17.09.2011

Entourage (Saison 8) Showbiz et fin calamiteuse

 

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La fin d’une série, c’est toute une histoire. On pleure, on regrette, on parle de façon amère ou alors on fait ses adieux bien contents de ne plus avoir un énième fardeau à inscrire sur la grille des programmes. Au vu de la qualité de sa saison finale, Entourage ne nous a pas laissé le choix. Ceci est un adieu teinté d’ignorance et de déception.

 

 

On s’en doutait depuis bien plusieurs années : Entourage, ce n’est plus ce que c’était. Si la saison finale a été revue à la baisse (huit épisodes seulement), la fin particulièrement mitigée de cette série masculine pourtant bien appréciée par ses débuts hauts en couleurs et irrévérencieux a laissé de marbre. Pire, elle a réussi à irriter.

Il y avait beaucoup à conclure sur cette grande saga hollywoodienne, sa bande de potes, son symbole de réussite et de défaillance moderne. Mais la clique des scénaristes d’Entourage l’a joué paresseuse, en produisant le minimum, quitte même à déshonorer la série de son label HBO.

 

On avait quitté Vince en pleine remise en question existentielle, après une saison bordeline de déboires amoureux, d’excès illicites en tout genre. Ce sentiment de ras-le-bol général qui traverser souvent la vie des stars et permet à la presse people de se maintenir à flot était une idée facile mais plutôt utile à Entourage qui aurait pu verser dans la profondeur, les coulisses sombres sans détonner. Mais la série n’a pas été en mesure de prendre le pouls de la réalité parfois difficile des célébrités et du monde paillettes.

La ressurection de Vince s’est faite facilement, sans grande crise identitaire, avec une simple rédemption intérieuse qui caractérise l’ordinaire et creux Vincent Chase (Adrian Grenier). Soit, on espérait que le reste de la tribu, bien plus intéressante depuis le tout début, joue leurs cartes et permette une fin digne de cette dramédie.

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Mais là encore, ça coince. D’abord, avec le mariage menacé d’Ari qui perd de son verbe haut, de ses vices désopilants, à force de pleurnicheries et de désespoir irritant dans les bras de Dana, le personnage perd de sa prestance et de son intérêt. Bien sûr, le divorce n’aura pas lieu (l’idée de réunir l’agent numéro 1 d’Hollywood et la boss de la Warner était pourtant une idée solide, idéale pour une fin inattendue) et l’histoire débouche sur un happy ending un peu lisse.

Du happy ending, Entourage en aura fait jusqu’au bout. Avec le mariage de Vince, complètement soudain, venu de nulle part, la série a fait fort, osé le coup du soap de longue date qui se veut larmoyant. Les séries qui s’entendent finir sur un mariage ou sur une grossesse sont de très mauvaises séries. Alors que penser d’Entourage qui en plus de réunir tout à trac son héros à une journaliste jolie mais insipide au possible ose le coup du bébé inopiné, moyen idéal de réunir un autre couple en crise, E et Sloan dont on connaît les difficultés depuis trop d’années ? Si l’épisode avec Melinda Clarke a rehaussé le ton, cette histoire morne a confirmé cette saison finale dans son statut de série en voie d’extinction.

De cette saison, il restera alors (non pas Johnny Galecki, plus insupportable ici qu’en geek sidekick) Turtle et son envie rabâchée de business (et puisqu’il devient soudainement riche, l’ex bouboule finit par s’en ficher) et Drama qui toujours rattrape le coup. Son histoire de série animée n’est pas celle qui aura été la plus digne de lui mais celle-là aura permis au moins de contribuer au sujet hollywoodien et de revoir un personnage fort en gueule dans son dernier acte.

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Saison finale médiocre pour Entourage qui s’achève dans l’agacement le plus complet. A force de trop en faire, trop polir les angles, la série a fini par être un ramassis de clichés faciles sur les célébrités et leurs petites contrariétés. Que tout le monde se rassure, Entourage est l’antithèse de la vraie vie.

4/10

 

26.07.2011

Entourage (Saison 7) Le Temps des Dispersions

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Pour leur septième année de mauvais et déloyaux services sur HBO (parmi les plus longs de l’histoire de la chaîne), les garçons mal peignés de L.A continuent de se la couler douce, quitte à se faire eux-mêmes de l’ombre. Entre absence d’évolution et dispersions mal gérées, la bande à Vinnie gigote sur place, mais n’ennuie jamais.



Parmi les séries actuelles HBO, Entourage est sans doute celle qui bénéficie aujourd’hui le moins de contenu. A l’image du héros, Vincent Chase, devenu le sidekick de ses propres sidekicks, notamment Drama, son vieux frérot, la série Entourage se contente d’incarner un décor et une ambiance en arrière plan.

A ce niveau, la série réussit toujours à maintenir une bonne humeur et son capital sympathie intact la sauve du précipice éculé. Remercions ici la riche et éclectique distribution de la série (Entourage est une série qui tourne avec minimum une douzaine de personnages secondaires réguliers), des principaux mentors qui ont fait leurs preuves depuis belle lurette (Piven, Dillon) aux rôles secondaires féminins devenus quasiment indispensables à une nouvelle mécanique de la série.
Debi Mazar, garante du cynisme farfelu de la série, malheureusement trop absente, Perrey Reeves, alias Madame Gold, Beverly d’Angelo, Constance Zimmer, Emmanuelle Chriqui, mais surtout récemment Dania Ramirez, compagnonne de Turtle et la très convaincante, Autumn Reeser, sublime agent aux longues dents et au discours affirmé qui donne du fil à retordre au machisme d’Ari.



Sans l’énergie amenée par ces nouvelles têtes aiguisées qui en disent long sur la prise de pouvoir d’Hollywood par les femmes, la série signerait désormais des chapitres convenus qui n’apporteraient rien à cet univers show-bizz dont on a fait le tour depuis des années.

Les guest stars ennuient, les défilés de jolies filles aussi. Alors quand Vince la joue garconniere, n’en fait qu’à sa tête au point de se la raser (le syndrome Britney Spears, de mauvais augure) et ne jure plus que par l’associé bêta et inconséquent de E., le téléspectateur tire la sonnette d’alarme : l’histoire de l'ascension d’une coqueluche n’est plus, il n’y a plus que lun enrobage superficiel sur fond devenu tout autant guimauve.

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Alors, il reste l’évolution d’Ari, toujours à la conquête d’un empire plus grand, de E., qui décide de se ranger pour l’amour, ou de Turtle, bien décidé à faire sa place quelque part, mais leur histoire manque de mordant ou d’inattendu. Les premiers épisodes, maladroits dans le fond, peinent à rendre l’histoire du petit commerce de Turtle et son avenir dans la Tequila d’un quelconque intérêt.
Même topo pour Ari, qui malgré son envie mégalo d’acquérir sa propre équipe NFL et ses discours toujours si impertinents, commence à flirter avec les frontières de l’imprévisible et seul l’atout Lizzie lui permet de sortir de sa stature jamais plus méconnaissable.



Heureusement, pour assurer les scènes les plus typiques d’Entourage, Johnny Drama veille au grain. Lui n’évolue jamais, toujours avide de succès, d’un projet qui cartonne, d’une reconnaissance ultime. Drama s’essaie désormais à la comédie, avec en partenaire "l’éphèbe" John Stamos.
S’il réalise que l’échec et le manque de considération des autres lui sourient toujours, Drama découvre enfin son potentiel comique et pourrait à l’écran devenir son propre rôle désopilant. L’avenir de la série reposerait peut-être bien sur ses épaules voûtées. Pour Vince comme pour la série, il ne leur manque plus qu’à réaliser que les succès paresseux et sans surprise, cela ne suffit plus.


6.5/10