09.10.2011
American Horror Story (Saison 1) L’audace noire de l’année

Ryan Murphy a encore frappé. L’homme aux milles vices a pactisé de nouveau avec la série câblée FX pour livrer son nouveau projet ambitieux, American Horror Story. Résultat, une série glauque, une ambiance grotesque teintée de noirceur novice. En somme, alléchant.
En mettant un peu de côté les aventures pop de Glee, ses refrains pénibles, ses histoires adolescentes tout sauf ironiques et addictives, le créateur en série, Ryan Murphy, retrouve ses sources, singulières et sombres, qui avaient élu Nip/Tuck série originale de la décennie. Malgré tous les défauts que l’on peut reprocher au réalisateur –sa mégalomanie, ses excès, son manque d’éclectisme, le talent de Ryan Murphy est intact depuis dix ans : une inspiration démesurée, sanguinaire et envoûtante.
Avec American Horror Story, l’histoire est simple mais apparemment délicieuse. Celle d’un couple en difficulté après une fausse couche traumatisante et un adultère grossier, décide de se donner une seconde chance en traversant le pays et investissant dans une maison d’époque de L.A, abandonnée depuis les drames survenus aux précédents propriétaires.

Toujours chez Murphy, la simplicité de l’histoire confine au troublant, à l’étrangeté qui guette. Dès l’introduction de la série en 1978, où l’on voit deux petits jumeaux saccager la maison à coup de battes de base-ball malgré les avertissements d’une jeune trisomique en robe seventies –absolument terrifiante-, American Horror Story parvient à insuffler une vraie ambiance, un souffle horrifique nouveau. En reprenant évidemment les codes de la maison hantée, dont le titre inspire l’hommage, la série entretient l’anxiogène et l’oppressant et sait d’emblée mordre l’intérêt, cultiver son mystère.
Dans un rôle différent, Connie Britton (l’actrice de série la plus épatante de la décennie) et Dylan McDermott (aux faux-airs de Christian Troy/Julian McMahon) forment un couple juste, sexy et compliqué. Au même titre que les personnages secondaires : leur fille est une adolescente torturée, le patient principal du père psy est un jeune type aux airs de monstre, la vieille domestique (Frances Conroy) se rajeunit sous l’œil lubrique des hommes et la voisine dont la trisomique est la progéniture s’avère aussi intrusive que vicieuse (Jessica Lange). En bref, une palette de personnages tordus comme on les aime, aux secrets obscènes, pile dans l’esprit obsédé de Murphy.

Un répertoire de bizarreries, American Horror Story l’est assurément. Hallucinations suicidaires, somnambulisme, rites sexuels, bagarres sanglantes, visages balafrés ou transmutés, la série se démarque des séries de genre qui actuellement trop prudents, trop paresseux peines à susciter un quelconque effroi (The Walking Dead).
Mais à force d’appuyer sur la monstruosité du décor, de ses personnages aliénés, la série frôle l’exhibition et la surenchère. Contrairement aux séries thriller, habituellement dérisoires et cheap, la série esthétise au maximum son sujet, son décor sado-masochiste, quitte à frôler l’étiquette de série-Lady Gaga. Tapisseries fleuries, bocaux de formole, chaises grinçantes, costumes en latex et robes vintage, la série sait parfaitement entretenir ce fétichisme morbide au cœur de son sujet, mais sans nous laisser le temps d’absorber ce beau malaise intense, à l’image des images subliminales venant interférer tout au long du récit.
En conclusion, une série d’épouvante aussi fétichiste qu’intrigante. A l’image du générique, sinistre et artistique à la fois, American Horror Story promet de beaux moments de possession, de frayeur et de macabre séduction.
7.5/10

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04.01.2011
Damages (Saison 3) Patty Hewes, ex-carnassier et nouvelle proie

Bilan
The Next One’ Gonna Go in Your Throat – 3.13 (diffusé le 19.04.10) (season finale)
Avant l’ultime baisser de rideau, Damages nous offre un dernier épisode-sensation, qui s’emploie à régler l’arc de saison tout en rendant hommage à certaines facettes clés de la série. Ambiance de fin pour le show judiciaire de FX.
C’est devenu une tradition pour la série, chaque année, la scène conclusive se déroule sur le ponton de la propriété secondaire de Patty Hewes. Les yeux qui scrutent l’horizon aquatique, le regard plongé dans le vide, il est l’heure de l’introspection. Avant toute réflexion intérieure, place aux pistes centrales qui ont fait de la saison 3 une jolie mosaïque intrigante.
Tom Shayes est mort. L’arc Tobin a dorénavant son mot de fin. L’agresseur de Patty a une identité. La série a consciencieusement assemblé ses éléments distillés au cours de la saison pour composer un final bigarré. Concernant l’intrigue centrale, le clan Tobin, la série n’a pas manqué à ses ambitions. Si les protagonistes de fin sont ceux que l’on imaginait facilement, Damages a surtout pris un malin plaisir à enclencher l’implosion d’une famille originalement soudée. Entre la reconversion maléfique de Joe Tobin, un bon gars à la base, la dépression de Carol, le geste désespéré de Marylin ou celui de Louis il y a plusieurs semaines, sans évoquer le sort réservé aux filles Marchetti, les Tobin sont un plaidoyer éloquent antifamille. Malgré ce pessimisme de fond qui a eu raison du cœur familial unissant les Tobin, cette intrigue s’est révélée dans sa maîtrise et son caractère jusqu’au-boutiste.
On s’en doutait, la mort de Shayes est liée à l’affaire de ces protagonistes sur le déclin. Subtilement (ou presque), l’épisode retrace ainsi les dernières heures de vie de l’avocat, en mettant en lien les histoires principales entre elles, à l’exception faite de l’accident de Patty, qui lui est exclusivement réservée. Du sac d’Ellen au rôle du sans abri, en passant par la noyade de Tom ou le cadavre jeté dans l’Est River, cette boîte à puzzle s’est reconstituée sous nos yeux, sans vraiment nous surprendre, mais en nous cependant l’impression d’un travail bien accompli de la part des auteurs.

Pourtant, ce sont bel et bien les ultimes coups de projecteurs accordés à Patty et Ellen qui permettent à l’épisode de tenir le haut du pavé. En ravivant les souvenirs d’une Patty culpabilisée jusqu’à la moelle ou en rendant justice quant au meurtre de David Connor, fiancé d’Ellen, l’épisode signe une conclusion psychologique et formelle à ces histoires transversales, à la base de la pyramide Damages. Quitte à rendre moins impactants l’élucidation du cas Tobin, le sort de Lenny Winstone ou l’acte impardonnable de Joe Tobin.
Fidèles à nos héroïnes complexes, le spectateur préfère s’attarder sur leur passé, les fondements de leur évolution. Malgré des flashbacks vocaux très peu probants, le retour dans le temps accordé à Patty, sa première grossesse, son cas de conscience (la carrière ou la maternité ?), prouve à quel point Patty est un personnage féminin taillé pour l’ambition, prête à tout, même à provoquer une fausse couche. Evidemment, cette histoire ancienne qui ressort des tiroirs a une résonance actuelle qui réside dans l’histoire de Patty et Michael, son rejeton. En jetant en prison la concubine de son fils, Patty continue d’assurer ses arrières, sans égard au bien-être de son fils. Une logique de protection destructrice qui aura finalement raison de leur relation, puisque à l’origine de cet accident à travers lequel Patty a risqué la mort, ce n’est autre que le fils prodigue le mystérieux instigateur.

Moins éloquente que l’étude faite de Patty, l’histoire d’Ellen et Frobisher qui trouve là un regain d’intérêt inespéré. Le premier drame de la série demeure sans nul doute dans l’assassinat impitoyable de David, le gentil fiancé d’Ellen, qui par la suite conditionnera la mécanique de la jolie avocate. L’histoire n’évolue symboliquement qu’avec le retour de Timothy Olyphant et l’hommage posthume fait à Zeljko Ivanek. Forte de quelques répliques conclusives, l’histoire a au moins le mérite de rendre justice à David Connor et Ellen Parsons, la victime collatérale de tout un système légalo-politique pervers.
Face à ces histoires de fond ou temporaires, le travail d’orfèvre des auteurs est à louer. Evidemment, si l’on imagine difficilement l’avènement d’une quatrième saison, c’est aussi parce que la série vient avec cet épisode rythmé et dense comme boucler la boucle, eu égard à l’investissement actif de ses spectateurs. Et comme le demande Ellen à Patty en réflexion finale : Is it worth it ? A méditer.
Saison 3 : 7.5/10
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Damages | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : damages, saison 3, fx, critiques, genn close, rose byrne |
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20.07.2010
Louie (Saison 1) La mise en abyme sérielle

1.01 – Pilot (diffusé le 29.06.10) & 1.02 – Poker Divorce (diffusé le 29.06.10)
L’histoire d’un homme qui plonge dans la crise de quarantaine, divorcé mais père de deux et faisant rire son public avec des anecdotes ayant attrait de près ou de loin à sa situation. Très conceptuelle et partant de rien, la série n'en est pas pour autant vide. Elle véhicule le rire d'une façon à laquelle personne n'a pensé : grâce à la simplicité.
Sur les deux épisodes, le comique de situation se fait plus subtil également que dans les comédies type, pas besoin de grandes scènes théâtrales ou de situations exagérées pour faire rire. La série ne jouant jamais la carte du maniérisme, elle gagne en réalisme, en acuité et surtout, en efficacité.

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03.04.2010
Justified (Saison 1) En état d’impitoyable défense

Riverbrook - Fixer – 1.02 & 1.03 (diffusé le 28.03.10)
Attention, formula show. Justified, qui se présentait comme une série à ton et univers singulier, lorgne depuis ses deux nouveaux essais épisodiques du côté du schéma sériel à formule. Ou le risque de faire perdre en potentiel le marshall US Raylan Givens et sa clique pour piétiner ensemble sur la route poussiéreuse en élucidant des intrigues policières classiques et peu attirantes. Comment dit-on douche froide en idiome texan ?
Avec son pilot, Justified avait réussi à concilier genre policier avec localité et ambiance western. Une vraie gageure qui avait pendant quarante minutes su procurer l'illusion. De retour dans son coin natal, le marshall avait pour charge de démanteler tout un réseau de petites frappes néo-nazies qu'il fréquentait depuis tout petit. Au vu de la taille d'une telle affaire, on imaginait aisément que la série en aurait consacré un arc de saison, tout en feuilletonnant des intrigues secondaires, propre à la vision du héros Raylan, ses retrouvailles, ses méthodes. Façon Damages.
Mais dès le second épisode, il était clair que la série semblait s'écarter d'une idée étude de cas pour innover des intrigues indépendantes et cloisonnées. Et d'emblée, le cas successeur au réseau religieux délinquant manquait cruellement d'originalité et de maîtrise scénaristique. Avec un prisonnier en cavale, une sombre histoire de magot à déterrer, et une psychologie du héros en retrait, le second essai n'avait pas été transformé.
Idem pour le troisième épisode, Fixer. Le marshall est chargé de retrouver un informateur privilégié de la police locale (David Eigenberg, de Sex & the City). Malgré sa vaine tentative d'élaborer des personnages hauts en couleurs à chaque storyline (notamment Travis Travers), la série manque de conviction et pèche par simplicité dans ses formules.
Trop de manichéisme, de loose attitude, les criminels sont des délinquants de bas étage aux stratagèmes facilement démantelés par un marshall déjà trop admis. La série qui avait fait la promesse d'un héros complexe ne s'attarde jamais véritablement sur sa dimension psychologique. Et surtout, le show privilégie en permanence la discussion à l'action, sans cesse anéantie par un bavardage irritant et sans effet.
Malgré son décor, son style rustre et léché et ses petites originalités formelles, Justified n'est pas la surprise sérielle escomptée. Trop de formules simplistes tuent le charisme d'une série.
4/10

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25.01.2010
Damages (Saison 2 – Bilan) Le crime ne paie plus

Pire, il devient soporifique. Une effusion de sang attendue et sans effet.
Mais parce que la Justice selon Patti Hewes recommence à manigancer ce soir sur FX, la saison 2 méritait un court bilan. Et le fin mot de cette grande histoire passée, inutilement alambiquée, est : dommage.
Que les partisans du verre à moitié plein se rassurent : la saison 3 ne pourra être que plus estomaquant. Avale-nous Patti.
« I lied too »
Ellen semble remontée contre Patti. Parce que c’est une garce ou parce que le pari d’électriser à nouveau les foules avec une histoire visuelle et d’envergure maîtrisée était périlleux. Quasiment impossible ?
Si la première saison fut une réussite (hasardeuse ou ?), la seconde saison de Damages a cédé à l’écueil phare pour ce genre de show : de l’esbroufe gratuite.
L’art de dissimuler, sous un tas d’histoires compliquées et non abouties, son manque de fond. En fanfaronnant, la série, qui s’est jugé trop au-dessus, a véritablement abusé des twists et des contre-twists et a dissimulé son véritable jeu. Du pas grand-chose déguisé.
Malgré un visuel toujours léché, la série a perdu en grandeur et en scénario. La supercherie aurait pu être parfaite, mais le développement scénaristique laborieux a trahi la série. Le fil narratif principal s’est à maintes reprises perdu entre plusieurs sous intrigues parfaitement inutiles et sans effet. Damages ne regagnait alors d’intérêt qu’en ciblant au mieux ses duels féminins (Patty et Ellen) (Patty et Claire). M
ais trop souvent légués au rang d’accessoire, ces luttes de pouvoir, pourtant typiquement fiévreuses de Damages, ont été l’an passé aussi mal soignés qu’une réalisation d’épisode de The Riches.

Un soufflet trop salé, mais avec du botox
L’erreur fatale de la série, c’est assurément son nouveau doublet schématique. Créer à nouveau une intrigue judiciaire faite de scandales et de révélations tardives s’est avéré trop attendu.
Et décevant tant l’histoire de Walter Kendrick n’était pas de l’acabit de celle de Frobisher, autant dans son postulat (un empoisonnement, une fusion, un ensembles de rouages exécutifs où l’enjeu du pouvoir s’est révélé fadasse) que dans son dénouement à l’emporte pièce (même pas de scène conclusive).
Qui dit nouvelle saison ne dit pas nécessairement nouvelle histoire de fond. En voulant repartir sur de nouvelles bases à suspense, Damages en est venu à sous exploiter ces premiers atouts, Patty (dont la storyline autour de sa sphère familiale a souvent été allégée, médiocre et facile) et Ellen, qui à force de visites discrètes sur la banquette des agents du FBI, a parfois dissimulé l’intérêt d’une telle vengeance, supposée centrale pour cette saison.
L’an passé, rien n’a échappé au spectateur aguerri par une saison première de bonne facture, pas même le front botoxé d’une Glenn Close qui, à force de grossir le trait, perd en grandeur. Malgré une envolée significative à mi-temps, la teneur en adrénaline de cette saison est retombée comme un soufflet, trop salé et sans finesse.
Alors, l’histoire de Damages, c’est un peu celle de la politique de FX : une sorte de pataquès où chacun joue dans son coin, isolément, sans jamais participer à une histoire d’envergure. Le vrai scandale de Damages, c’est finalement elle-même.

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09.09.2009
Damages (Saison 2) - Le crime ne paie plus
Pire, le crime devient soporifique et prévisible.
Rien n’échappe au spectateur aguerri, pas même le front botoxé d’une Glenn Close qui, à force de grossir le trait, perd en grandeur. Malgré une envolée significative en milieu de saison, la série retombe comme un soufflet, trop salé et sans finesse.
Retour sur les épisodes de cette saison 2, avant un bilan pas vraiment mérité.

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I Lied Too (2.01) Ce season premiere tant attendu et unaniment salué (sic), présentait-il finalement un quelconque intérêt ? Les nouvelles pistes scénaristiques entreprises par la série manquent d’intensité. La construction de l’épisode en flash forward n’égale pas le niveau de la première saison. Et les quelques révélations finales ont été quelque peu inutiles : Patty ne fait aucune confidence sur le dossier Frobisher (l’intrigue judiciaire de la première saison se noie ici, l’épisode se contentant quelques revenge fantaisies et quelques scènes d’hôpital).
Et on découvre enfin qu’Ellen (toujours aussi fabuleuse, charismatique et à la beauté subjuguante) commettra un crime dans six mois. Qui, pourquoi, comment ? Les questions laissées en suspens n’ont pas eu l’effet de nervosité escompté, petite déception.
(6/10)

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09.06.2008
Damages - Review Generale - Critique - Saison 1
Damages is a impressively constructed legal thriller
with the depth and structure of an engrossing novel

Crée par Todd A. Kessler (The Sopranos), Glenn Kessler, Daniel Zelman
Diffusion sur FX
Series Premiere le 24 juillet 2007
Saison 1 achevée – Saison 2 et 3 à venir.
Format 50mn- 13 épisodes
Cast
Glenn Close (The Shield), Rose Byrne (Sunshine, Marie-Antoinette, 28 Weeks Later), Noah Bean (Ed), Tate Donovan (Trinity, The O.C), Ted Danson (Help Me Help You, Becker), Zeljko Ivanek (Oz, Homicide), Peter Facinelli (Enemies, Fastlane, Six Feet Under), Anastasia Griffith
Show Synopsis
Patty Hewes dirige l'un des cabinets d'avocats les plus puissants de New York, "Hewes & Associates". Pour lutter contre le crime, elle sait s'entourer des meilleurs. Elle vient d'ailleurs de recruter une nouvelle et brillante associée, Ellen Parsons. Celle-ci ne s'imagine pas dans quoi elle s'embarque. Elle va devenir la protégée de Patty et de son associé principal, Tom Shayes. A leurs cotés, elle va découvrir l'envers du décor et notamment jusqu'où Patty est prête à aller pour faire plier les dirigeants corrompus. Ellen va t'elle être capable de travailler dans ces conditions et résister à la pression qu'elle doit subir ?
(source : serieslive.com)
Critique
La saison inaugurale de Damages a été la révélation télévisuelle de cet été et de ce début de rentrée car pour un thriller judiciaire à la fois complexe et fluide, elle se hisse aisément à la tête de ses concurrentes et devient le summum du genre. Et lorsqu’on est juriste, friand d’interprétations magistrales de femmes qui ont de la poigne et dépendant aux rouages politico-judiciaires et autres jeux de pouvoir fiévreux, cette sensation de révélation-coup de cœur de l’année n’en est que plus intense.
Une série puissante, jubilatoire, à la hauteur d’une ambition clairement affichée
Il est difficile de résumer les temps forts de Damages tant la série est caractérisée par un ensemble solide, cohérent et indéfectible, se maintenant à terme.
Au départ, la série n’est rien d’autre qu’un bon dossier juridique dans lequel il est à prouver qu’un industriel sans scrupules rendit miséreux plus de cinq cents salariés déjà modestes, une affaire donc, de délit d’initié susceptible de rapporter plusieurs millions de dollars. Mais l’affaire Frobisher est plus complexe qu’il n’y paraît et il n’existe qu’une seule réelle personne qui sache chaque détail du dossier et qui ainsi sache vers où se destiner : Patty Hewes.
Damages, c’est aussi l’arrivée d’une jeune avocate, Ellen Parsons (Rose Byrne au jeu nuancé et épatant), à la carrière prometteuse, embauchée personnellement par Patty et directement mise à contribution sur l’affaire en question. Ellen s’y trouvera par la suite directement impliquée, le pilot s’ouvrant sur la fuite d’une Ellen apeurée et ensanglantée.
Dans Damages, absolument rien n’est laissé au hasard, chaque storyline est établie de telle sorte qu’elle aura une incidence à un moment précis de l’affaire, afin d’aboutir à un seul et unique résultat.
Le postulat initial de Damages était d’une ambition sans nom, les showrunners ayant pris la décision de montrer les prémices du final à chaque début d’épisode, on en découvre alors toujours un peu plus sur les dessous entourant le drame d’Ellen Parsons tout en suivant parallèlement l’histoire de l’affaire Frobisher de façon chronologique, ce qui permet alors de s’approcher progressivement de l’arc dramatique d’Ellen Parsons et de mieux l’appréhender. Si la technique était d’emblée difficile, celle-ci en s’incorporant parfaitement à l’esprit de la série a été justement amenée, parfaitement maîtrisée et permit d’aboutir à la réunion des deux trames narratives de manière remarquable et subtile.
La série ayant été construite sur la notion de flashforward, la prétendue maîtrise de l’arc principal ne pouvait être pleinement vérifiée qu’à travers un season finale conclusif du niveau de l’ambition faite par chacun des épisodes précédents. Celui-ci a été effectivement plus qu’à la hauteur de nos attentes, en nous offrant de réelles réponses aux fils narratifs déployés tout au long de la saison et en guise d’avant-gout, se finit même sur un twist final des plus inattendus, un twist nous plongeant dans une excitation et une impatience rarement éprouvées.
Patty Hewes tire les ficelles mieux que quiconque
C’est Patty Hewes herself qui incarne la rigueur inébranlable et le machiavélisme intangible de la série. Glenn Close, dont le talent n’est jamais assez loué, est parfaite dans la peau de Patty, elle l’a fait exister de manière si intense qu’il paraît improbable de ne pas frémir devant ses colères noires à souhait. Patty Hewes s’inscrit effectivement dans les personnages de séries les plus incroyables de l’histoire sérielle, les plus insaisissables, les plus riches et les plus complexes.
A l’aide d’un charisme rarement vu sur le petit écran et d’un jeu toujours tonitruant, cette Patty Hewes est l’avocate la plus crainte du milieu, la plus expérimentée et donc la plus perverse. Trust No One, Patty Hewes ne laisse rien au hasard, elle agit de manière réflechie et astucieuse, place ses pions au moment voulu et s’en prend là où la vulnérabilité est à son paroxysme. Elle est un exemple phare des grands avocats qui sont aussi corrompus que les clients qu’ils entendent condamner.

Machiavélisme, ruses, fausses pistes, charisme subjuguant, dissimulations : un mode d’emploi de génie presque mathématique
Dans Damages, les qualités scénaristiques ne manquent pas, l’interprétation excellente de la galerie de personnages ne fait pas non plus défaut, mais Damages, c’est aussi une cohérence globale rare, une logique répétitive inédite et originale, un propos maîtrisé de A à Z, un visuel contrasté sublime à l’image de la personnalité charismatique de Patty.
Damages, c’est aussi l’intelligence de la mise en scène et de la narration, entraînant ainsi une interaction unique entre les protagonistes et une ambiance dérangeante palpable. C’est aussi un sens unique du suspense et de l’intensité, c’est l’art de la sournoiserie, des fausses pistes, de la dissimulation, de la ruse juridique, c’est enfin une manière singulière du rebondissement et de la surprise inattendue.
Damages n’est rien d’autre qu’un triomphe intellectuel à l’état pur.
Jeux et enjeux de pouvoir : un schéma narratif bouleversé
Damages n’est pas seulement un thriller noir alambiqué au dénouement surprenant, c’est aussi une sublime représentation des jeux de pouvoir existants entre protagonistes influents et mystérieux, sans cesse entretenus par de nouveaux enjeux politiques et financiers.
Patty Hewes y est dépeinte comme la pièce maîtresse du schéma, celle qui use de manière stratégique des différents pions qu’elle a sa possession et qui n’hésite pas à faire preuve de fermeté et de menace.
Face à elle, Ellen est une jeune avocate inexpérimentée, innocente et réservée, souvent crédule, on constate tout au long de ces six mois l’évolution professionnelle et psychologique de son personnage qui finit par s’endurcir et par jouer ses propres cartes. A l’inverse, ce sont A. Frobisher et R. Fiske, le camp adverse de l’affaire, qui font progressivement preuve d’un humanisme insoupçonné, peu à peu placés dans un rapport de subordination à l’égard de « Hewes et Associates », on comprend alors que les plus pervers ne sont pas forcément ceux que l’on pensait être.
Damages, c’est donc aussi le contre-exemple exquis du manichéisme, une philosophie absurde trop présente dans les séries.
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Damages | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : damages, fx, critique, review, saison 1, glenn close, rose byrne |
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18.01.2008
Damages - Résumés - Saison 1
Pilot – 1.01 (diffusé le 24.08.07)
Six mois plus tôt
Ellen Parson est une jeune avocate à l’avenir prometteur. Six mois plus tard, elle est retrouvée dans la rue errante couverte de sang et à moitié nue.
Il y a six mois, Ellen était sur le point de signer avec un prestigieux cabinet lorsque Hewes & Associés a pris contact avec elle. Patty Hewes, qui dirige le Cabinet d'une main de maître, vient de se lancer dans une croisade contre Arthur Frobisher, un des plus grands dirigeants du pays, et l'un des plus corrompus.

Jesus, Mary and Joe Cocker – 1.02 (diffusé le 31.07.07)
Six mois plus tôt
Holly Frobisher pousse son mari à prendre les mesures qui s'imposent pour arranger les choses. Elle ne supporte plus la pression que subit sa famille depuis des mois. Patty et ses associés tentent de convaincre les clients qu'ils ne doivent pas céder à la proposition de Frobisher. Un nouveau témoin pourrait bien leur garantir de remporter la bataille. Patty doit d'ailleurs rencontrer Katie Connor pour la persuader de témoigner contre Arthur Frobisher.

And My Paralyzing Fear of Death – 1.03 (diffusé le 07.08.07)
Cinq mois plus tôt
Patty a l’impression de subir le revers de la poigne de fer qu’elle imprime à ses dossiers juridiques lorsqu’un paquet-cadeau livré à son bureau révèle un contenu peu approprié : une grenade ! Côté famille, ce n’est guère plus « festif », Michael pirate le système informatique de son école et simule de graves troubles psychologiques. Contrairement à ce qu’elle a déclaré à Hewes, Katie revoit en cachette Gregory Malina pendant que l’engagement de sa belle-sœur Ellen est soumis à rude épreuve.

Tastes Like a Hoho – 1.04 (diffusé le 14.08.07)
Quatre mois et demi plus tôt
Katie remonte le fil de sa rencontre avec Gregory Malina, celui-ci lui offre sur un plateau le nom de l’homme ayant pris place à bord de la limousine de Frobisher en juin 2002 à Palm Beach. Mais la déposition de la jeune femme subit une lourde contre-attaque de Ray Fiske. Exploité depuis 10 ans selon le chef de cabinet Martin Cutler, Tom remet en question son engagement pour Patty. David reçoit les plus douces attentions de la part de Lila DiMeo, la jolie petite-fille d’un patient dont il a la charge.

A Regular Earl Anthony – 1.05 (diffusé le 21.08.07)
Quatre mois plus tôt
Au contact d’un ami avocat, les doutes professionnels de Tom atteignent un stade tellement invivable qu’il finit par accepter la proposition de Martin Cutler avant d’opter pour un poste à son compte ! Les clients de Patty ne tardent pas à se présenter à son bureau puisque les anciens employés de Frobisher remettent leur défense entre ses mains. Frobisher opte de son côté pour une tactique plus agressive en renonçant à l’offre « à l’amiable ». Les opinions d’Ellen et de David divergent sensiblement sur le faux témoignage de Katie.

She Spat At Me – 1.06 (diffusé le 04.09.07)
Trois mois et demi plus tôt
Au grand désespoir de Ray, Arthur Frobisher se met en tête de rédiger une biographie en vue d’amadouer le public sur ses qualités, Ray est alors chargé de trouver un nègre de talent. De plus en plus approché par Lila DiMeo, David subit en parallèle les désagréments du nouvel emploi de sa fiancée.

We Are Not Animals – 1.07 (diffusé le 11.09.07)
Trois mois plus tôt
Ayant trahi Katie et se sentant de plus en plus traqué, Gregory Malina se cache dans un motel. Patty tente de mettre un terme aux incompatibilités d’humeur récurrentes de son fils, guère décidé à rentrer à la maison. Ellen cache à Patty les tentatives d’approche de Tom pour l’engager dans sa propre agence.

Blame the Victim – 1.08 (diffusé le 18.09.07)
Deux mois plus tôt
Gregory Malina ne donnant plus signe de vie, Patty Hewes se trouverait dans l’obligation d’accepter une offre de 175 millions de dollars si Frobisher venait à en émettre la proposition. Larry Popler accepte de poursuivre son travail de taupe . De son côté, Ellen a fort à gérer quand son père lui apprend qu’il a renversé un agent de la circulation un mois plus tôt.

Do You Regret What We Did – 1.09 (diffusé le 25.09.07)
Six semaines plus tôt
Après une échappée au Mexique, Gregory Malina retrouve les États-Unis et celle qui n’a cessé d’occuper son esprit depuis leur dernière séparation : Katie Connor. Malheureusement, leurs retrouvailles seront de courte durée, mais Gregory aura le temps de lui confier une cassette vidéo. George Moore consacre toute son énergie à la déchéance d’Arthur Frobisher dont il révèle une faute lourde commise en 1983 en Virginie. Une spécialiste n’ayant pas froid aux yeux aide l’homme d’affaires à préparer sa déposition devant Patty. Lila DiMeo se présente à Ellen et lui révèle sa prétendue liaison avec son fiancé.

Sort of Like a Family – 1.10 (diffusé le 02.10.07)
Un mois plus tôt
Le moment est venu pour Arthur Frobisher de procéder à sa déposition face à Patty Hewes. Si les révélations sur l’accident d’Arlington sont tombées à l’eau suite à une déclaration publique de l’homme d’affaires, l’avocate a bien l’intention de rebondir sur ses tout récents problèmes conjugaux. Mise à l’écart de l’affaire sans explication, Ellen décide de mener sa propre enquête et obtient ainsi de précieuses informations de la part de Laura Watkins, une ancienne enquêtrice de la SEC licenciée abusivement par George Moore.

I Hate These People – 1.11 (diffusé le 09.10.07)
Huit jours plus tôt
Face à une Patty implorante comme jamais, Ellen refuse de reprendre son emploi mais, désireuse de l’aider à remporter l’affaire, accepte de creuser la piste menant à George Moore. Nouvelle cible de Hewes & Associates, le membre de la SEC ayant dirigé les investigations sur l’état désastreux des comptes de l’industrie de Frobisher est soupçonné d’avoir prévenu l’homme d’affaires du rapport qu’il s’apprêtait à publier. De son côté, Ray se remémore sa rencontre avec Gregory Malina et le stratagème avec lequel il l’a entraîné malgré lui dans cette sombre histoire.

There’s no « We » Anymore – 1.12 (diffusé le 16.10.07)
Une semaine plus tôt
Une enquête s’amorce sur la mort de Ray Fiske, confrontant Patty Hewes et Arthur Frobisher à des interrogatoires serrés. Tous deux mentent. Ellen s’engage dans un jeu encore plus dangereux en « couvrant » sa patronne, ce qui risque de mettre en péril son couple. Peu ému par le suicide de son fidèle avocat, Frobisher s’affaire surtout à récupérer la déclaration compromettante enregistrée par Gregory Malina. Marshall Philips reprend pour sa part l’affaire là où l’a laissée son prédécesseur Fiske, requérant un délai afin de prendre connaissance de tous les éléments du dossier. Une semaine plus tôt, David est assassiné, c’est ainsi qu’Ellen est accusée de meurtre.

Because I Know Patty – 1.13 (diffusé le 23.10.07)
Jour J
L’enregistrement vidéo réalisé par Gregory Malina (contenant un témoignage accablant sur l’affaire Frobisher) attise toutes les convoitises. Celle de Patty, prête à décharger Ellen de toute culpabilité dans le meurtre de son fiancé si elle obtient en retour le précieux sésame. Et celle de Frobisher, bien conscient que son émergence signerait la chute de son empire. Ellen a bien l’intention d’obtenir justice et possède toutes les cartes en main pour la faire régner. Mais avant cela, elle tient à rendre un dernier hommage à son fiancé.

Voilà une vidéo promo de Damages bien plus parlante
sur le fond si brillant de la série.
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Damages, Episodes | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : damages, saison 1, fx, résumés |
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29.04.2007
The Riches - Résumés - Saison 1
A venir...
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, The Riches | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the riches, resumés, saison 1, fx |
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14.04.2007
The Riches - Pilot - Critique
The Riches : Both unique and intoxicating -- and plenty more.
Crée par Dimitry Lipkin et produit par Nicole Yorkin (Carnivàle, Brotherhood)
Diffusion sur FX
Series Premiere le 12 mars 2007
Saison 1 en cours
Format 60mn – 13 épisodes
Cast
Eddie Izzard ( My Super Ex-Girlfriend, Romance and Cigarettes, Ocean’s Twelve), Minnie Driver (Will & Grace, Ripple Effect, The Phantom of Opera), Noel Fisher ( Huff, Godiva’s), Shannon Marie Woodward (The Quiet), Aidan Mitchell, Margo Martindale, Bruce French, Gregg Henry (Gilmore Girls).
Show Synopsis
Wayne et Dahlia Malloy sont deux voleurs mariés professionnels. A la sortie de prison de Dahlia, alors que Wayne se lasse de cette vie décalée, ils vont assister à un accident de voiture, et découvrir un couple mort les Riches. Avec leurs 3 enfants DeeDee, Cael et Sam, ils vont usurper leurs identités pour fuir la famille communautariste un brin consanguine de Dahlia et s'installer dans la banlieue bourgeoise où s’apprêter d’emménager le défunt couple.
Critique
A l’instar de l’autre dernière série de FX, Dirt, The Riches est un véritable plaisir des sens, une série hybride. Les scènes d’arnaque, les coups préparés, les incrustations aux fêtes d’anciens élèves, les fausses crises d’épilepsie, le tout servi par des piques très second degré et des répliques décapantes démontre une série pertinente et dynamique à souhait.
Avec la scène d’introduction de Dahlia, le pilot adopte un autre ton, plus réaliste, plus dramatique, plus fort. On retrouve alors la famille au complet, une famille brillamment dépeinte par un pilot rudement bien écrit et réalisé. Chaque Malloy est brut et a une personnalité forte bien à lui, Wayne un brin violent qui aspire à une vie meilleure, Dahlia, hantée par ses démons et effrayée par cette nouvelle liberté se réfugie dans l’héroïne, Dehlia est la grande sœur protectrice, Cael l’ado révolté, et puis il y a Sam et ses barrettes dans les cheveux aimant porter les robes de sa grande sœur, qui ne suscite aucune inquiétude au sein de cette famille très unie « Could be worse, could be on crack ».
En conclusion, The Riches est une véritable réussite. A dominante dramatique, The Riches sait mêler avec justesse des nuances parfois plus légères parfois plus émouvantes parfois plus pathétiques d’une famille brute en mal de vivre qui essaie de se conformer à la vie de banlieue, à des années lumières de Desperate Housewives. Je pense ne pas trop m’avancer en affirmant que The Riches a le potentiel d’une série culte brillante, intelligente et d’une justesse rare. Sur FX, il n’est pas rare de découvrir des séries originales, décalées et peu conventionnelles, un peu comme la lignée mythique d’HBO. Je dois dire que The Riches, émotionnellement parlant, c’est un peu comme le Friday Night Lights de NBC ou le Six Feet Under d’HBO
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, The Riches | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the riches, fx, série, tv, eddie izzard, minnie driver, télé |
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