09.02.2012

Alcatraz (Saison 1) Geôle et histoires de revenants

alcatraz,jj abrams,sarah jones,fox,jorge garcia,sam neill

Encore une fois, il s'agit d'une île, de mysticisme et de musique à la Giacchino. Pourtant ce n'est pas Lost, mais c'est tout comme, J.J Abrams est là, veillant au grain, toujours derrière les manettes, à mijoter ses coups, ce créateur démiurgique qui aligne les projets. L'expert en succédanés a concocté son Alcatraz avec une certaine minutie. Le résultat, emprunt de tous les ingrédients de la machinerie Abrams, se veut ébouriffant. Mais il laisse le cheveu plat.

 

Alcatraz, dans la vie comme à l'écran, est cette grande prison austère, abandonnée depuis cinquante ans. Abandonnée pas tellement puisque la série, diffusée sur la FOX, raconte cette drôle d'histoire, selon laquelle les détenus des années 60 se seraient comme volatilisés, pour mieux revenir, un demi-siècle après.

Dans la paume du bienveillant Abrams, on vogue alors entre deux espaces temporels, les années 60 -sans le chic de Mad Men mais qu'importe, ici on est sur du gratuit- et les années actuelles, dans lesquelles une détective, Rebecca Madsen et son équipe, enquêtent de près ou de loin sur ces détenus-revenants.

Malheureusement, le formula reste le roi sur la terre fertile de J.J. Comme Fringe, ou Lost à dose homéopathique, la série Alcatraz se fonde sur un contrat grossièrement procédural, qui en quelques épisodes n'intéresse pas tant. Cet aspect procédural, au schéma fastoche "un épisode, un disparu" d'où les titres, se résolvent avec le dynamisme bien connu du binoclard, son efficacité, sa rigueur, et aussi, ce manque d'allure débordante, ce côté hors-sentier jamais osé. Les disparus confinent à l'étrange, au mystérieux paranormal, enfin on essaie.

 

alcatraz,jj abrams,sarah jones,fox,jorge garcia,sam neill


Pour amadouer le chaland, la mythologie, il y en a une, forcément. Elle se niche, du côté de Sam Neill, un ancien d'Alcatraz bien intriguant, officiellement impliqué dans ce gros coup monté. Au fil des épisodes, le mythe dévoile ses cartes, pose ses balises. Pourquoi les disparus ne vieillissent-pas ? Quelle est cette seconde Alcatraz ? Ces mondes encastrés, encore une histoire de marge ? Existe-t-il une société chargée de les missionner ? Et on pourrait s'interroger longuement, sans n'avoir jamais de réelles réponses.

L'actrice principale, Sarah Jones, présente une certaine froideur,  rappelant Anna Torv à ses débuts. Mais l'actrice manque de grandeur pour susciter un rapide attachement. Heureusement, elle est accompagnée de sidekicks plus notoires, Jorge Garcia, le symbole adipeux de Lost qui ravira les âmes nostalgiques, et Sam Neill, l'acteur britannique, qui depuis Happy Town désespère de jouer les mystérieux à la télé.

 

Sûrement très divertissante, la série Alcatraz n'en est pas moins criblée de codes et de touches rabâchées. On apprécie le moment, sans l'idée saugrenue d'y passer toutes ses soirées.

5.5/10

alcatraz,jj abrams,sarah jones,fox,jorge garcia,sam neill

25.01.2012

New Girl (Saison 1) Zooey Deschanel et son joli minois

new girl,saison 1,critique,fox,zooey deschanel,

Zooey Deschanel a enfin sa série : elle s’appelle New Girl et à peu de choses près, elle met en scène ce qui pourrait être la vie tendance et déglinguée de cette actrice qui l’est tout autant. Trop hype, non ?

 

On la déteste ou on l’adore pour des raisons équivalentes : Zooey Deschanel est une fille cool, un peu indé, un peu hype, qui roule des yeux, chante des airs rétro, porte des serre-têtes fluo et assume ses blagues poussives. Une fille bien quoi qu’il en soit. Evidemment, l’opportunité de créer une série à l’effigie de ce symbole du über-cool était immanquable.

Née de l’esprit d’Elizabeth Meriwether (la scénariste de Sex Friends), New Girl s’inspire de l’esprit du moment : celui des jeunes filles gentiment loufoques qui assument leur dinguerie en public et en font des couches. Zooey Deschanel, impeccable dans ce rôle, s’en donne à cœur joie. Dans le rôle d’une jeune fille récemment larguée, Jess, l’actrice impose son rythme de jeu. En jonglant entre les singeries d’une allumée et les pleurnicheries d’une paumée, Zooey occupe la scène, son premier plan, ses lumières, même le générique, à l’air désuet presque ridicule, sur lequel elle chantonne et danse avec conviction.

new girl,saison 1,critique,fox,zooey deschanel,

Résultat : la série prend une teinte délicate, revigorante lorsque Zooey Deschanel retrouve les mimiques déglinguées de son rôle dans Weeds. D’emblée, donc, la série séduit. Grâce à Zooey, sa gestuelle maniérée, ses blagues inoffensives et son esprit mutin.

Mais les qualités de New Girl sont rapidement cloisonnés au cas de la it girl, qui peine à transmettre son plaisir du jeu et son envie marginale au reste du groupe. Entourée d’une bande de mâles lambda, avec lesquels Jess vit désormais, la série rate le coche de l’humour masculin et sensible à la fois. Avec un trio faussement comique –Lamorne Morris, Max Greenfield, Jake J. Johnson, trois acteurs de série ordinaires que l’on croise de temps en temps en guest star dans des séries feuilletonnantes ou policières, New Girl manque de punchy et de mordant.

new girl,saison 1,critique,fox,zooey deschanel,

Presque vieillottes, les histoires autour de ces garçons,  coach sportif, séducteur et barman, peinent à susciter un quelconque intérêt, malgré les moues crispées et les envies de plaire de ces héros diminués face à la présence (trop ?) excentrique de la brunette à leur côtés.  Les trois héros ont beau ne pas agacer, ils manquent en drôlerie ou en charisme pour se rendre attachants, ce qui est problématique dans une série de personnages et de traits fins. Plus d’originalité dans leur caractère ou d’histoires de groupe donneraient à New Girl une meilleure vue d’ensemble, plus drôle et plus enlevée.

 

Mignonne comme tout, Zooey Deschanel reste l’atout unique de cette série gentiment bariolée qui a encore tout à prouver.

6.5/10

new girl,saison 1,critique,fox,zooey deschanel,

23.06.2011

Raising Hope (Saison 1) L’art d’éduquer une future white trash

raising hope,fox,luca neff,shannon woodward,martha plimpton,critique,saison 1

Les comédies sales et salaces n’ont pas dit leur dernier mot. Si Kath & Kim a tiré rapidement sa révérence il y a deux ans, malgré une Molly Shannon épatante, de nouveaux renforts au genre trashy sont à l’antenne cette année. Shameless, sur Showtime ou le remake de la série anglaise bien connue et Raising Hope, première comédie de la FOX (mal)honnête et (très) inspirée.

 

 

Raising Hope, c’est l’histoire d’une famille white trash ordinaire recluse dans leur foyer miteux autour d’une grand-mère dégénérée. Le fils de la tribu, Jimmy, 23 ans, accumulant les petits boulots ingrats avec le patriarche nigaud, croise un jour le chemin d’une névrosée psychopathe. Après une nuit coupable, et neufs mois d’incarcération pour la mère névrotique, un bébé atterrit dans les bras de Jimmy : Princess Beyonce, ou Hope pour les intimes.

Née de l’esprit foutraque de Greg Garcia (déjà responsable de My Name is Earl), Raising Hope renoue avec le genre comique arraché sans tomber dans la pâle caricature de la comédie déglinguée. Avec cette série, le constat n’est pas uniquement coupable, il en devient particulièrement jubilatoire. Dans Raising Hope, pas de tics de jeu, de situations prétextes à gag, la série trashy s’apparente à une dramédie dynamique sans s’embarrasser d’un fardeau tire-larmes mélo. La série assume son propos, sur l’éducation, la différence de classes, ni vraiment familial, ni trop social, une sorte de sketch global et bigarré tirant vers le grossier sophistiqué.

raising hope,fox,luca neff,shannon woodward,martha plimpton,critique,saison 1

Dans cette première saison, Raising Hope n’amplifie pas non plus ses effets du côté du vulgaire et du racoleur. La série n’est pas un ramassis de clichés-déchets sur les petites gens et les bouseux des bas quartiers. A l’inverse, la famille renvoie même à une image plutôt noble, malgré la pauvreté et le manque d’éducation, les sales gueules et les survets cheaps.

Composée par des personnages hauts en couleur attachants -de la matriarche désabusée jouée par Martha Plimpton au fiston en passant par la génitrice sociopathe que l’on aimerait revoir de temps à autre ou la jeune employée de supermarché, (Shannon Woodward, The Riches), la galerie éclectique de Raising Hope est son atout le plus convaincant, gage d’une vraie énergie d’ensemble et sa dimension la plus crédible. A ne pas négliger, la grand-mère de la tribu, Maw-Maw, une octogénaire clinquante enclin malheureusement au syndrome Alzheimer responsable des scènes les plus loufoques et jouissives de la série.

raising hope,fox,luca neff,shannon woodward,martha plimpton,critique,saison 1

 

A l’inverse de My Name is Earl, série souche imbécile, Raising Hope n’est pas une comédie d’abrutis sur des abrutis faite pour des abrutis. Inédite et décalée, bien plus que Modern Family cette année, Raising Hope parvient à nuancer son fond stupide volontairement décomplexé tout en restant désopilante. Pour sûr, on suivra l’éducation de cette Princess Beyonce par cette clique attrayante de loosers pour une saison deux.

8.5/10

raising hope,fox,luca neff,shannon woodward,martha plimpton,critique,saison 1


29.09.2010

Running Wilde (Saison 1) Une éducation amoureuse guillerette

running-wilde-fox-cast-01-thumb.jpg

Il y a de ces séries rares et chanceuses qui n’ont pas besoin d’une grosse artillerie scénaristique pour d’emblée nous convaincre et nous rendre à leur merci. Cette saison, la série déjà adoptée, déjà adulée s’appelle Running Wilde et l’on fera tout pour la porter au pinacle jusqu’à plus souffle.

 

Running Wilde, c’est l’histoire de Steve Wilde, un riche homme égocentrique et extravagant prêt à tout pour reconquérir l’amour de sa vie, Emmy Kadubic, une altermondialiste écolo et jeune maman décalée. Un pitch qui ne paie pas de mine mais qui rapidement devient affaire sérieuse lorsque des noms phares s’accolent aux personnages et à la production.

Créée par Mitchell Hurwitz (l’homme coupable de la meilleure comédie que le monde n’ait jamais connu, Arrested Development), Running Wilde bénéficie d’une distribution aussi redoutable que l’humour du tout-puissant. Dans les deux rôles titre, Will Arnett (à la fois héros et scénariste de la série), plus connu sous le nom de Gob Bluth dans Arrested Development ou l’un des bonhommes les plus drolatiques du territoire américain et Keri Russell, l’actrice la plus mignonne et attendrissante du paysage des minois rongeurs. Et parce qu’une affiche n’est jamais assez formidable, s’ajoutent à ces noms de choix, Robert Michael Morris (le coiffeur déjanté de Lisa Kudrow dans The Comeback) et David Cross, l’extraordinaire Tobias Fünke dans Arrested Development.

 

Difficile alors de ne pas voir dans ce series premiere l’écriture incisive et volontairement grotesque d’Hurwitz toujours mise en œuvre avec brio par cette palette d’acteurs comiques plus experts de l’ineptie et de la grimace sublime les uns que les autres. Entre militantisme extrême caricatural et égoïsme désopilant, chaque personnage apporte sa forme d’humour à ce tableau comique bigarré. On se délecte alors de voir s’établir cette histoire volontairement grandiloquente façonnée dans les règles de l’art par cette équipe déguisée de bras cassés, elle-même magnifiée par la présence d’une Keri Russell convaincante et naturelle.

Malgré toutes ces joies et ces contrastes d’humour en boîte, ces décors exotiques volontairement kitsch, ces scènes expédiées où Will Arnett excelle en riche héritier foutraque, le concept de Running Wilde est encore en l’état. Malgré des dialogues soignés et des caractères déjà établis, le début de RW s’avère brouillon dans sa forme et sa réalisation, comme si les auteurs étaient trop soucieux de délimiter d’emblée la relation tumultueuse des deux héros aimants.

 

Avec cette voix off gentillette de Puddle, fillette de l’héroïne écolo, et des allers retours scénaristiques emmêlés, symboles de la relation compliquée entre Steven et Emmy, Running Wilde n’est pas encore totalement à l’aise avec son principe, mais la suite le sera à n’en pas douter, notamment grâce à cette galerie de personnages (et d’acteurs) épatants certifiant d’une série en grandes pompes, décomplexée et hilarante.

8/10

WK_04162010_A8393abrF-550x365.jpg

24.09.2010

Lone Star (Saison 1) Une double vie au diapason

lone-star-fox-tv-show.jpg

Au petit jeu des références, vous savez ce jeu préféré des critiques qui consiste à raccrocher les nouveautés à telle ou telle série notoire, Lone Star pourrait bien nous étourdir. Big Love, The Riches, Profit, Friday Night Lights, et même Dallas,  il y a de ça dans Lone Star et plus encore. Et si ce petit jeu manque généralement de pertinence, ce n’est pas totalement vrai pour Lone Star qui s’avère être un mélange hybride et bien mené de ces séries phares.

 

Robert Allen est un arnaqueur fin limier à tendance polygame. D’un côté, à Midland, Texas, Robert est un vendeur de pierres sans histoire, amouraché d’une jolie plante du coin. De l’autre, à 400 kilomètres de là, Robert se fait appeler Bob. Marié à Cat, fille d’un riche magnat de pétrole, l’homme entretient une réputation de gendre idéal et convoite la reprise de l’entreprise familiale extrêmement juteuse.

Les mots clefs sont lâchés : entreprise familial, arnaque, double vie impliquant dès lors des coups bas, des secrets et autres manipulations. La recette de Lone Star n’est pas inédite mais celui-là vient dynamiter le genre sans se sacrifier ou viser la cour des grands. Très vite, le pilot de Lone Star parvient à se détacher de ce concept risqué pour composer avec une singularité étonnante sur ce monde familial et industriel sujet à suspicions.

 

Réalisé par Mark Webb (500 Days of Summer), le pilot de Lone Star bénéficie pour sûr d’une ambiance inédite qui rappelle plutôt l’esprit des séries intimistes câblées plutôt que les grands produits coutumiers des networks. L’ambiance, mais aussi la mise en scène soignée, le dialogue fin et travaillé, la mise en abyme simple mais non didactique des personnages et leurs dynamiques ainsi que l’intrigue principale joliment exposée paramètrent les qualités de fond de cette série en jachère, autant de facettes habituellement traitées avec médiocrité par les series premieres.
Pas étonnant donc que Lone Star ait recueilli l’unanimité des critiques, la gratifiant de meilleur pilot de saison, de promesse à suivre et autre superlatif plutôt bien senti.

Du beau monde à l’affiche de Lone Star, également. Le héros impeccablement joué par l’étonnant James Wolk, aux airs troublants de Kyle Chandler (héros de Friday Night Lights, jolie coïncidence) lui insuffle d’emblée naturel et charisme et contribue beaucoup à la sincérité formidable de ce premier épisode et au potentiel du show. A ses deux bras, une fausse épouse, jouée par la sublime Adrianna Palicki, venue elle aussi de Friday Night Lights et une fausse fiancée, Eloise Mumford. On parlera également volontiers de la présence au casting du père d’Angelina Jolie, Jon Voight, génial dans ses volutes de fumée, de Mark Deblin (Justice) et de David Keith, en père corrompu du héros.

 

En définitive, Lone Star bénéficie d’un pilot prometteur qui a su distiller avec naturel et conviction son paysage fictif, sa dynamique scénaristique, des personnages d’envergure, un potentiel de fond rarement aussi riche et même une jolie ambiance douce-amère. Un pilot définitivement enthousiasmant symbole certain d’un drama solide, malheureusement soldé par un échec de l’audimat (4 millions de téléspectateurs environ). L’avenir de la série est à craindre, et le goût du public par ricochet.

7.5/10

nouvelle-serie-decouvrez-nouvelle-saga-lone-s-L-3.jpeg


14.06.2010

Glee (Saison 1) Remember my name : FAME

glee-0905-01.jpg

Journey – 1.22 (diffusé le 08.06.10) (finale)

Pour cette critique ultime du dernier volet chorégraphié de Glee, un peu de complaisance et de bonne volonté : il fallait faire plaisir aux lecteurs qui voient dans la série de FOX un spectacle rafraîchissant, mélange de reprises entêtantes et de teen-show ironique. Après visionnage de cette conclusion, la tâche s’avère très rude.

 


Dans Glee, l’originalité est à maître à bord. Quoi de mieux pour conclure les saisons que les compétitions musicales synonymes de pression folle, dont on nous rabat les oreilles ? Avec cet épisode, le schéma de Glee reste intacte (déception puis gagne finale) : on débute l’air inquiet, moue triste, victime d’un sort pathétique. Toute la bande baisse ainsi les bras, pour cause, Sue Sylvester a investi le groupe du jury pour ces régionals trépidants. D’emblée, l’ambiance s’en ressentit, les jeunes têtes de Glee Club ont le mérite de rendre l’air parfaitement invivable lorsqu’ils ont décidé de tirer la tronche. Mais heureusement, la bouderie n’est jamais que de courte durée et l’espoir rejaillit tôt ou tard, si possible sur fond musical sirupeux.

 

Trève de vexations puériles, le groupe décide de faire un medley de leurs plus grands tubes sur scène et finissent conquis. Pourtant, le résultat en live n’a que très peu de saveur : les apprentis chanteurs gesticulent, s’époumonent, agitent du bras, se rentrent dedans, sans synchronisation ou maîtrise scénique. Les voir triompher aurait été peut-être été le coup de massue insupportable. Mais parce que Vocal Adrenaline s’est amusé à assassiner spirituellement Freddy Mercury (par un jeune pubère prénommé Jess, ça en dit long), la victoire leur revient et les enfants du Glee Club deviennent les loosers attitrés. Pas étonnant, le coup du « on perd mais on gagne, quand même, ici (comprendre, la matrice de la série : le cœur humain », on connaît.


Ras-le-bol pourtant d’entendre ces discours pathétiques sur le sort qui s’acharne toujours, illustrant les tares existentielles de l’ado enceinte, l’afro obèse, le gay excentrique et autres cas sociaux de la bande, Ryan Murphy aurait-il décidé de faire sa série une cause de charité, une lutte pour les démunis ? Admettons que certains rôles soient à plaindre (être juif et porter la crête, dur), l’essentiel n’est finalement qu’un simulacre plaidoyer pour la différence qui finit noyer dans des chansons pop revendicatives et mettant fièrement en scène nos fameux inadaptés, qui n’incarnent jamais vraiment la marginalité sauf lorsque cela se veut amusant -un comble de l’ironie même pas assumé.

 

Le fond n’a jamais été aussi mal tenu en haleine dans Glee. Plus d’intrigues principales, d’humour, que du chant à tue-tête, qui nous brise les tympans et des associations de personnages idiotes et des relations mal gérées (Rachel et sa mère, Will et Emma, etc). La série ne prend même pas le soin d’annoncer de quoi la suite serait faite et préfère rendre des hommages en chansons, encore et toujours, avec la larme au coin de l’œil pubère, qui suinte véritablement lorsqu’il est question de dire merci au professeur sauveur.
Et dans tout ce naufrage perdu aux fins fonds d’une terre de mièvrerie sans nom, même Sue Sylvester, seul symbole lucide, peut-être un brin caricatural parfois reconnaissons-le, ne parvient plus à contrebalancer la mesure. La prof de gym finit à la botte de cette chorale chiante comme la pluie.

Un final à l’image du rejeton de Quinney : à peine né, et tout propre, lisse, sans rugosité. Et si le show must NOT go on ?

4/10

CGlee_Ep121-Sc25_045-550x380.jpg

Lire la suite

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Glee | Lien permanent | Commentaires (50) | Tags : glee, saison 1, fox, ryan murphy, critiques, résumés |  Facebook

18.03.2010

Sons of Tucson (Saison 1) Enfantillages sans goût

sons-of-tucson.jpg

 

Pilot – 1.01 (diffusé le 14.03.10)

 

Entre les valeurs sûres animées dominicales, la FOX vient de lancer en mi-saison le pilot d’une nouvelle comédie, Sons of Tucson. Mais entre l’humour à plat et les situations poussives, difficile de voir dans ce nouveau projet caractéristique d’une chaîne, une quelconque nouveauté, encore moins, un genre comique.

 

Ron est un looser prouvé, entre les arnaques de supermarché, une caisse à mi-temps et les dettes gourmandes, cet énergumène mal rasé et ventripotent n’aspire pas à grand avenir. Par chance, il croise le chemin de trois jeunes enfants, qui le recruteront pour assurer les services paternels jusqu’à ce que vrai Papa, riche banquier véreux, sorte de prison. Tout ça parce que la D.A.S.S américaine craint un peu.

Si Lux (Life Unexpected) avait l’argent de la famille Gunderson, nul doute que la jeune boucle d’or aurait elle aussi décidé d’un avenir sans autorité. Heureusement pour elle, ce sont les trois fils Gunderson qui vont porter sur le dos Tyler Labine fait boulet. Version simplette de Jack Black, l’allure comique en moins. Dans The Reaper, le comédien tentait déjà, tant bien que mal, de nous faire décrocher un sourire en jouant les pitres mal fagotés. Là encore, la palette de jeu est limitée à deux grimaces.

 

En dépit des succès récents des comédies réactualisées d’ABC, Sons of Tucson mise elle sur une potacherie presque dépassée. Un humour gras et prévisible qui jamais nous embarque dans cette aventure faite de course poursuites et de dialogues éculés. Déploiement poussif, presque a-rythmé, répliques sans panache, le pilot est une succession de sketchs sans entrain, préférant les péripéties overzetop sans regard.

Il n’y a donc plus de morale, le parent n’est qu’accessoire. L’enfant roi tire les ficelles, à coup de liasses de billets. Si Sons of Tucson dit bien quelque chose, c’est ça. Malheureusement, cette indiscipline à la mode ne rend même pas attachants ces enfants protagonistes –qui d’ailleurs ont été changés au pied levé en ce début d’année sérielle.
Pire, la série condamne ses trois jeunes héros à être une caricature irritante et bêta. Un rôle inverse de ce bon vieux Malcolm (SoT bénéficie de la même prod) ou de ces Brick, Haley, Luke, qui illuminent désormais les mercredis d’ABC.

4/10

SONS-OF-TUCSON-3-550x366.jpg

15.12.2009

Glee (Saison 1) – Pour qui sonne le Glas (Bilan)

Glee_S1_-1-.jpg


G comme Gabégie

S’il n’y avait qu’une expression pour décrire ces sectionals, symbole du season finale de la mi-saison de Glee et Glee elle-même, ce serait : une immense gabégie. On pourrait aussi parler de final mielleux insipide. Incolore. Prévisible, affreusement prévisible. Qui tire davantage de la série Disney Channel que d’un ensemble show en prime sur la FOX.
Mais on retiendra surtout cette gestion gabégique de la série, aussi regrettable que les prestations de Finn, plus inexistant tu meurs.

Glee ne se contente pas seulement de faire triompher sa morale et d’associer joie, victoire, séparation, divorce, mariage avorté, renvoi disciplinaire et histoire d’amour dans un esprit rarement aussi sirupeux, complaisant et tristement maladroit.

Elle sacrifie surtout tous les enjeux déployés au cours de la saison pour un épisode de transition, commercialement important, en leurs attachant une importance quantitative et dénué de créativité, à l’exception du renvoi (tristement facile) de Sue, qui, elle seule, gagne en hargne.

 

glee11.jpg

 

Surexcitation sans fond

Pas de demi-teinte, seulement des excès. Vocaux, verbaux, situationnels, sentimentaux ; la série est un ramassis de scènes bien pensantes, où l’abjecte difficulté se résout toujours par la sincérité et l’esprit sain. Episode final, les Glee se font manger tout crus par des équipes tricheuses et malveillantes (même par des handicapés, ils devraient avoir honte ces êtres en difficulté, forcément honnêtes et le cœur sur la main).

Une chanson des Rolling Stones par Finn le gentlemen sauveur et la voix toute-puissante (trop-puissante ?) de Rachel suffira alors pour mettre en liesse une salle (ou en pleurs Will alors sur la touche) pour un final chanté ridicule. Le niveau du plus affligeant aurait été là atteint si la mi-saison ne s’était pas achevé sur un clipdance hommage au professeur émérite et dont le message idéologique rappelle l’importance d’avoir un bon compagnon de vie.

Aussi ridicule, ce perpétuel effort de fond de combiner des scènes drama avec des saynettes plus légères. Comme si la série n’assumait pas son propre ton, bon enfant ou méchamment puéril.
Quinn pleure avec conviction, Rachel est parfaite dans son rôle d’héroïne cheftaine (seul atout qui assume sa complexité) mais le reste est voué au mal trop peu ironique (dont les soubresauts du 1.12 ont crée une attente vaine) ou au bien simplet à l’intérieur duquel Glee Club guilleret, professorat et adultes immatures ont la part unique.
Entre les deux, une frontière étanche.

 

De toutes les ressources récoltées depuis treize semaines, Glee en fait un épisode synthèse bâclé et impose sa vision du triomphalisme dégoulinant de sensationnalisme et de bêtises vertueuses.
Une conclusion aux grands mais tumultueux débuts d’une série foncièrement populaire, à l’image de ce trophée gagné par Glee Club. Brillant, victorieux, tape à l’oeil, mais … en toc.

 

glee-sectionals-4-550x380.jpg

 

Moyenne : 4.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Glee | Lien permanent | Commentaires (181) | Tags : glee, saison 1, fox, ryan murphy, critiques, résumés |  Facebook

24.11.2009

Fringe (Saison 2) Derrière la Marge, un autre côté

fringe.jpg

August – 2.08
(diffusé le 19.11.09)

La vie d’une jeune fille en danger, un Observateur n’hésite pas à la sauver tout en mettant en péril sa propre mission. Informée, la division Fringe reconnaît le portrait vague de l’Observateur et tente d’identifier qui il est et pourquoi.


Il aura fallu regarder trois épisodes loners pour retrouver un épisode mythologique dans la lignée de celui de Momemtum Deferred (2.04). Mais à la différence de ce dernier, « August » exploiter le mystère Fringe sans apporter de réponse.

August, c’est le nom de l’un des Observateurs. Cet être présent depuis le commencement de la série, témoin de chaque évènement important de la série –et du monde. Mais en réalité la série nous apprend qu’ils sont plusieurs, August étant un collègue de notre habitué Bald Guy, comme on aime à le surnommer.

Centré essentiellement sur l’un des traits les plus intriguants de Fringe, August déçoit, par son histoire simple et un peu creuse. Si de nouveaux renseignements sont portés à notre connaissance concernant les Observateurs (ils voyagent dans le temps, assistent à tout, de l’exécution de Marie Antoinette, à Sarajevo et mangent indien en groupe pour leur besoin d’épices), la série se contente d’utiliser son mystère pour créer une petite histoire isolée, qui finalement n’apportera rien au mythe de Fringe.

Mais ladite intrigue est bien construite. Plus habile qu’une intrigue lambda, plus aboutie et plus haletante (promesse d’une information mythique à l’appui, en vain), l’histoire divertit foncièrement. Mais nous laisse sur une impression d’inachevé.
La série sait pourtant palier ce manque de fond mythologique, en introduisant quelques éléments fort mystérieux sur la relation de Walter et de l’Observateur ou en nous laissant entrevoir un futur danger qui pèse sur la vie d’Olivia.

 

Les Observateurs s’apparentent finalement à des messies, parfois rédempteurs (l’épisode nous prouve qu’ils peuvent ressentir et aimer) le plus souvent, funestes. Ils ressemblent finalement à leur série mère, qui on peut être sûr, essaiera de vite noyer cette histoire comme on tenter de noyer Peter.

(6.5/10)

208_august_0203-550x366.jpg

Lire la suite

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Fringe | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : fringe, saison 2, fox, jj abrams, olivia dunham |  Facebook

14.11.2007

Back to You - Review - Critique - Pilot et suivants

Back to You is back to TV comedy basics:

multiple cameras, live audiences but, mostly, laughs.

bty.jpg picture by blabla-series

 

Crée par Christopher Lloyd (Frasier, Out of Practice, Bram&Alice) et Steven Levitan (Stark Raving Mad, The Saddle Club, Just Shoot Me)
Diffusion sur
FOX
Series Premiere
- 19 septembre 2007
Format 30mn -
 13/22 épisodes

Cast

Patricia Heaton (Everybody loves Raymond), Kelsey Grammer (Frasier), Ty Burrell (Out of Practice), Ayda Field (Studio 60), Fred Willard (A Minute with Stan Hopper, Maybe It’s Me), Josh Gad (ER), Laura Marano (The Sarah Silverman Program).

Show Synopsis
Dans les années 1990, les journaux télévisés locaux dans la ville de Pittsburgh étaient dominés par une équipe, celle de Chuck Darling et Kelly Carr. Il y avait une véritable alchimie entre eux, du moins à l'écran. Il en était tout autre dans les coulisses: Kelly était une véritable mademoiselle "je sais tout" et Chuck était souvent trop directif. De ce fait, lorsque Chuck a quitté son poste pour rejoindre un journal national, il n'a pas été regretté.

Quelques années plus tard, Chuck est évincé du journal auquel il participait et voit donc sa carrière s'effondrer après que l'une de ses tirades hors caméra se soit retrouvée sur Internet. Il reçoit alors un appel de la chaîne locale de Pittsburgh qui souhaite qu'il revienne travailler avec Kelly. Il accepte de suite et fait la connaissance de ses nouveaux collègues dont Ryan Church, le directeur de l'information qui est toujours en stress. Il retrouve aussi de vieux amis comme Marsh McGinley, le très affable chroniqueur de la rubrique Sports, et Gary Crezyzewski, le reporter terrain. Mais il y a surtout les retrouvailles avec Kelly, qui est maintenant une mère célibataire qui élève sa fille de 10 ans Maggie. Il y avait de la magie entre eux dans le passé, en sera t-il encore de même une dizaine d'année après ? (source : www.serieslive.com

backtou.jpg picture by blabla-series

Critique

Back to You s'inscrit dans la lignée des sitcoms traditionnelles de la télévision américaine ; des rires enregistrés, des plans fixes, des décors peu révolutionnaires et parfois aux apparences très cartonnées, des jeux très stéréotypés, et quelques intrigues du genre remis rarement au goût du jour.

En dépit de cette énumération de défauts plus ou moins éculés, Back to You tire son épingle du jeu. Si évidemment, elle demeure ancré dans le genre de la sitcom très classique, on peut néanmoins dire qu'elle réussit à parfaitement s'en accommoder.

Les plus grands atouts de Back To You ? Son duo d'acteurs au talent notoire, qui parvient constamment à exagérer, grossir le trait, amuser et se jouer du format même du show. Mais ce qui s'avère le plus plaisant dans Back to You, c'est la dimension professionnelle de la série, le duo de journalistes qui s'aime autant qu'il se méprise, le monde du studio, bien que déjà très surexposé à travers les deux brillants 30 Rock et Studio 60, de l'information et de la présentation télévisée. C'est avec une grande joie que l'on retrouve une sitcom classique à souhait qui renoue avec les grands noms du genre de l'époque pré-Friends. Evidemment, la présence de Frasier n'est pas non plus étrangère à cet heureux sentiment.

Pour autant, Back to You tente sans cesse d'élargir son format et accessoirement son public. S'il parvient à amuser, distraire et faire rire comme il faut grâce aux pitreries des deux présentateurs et à ses acolytes plus ou moins brillants, Back to You tente également une percée du côté soap-drama. Effectivement, la sitcom bien que fortement positionnée sur le principe fondateur de la sitcom, essaie à plusieurs niveaux de dépasser son genre initial, notamment en introduisant une storyline amoureuse entre Chuck et Kelly, une trame sur la paternité potentielle de Chuck, etc …

Même si pour certains, cet enième tentative n'est pas de très bon gôut, il faut reconnaître elle n'en demeure pas moins inefficace, s'ajoutant à la liste des intérêts potentiels de la série.

En conclusion, Back to You est une série plaisante, divertissante, devant laquelle il n'est pas rare de mourir de rire. Elle instaure une situation des plus classiques, jouant avec les ingrédients du genre de manière très approprié et très réussie. Si certains gags paraissent à la limite du douteux, elle ne demeure pas moins agréable, joviale et divertissante. En dépit de cet aspect feuilletonant proche de la dramédie, pas vraiment indispensable et qui enlève un tantinet au show sa dimension si authentique, Back to You reste à regarder de temps à autre avec un intérêt à ne pas négliger.

btyy.jpg picture by blabla-series

Toutes les notes