27.09.2009

Eastwick (Pilot) Au rayon magie de votre supermarché

 

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Joanna, Kat et Roxie sont trois jeunes femmes vivant dans la petite ville d'Eastwick. Sans jamais se fréquenter ni s’apprécier, les trois énergumènes vont par le coup du hasard et de la magie (sic) se réunir et se découvrir ensemble des pouvoirs à la Phoebe (pas Bouffay, l’autre), qu’elles n’avaient jamais soupçonnés.

 

Un navet avarié dans une feuille d’or

Ce qui est repoussant, intolérable, rédhibitoire dans le projet d’Eastwick, c’est son décor de small town show. Et pas n’importe quelle petite ville sérielle. Ce décor, c’est celui de Stars Hollow, ville sacro-sainte de Gilmore Girls, série tout aussi sacrée.

Pour usurper le cadre intact d’une série intouchable qui a autant brillé par son spiritualisme unique que par ses rues bucoliques, ses étendues herbeuses, son kiosque à journaux, ses dalles, sa gazebo, ses auberges et la salle de danse de Miss Patty, il faut avoir un sacré culot. Et surtout pouvoir assurer derrière. Ce qui foncièrement s’avère impossible  lorsqu’on troque lugubrement Lorelai, Kirk et Taylor pour des personnages insipides incarnés par Rebecca Romijn, Lindsay Price et une ancienne catin oubliée de Veronica Mars.

On peut comprendre qu’une série comme Eastwick soit tentée par le charme de Gilmore Girls. On n’en fait plus des comme ça. Mais encore fallait il que la nouvelle série d’ABC ne se contente pas de frôler des thèmes gourmands automnales à la Amy Sherman Palladino, entre imitations de foires du village, fêtes de l’Indépendance et Thanksgiving en habits de pèlerins. Et qu’elle mise sur plus qu’une fausse fraîcheur et une apparente énergie verbale. La fameuse magie niaiseuse en moins.

 

Produit en fin de vie. Code barre effacé. Dernière démarque avant liquidation.

Parce que Gilmore Girls est déjà inégalable, Eastwick, elle, est doublement stérile. Sur le fond (octo-LOL), un trio d’héroïnes sans charme –une sainte nitouche, une journaliste nunuche et une mère permissive tendance grosses manières- incarnés par des actrices de seconde zone, jamais avides de crédibilité. Toutes trois dignes des storylines amoureuses du pilot, aussi mauvaises que le jeu de Rebecca, devinables comme la démarche de Lindsay, éteints comme la prestation de l’ancienne de Vero, qui ne cogne tellement pas qu’on ne connaîtra jamais son nom. Appelez la Sappy Ginger, ça mérite un changement légal.

Puritaine et sans saveur, Eastwick est un résidu de série bon marché : soap fifille préfabriqué aux lignes scénaristiques tirés d’un manuel débutant, rythme zéro, dialogues en boîte, ambiance calquée sur un modèle sériel avec lequel elle ne rivalisera jamais –même à l’usure de sortilèges à la con.
Et en 2009, une série pariant sur le thème de la magie qui, lorsqu’elle n’est pas loufoque né d’un esprit Allenien, ne peut qu’être qu’un fonds de commerce périmé, est aussi rétrograde pour l’univers séries qu’urticant dans sa démarche.

Comme « proposer » est le dernière préoccupation d’Eastwick, on se suffit d’un magic show gobe-mouche et couillon. A l’effet navette temporelle magiquement esotérique qui nous ramènent (de force) des années en arrière devant Charmed. L’acné tenace, la mentalité primaire acharnée et fort d’une ineptie quasiment ensorcelante tant elle nous flagelle les joues boutonneuses.

Bienvenue à Eastwick. Sans Susan Surandon, mais avec des tartes. (N’oubliez pas votre sac à vomi : ça digère dur).

(2/10)