grossir le trait, perd en grandeur. Malgré une envolée significative à mi-temps, la teneur en adrénaline de cette saison est retombée comme un soufflet, trop salé et sans finesse.

     

    Alors, l’histoire de Damages, c’est un peu celle de la politique de FX : une sorte de pataquès où chacun joue dans son coin, isolément, sans jamais participer à une histoire d’envergure. Le vrai scandale de Damages, c’est finalement elle-même.

     

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  • Damages (Saison 2) - Le crime ne paie plus

     

    Pire, le crime devient soporifique et prévisible.

    Rien n’échappe au spectateur aguerri, pas même le front botoxé d’une Glenn Close qui, à force de grossir le trait, perd en grandeur. Malgré une envolée significative en milieu de saison, la série retombe comme un soufflet, trop salé et sans finesse.
    Retour sur les épisodes de cette saison 2, avant un bilan pas vraiment mérité.

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    I Lied Too (2.01) Ce season premiere tant attendu et unaniment salué (sic), présentait-il finalement un quelconque intérêt ? Les nouvelles pistes scénaristiques entreprises par la série manquent d’intensité. La construction de l’épisode en flash forward n’égale pas le niveau de la première saison. Et les quelques révélations finales ont été quelque peu inutiles : Patty ne fait aucune confidence sur le dossier Frobisher (l’intrigue judiciaire de la première saison se noie ici, l’épisode se contentant quelques revenge fantaisies et quelques scènes d’hôpital).

    Et on découvre enfin qu’Ellen (toujours aussi fabuleuse, charismatique et à la beauté subjuguante) commettra un crime dans six mois. Qui, pourquoi, comment ? Les questions laissées en suspens n’ont pas eu l’effet de nervosité escompté, petite déception.

    (6/10)

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