13.11.2009
Critique ciné : 2012 (de R. Emmerich, avec J. Cusack et A. Peet) *

Depuis les premières images diffusées l’an passé au compte goutte sur la Chine dévastée et le Christ Rédempteur en ruines, 2012 était la promesse du film catastrophe de la décennie.
Depuis sa sortie en salles, mercredi dernier, il n’est plus que catastrophe. Un blockbuster archétypal réduit à néant, sans même la peau de chagrin (il paraîtrait qu’elle-même ait été engouffrée par l’Apocalypse).
Les clichés plus tenaces que jamais -du portrait familial pudibond à la vision géopolitique dégoulinante de manichéisme-, 2012 se révèle être une ode à la bêtise sur fond d’héroïsme familial teinté de patriotisme écoeurant. Le bon pater familias, l’honorable conseiller scientifique, le débonnaire président des Etats-Unis et sa fille puritaine : tous les personnages de 2012 sont au service de la civilisation vue naïvement par 2012 : un concept judéo-chrétien au triptyque inévitable : inadéquat, inapproprié, inepte.
Annoncée comme un renfort mythologique fondé sur les prévisions mayas, gonflé à bloc sur l’envie de fin du monde, 2012 ne s’empare pourtant que timidement de ces thèmes mystiques et préfère composer avec sa forme, seul leitmotiv coupable. Suspense au couteau, mais pas d’écriture au cordeau, une qualité inexistante, 2012 choisit sciemment de s’écarter d’un vrai concept redoutable d’anticipation, au potentiel inépuisable, pour n’incarner qu’une machine populiste invraisemblable, au spiritualisme abject, plus fumiste (et doucereuse) que la théorie Maya.
Sans jamais assumer sa logique auto destructrice –les têtes blondes sont rescapés, l’un des continents épargné-, ni même aiguiser son regard philosophique ou concevoir un apport écologique, 2012 est une œuvre sans idée. Un produit passif-agressif -paresseux et froussard-, aux ressorts tristement mécaniques.
Honnêtement cataclysmique, efficace dans ses effets (mais JJ Abrams fait les mêmes pour 42 minutes sur ABC chaque semaine), 2012 n’en reste pas moins un produit d’envergure, parfois époustouflant, qui s’amuse à tout faire effondrer. Chapelle Sixtine et Maison Blanche, infrastructures et continents, tout…, à l’exception d’une vision gauche et putride sur l’humanité idéaliste, ici plus enracinée que jamais.
(3/10)
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans xCritiques Cinéx | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : 2012, critique, emmerich, peet, cusack, catastrophe, fin du monde |
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