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  • The Mick (Saison 1) Famille, ce fardeau

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    Si le paysage sériel est d’humeur morose, que les reboots pullulent et que les cérémonies de prix se mettent à récompenser des programmes souvent fastidieux, une petite nouveauté vient égayer l’ensemble. Elle s’appelle The Mick, elle est une comédie petit format diffusée sur la FOX. Et elle est l’opposée de ce que l’on peut bien imaginer.

     

    The Mick raconte l’histoire de Mackenzie Murphy, une quadra vulgaire, alcoolique et mal fagotée qui, du jour au lendemain, se voit contrainte de s’occuper de ses neveux, des petits bourgeois méprisants après que leurs parents aient fui leur contentieux fiscal et, par la même occasion, le pays. On imagine facilement le décor d’une telle aventure. Un choc de deux mondes que tout oppose, où le rire pincé du nanti est malmené par la grimace grossière du prolo.

    Le résultat est à peu près ça. Sauf qu’il est terriblement jouissif et astucieux. La raison évidente est que les créateurs de la série, John et David Chernin, ont de l’expérience à revendre. En matière de saynètes farfelues, exagérément poussives et crétines à souhait, le binôme sait faire. Scénaristes depuis des années de la comédie culte It’s always sunny in Philadelphia, les Chernin ont une expertise noble, ajoutée à ça, un atout de poids : l’actrice de la comédie FX, Kaitlin Olson.

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    Bien sûr, la liberté narrative n’est pas la même sur FX que chez la FOX, chaîne publique convoitant davantage les télé-réalités culinaires que les séries ambitieuses. Pourtant, le ton est trouvé dès les premières notes. Le décor, bien campé, les personnages, encadrés. Evidemment, The Mick ne défend rien. Elle ne porte pas grand-chose. Mais une énergie d’ensemble se dégage de cette série gentiment irrévérencieuse, où le portrait de famille est délicieusement écorné.

    Trois enfants, une adolescente peste et maligne, un pré-ado propre sur lui et le benjamin innocent, font face à cette tante sans éthique qui occupe tout l’espace. Si les enfants s’en tirent avec justesse, que les personnages secondaires ont du mordant, de la voisine obséquieuse à la grand-mère tyrannique en passant par la domestique naïve, la série doit tout à son héroïne. Un personnage féminin déglingué et sans moral, habituellement rarement au centre de la scène. Mackenzie, cette femme aussi irresponsable que foutraque, est exquise, jouée avec une belle nonchalance égoïste et rappelle surtout les plus belles prestations féminines en matière d'antihéroïne, de Sweet Dee à la si regrettée Old Christine.

     

    The Mick est une nouveauté faussement modeste, injurieuse et joliment sotte, une série familiale qui gifle les enfants autant qu’elle abîme les adultes.  

    8/10

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  • The Last Man of Earth (Saison 1) Petits instincts

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    Sur la FOX et ailleurs, on ne parle que d'Empire. Pourtant, dans le rayon comédies, The Last Man on Earth, est de loin sa meilleure comédie depuis des lustres. Parce que subtile, vacharde et profondément humaine.

    L'apocalypse soudaine. L'humanité entière disparaît. Un seul homme survit. Pas plus courageux qu'un autre, plus intelligent, plus débrouillard, au contraire. Le dernier homme sur terre s'appelle Phil Miller. Il vit à Tucson, Arizona. On imagine alors une fresque humaniste, l'errance d'un homme, entouré de ballons de toutes sortes en guise d'amis quand il décompresse dans son bar QG. Mais Phil Miller est un homme victime de ses instincts primaires. Quadragénaire paresseux qui utilise une piscine comme ses toilettes, joueur puéril, passant sa journée à éclater des canettes de bière au rouleur compresseur, voleur sans foi ni loi, s'amusant à décorer de tableaux de maîtres, de sarcophages et d'ossements de dinosaures ses nouveaux et luxueux appartements. Alors pour la fresque humaniste, on n'y est pas vraiment.

    Pourtant, il y en a de l'humanité chez cet homme. Pas l'humanité la plus noble, la plus élégante, façon Montaigne, mans une nature profonde. Phil Miller est comme tout à chacun. C'est ce qui le rend attachant. Egoïste, lâche, menteur, sale, des tares étendues à des proportions comiques, mais empruntées à monsieur-tout-le-monde. Et comme monsieur-tout-le-monde, Phil n'a qu'un but : s'accoupler avec une femme.

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    Son rêve se réalise. La dernière femme apparaît devant ses yeux, en plein désert. Manque de chance, elle n'est pas le fruit d'un miracle. Carol (Kristen Schaal, toujours parfaite) est une femme au physique plutôt ingrat, aux talents culinaires atroces, bruyante, pénible, férocement romantique. Contraint, Phil l'épouse. Et alors la comédie s'emballe. Une autre femme apparaît. January Jones, splendide et méprisante, à sa façon toujours. Puis un homme gentil (mais obèse) qui pique la belle sous les yeux dépités de Phil. Et ainsi de suite. Un petit groupe se forme et Phil ne saura plus comment mener la danse.

    Originale, attendrissante, irrésistiblement amusante, The Last Man on Earth prend un malin plaisir à saisir la frustration de cet homme. Il pourrait être un personnage vil et antipathique mais il est tout l'inverse. Will Forte, espiègle, solaire, tenace, aspire surtout à se faire aimer. A se faire aimer des autres, à coup de mensonges carabinés et de belles déclarations. Mais avec lui, le groupe est cruel, à l'image du monde. La série capte ça avec brio, cette réflexion sur la domination du plus fort, du plus attractif, les relations, les désirs, sur ces peurs individuelles qui animent les comportements. A mesure que le groupe s'amplifie, ces peurs sociales contaminent les membres tour à tour. Aux prises avec la solitude, chaque personnage renoue avec ses turpitudes. Avec l'envie, la jalousie, la mesquinerie, le mépris, quitte à finir rance. Phil Miller n'est alors plus une caricature, il est le premier homme d'une humanité retrouvée, d'une humanité vivante, souvent émouvante mais profondément viciée. C'est l'art immanquable de the Last Man on Earth.

    10/10

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  • Empire (Saison 1) La naissance de l'année

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    Introduite à la midseason, Empire est déjà un phénomène. Des audiences spectaculaires, un blason redoré pour la FOX, une façon de revoir la sérialité. Pour une série solide, sanguine, qui le mérite.

     

    C'est l'histoire d'un royaume musical d'une ancienne star du rap, ancien voyou, Lucious Lyon, désormais patron des arts. Son empire s'appelle Empire. Il pourrait être celui d'un  Dr Dré ou d'un Jay-Z. C'est un homme puissant et père d'une famille qui l'est tout autant.

    A la fois thriller et soap, Empire aime ouvrir les tiroirs. Accumuler les histoires. Des histoires de duel familial, de buzz industriel, de jalousie, de passé sombre, de comeback musical, de convoitises, de maladies. Des histoires multiples, qui s'emmêlent, disparaissent, ravivent les tensions. L'intensité d'Empire est large, parfois sans fond, mais ambitieuse. La force d'Empire vient de son énergie visuelle et de son verbe. Sa façon de jouer des coudes et de donner du rythme à ses histoires. Sans conteste, les plus réussies sont celles autour du patriarche et de son ex-femme, Cookie, ex-taularde bien décidée à récupérer sa part du lyon. Deux acteurs marqués, Terrence Howard et Taraji P. Henson, impeccables, forts en gueule, qui toujours évitent le jeu caricatural du soap. Un couple phare et charismatique, symbole de cette histoire impériale, cette saga familiale puissante et viciée.  

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    Pour autant, les histoires dévouées aux enfants Lyon garantissent le divertissement. Trois fils, un rappeur, un chanteur rnb gay et un businessman qui l'air de rien s'affrontent, s'opposent et s'unissent pour la survie de l'Empire après la mort programmée du roi, Lucious. On préférera le jeune Hakeem, ténébreux et imprévisible, à Jamal, trop lisse, ou à André, trop attendu dans le rôle du comploteur. Mais le trio fonctionne dans cette quête théâtrale de dynastie et d'héritage.

    Créée par Lee Daniels, cinéaste adoré outre-atlantique depuis Le Majordome et Precious,  la série est un succès total. Un succès jamais vu. Pour ses histoires fournies, mêlant passions familiales à la Dynasty, et chansons produite par Timbaland (malgré des paroles par fois grotesques). Pour un rôle, les guest se jettent dans la mêlée. Naomi Campbell, Courtney Love, Jennifer Hudson, Mary J. Blige et Rita Ora pour la si courte première saison. Alors forcément, la série a du coffre (de l'auto-tune aussi) mais surtout une belle allure. Une silhouette noble à l'image de ces protagonistes, ces Lyon impitoyables qui gèrent leur royaume comme des seigneurs.

     

    Souvent audacieuse ou exagérée, Empire est une série carnassière et racoleuse, qui ose tout. Au fil des épisodes, la série s'étend, montre les étendues de son territoire, ses atouts et son envie de pouvoir (avec concerts aux Etats Unis à la clé).

    8/10

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  • The Mindy Projet (Saison 1) De la comédie faite sur-mesure

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    Tour à tour baptisées Mindy puis It's Messy, The Mindy Project avait très envie de devenir la meilleure nouveauté comique de l'année.  Au final, on ne sait toujours pas.


    Cette probable meilleure nouveauté comique avait tout plaire : une actrice de poigne, Mindy Kaling, lasse de jouer les sidekicks et une écriture girly louchant plus ou moins sur Girls. Et puis, ses intentions et son débit verbal. Mais Mindy Kaling, désormais showrunner et héroïne principale du show, n'a rien plagié du succès de Lena Dunham. La preuve, la voir à l'oeuvre durant les huit premières années de The Office.

    Après délectation du pilote, The Mindy Project a su attirer toutes les bonnes grâces. Fort de sa bonhomie rieuse, son cynisme de gentille pétasse et ses moues inimitables, Mindy réussissait son coup. Celui de la Bridget Jones 3.0, toujours aussi allumée, boulimique, mais plus fashion et moins pleurnicheuse. Les débuts de la série ont signé de grands symboles pour Mindy. Chute de piscine, caresses d'un chat clandestin, jérémiades au vin rouge, Mindy avait réussi sa reconversion, elle qui maîtrise si bien son sujet (elle est l'auteur du best-seller américain " Is Everyone Hanging Out Without Me? (And Other Concerns)).

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    Mais suite aux débuts fanfaronnant de cette jeune héroïne obstétricienne avide d'histoires romantiques, la série a peu à peu raté le coche. Mindy et sa clique d'auteurs venaient de négliger le décor. Les meilleures amies, les subalternes du bureau, les collègues sexys, personne hormis Mindy, n'est particulièrement convaincant. Durant une grande partie de la saison, chaque épisode se réduit à deux-trois punchlines bien vues de Mindy autour d'épisodes sans grande conviction comique, toujours en pataugeant en  terrain connu (le garçon lourdaud façon Andy de Parks & Rec, la meilleure amie parfaite, l'amie handicapée façon Samantha Who) . Le casting s'en est ressenti, le boss, Stephen Tobolowski et celle qui jouait la secrétaire latino, Amanda Setton, ont claqué la porte de la série, ne laissant que cette pauvre Zoe Jarman se dépatouiller en sidekick et son absence de répliques.

    En s'approchant de la fin, The Mindy Project essaie tant bien que mal de corriger le tir, grâce à ses invités guest-stars (les copains de The Office et puis Seth Rogen) et son envie de bien faire. Grâce au recentrage de la série sur la petite équipe du cabinet et à une écriture parfois mieux répartie, la série se rééquilibre, petit à petit, devenant plus agréable et maîtrisée. Et puis, si tout n'est pas toujours caustique, tant pis car à elle-seule, Mindy joue les effarouchées mieux que personne.

    6.5/10

     

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  • The Following - Deception (Saisons 1) Le thriller pas au RDV

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    Pour cette midseason un peu terne, FOX et NBC tentent de relancer la machine en offrant deux séries de genre, teintée thriller, secrets et beaux éclats. Une critique comparative qui abuse des comparatifs.

     

    D'un côté, Deception, pour la chaîne du paon, ou l'histoire d'une jeune flic (Meagan Good) envoyée en infiltration dans une famille de notables pour enquêter sur la mort de la fille aînée, qui n'était autre que sa meilleure amie d'enfance. La série s'offre un climat luxueux, des thématiques voulues splendides (le milieu financier, la bourgeoisie, les petits mensonges en costumes trois pièces), mais à trop vouloir loucher du côté de Dirty Sexy Money ou Damages (Tate Donovan est d'ailleurs de la partie), ce soap guindé ne bénéficie d'aucun prestige et se laisse dévorer par les clichés.

    En plus d'un effort scénaristique un brin grotesque (un médicament responsable du cancer, quand même) Deception accumule les gros traits en milieu manoir, et particulièrement les personnages caricaturaux, de la belle-mère tyrannique engluée à son verre de Chardonnay à l'adolescente impertinente. L'histoire de cette mort centrale ne prend pas non plus, la faute aussi à son concept éculé à aucun moment remis au goût du jour, Deception se contentant d'offrir quelques intrigues plates, sans grand entrain. Pourtant créée par Liz Heldens (auteure du côté de Friday Night Lights), Deception s'apparente facilement à ces séries de remplissage de grille, comme Vanished ou Cashmere Mafia, qui ne laisse pas de traces après son départ.

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    3.5/10

     

    Plus d'attentes se fondait sur The Following, né de l'esprit de Kevin Williamson, créateur de Dawson et scénariste de la saga Scream. Le maître de l'horreur connu pour ses punchlines ironiques et son goût du jeu propose cette année pour la FOX une série moitié-horreur, moitié-conspirationniste. Une histoire un peu abracadabrante mais alléchante : un tueur (James Purefoy) passionnée par la littérature noire de Poe et coupable d'une série de meurtres à l'esthétique gothique, refait surface après des années d'emprisonnement, l'enquêteur expert (Kevin Bacon) reprend l'affaire et découvre que le psychopathe a engendré un réseau de tueurs endoctrinés.

    Si le casting est davantage plus solide, The Following, malgré son concept ambitieux, ne déchaîne pas les passions. Les premiers épisodes enchaînent davantage les bavardages et les scènes tourne-en-rond plutôt que les péripéties écœurantes digne d'un slasher movie. L'hommage de Scream et l'esprit meta de la série a beau vouloir se mettre en place, par quelques artifices un peu fragiles, cette série publique n'a pas encore l'étoffe d'une production à frissons à la American Horror Story et préfère s'embarrasser de clichés datés, scènes flashbacks, discours en voix-off, mise en scène sage, qui cassent l'énergie du concept. Une petite déception pour les débuts d'une série que l'on murmurait jamais-vue à la télévision publique, mais qui finalement, fait du tout-vu sans jamais déborder.

     

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    5.5/10

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  • Alcatraz (Saison 1) Geôle et histoires de revenants

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    Encore une fois, il s'agit d'une île, de mysticisme et de musique à la Giacchino. Pourtant ce n'est pas Lost, mais c'est tout comme, J.J Abrams est là, veillant au grain, toujours derrière les manettes, à mijoter ses coups, ce créateur démiurgique qui aligne les projets. L'expert en succédanés a concocté son Alcatraz avec une certaine minutie. Le résultat, emprunt de tous les ingrédients de la machinerie Abrams, se veut ébouriffant. Mais il laisse le cheveu plat.

     

    Alcatraz, dans la vie comme à l'écran, est cette grande prison austère, abandonnée depuis cinquante ans. Abandonnée pas tellement puisque la série, diffusée sur la FOX, raconte cette drôle d'histoire, selon laquelle les détenus des années 60 se seraient comme volatilisés, pour mieux revenir, un demi-siècle après.

    Dans la paume du bienveillant Abrams, on vogue alors entre deux espaces temporels, les années 60 -sans le chic de Mad Men mais qu'importe, ici on est sur du gratuit- et les années actuelles, dans lesquelles une détective, Rebecca Madsen et son équipe, enquêtent de près ou de loin sur ces détenus-revenants.

    Malheureusement, le formula reste le roi sur la terre fertile de J.J. Comme Fringe, ou Lost à dose homéopathique, la série Alcatraz se fonde sur un contrat grossièrement procédural, qui en quelques épisodes n'intéresse pas tant. Cet aspect procédural, au schéma fastoche "un épisode, un disparu" d'où les titres, se résolvent avec le dynamisme bien connu du binoclard, son efficacité, sa rigueur, et aussi, ce manque d'allure débordante, ce côté hors-sentier jamais osé. Les disparus confinent à l'étrange, au mystérieux paranormal, enfin on essaie.

     

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    Pour amadouer le chaland, la mythologie, il y en a une, forcément. Elle se niche, du côté de Sam Neill, un ancien d'Alcatraz bien intriguant, officiellement impliqué dans ce gros coup monté. Au fil des épisodes, le mythe dévoile ses cartes, pose ses balises. Pourquoi les disparus ne vieillissent-pas ? Quelle est cette seconde Alcatraz ? Ces mondes encastrés, encore une histoire de marge ? Existe-t-il une société chargée de les missionner ? Et on pourrait s'interroger longuement, sans n'avoir jamais de réelles réponses.

    L'actrice principale, Sarah Jones, présente une certaine froideur,  rappelant Anna Torv à ses débuts. Mais l'actrice manque de grandeur pour susciter un rapide attachement. Heureusement, elle est accompagnée de sidekicks plus notoires, Jorge Garcia, le symbole adipeux de Lost qui ravira les âmes nostalgiques, et Sam Neill, l'acteur britannique, qui depuis Happy Town désespère de jouer les mystérieux à la télé.

     

    Sûrement très divertissante, la série Alcatraz n'en est pas moins criblée de codes et de touches rabâchées. On apprécie le moment, sans l'idée saugrenue d'y passer toutes ses soirées.

    5.5/10

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  • New Girl (Saison 1) Zooey Deschanel et son joli minois

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    Zooey Deschanel a enfin sa série : elle s’appelle New Girl et à peu de choses près, elle met en scène ce qui pourrait être la vie tendance et déglinguée de cette actrice qui l’est tout autant. Trop hype, non ?

     

    On la déteste ou on l’adore pour des raisons équivalentes : Zooey Deschanel est une fille cool, un peu indé, un peu hype, qui roule des yeux, chante des airs rétro, porte des serre-têtes fluo et assume ses blagues poussives. Une fille bien quoi qu’il en soit. Evidemment, l’opportunité de créer une série à l’effigie de ce symbole du über-cool était immanquable.

    Née de l’esprit d’Elizabeth Meriwether (la scénariste de Sex Friends), New Girl s’inspire de l’esprit du moment : celui des jeunes filles gentiment loufoques qui assument leur dinguerie en public et en font des couches. Zooey Deschanel, impeccable dans ce rôle, s’en donne à cœur joie. Dans le rôle d’une jeune fille récemment larguée, Jess, l’actrice impose son rythme de jeu. En jonglant entre les singeries d’une allumée et les pleurnicheries d’une paumée, Zooey occupe la scène, son premier plan, ses lumières, même le générique, à l’air désuet presque ridicule, sur lequel elle chantonne et danse avec conviction.

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    Résultat : la série prend une teinte délicate, revigorante lorsque Zooey Deschanel retrouve les mimiques déglinguées de son rôle dans Weeds. D’emblée, donc, la série séduit. Grâce à Zooey, sa gestuelle maniérée, ses blagues inoffensives et son esprit mutin.

    Mais les qualités de New Girl sont rapidement cloisonnés au cas de la it girl, qui peine à transmettre son plaisir du jeu et son envie marginale au reste du groupe. Entourée d’une bande de mâles lambda, avec lesquels Jess vit désormais, la série rate le coche de l’humour masculin et sensible à la fois. Avec un trio faussement comique –Lamorne Morris, Max Greenfield, Jake J. Johnson, trois acteurs de série ordinaires que l’on croise de temps en temps en guest star dans des séries feuilletonnantes ou policières, New Girl manque de punchy et de mordant.

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    Presque vieillottes, les histoires autour de ces garçons,  coach sportif, séducteur et barman, peinent à susciter un quelconque intérêt, malgré les moues crispées et les envies de plaire de ces héros diminués face à la présence (trop ?) excentrique de la brunette à leur côtés.  Les trois héros ont beau ne pas agacer, ils manquent en drôlerie ou en charisme pour se rendre attachants, ce qui est problématique dans une série de personnages et de traits fins. Plus d’originalité dans leur caractère ou d’histoires de groupe donneraient à New Girl une meilleure vue d’ensemble, plus drôle et plus enlevée.

     

    Mignonne comme tout, Zooey Deschanel reste l’atout unique de cette série gentiment bariolée qui a encore tout à prouver.

    6.5/10

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  • Raising Hope (Saison 1) L’art d’éduquer une future white trash

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    Les comédies sales et salaces n’ont pas dit leur dernier mot. Si Kath & Kim a tiré rapidement sa révérence il y a deux ans, malgré une Molly Shannon épatante, de nouveaux renforts au genre trashy sont à l’antenne cette année. Shameless, sur Showtime ou le remake de la série anglaise bien connue et Raising Hope, première comédie de la FOX (mal)honnête et (très) inspirée.

     

     

    Raising Hope, c’est l’histoire d’une famille white trash ordinaire recluse dans leur foyer miteux autour d’une grand-mère dégénérée. Le fils de la tribu, Jimmy, 23 ans, accumulant les petits boulots ingrats avec le patriarche nigaud, croise un jour le chemin d’une névrosée psychopathe. Après une nuit coupable, et neufs mois d’incarcération pour la mère névrotique, un bébé atterrit dans les bras de Jimmy : Princess Beyonce, ou Hope pour les intimes.

    Née de l’esprit foutraque de Greg Garcia (déjà responsable de My Name is Earl), Raising Hope renoue avec le genre comique arraché sans tomber dans la pâle caricature de la comédie déglinguée. Avec cette série, le constat n’est pas uniquement coupable, il en devient particulièrement jubilatoire. Dans Raising Hope, pas de tics de jeu, de situations prétextes à gag, la série trashy s’apparente à une dramédie dynamique sans s’embarrasser d’un fardeau tire-larmes mélo. La série assume son propos, sur l’éducation, la différence de classes, ni vraiment familial, ni trop social, une sorte de sketch global et bigarré tirant vers le grossier sophistiqué.

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    Dans cette première saison, Raising Hope n’amplifie pas non plus ses effets du côté du vulgaire et du racoleur. La série n’est pas un ramassis de clichés-déchets sur les petites gens et les bouseux des bas quartiers. A l’inverse, la famille renvoie même à une image plutôt noble, malgré la pauvreté et le manque d’éducation, les sales gueules et les survets cheaps.

    Composée par des personnages hauts en couleur attachants -de la matriarche désabusée jouée par Martha Plimpton au fiston en passant par la génitrice sociopathe que l’on aimerait revoir de temps à autre ou la jeune employée de supermarché, (Shannon Woodward, The Riches), la galerie éclectique de Raising Hope est son atout le plus convaincant, gage d’une vraie énergie d’ensemble et sa dimension la plus crédible. A ne pas négliger, la grand-mère de la tribu, Maw-Maw, une octogénaire clinquante enclin malheureusement au syndrome Alzheimer responsable des scènes les plus loufoques et jouissives de la série.

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    A l’inverse de My Name is Earl, série souche imbécile, Raising Hope n’est pas une comédie d’abrutis sur des abrutis faite pour des abrutis. Inédite et décalée, bien plus que Modern Family cette année, Raising Hope parvient à nuancer son fond stupide volontairement décomplexé tout en restant désopilante. Pour sûr, on suivra l’éducation de cette Princess Beyonce par cette clique attrayante de loosers pour une saison deux.

    8.5/10

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