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19/01/2011

Off The Map v. Harry’s Law (Saisons 1) Procès nul

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Pour cette rentrée de mi-saison, les networks ont misé sur ce qui électrise autant les américains qu’un best-of de Billy Joel : les séries médicales et les shows judiciaires. Depuis ER et The Practice, aucun autre genre n’a su autant s’imposer dans les audiences et les avis enlevés des habitués de télé. Alors, pour fêter la diffusion de Off the Map et Harry’s Law, deux pilotes promues relèves, c’était l’occasion d’inaugurer la critique comparée, un peu désobligeante mais tellement absorbante.

 


Entre Off The Map, série exotique centrée sur le quotidien sauvage de médecins  bons samaritains perdus dans un village au nom ridicule (La Ciudad De Estrellas) et Harry’s Law, série prétorienne qui voit évoluer une grosse avocate (Kathy Bates, tout en rondeurs) parmi les apprentis caïds, aucun point commun en apparence.

Et pourtant derrière un pitch conventionnel emprunté, deux grands showrunners qui depuis toujours tentent de dicter leur loi aux grands patrons diffuseurs : David E. Kelley et Shonda Rhimes.  L’un est depuis vingt ans un as du marteau et de la plaidoirie loufdingue, l’autre, une nouvelle experte de la cisaille et du scalpel qui chouine. D’un côté, Ally McBeal, Boston Legal, et The Practice, de l’autre, Grey’s Anatomy et Private Practice, des séries cultes ou en voie de l’être qui souvent finissent mises en trophée sur les étagères de DVD.

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Alors, devant leur nouveau projet, l’un pour NBC,  l’autre pour ABC, la chaîne-refuge de Dame Rhimes, pas étonnant que l’on se trouve directement en terrain connu. S’il est facile de décrire d’emblée Off The Map comme une série sauvage qui pue la noix de coco, on trouvera sur le fond de vraies similitudes avec les séries phares de ABC, le ton et l’ambiance médicalement désillusionné emprunté à Grey’s Anatomy et une envie de soleil déjà prégnante dans Private Practice, un spin-off-resucée en plus dramatique (mais moins réussi).

Au Seattle Grace Hospital comme dans ce village d’Amérique du Sud, le personnel soignant est jeune, beau et vigoureux, aimant son prochain, le goût du risque et les confidences apaisées une fois la nuit tombée. Caroline Dhavernas et Zach Gilford, tellement attachants dans Wonderfalls et Friday Night Lights ne parviennent pas à rendre l’ensemble du cast convaincant, encore moins attrayant. D’une fadeur terrible en tout point, le pilot de Off The Map ne parvient à aucun moment à tirer profit d’un paysage spectaculaire et préfère la jouer prudent et consensuel, en enfilant les répliques sages et les situations médicamenteuses sans saveur.

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Du côté d’Harry’s Law, même topo. On le sait, David E Kelley aime les protagonistes de poigne, le bagout et le bagage filmographique qui vont avec. Pour autant, Kathy Bates, dans la peau d’une avocate charismatique, se gratte un peu. Hormis la loufoquerie du cabinet mi-juridique mi-magasin de chaussures (tenue par une Brittany Snow encore fraîche), Harry’s Law est un show judiciaire convenu et accommodant, qui s‘arrange avec sa conscience légale pour faire du spectacle en boîte, option barre marbrée et plaidoyers sociaux larmoyants.

 

Finalement, Kelley et Rhimes sont deux créateurs qui en dépit des nouveautés et du modernisme continuent de faire ce pourquoi ils sont toujours sollicités par les studios, à savoir des shows à leur image, mais à leur image passée (garantie donc en humour éculé et en redites scénaristiques), se voulant légèrement décalé avec une forte focalisation faite sur le mélo et l’attendu. Et lorsqu’ils osent créer différemment, avec Inside The Box et The Wedding Bells, leur projet finit rapidement tué dans l’œuf. Alors, au lieu de migrer sur le câble ou de faire front, David et Shonda créent Harry’s Law et Off The Map, deux séries blêmes et déjà vieillotes mais malheureusement pas assez kitsch pour jouer les atypiques. Encore ratées.

4/10

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