22.03.2011

Friday Night Lights (Saison 5) Ultimes bouleversements texans

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Friday Night Lights, grande série du plus petit milieu sériel, est depuis cinq ans le terreau d’émotions et de moments forts par excellence. Ignorée par le plus grand nombre, cette série sur le quotidien d’une équipe de footballeurs lycéens a achevé il y a peu sa cinquième et ultime saison. Douze semaines de diffusion qui ont associé larmes et intensité, authenticité et gorge nouée. Retour final sur cette belle série.

 

 

Passer l’année à Dillon procure toujours des sensations rares, à la fois chaleureuses et désarmantes. Le retour ultime de Friday Night Lights s’inscrit dans cette idée, sur fond de paysages texans arides plus vrais que nature. Comme à son habitude, la série de Direct TV co-NBC, soigne ses histoires fortes en bouche et son terrain de jeu crispant, fidèle à l’univers bigarré qu’elle a construit et déployé depuis quatre ans.

Quelques mois se sont passés au fin fond du Texas mais le plaisir de retrouver la vie des habitants de Dillon est intact, voire palpable, il s’agit là des ultimes retrouvailles. Le bonheur de s’attabler aux petits-déjeuners de la famille Taylor, entre cohésion familiale et inquiétudes pour l’avenir, de côtoyer le couple Vince et Jess, définitivement adopté, ou de partir en virée concerts avec Landry et Crucifictoriux, son groupe underground qui ferait rougir les Yeah Yeah Yeahs. Le plaisir est là aussi quant la conseillère Tami fait son premier jour au lycée, prête à en découdre avec les nouveaux cas de l’année ou quand Eric se remet à la tâche et débusque un nouveau talent du ballon rond, le couple Taylor héritant toujours des répliques les plus justes et des plus belles attentions filmiques. Idem pour Tim, le personnage maudit culte, qui fascine même derrière les barreaux pendant que le grand frère, Billy, rongé par la culpabilité, vient faire amende honorable sur le terrain herbeux.

 

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Cette année, pour évoquer la séparation dernière, les auteurs ont vu juste. D’abord, en donnant cette importance nouvelle aux personnages secondaires d’antan, la famille Riggins, Becky, Vince et le patriarche criminel. De nouveaux liens familiaux se créent, dans la ligne droite du clan Taylor, qui restera l’exemple familial le plus brillant de l’histoire cathodique américaine. Puis, en s’attardant sur quelques cas nouveaux, brièvement Eyco, le professeur de Julie, les nouveaux joueurs (le fils de Buddy), quelques exemples habiles qui renforcent le caractère de cette série. Avec ces nouvelles storylines, la série a pu tester une dernière fois l’efficacité de son traitement scénaristique, sa spontanéité et sa matière filmique unique à la télévision en réussissant encore à donner âme et bonté à des personnages humais mais laissés-pour-compte.

 

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Mais c’est au prisme des personnages que l’on a aimés depuis cinq ans que Friday Night Lights laisse une bonne fois pour toutes un souvenir impérissable. Voilà pourquoi la série texane a bien fait de faire resurgir les héros qui ont personnifié cette série : Lila, Tim et Jason en milieu de saison, puis Landry, Matt et Tyra, revenus faire la révérence, l’un pour la main de Julie, l’autre pour les beaux yeux de Tim. Pour le final, ils sont tous là ou presque. On évoque le mariage d’une adolescente avec son petit-ami de toujours comme aucune autre série adolescente n’aura su le faire, on procède aux retrouvailles familiales de la famille Saracen, on métaphorise sur les compromis, ceux d’Eric Taylor pour Tami, cette épouse dévouée et tellement généreuse. Pour ce grand final, rien ne manque, si ce n’est la naïveté de l’avenir, puisqu’acteurs comme personnages le savent : après cette année, rien ne sera comme avant.

Alors pour se finir en beauté, pour symboliser cette série de personnages, Friday Night Lights renoue avec son art subtil de l’émotion et de la sincérité pour illustrer sa révérence. On finit simplement sur de beaux jours à l’horizon, ceux de Vince, ceux de Jesse, ceux de Julie et Matt à Chicago, ceux de Tim lié éternellement au Texas, ceux des Panthers retrouvés et surtout ceux du couple Taylor exilés à Philadelphia mais toujours unis.

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L’avenir télévisuel ne sera plus le même sans le dicton Clear Eyes, Full Hearts, Can’t Lose de la feue Friday Night Lights. Parce que pour sûr, à Dillon plus qu’ailleurs, l’authenticité aura été jusqu’à la toute fin une règle de principe qui fait de Friday Night Lights une série d’exception. Parce que la série de l’ombre de la décennie (celle de Mad Men, Breaking Bad et Big Love) peut se targuer d’avoir été la fiction la plus authentique, la plus humaine, celle qui n’a jamais rien forcé, ni l’émotion, ni la force de ses personnages vibrants, celle qui a capté avec justesse le cœur de l’Amérique.

9.5/10

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14.01.2010

Friday Night Lights (Saison 4) Ballon neuf pour pelouse dévastée

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The Toilet Bowl – 4.08 (diffusé le 06.01.10)

Eric Taylor réalise que son équipe est en proie à un sabotage extérieur. Tami et Julie partent à la fac pour l’entretien de la jeune Taylor. Vince se rapproche de Jess autant qu’il s’éloigne de ses amis. Quant à Tim, il décide de mûrir…

 

Après une première partie intensément trépidante, Friday Night Lights renoue avec sa simplicité. Et à Dillon plus qu’ailleurs, il fait bon d’être authentique.

Un peu comme une réminiscence à la Gilmore Girls, l’épisode Toilet Bowl récrée un road trip entre une mère et sa fille. A la manière de Road Trip To Harvard où Lorelai conduit Rory à explorer Harvard et ses dimensions, Tami et Julie partent en virée universitaire. Et même si les deux n’ont en commun qu’une héroïne actrice hors du commun, Friday Night Lights a su jouer de cette relation privilégiée tout en appuyant le mal-être de Julie depuis le départ de Matt. Un joli moment familial.

Du côté des crampons, les ennuis continuent. Sans sou, sans soutien, sans espoir, l’équipe des Lions fait maintenant face à un coup dur : le sabotage mêlé de mépris. Mais pour le coach Taylor, il n’est pas question de baisser les bras. Avec l’aide unique de Buddy qui s’improvise alors commentateur de match, les Lions avancent.


Très vite mis au second plan cette storyline s’est recentrée sur le joueur Vince. D’épisode en épisode, le quaterback devient comme Smash, un personnage vif et troublant. Sa relation particulière avec une mère fragile et alcoolique (qui attire bien sûr la pitié, mais que pas), son attirance frustrée pour Jess, ainsi son dilemme posé par l’antagonisme entre ses amis voyous et ses devoirs sportifs inspirés par la figure bienfaitrice d’Eric font de lui un personnage qui gagne en complexité et donc en intérêt.

Cette complexité que l’on retrouve encore et toujours chez Tim. Le seul vrai rescapé de la série s’en sort brillamment. Sa relation presque fraternelle avec Becky et son envie désincarnée de stabilité (deux scènes de job interview brillantes) le grandissent. Mais le jeune homme pourrait bien risquer de perdre tout ça, avec le nouvel arc de l’illégalité prônée par les auteurs. Wait & see.

Un épisode dans l’esprit confidentiel et fort de la série. D’une richesse presque désarmante.

8.5/10

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